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| Le golfe
Persique, golfe Arabique ou
Arabo-persique est une mer semi-fermée de forme allongée qui s'étend
sur environ 990 kilomètres de longueur pour une largeur variant de 56
à 340 kilomètres. Sa superficie totale avoisine les 240 000 kilomètres
carrés, tandis que son volume d'eau est estimé à environ 8780 kilomètres
cubes. Ce bassin, orienté selon un axe nord-ouest/sud-est, est relié
à la golfe d'Oman et à l'océan
Indien par le détroit d'Ormouz, un passage
étroit et stratégique d'une cinquantaine de kilomètres de large, où
les profondeurs ne dépassent pas une centaine de mètres, constituant
ainsi un seuil hydrologique majeur.
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Carte du Golfe Persique. Les Etats riverains du golfe Persique sont les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Koweït, le Qatar et l'Arabie saoudite, Oman (dont une exclave borde la rive méridionale du détroit d'Ormuz), l'Irak et l'Iran. La région est un espace de tensions politiques et militaires persistantes, liées à la rivalité entre puissances régionales (notamment entre l'Iran et l'Arabie saoudite), aux conflits passés (comme la guerre Iran-Irak) et à l'intervention de puissances extérieures (avec l'exarcerbation que représente la guerre lancée le 28 février 2026 par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran). Cette instabilité influence fortement les dynamiques humaines, qu'il s'agisse des flux migratoires, des politiques de sécurité ou des investissements économiques, et qui font du Golfe un espace à la fois stratégique, riche et fragile. -Géographie du Golfe persiqueGéographie physique.Géologiquement, le Golfe persique est la suite de la dépression qui sépare les montagnes de l'Iran (Zagros) du plateau de l'Arabie, coupure qui commence au Nord par la dépression où coulent l'Euphrate et le Tigre. Le bord iranien du golfe a par suite un caractère asiatique, tandis que le bord arabique a un caractère africain. La côte orientale est escarpée et présente fort peu d'indentations, tandis que la côte occidentale est basse, avec deux grands golfes, celui de Bahreïn et celui de Bahr el-Benat. La géomorphologie du littoral (environ 3420 km de côtes) est variée et complexe. La côte orientale, correspondant à l'Iran, est majoritairement montagneuse et escarpée, dominée par les contreforts de la chaîne du Zagros, qui plongent directement dans la mer par endroits. Cette chaîne, active sur le plan tectonique, est à l'origine de la structure même du bassin, qui constitue un avant-fond de la collision entre la plaque arabique et la plaque eurasienne. En contraste, la côte occidentale, qui longe la péninsule arabique, est beaucoup plus basse, plate et sablonneuse. Elle est parsemée de vastes plaines côtières, de sebkhas (dépressions salines sursalées) et de deltas. Les îles sont nombreuses, notamment dans la partie méridionale et centrale. On trouve des îles coralliennes basses comme les îles de Bahreïn, posées sur un haut-fond rocheux, ainsi que des îles plus grandes, souvent d'origine saline ou diapirique (soulèvement de sel), à l'exemple de l'île de Qeshm ou de celle de Hormuz, cette dernière étant célèbre pour ses montagnes de sel et ses sols riches en oxyde de fer donnant des teintes rouges intenses. La bathymétrie du Golfe se caractérise par une profondeur généralement faible, avec une moyenne d'environ 36 à 50 mètres. La partie la plus profonde se trouve à l'entrée, près du détroit d'Ormuz, où les fonds descendent localement jusqu'à près de 110 mètres. En revanche, la partie nord-ouest, notamment au large des côtes irakiennes et koweïtiennes, est extrêmement peu profonde, avec des profondeurs inférieures à 20 mètres, ce qui favorise une forte évaporation. Cette évaporation, intense sous un climat aride et chaud, est à l'origine de l'une des caractéristiques hydrologiques majeures du Golfe : une salinité très élevée, souvent supérieure à 40 psu (unités pratiques de salinité) en eau libre, et qui peut localement atteindre 70 à 80 psu dans les lagunes côtières et les étendues d'eau confinées du sud-ouest. Le