.
-

La Susiane

La Susiane, correspondant à peu près à l'actuelle province iranienne du Khouzistan et à une partie du Lorestan voisin, est l'une des plus anciennes régions de peuplement et de civilisation du Proche-Orient. Elle doit son nom à Suse, sa ville principale, dont le site se trouve près de la rivière Chaour, à l'est du Tigre, au pied des monts Zagros. 
Le nom primitif de la région est Susunque, Anzan-Susinak. Le nom sémitique indigène est Kis chez les anciens, Kassu chez les Assyriens modernes. De ce nom est venu le nom grec Kissia, seul nom connu d'Eschyle et d'Hérodote : les mythographes grecs prétendaient que Cissia était la mère de Memnon. Les Sémites voisins appelaient la contrée Elam, Elamtu, d'où le nom grec Elymaïs, c.-à-d. Orient. Le nom de Kis, Kassu et Cissia n'a rien de commun avec les Cosséens, peuple habitant les montagnes du Nord et appelée dans les textes susiens Kusu. Les Perses connaissaient cette contrée sous le nom de Uvaza (prononcez Khvaja), c'est-à-dire l'« autochtone », d'où le nom moderne Khouz et Khouzistan donné à la Susiane. De hautes montagnes, des gorges que les anciens connaissaient sous le nom de Portes perses, séparent la Perse du pays maritime de la Susiane. Le nom biblique est Nimrod, comprenant toute la dépression du Bas-Tigre; de ce pays semble être venue la XXIIe dynastie égyptienne, nommée généralement Bubastite et dont les noms de Sesonchis, Takellothis et Nimrod rappellent les noms géographiques de Susunqu, Tiglat, le Tigre et Nimrod.
La Susiane est une plaine alluviale chaude et en partie marécageuse, traversée par plusieurs rivières descendues des montagnes : le Karkheh, le Dez et le Karoun. Ces cours d'eau, en déposant des limons fertiles, ont fait de la région une zone agricole riche, capable de produire orge, blé, sésame, dattes et de nourrir un important cheptel. Elle est bordée au sud par le golfe Persique, dont le rivage antique était plus avancé vers le nord qu'aujourd'hui, ce qui faisait de la Susiane un carrefour entre le monde mésopotamien, le plateau iranien et les routes maritimes du golfe. À l'est, les premières chaînes du Zagros la séparent du pays élamite proprement dit, dont Anshan, dans le Fars actuel, était le centre. À l'ouest, les grands fleuves Tigre et Euphrate et leurs canaux relient la Susiane à Sumer, à Akkad, à Babylone et à l'Assyrie. Cette position intermédiaire explique son histoire faite d'influences mésopotamiennes, de résistance iranienne et d'identité originale souvent disputée.

L'histoire ancienne de la Susiane commence bien avant l'écriture. Des villages néolithiques y sont attestés dès le VIIIe millénaire avant notre ère, notamment à Chogha Bonut et à Ali Kosh, avec les débuts de l'agriculture, de l'élevage et de la poterie. Au IVe millénaire, la région participe pleinement à la révolution urbaine : Suse devient une ville monumentale avec une haute terrasse sacrée, une nécropole riche, des sceaux-cylindres, des tablettes comptables et une céramique peinte d'une grande finesse. À la fin de ce millénaire apparaît l'écriture dite proto-élamite, attestée sur des tablettes d'argile trouvées à Suse, signe d'une administration complexe et d'une culture savante. La Susiane entre alors dans l'orbite de la civilisation élamite, dont la langue, sans parenté démontrée avec le sumérien ou les langues sémitiques, est parlée sur le plateau et dans la plaine.

Durant le IIIe millénaire, la Susiane est une région frontière disputée entre les cités-États sumériennes et les royaumes élamites. Des rois d'Awan, dynastie élamite dont l'influence s'étend jusqu'à Suse, apparaissent dans les listes royales sumériennes. Suse sert de capitale occidentale à l'Élam, tandis qu'Anshan commande les hautes terres. Les objets trouvés dans les fouilles de Suse, comme les statues, les vases en pierre, les armes et les bijoux, montrent à la fois l'adoption de modèles mésopotamiens et un goût propre pour les formes géométriques, les animaux fantastiques et les matières précieuses venues d'Iran oriental et d'Afghanistan, comme le lapis-lazuli et la cornaline. À cette époque, la Susiane subit aussi les expéditions des rois d'Akkad, notamment Sargon et surtout Manishtusu et Naram-Sin, qui revendiquent la conquête de Suse et du pays d'Élam. Un traité en langue élamite conclu entre le roi Naram-Sin d'Akkad et un souverain d'Awan, retrouvé à Suse, est l'un des plus anciens textes diplomatiques connus. Il montre que la région n'est pas seulement un objet de conquête, mais un partenaire politique avec ses propres institutions.

