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| L'histoire de l'Asie |
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Le
territoire qui correspond aujourd'hui au Liban est l'un des berceaux
de la civilisation phénicienne. Les
Phéniciens y avaient plusieurs de leurs cités-États comme Tyr,
Sidon
et Byblos. La Phénicie est dominée successivement
par les empires voisins : les Perses achéménides
(539 av. JC), les Grecs sous Alexandre le
Grand (332 av. JC), puis les Séleucides
et les Ptolémées. Chaque empire influence
la culture et l'administration locales. En 64 av. JC, la région tombe
sous la domination romaine. Elle fait partie de la province romaine de
Syrie
et connaît une période de prospérité. Les Romains
développent les infrastructures (routes, temples et théâtres,
comme ceux visibles à Baalbek).
En 636, les armées arabes musulmanes conquièrent la région, intégrant le Liban au califat orthodoxe de Médine, puis au califat omeyyade (661-750). Les Omeyyades gouvernent depuis Damas, et le Liban devient un centre important de commerce et de culture. Sous les Abbassides, le Liban continue d'être un centre commercial dynamique. Les ports libanais sont des points d'échanges cruciaux entre l'Orient et l'Occident. Cette période est également marquée par la diversité religieuse, avec des communautés musulmanes, chrétiennes et druzes. Avec les croisades, des États croisés s'établissent temporairement au Levant. Les croisades entraînent des conflits, mais aussi des échanges culturels et commerciaux. Les Croisés construisent des forteresses, comme le Krak des Chevaliers. Après la chute des États croisés, le Liban est intégré au sultanat mamelouk basé en Égypte (1250 - 1517). Cette période voit une centralisation du pouvoir et la mise en place de structures administratives. En 1516, le Liban est conquis par l'Empire ottoman. Le Liban bénéficie d'une autonomie relative, notamment sous le règne de l'émir Fakhr-al-Din II (1590-1633), qui modernise le pays et favorise les échanges avec l'Europe. Après des conflits intercommunautaires en 1860, une réforme administrative est mise en place par les Ottomans et les puissances européennes : le Mutasarrifat du Mont-Liban (1861 - 1918). Cette entité jouit d'une autonomie administrative sous la supervision de gouverneurs chrétiens nommés par les Ottomans et approuvés par les puissances européennes. À la fin de la Première Guerre mondiale et la chute de l'Empire ottoman, le Liban passe sous contrôle français conformément aux accords Sykes-Picot et à la décision de la Société des Nations. En 1920, le général Gouraud proclame la création du Grand Liban, comprenant le Mont-Liban et ses régions voisines, intégrant ainsi des populations musulmanes et chrétiennes. En 1926, une constitution est adoptée, établissant un système parlementaire. Le mandat français est caractérisé par des tensions entre les nationalistes libanais et l'administration française. La montée du sentiment nationaliste conduit finalement à l'indépendance en 1943. Au cours des années qui suivent l'indépendance, le pays, présidé par Béchara al-Koury, avec Riad Bey Solh comme président du Conseil, connaît de nombreuses convulsions. Riad Solh est assassiné le 16 juillet 1951 par les membres d'un parti fascisant, le PPS (Parti populaire syrien), fondé en 1932 par Antoun Saadé. Le 19 septembre, Béchara al-Koury démissionne. Un gouvernement provisoire est alors formé (septembre 1952) par le général Fouad Chehab (1902-1973). Le 1er mars 1957, Camille Chamoun devient le nouveau président. Mais la crise intérieure s'amplifie encore en mai 1958 avec l'assassinat du dirigeant communiste Narrib Metrib, qui provoque l'éclatement d'une première guerre civile. Chamoun demande leur assistance aux Etats-Unis qui envoient des troupes le 15 juillet. La guerre civile s'éteint progressivement, après que Fouad Chehab ait repris (31 juillet) les rennes du pouvoir qu'il conservera (malgré un la tentative de coup d'Etat, en décembre 1961, du PPS et de l'armée) jusqu'en 1964, date à laquelle il est remplacé par Charles Hélou. A cette époque la question palestinienne devient de plus en plus aigue. Le Liban compte une très importante population de réfugiés palestiniens, répartis dans des camps, et sert de base arrière aux force de l'OLP qui combattent militairement Israël. Bien que menant, au sein de la Ligue Arabe, une politique de modération vis-à -vis d'Israël, le Liban subit, à cause de sa situation intérieure, les représailles de l'Etat hébreu, qui elles-mêmes provoquent des divisions au sein de la classe politique libanaise et une montée des tensions entre les différentes communautés. A partir de 1975 une guerre civile dévastatrice se déclenche, qui ne prendra fin qu'en 1990. Après la guerre