plateau continental est très large sur la rive arabe, où il peut s'étendre sur plus de 200 kilomètres, tandis qu'il est étroit et abrupt sur la rive iranienne. Les fonds marins sont principalement composés de sédiments carbonatés, issus de la fragmentation des organismes marins, mais aussi de terrasses argileuses dans les zones centrales profondes. Une particularité géologique importante réside dans l'immense plate-forme carbonatée du plateau arabe, qui constitue l'un des plus grands réservoirs d'hydrocarbures au monde. Les structures anticlinales piègent des quantités colossales de pétrole et de gaz naturel, faisant du Golfe une province pétrolifère de premier ordre. Du point de vue de l'hydrologie et de la circulation, le Golfe persique fonctionne comme un bassin d'évaporation nette. Le déficit en eau dû à l'évaporation, qui n'est pas compensé par les apports fluviaux limités (principalement le Chatt-el-Arab, formé par la confluence du Tigre et de l'Euphrate, ainsi que quelques fleuves côtiers iraniens), est comblé par un courant de surface entrant en provenance de l'océan Indien par le détroit d'Ormuz. Ce courant, plus frais et moins salé, circule le long de la côte iranienne. En profondeur, un courant inverse, composé d'eaux très denses, chaudes et hypersalines, s'écoule vers l'océan Indien, contribuant de manière significative à la circulation thermohaline régionale. La sédimentation
et la morphologie côtière sont fortement influencées par les vents
dominants, notamment le shamal, un vent du nord-ouest qui souffle régulièrement
en été et en hiver. Ce vent génère des vagues
de forte amplitude et une érosion côtière
marquée, particulièrement sur les côtes basses du sud-ouest. Les formations
de dunes côtières et les cordons littoraux sont fréquents. Enfin, le
Golfe repose sur un socle géologique ancien, avec une couverture sédimentaire
postérieure à l'ouverture de la mer Rouge
et à la collision tertiaire entre l'Arabie et
l'Eurasie. La remontée du niveau marin depuis
la fin de la dernière glaciation a noyé ce qui était alors une vaste
plaine côtière il y a environ 12 000 ans, créant la configuration actuelle
de cette mer peu profonde, bordée d'écosystèmes marins remarquables
tels que de vastes herbiers marins, des
récifs coralliens résistants à la chaleur et à la salinité, et des
mangroves qui se développent dans les zones intertidales abritées, comme
dans la réserve de Hara, au large de l'Iran. L'alluvionnement au cours
de l'histoire humaine a continué d'être intense. Au temps des Sargonides,
l'extrémité Nord du golfe atteignait le 31e
parallèle, et le Tigre et l'Euphrate s'y jetaient séparément. De 1793
à 1833, le progrès du delta ( Les
îles du Golfe persique.
Les îles du Golfe persique incarnent une interface entre tradition et modernité : elles combinent des villages de pêcheurs historiques, des sites archéologiques anciens, et des développements ultramodernes liés à la mondialisation. Leur importance ne cesse de croître, tant sur le plan énergétique que stratégique, dans un contexte international marqué par la dépendance aux hydrocarbures et les tensions géopolitiques régionales. Certaines îles jouent un rôle géopolitique majeur en raison de leur position le long des routes maritimes stratégiques, notamment à proximité du détroit du détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport mondial des hydrocarbures. Des îles comme Qeshm, la plus grande du Golfe, ou Hormuz, contrôlent indirectement ces flux. Qeshm se distingue aussi par sa géologie spectaculaire (formations rocheuses, mangroves) et son développement économique progressif, tandis qu'Hormuz est connue pour ses paysages colorés riches en minéraux. D'autres îles sont au coeur de litiges territoriaux, notamment entre l'Iran et les Émirats arabes unis, comme Abou Moussa, Grande Tomb et Petite Tomb, où les Gardiens de la révolution iraniens possèdent actuellement des bases. Leur importance dépasse leur taille en raison de leur position stratégique et de la possibilité de ressources énergétiques offshore à proximité. Certaines îles ont été transformées en pôles économiques et