Après la chute de l'empire d'Akkad et la période troublée qui suit, la Susiane retrouve une forte autonomie sous la dynastie dite de Shimashki, puis sous celle des Sukkalmah, souvent appelés les grands régents. Du XXe au XVIe siècle avant notre ère, Suse devient la capitale administrative d'un Élam puissant qui contrôle à la fois la plaine et une partie du plateau, entretient des relations commerciales avec la vallée de l'Indus, le golfe Persique, la Syrie et la Babylonie, et marie ses princes à des princesses mésopotamiennes. Les textes juridiques et économiques de Suse montrent une société organisée autour du palais, des temples, des domaines agricoles et d'une paysannerie libre ou dépendante. Le droit élamite, différent du droit mésopotamien, accorde une place notable aux femmes, qui peuvent hériter, posséder et agir en justice. L'art de cette période, visible dans les reliefs, les sceaux et les statuettes, combine la frontalité et le hiératisme oriental avec le naturalisme souple des ateliers babyloniens.

Le XVIe siècle voit une brutale interruption : le roi hittite Mursili Ier, après avoir détruit Alep, descend l'Euphrate et met fin à la première dynastie de Babylone, ce qui affaiblit l'équilibre régional. La Susiane passe sous influence babylonienne kassite pendant plusieurs siècles, tout en conservant des rois locaux et des sanctuaires actifs. Des dynastes élamites, peut-être originaires du plateau, restaurent ensuite la puissance du pays. Le sommet de cette renaissance est atteint au XIIe siècle avant notre ère sous les rois Shutruk-Nahhunte, Kutir-Nahhunte et Shilhak-Inshushinak. Shutruk-Nahhunte envahit la Babylonie et rapporte à Suse un butin considérable, dont les stèles du code de Hammurabi, l'obélisque de Manishtusu et la statue du roi Meli-Shipak. Ces trophées, retrouvés par les archéologues à la fin du XIXe siècle, sont aujourd'hui au musée du Louvre et témoignent de la puissance de Suse à cette époque. Les rois élamites restaurent les temples, notamment celui du grand dieu Inshushinak, patron de Suse, et celui de Napirisha, dieu des eaux et des hauteurs. Ils construisent sur l'acropole de Suse une ziggourat dédiée à Inshushinak et décorent les murs de briques émaillées montrant des taureaux, des griffons et des déesses protectrices. La Susiane est alors le centre politique d'un empire qui s'étend du golfe Persique aux montagnes du Luristan et du Fars.

À partir du XIe siècle, la documentation devient rare, et la Susiane entre dans une période obscure marquée par des conflits internes et la pression croissante des tribus iraniennes, notamment les Mèdes et les Perses, qui descendent progressivement du nord et de l'est. Au neuvième et au VIIIe siècle, les Assyriens, sous Assurnasirpal II, Salmanazar III, puis Tiglath-Phalazar III, Sargon II et Sennachérib, mènent des campagnes répétées contre l'Élam et la Babylonie. La Susiane, par sa richesse agricole et sa position stratégique, est ravagée à plusieurs reprises. Le roi assyrien Assurbanipal, au VIIe siècle, mène une guerre d'extermination contre l'Élam : en 647 avant notre ère, il prend et détruit Suse, pille ses temples, déporte une partie de la population et emporte les statues des dieux en Assyrie. Les textes assyriens décrivent avec complaisance la destruction des sanctuaires, des tombes royales et des jardins. La Susiane ne se relève que lentement de ce désastre.