civile, le Liban a fait des progrès dans la reconstruction de ses institutions politiques. En vertu des Accords de Taëf - le plan de la réconciliation nationale (1989) - les Libanais ont mis en place un système politique plus équitable, notamment en accordant aux musulmans un plus grand poids dans le processus politique tout en institutionnalisant les divisions confessionnelles au sein du gouvernement. Depuis la fin de la guerre, la plupart des milices ont été réduites ou dissoutes, à l'exception du Hezbollah, qui est une organisation chiite, et des groupes militants palestiniens. Depuis la guerre civile, la Syrie entretenait au Liban de nombreuses troupes. Les Accords de Taef, entérinés par la Ligue Arabe, autorisaient le maintient d'encore 16000 soldats syriens, principalement à l'est de Beyrouth et dans la vallée de la Bekaa. Mais le retrait d'Israël du Liban sud en mai 2000 et le vote par le Conseiul de sécurité des Nations Unies, en septembre 2004, de la résolution n° 1559, qui demandant à la Syrie de se retirer du Liban et de mettre fin à son ingérence dans les affaires libanaises, ont encouragé certains groupes libanais à exiger que la Syrie retire ses forces. L'assassinat de l'ancien premier ministre Rafik Hariri et de 22 autres personnes, en février 2005, a amplifié la contestation et a conduit à des manifestations massives à Beyrouth contre la présence syrienne (« la Révolution du Cèdre »). La Syrie a fini par consentir à retirer le reste de ses forces militaires en avril 2005. En mai-juin 2005, les premières élections législatives libres de toute ingérence étrangère depuis la fin de la guerre civile ont donné la majorité au bloc dirigé par Saad Hariri, le fils du premier ministre assassiné. En juillet 2006, le Hezbollah a enlevé deux soldats israéliens au menant à un conflit de 34 jours avec Israël, dans lequel environ 1200 civils libanais ont été tués. La résolution du Conseil de sécurité n° 1701 a mis fin à la guerre en août 2006, et les Forces armées libanaises (FAL) ont été déployés dans tout le pays pour la première fois depuis des décennies. Elles ont été chargées,avec l'aide de la Force intérimaire de nations Unies au Liban (FINUL), de la sécurisation des frontières du Liban contre la contrebande d'armes et le maintien d'une zone exempte d'armes dans le sud du pays. De mai à septembre 2007, l'armée libanaise a combattu contre le groupe extrémiste sunnite Fatah al-Islam dans le camp de réfugiés palestiniens dee Nahr al-Barid. Elle a remporté une victoire décisive, mais au prix de la destruction du camp et du déplacement de 30.000 habitants palestiniens. En novembre de la même année, la démission du président Emile Lahoud et les dissenssions qui s'en sont suivies pour lui désigner un successeur a créé un vide politique plusieurs mois. Il faudra attendre mai 2008 pour qu'ait lieu l'élection à la présidence du général Michel Sulayman, suivie de la formation d'un nouveau gouvernement d'union en juillet 2008. Les élections législatives de juin 2009 ont de nouveau donné la victoire au bloc dirigé par Saad Hariri. Après des négociations qui se sont prolongées pour la composition du cabinet, un gouvernement d'union nationale a finalement été formé en novembre 2009 et approuvé par l'Assemblée nationale le mois suivant. Inspirée par les révoltes populaires contre les dictatures qui ont débuté fin 2010 à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, des marches et des manifestations ont également lieu au Liban, mais celles-ci viseent plutôt l'organisation confessionnelle du système politique. Bien que les protestations aient un certain succès, elles restent limitées en taille et n'ont pas réussi à changer le système. La guerre civile syrienne, qui éclate en 2011, affecte profondément le Liban. Des centaines de milliers de réfugiés syriens fuient vers le Liban, aggravant les tensions économiques et sociales. Le Hezbollah s'implique directement dans le conflit en soutenant le régime de Bachar al-Assad, ce qui polarise davantage la société libanaise. Le Liban reste en proie à une instabilité politique chronique, avec des périodes prolongées sans gouvernement fonctionnel. Les divisions sectaires compliquent la formation de gouvernements stables et efficaces. Parallèlement, l'économie libanaise souffre de problèmes structurels, d'une dette publique élevée et d'une corruption endémique. L'année 2015 a été marquée par un événement déclencheur qui a agi comme un révélateur de la faillite de l'État : la crise des déchets. En juillet, la fermeture de la principale décharge du pays sans qu'aucune solution alternative n'ait été trouvée par le gouvernement a conduit à une accumulation monstrueuse d'ordures dans les rues de Beyrouth et du Mont-Liban. Cette crise écologique et