touristiques majeurs, en particulier aux Émirats arabes unis. Des projets emblématiques comme Palm Jumeirah (en fait deux presqu'îles imbriquées) et The World illustrent une urbanisation artificielle spectaculaire, visant à attirer le tourisme international et les investissements. Ces îles artificielles témoignent d'une ingénierie avancée, mais soulèvent aussi des questions environnementales liées à la modification des écosystèmes marins. Le Bahreïn constitue un cas particulier puisqu'il s'agit d'un archipel entier formant un État souverain, composé d'une trentaine d'îles naturelles et de nombreuses extensions artificielles. L'île principale concentre la majorité de la population et des activités économiques, notamment la finance et le raffinage pétrolier. Bahreïn a historiquement joué un rôle commercial clé entre la Mésopotamie et la vallée de l'Indus. Kharg joue un rôle important dans l'économie de l'Iran grâce à ses infrastructures pétrolières. L'île abrite notamment un terminal pétrolier qui est l'un des plus importants du pays. Ce terminal permet d'exporter une grande partie du brut iranien vers les marchés internationaux. Les installations pétrolières de l'île ont cependant été fréquemment visées par des attaques et des sanctions internationales, ce qui a perturbé sa production et ses exportations. Malgré cela, Kharg reste une pièce maîtresse dans la stratégie énergétique de l'Iran. En dehors de son activité pétrolière, l'île est relativement inhospitalière avec des conditions climatiques extrêmes et peu de ressources naturelles. Dans les eaux du Qatar, des îles comme Halul sont également essentielles pour l'industrie pétrolière, et servent de terminaux d'exportation et de stockage. De même, l'Arabie saoudite possède des îles comme Tarut, l'une des plus anciennes zones habitées de la région, avec une histoire remontant à plusieurs millénaires. Sur le plan environnemental, ces îles présentent une biodiversité adaptée à des conditions arides et marines extrêmes. On y trouve des récifs coralliens, des herbiers marins et des mangroves, essentiels pour la faune locale, notamment les oiseaux migrateurs et certaines espèces marines menacées. Cependant, l'exploitation pétrolière, l'urbanisation rapide et le réchauffement des eaux du Golfe exercent une pression croissante sur ces écosystèmes fragiles. Biogéographie
du Golfe persique.
Les
récifs coralliens.
La diversité ichtyologique associée à ces récifs est significative, avec pas moins de 46 espèces de poissons répertoriées lors d'inventaires récents, principalement des carnivores benthiques qui exploitent la riche faune d'invertébrés cachée dans la complexité structurale du corail. Cependant, on observe un fort contraste entre les récifs profonds, refuges de biodiversité, et les zones récifales peu profondes (moins de 6 mètres), où la richesse spécifique et l'abondance des poissons sont considérablement plus faibles en raison des épisodes répétés de blanchissement corallien et des pressions anthropiques directes. L'ichtyofaune des zones profondes est typiquement caractérisée par des espèces comme le poisson-perroquet à rayures bleues (Scarus ghobban) et le demoiselle à queue jaune (Neopomacentrus miryae), tandis que les zones plus superficielles sont souvent dominées par des espèces plus tolérantes comme le poisson-clown d'Oman (Amphiprion omanensis). Cette stratification verticale des communautés souligne l'importance des gradients environnementaux dans la structuration biogéographique locale. Les
habitats côtiers.
Par ailleurs, des formations de mangroves (notamment des forêts d'Avicennia marina) , principalement sur les côtes iraniennes et autour des îles comme Qeshm, constituent des écosystèmes critiques. Elles agissent comme des nurseries pour les poissons et les crustacés, piègent les sédiments et protègent le littoral de l'érosion. Ces habitats sont si importants qu'ils sont intégrés dans des réserves de biosphère, comme Al-Reem au Qatar, qui englobe également des plaines de gravier, des sebkhas et des plateaux calcaires. Biodiversité
des invertébrés.
La
connectivité écologique.
Géographie humaine.