Peu après, la région passe sous domination perse. Cyrus le Grand, fondateur de l'empire achéménide, est originaire d'Anshan, et ses successeurs considèrent Suse comme l'une des résidences royales. Darius Ier fait de Suse la capitale administrative de l'empire : il y construit un immense palais sur une terrasse artificielle, avec des salles hypostyles, des cours, des jardins et des magasins, décorés de frises en briques émaillées représentant des archers, des lions, des taureaux et des sphinx. Les inscriptions de fondation retrouvées sur place énumèrent les matériaux et les artisans venus de tout l'empire : cèdre du Liban, teck du Gandhara, or de Sardes, ivoire d'Éthiopie, lapis-lazuli de Sogdiane, ouvriers ioniens, égyptiens, mèdes et babyloniens. Suse devient le point de jonction des routes royales reliant Sardes, Babylone, Persépolis, Ecbatane et l'Inde. La Susiane fournit des contingents militaires, des chevaux, des céréales et des revenus au trésor impérial. Les fouilles du palais de Darius, menées par Marcel Dieulafoy puis Roland de Mecquenem, ont révélé la splendeur de cet ensemble aujourd'hui presque entièrement disparu.

Après la conquête d'Alexandre le Grand, Suse est prise en 331 avant notre ère sans grande résistance. Alexandre y organise des fêtes, épouse Stateira, fille de Darius III, et plusieurs de ses officiers prennent des épouses perses lors des noces collectives célébrées à Suse, dans une tentative de fusion des élites macédonienne et iranienne. Sous les Séleucides, la Susiane devient la satrapie de Susiane, avec une forte présence grecque et macédonienne, notamment dans des fondations urbaines comme Séleucie de l'Eulaios, souvent identifiée à Suse elle-même ou à une ville voisine. La langue grecque est utilisée dans l'administration et la vie publique, comme le montrent les inscriptions, les monnaies et les documents sur papyrus ou parchemin retrouvés sur place. Des gymnases, des théâtres et des temples grecs sont élevés à côté des anciens sanctuaires élamites et perses. La culture locale ne disparaît pas pour autant : les noms iraniens restent majoritaires dans l'onomastique, et les divinités anciennes continuent d'être honorées sous des formes hellénisées.

Au IIe siècle avant notre ère, la Susiane passe sous domination parthe après l'effondrement progressif du pouvoir séleucide. Les Parthes, Arsacides, contrôlent la Mésopotamie et l'ouest de l'Iran, et Suse demeure une ville importante, siège d'un gouverneur et centre commercial actif. Les fouilles y ont mis au jour un palais parthe, des maisons à cour, des tombes, des bijoux, des figurines en terre cuite et des inscriptions en grec, en araméen et en parthe. La région est un enjeu dans les guerres entre Parthes et Romains, mais elle n'est jamais occupée durablement par Rome. Au IIIe siècle de notre ère, la dynastie sassanide renverse les Arsacides et fait de l'Iran un empire centralisé. La Susiane, appelée alors Susiane ou Khouzistan, devient une province prospère, marquée par la fondation ou la reconstruction de villes comme Gundishapur, célèbre pour son académie médicale et philosophique où se rencontrent savants grecs, syriaques, indiens et perses. Les Sassanides construisent des barrages, des ponts et des canaux, notamment sur le Karoun et le Karkheh, pour irriguer la plaine et développer la culture de la canne à sucre, introduite depuis l'Inde. Le christianisme nestorien se répand dans la région, avec des évêchés et des monastères, tandis que les communautés juives et zoroastriennes restent actives. La Susiane est aussi une terre de déportation : les Romains prisonniers des guerres perses, comme les soldats de Valérien capturés en 260, auraient été installés dans des villes de la région pour y exercer leurs métiers, notamment dans le bâtiment et l'hydraulique.