sanitaire provoque un mouvement de contestation inédit, nommé Talaat Rihatkum ( = Tu pues), qui rassemble des dizaines de milliers de manifestants de toutes confessions. Pour la première fois depuis longtemps, la rue libanaise s'unit pour dénoncer non pas une seule politique, mais l'ineptie et la corruption structurelle d'une classe politique jugée incompétente et prédatrice. Ce sera le prélude à des secousses plus profondes. Quatre ans plus tard, en octobre 2019, la colère longtemps contenue explose à une échelle bien plus vaste. La monnaie libanaise perd de sa valeur, le chômage augmente, et les banques imposent des restrictions sévères sur les retraits. En octobre 2019, l'annonce de nouvelles taxes, y compris sur les appels WhatsApp, déclenche des manifestations de grande envergure. Des centaines de milliers de Libanais descendent dans la rue. Ce soulèvement populaire, spontané et, cette fois encore, transcommunautaire, rejette l'ensemble du système politique confessionnel en place depuis des décennies. La pression de la rue contraint le gouvernement de Saad Hariri à démissionner. La pandémie de covid-19 aggrave encore la situation. Les mesures de confinement et la crise sanitaire exacerbent les difficultés économiques. Le système de santé, déjà sous pression, est débordé. Mais la dynamique protestataire est aussi brutalement interrompue. Les places se vident et le confinement permet à la classe politique de reprendre la main sans avoir engagé les réformes promises. Alors que le pays est déjà asphyxié par l'effondrement de sa monnaie, une hyperinflation galopante et des coupures d'électricité permanentes, le coup de grâce survient le 4 août 2020. Une explosion cataclysmique ravage le port de Beyrouth, tue plus de 200 personnes, en blesse des milliers d'autres et fait environ 300 000 sans-abris. La déflagration, provoquée par l'incendie de 2750 tonnes de nitrate d'ammonium dangereusement entreposées dans un entrepôt du port depuis six ans, est ressentie jusqu'à Chypre. Pour les Libanais, cette tragédie n'est pas un accident, mais le symbole absolu de la négligence criminelle d'une classe politique qui a placé ses intérêts au-dessus de la sécurité des citoyens. L'onde de choc relance une vague de manifestations d'une rare intensité, et le gouvernement de Hassan Diab doit rapidement démissionner. Toutefois, l'enquête sur les responsabilités de l'explosion s'enlise, victime de manoeuvres politiciennes et de pressions, notamment de la part du Hezbollah et du mouvement Amal, transformant cette quête de vérité en un nouveau champ de bataille politique. Ce traumatisme accélère aussi l'exode d'une partie de la population et marque profondément la psyché collective. Sur le plan politique, le pays a continué de s'enfoncer dans l'impasse. Après la fin du mandat du président Michel Aoun en octobre 2022, le Parlement s'est révélé incapable d'élire un successeur, laissant la présidence vacante pendant des mois, puis des années, dans un pays déjà dirigé par un gouvernement expédiant les affaires courantes. Cette vacance du pouvoir a paralysé un peu plus les institutions, alors que les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un plan de sauvetage crucial butaient sur le refus des dirigeants d'appliquer les réformes exigées, notamment en matière de transparence financière et de lutte contre la corruption . L'économie s'est effondrée, la livre libanaise a perdu plus de 98% de sa valeur, plongeant plus de 80% de la population sous le seuil de pauvreté . À cette crise interne dévastatrice s'est ajoutée une escalade militaire régionale. Après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le Hezbollah libanais a ouvert un "front de soutien" en tirant des roquettes sur le nord d'Israël, provoquant des ripostes israéliennes d'une intensité croissante. Pendant des mois, les échanges de tirs quotidiens se sont intensifiés, déplaçant des dizaines de milliers d'habitants du sud du Liban et tuant des centaines de personnes, dont de nombreux civils, mais affaiblissant aussi considérablement le Hezbollah. À partir de l'automne 2025 et au début de l'année 2026, le conflit a pris une tournure encore plus dramatique. Après l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, le 28 février 2026 qui a tué notamment le guide suprême de la République islamique, le Hezbollah a tiré, le 2 mars, des roquettes sur Israël en représailles, suscitant, en réponse, des frappes israéliennes massives sur ses positions au sud du Liban et à Beyrouth, ainsi que des avertissements d'évacuation, qui ont ravivé les souvenirs des guerres passées et plongé le pays dans une nouvelle guerre ouverte, avec son cortège de destructions et de déplacements massifs.
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