La population totale de la région du Golfe est relativement modeste à l'échelle mondiale, mais elle a connu au cours des dernières décennies une croissance rapide liée à l'immigration internationale. Dans plusieurs États, les travailleurs étrangers représentent une majorité de la population, comme aux Émirats arabes unis ou au Qatar. Cette structure démographique atypique repose sur un système de migration temporaire fortement encadré (parfois désigné par le système de la kafala), qui segmente profondément les sociétés entre nationaux bénéficiant de rentes pétrolières et expatriés occupant des fonctions productives. Les disparités sociales et juridiques sont donc marquées, avec une hiérarchie généralement corrélée à l'origine géographique. L'économie est dominée par l'exploitation des hydrocarbures. Les États riverains (l'Iran, l'Irak, le Koweït, l'Arabie saoudite et les monarchies de la péninsule arabique) détiennent une part majeure des réserves mondiales de pétrole et de gaz. Cette rente a permis un développement rapide, caractérisé par une urbanisation accélérée, des infrastructures modernes et des niveaux de vie élevés pour les citoyens nationaux. Toutefois, cette spécialisation expose ces économies à la volatilité des prix énergétiques, ce qui a conduit à des stratégies de diversification (tourisme, finance, logistique), particulièrement visibles à Dubaï ou à Doha. Les réseaux de transport
et d'échanges sont structurés par la fonction énergétique du Golfe.
Les ports pétroliers, les terminaux gaziers et le détroit d'Ormuz
jouent un rôle central dans les flux mondiaux. Une part significative
du commerce énergétique mondial transite par ce passage, ce qui confère
à la région une importance géostratégique majeure. Les infrastructures
portuaires et aéroportuaires modernes (comme celles de Dubaï ou Doha)
renforcent également le rôle du Golfe comme plaque tournante logistique
entre l'Europe, l'Asie
et l'Afrique.
Sur le plan culturel et social, la région présente une forte homogénéité religieuse autour de l'islam, mais avec des clivages internes, notamment entre sunnites et chiites, particulièrement sensibles en Bahreïn ou en Arabie saoudite (province orientale). Les identités tribales et familiales restent importantes dans l'organisation sociale et politique, en particulier dans les monarchies du Golfe, où les dynasties régnantes structurent le pouvoir. Les contrastes spatiaux sont marqués entre littoraux urbanisés et arrière-pays désertiques peu peuplés. L'accès à l'eau constitue une contrainte majeure : les ressources naturelles étant limitées, les États ont massivement investi dans le dessalement de l'eau de mer, ce qui permet le maintien de fortes concentrations humaines dans des environnements arides. Cette dépendance technologique souligne la vulnérabilité écologique de la région, accentuée par les effets du changement climatique (élévation des températures, stress hydrique). -Histoire du Golfe persiqueL'Antiquité.Dès les temps les plus reculés, cette mer intérieure a constitué un carrefour vital pour les échanges, un point de contact entre les civilisations mésopotamiennes, perses, indiennes et, plus tard, européennes. Les premières lueurs de l'histoire voient la région du Golfe s'intégrer dans les vastes réseaux commerciaux qui relient la Mésopotamie à la vallée de l'Indus. Des sites comme Dilmun, identifié à l'île de Bahreïn, émergent comme des centres majeurs de négoce dès le IIIe millénaire av. JC. Dilmun sert d'intermédiaire pour le cuivre, les perles, l'ivoire et d'autres marchandises précieuses. Les Sumériens, les Akkadiens, puis les Babyloniens et les Assyriens entretiennent des liens, commerciaux et parfois conflictuels, avec les populations côtières et les îles du Golfe. La navigation, bien que périlleuse, est essentielle pour ce commerce maritime primitif. Avec l'essor des empires perses, le Golfe persique acquiert une importance stratégique et économique encore plus grande. Les Achéménides (VIe - IVe siècles av. JC) contrôlent les côtes orientales et nordiques et utilisent la mer pour le commerce et les communications au sein de leur vaste empire. Alexandre le Grand explore le Golfe après sa conquête de la Perse, et ses successeurs, les Séleucides, y maintiennent une présence, fondant des ports et des colonies. Les Parthes (IIIe s. av. JC - IIIe s. ap. JC), bien que plus tournés vers les routes terrestres, ne négligent pas le Golfe, qui reste une voie commerciale majeure. C'est cependant sous l'empire sassanide (IIIe - VIIe siècles ap. JC) que la puissance maritime perse atteint son apogée. Les Sassanides contrôlent fermement le Golfe, établissent des bases navales et développent le commerce avec l'Inde et la Chine. Des ports comme Siraf sur la côte iranienne et Omana (peut-être Sohar) sur la côte omanaise prospèrent sous leur règne. Le Moyen âge.