La conquête arabo-musulmane au VIIe siècle met fin à l'empire sassanide. Les armées musulmanes remportent dans le Khouzistan plusieurs victoires, prennent Suse vers 638 ou 640, et la région devient une province du califat. La ville de Suse décline progressivement au profit de villes nouvelles ou agrandies comme Ahvaz, Shushtar, Dezfoul et Ramhormoz. La région reste prospère grâce à l'agriculture irriguée, au commerce fluvial et aux routes caravanières reliant Bassorah, Bagdad, Ispahan et Chiraz. Les géographes arabes du Moyen Âge, comme Ibn Hawqal, al-Muqaddasi et Yaqout, décrivent le Khouzistan comme une terre chaude, fertile, productrice de sucre, de dattes, de coton et de soie, peuplée d'Arabes, de Persans, de Kurdes et de minorités religieuses. Le sucre de Suse et du Khouzistan est exporté dans tout le monde musulman et au-delà. Les canaux anciens, mal entretenus, s'ensablent par endroits, mais les grands barrages sassanides de Shushtar restent en usage et sont plusieurs fois réparés. Les révoltes des Zanj, esclaves noirs employés dans les plantations et les marais salants, ensanglantent la basse Mésopotamie et le Khouzistan au IXe siècle, affaiblissant l'économie de plantation.

Aux siècles suivants, la Susiane passe sous le contrôle des Bouyides, des Seldjoukides, des Mongols, des Timourides, puis des Safavides. Les invasions mongoles du XIIIe siècle ruinent plusieurs villes et désorganisent les réseaux d'irrigation. La région devient plus périphérique, tout en gardant une importance stratégique grâce à ses rivières et à ses routes vers le golfe. Sous les Safavides, aux XVIe et XVIIe siècles, le Khouzistan est partiellement arabisé par l'installation de tribus venues de la péninsule Arabique, et les villes de Shushtar et Dezfoul retrouvent une certaine prospérité grâce au commerce et à l'artisanat. Les Portugais puis les Hollandais et les Anglais s'intéressent au golfe Persique et au commerce de la soie, du sucre et des chevaux. Au XIXe siècle, la découverte du site de Suse par les archéologues européens, surtout français, redonne à la région une célébrité mondiale. Les fouilles de William Kennet Loftus, puis celles de Marcel Dieulafoy et de Jacques de Morgan, à partir de 1897, mettent au jour le palais de Darius, la ziggourat, les tablettes élamites, les briques émaillées et le code de Hammurabi rapporté de Babylone par les Élamites. La convention franco-perse de 1895 puis celle de 1900 accordent à la France le monopole des fouilles archéologiques en Perse, et Suse devient le chantier le plus important de la délégation archéologique française en Iran. Des centaines de caisses d'objets partent pour le musée du Louvre, où elles constituent encore aujourd'hui l'une des plus riches collections élamites et perses du monde.

Au XXe siècle, la Susiane, devenue le Khouzistan, connaît une transformation radicale avec la découverte et l'exploitation du pétrole. Les premiers forages au début du siècle, puis la création de la Anglo-Persian Oil Company, font de la région le cœur de l'industrie pétrolière iranienne. Abadan, sur le Chatt el-Arab, devient l'une des plus grandes raffineries du monde, et Ahvaz se transforme en métropole industrielle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Khouzistan est une voie de ravitaillement essentielle pour l'Union soviétique via le golfe Persique et le chemin de fer transiranien. La nationalisation du pétrole en 1951, puis la révolution islamique de 1979 et la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988 frappent durement la région : Abadan, Khorramshahr, Ahvaz et Suse subissent des bombardements, des destructions massives et des déplacements de population. Khorramshahr est presque entièrement rasée. Après la guerre, la reconstruction est lente, mais la région demeure stratégique par ses réserves d'hydrocarbures, ses barrages hydroélectriques, ses terres agricoles et sa position frontalière avec l'Irak. Aujourd'hui, la Susiane reste une terre de contrastes, où les sites antiques de Suse, de Chogha Zanbil et de Shushtar, inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, côtoient les installations pétrolières, les marais, les palmeraies et les villes modernes, dans une continuité historique qui remonte à plus de huit mille ans.

Les principaux sites archéologiques de la Susiane.
Suse.
Le coeur de la Susiane, on l'a vu,de cet ensemble est la ville de Suse, dont le site archéologique couvre environ 250 hectares et se compose de quatre telles principaux : l'Acropole, la Ville Royale, la Ville des Artisans et l'Apadana. L'Acropole, fouillée dès la fin du XIXe siècle par Jacques de Morgan, a livré des niveaux remontant à la fin du Ve millénaire avant notre ère, avec des architectures monumentales en brique crue, des dépôts de fondation, des tablettes proto-élamites et des objets de prestige comme la fameuse statue de la déesse Narundi ou le relief du roi Puzur-Inshushinak. La Ville Royale, explorée principalement par Roman Ghirshman et plus tard par Jean Perrot, a révélé des quartiers d'habitation, des tombes à hypogée de l'époque médio-élamite, ainsi que des niveaux achéménides contenant des résidences aristocratiques. La Ville des Artisans, fouillée par Roland de Mecquenem puis par des équipes iraniennes, a fourni d'importantes séquences pour l'époque néo-élamite et achéménide, avec de nombreux fours de potiers et des ateliers. L'Apadana, où Darius Ier fit édifier sa salle d'audience à colonnes, a livré les célèbres frises de briques émaillées représentant les archers royaux et les lions, conservées aujourd'hui au musée du Louvre, ainsi que des inscriptions trilingues.

Chogha Zanbil (Dur-Untash).
Non loin de Suse, le site de Chogha Zanbil, anciennement Dur-Untash, fut fondé ex nihilo par le roi médio-élamite Untash-Napirisha vers 1250 avant notre ère. Découvert par Roman Ghirshman, il comprend une ziggourat exceptionnellement conservée sur trois étages, dédiée au dieu Inshushinak et au dieu Napirisha, entourée de temples, de cours, d'une enceinte intérieure et d'une enceinte extérieure, avec des installations hydrauliques et des palais. Les fouilles ont également mis au jour des tablettes, des objets votifs et des statues fragmentaires. 

Tall-i Malyan (Anshan).
Plus à l'est, Tall-i Malyan, identifié comme l'ancienne Anshan, capitale de l'Élam à partir du IIIe millénaire, a été fouillé par William Sumner et Elizabeth Carter. Le site s'étend sur plus de 130 hectares et présente des niveaux de la période de Banesh, contemporaine de la fin de l'Uruk, avec un quartier monumental, des archives administratives proto-élamites, des structures en brique crue et des indices de production métallurgique et céramique. Les couches médio-élamites y ont livré des bâtiments publics, des tablettes en élamite cunéiforme et des restes de faune et de botanique documentant l'économie palatiale.

Tappeh Musiyan.
Dans la plaine de Deh Luran, le site de Tappeh Musiyan, fouillé au début du XXe siècle par de Morgan puis par des équipes de l'Oriental Institute de Chicago, a fourni des séquences allant de la période d'Obeid jusqu'à l'époque islamique, avec des poteries peintes de style Suse I, des tombes, des outils en silex et des figurines. 

Chogha Mish.
À proximité, Chogha Mish, exploré par Pinhas Delougaz et Helene Kantor, est un vaste tell de plus de 15 hectares occupé du Néolithique acéramique jusqu'à la période proto-élamite. Il a révélé des bâtiments de stockage, des sceaux, des tablettes numériques, des jarres de rationnement et une abondante céramique peinte.

Tappeh Bormi.Tappeh Guran.
Plus au sud, vers le golfe Persique, la région de Ram Hormuz et de Behbahan a livré des sites comme Tappeh Bormi, avec des niveaux élamites et achéménides, et Tappeh Guran, surtout connu pour ses occupations néolithiques précéramiques mais aussi des vestiges chalcolithiques et historiques.

Haft Tappeh.
Le site de Haft Tappeh, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Suse, fouillé par Ezzatollah Negahban puis par des équipes iraniennes et allemandes, correspond à une ville médio-élamite du XIVe siècle avant notre ère, avec des tombes royales, des bâtiments administratifs, des ateliers de tablettes, des sceaux-cylindres et des statues funéraires fragmentaires, documentant une phase peu connue de l'histoire élamite entre la chute de la dynastie d'Eparti et l'essor de Dur-Untash.

Autres sites archéologiques.
La Susiane comprend également d'importants sites de l'époque achéménide, comme l'ensemble palatial de Suse déjà évoqué, et des sites parthes et sassanides, notamment Ivan-e Kerkha, ville sassanide fondée par Shapur II, avec des remparts, un palais, des quartiers d'habitation et un réseau de rues, ainsi que le site de Jundishapur, célèbre pour son académie médicale, où les prospections ont mis au jour des vestiges de canaux, de murs et de tessons sassanides. 

.


Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
[Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2006 - 2026. - Reproduction interdite.