Après le déclin du Califat abbasside, le contrôle du Golfe passe entre les mains de diverses dynasties locales et régionales, persanes ou arabes : les Bouyides, les Seldjoukides, et plus tard, après les invasions mongoles qui, paradoxalement, peuvent revitaliser certaines routes commerciales maritimes, les dirigeants de Hormuz. Le royaume de Hormuz, centré sur une île stratégique à l'entrée du Golfe, devient une puissance commerciale indépendante aux XIIIe -XVe siècles, contrôlant le trafic maritime et percevant des taxes sur les marchandises transitant par son port. C'est une période de prospérité pour Hormuz et d'autres ports, mais aussi de rivalités constantes entre les petites principautés côtières. De 1500 à 1900.
Au XVIIe siècle, les Néerlandais (via la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, VOC) et les Britanniques (via la Compagnie britannique des Indes orientales, EIC) arrivent et rivalisent avec les Portugais. Les Britanniques, en s'alliant avec les Safavides perses, parviennent à expulser les Portugais d'Ormuz en 1622. La ville de Bandar Abbâs, sur la côte persane, devient alors un port majeur sous influence britannique et néerlandaise. Les rivalités européennes se doublent de conflits avec les pouvoirs locaux. L'imamat d'Oman, sous la dynastie des Ya'ariba, parvient à expulser les Portugais de Mascate en 1650 et développe une puissance maritime impressionnante, étendant son influence et ses possessions sur la côte est-africaine et dans le Golfe lui-même, allant jusqu'à menacer les positions portugaises en Inde. Le XVIIIe siècle est marqué par une instabilité politique dans la région. La chute de la dynastie safavide en Perse, les troubles sous Nader Shah et ses successeurs, ainsi que les conflits internes à Oman et l'essor de la première État saoudien dans le Nejd qui exerce une influence grandissante sur les côtes arabes, créent un environnement complexe. Les tribus côtières renforcent leur autonomie et se livrent à des raids maritimes, souvent qualifiés de "piraterie" par les Européens, notamment les Britanniques. Les ports déclinent ou changent de main fréquemment. Les Al Khalifa migrent du Qatar vers Bahreïn à la fin du siècle et y établissent leur règne. Les Al Sabah prennent racine à Koweït. Le XIXe siècle est largement défini par l'ascension de la puissance britannique dans le Golfe persique. La Compagnie britannique des Indes orientales, puis directement le gouvernement britannique, intervient de plus en plus pour sécuriser les routes maritimes vers l'Inde, qu'elle contrôle désormais. La "piraterie" est la justification principale de cette intervention. À partir de 1820, une série de traités, d'abord temporaires puis permanents, sont imposés aux cheikhs de la côte sud du Golfe, connue sous le nom de "côte de la Trêve" (Trucial Coast), l'ancêtre des Émirats arabes unis. Ces traités leur interdisent la guerre en mer et imposent l'arbitrage britannique dans leurs différends. Bahreïn passe progressivement sous protectorat britannique au cours du siècle. Le Koweït, cherchant à se protéger de l'influence ottomane et saoudienne, signe un accord spécial avec la Grande-Bretagne en 1899, juste à la veille du XXe siècle, qui lui garantit une protection britannique en échange du contrôle de ses affaires étrangères. L'Oman maintient une certaine indépendance mais devient étroitement lié à la Grande-Bretagne par des traités. La Perse sous les Qajars, affaiblie, conserve sa souveraineté sur sa côte nord mais voit l'influence britannique dominer le Golfe. Au cours du XIXe siècle, le commerce des perles du Golfe connaît un essor considérable, constituant la principale richesse de nombreux émirats côtiers avant l'ère du pétrole. Des centaines de boutres et des milliers d'hommes participent à la saison de la pêche aux perles, une activité dangereuse et lucrative qui attire les convoitises et que les Britanniques contribuent à réglementer. Les ports comme Dubaï, Abou Dabi, Charjah, Doha, Manama, Koweït et Bandar Lengeh sont des centres de ce commerce. Ainsi, à l'approche de 1900, le Golfe persique est une région où les structures tribales côtières coexistent avec une influence britannique prépondérante. Les anciens empires ont décliné, remplacés par un réseau complexe de cheikhdoms, de sultanats et de la Perse Qajare, tous plus ou moins directement sous la surveillance ou le contrôle de Londres. L'importance stratégique de la région, en tant que passage vers l'Inde et zone de rivalité latente entre les puissances européennes (notamment avec l'Empire ottoman et l'Allemagne qui lorgne vers la construction d'un chemin de fer Berlin-Bagdad), est pleinement reconnue par la Grande-Bretagne, qui y assure la paix maritime à sa manière. Le Golfe persique
au XXe siècle.
Au début des années
1900, l'Empire britannique établit une présence dominante sur la rive
arabe du Golfe, signant des traités de protection avec les cheikhs locaux
des États qui deviendront plus tard le Koweït Le véritable bouleversement
intervient en 1908 avec la découverte de vastes gisements de pétrole
à Masjid-i Suleiman, en Perse. Cette découverte, exploitée par l'Anglo-Persian
Oil Company (future British Petroleum), attire une attention internationale
accrue sur la région et marque le début d'une ère nouvelle. Après la
Première
Guerre mondiale, l'effondrement de l'Empire
ottoman conduit à la création de l'Irak sous
mandat britannique, intégrant les provinces de Bassorah, Bagdad et Mossoul.
En Arabie,
Abdelaziz Ibn Saoud
consolide son pouvoir, conquérant les différentes régions de la péninsule
pour fonder le Royaume d'Arabie Saoudite La Seconde
Guerre mondiale confirme l'importance stratégique du Golfe, essentiel
pour l'approvisionnement des Alliés en énergie. Après 1945, le pétrole
transforme les pays du Golfe, apportant une richesse sans précédent aux
familles régnantes. Les infrastructures se modernisent, les villes se
développent à un rythme effréné, et une main-d'œuvre étrangère massive
est attirée. L'influence britannique commence cependant à décliner face
à la montée du nationalisme arabe et à l'intérêt croissant des États-Unis Dans les années
1960, le mouvement de décolonisation atteint le Golfe. Le Royaume-Uni Le choc pétrolier
de 1973, provoqué par la décision des pays arabes producteurs de réduire
leur production et d'imposer un embargo contre les soutiens d'Israël L'année 1979 est
un tournant majeur. En Iran, la Révolution islamique renverse le Chah
et établit une République islamique dirigée par l'ayatollah Khomeini.
Ce changement bouleverse l'équilibre régional et suscite l'inquiétude
des monarchies sunnites du Golfe, craignant la propagation de l'islam
politique chiite. En Irak, Saddam Hussein
prend le pouvoir. L'année suivante, en 1980, l'Irak envahit l'Iran, déclenchant
une guerre brutale et dévastatrice qui dure huit ans et coûte des centaines
de milliers de vies des deux côtés. Les États arabes du Golfe, à l'exception
de la Syrie À peine la guerre Iran-Irak terminée, une nouvelle crise majeure éclate. En 1990, l'Irak de Saddam Hussein envahit le Koweït, revendiquant l'émirat comme une province irakienne. L'invasion est condamnée internationalement. Une coalition militaire menée par les États-Unis se déploie en Arabie Saoudite et lance l'Opération Tempête du Désert début 1991 pour libérer le Koweït. Cette guerre réaffirme le rôle prépondérant des États-Unis comme garant de la sécurité dans le Golfe et conduit à l'établissement d'une présence militaire américaine massive et durable dans la région, notamment en Arabie Saoudite (jusqu'en 2003), au Koweït, à Bahreïn (où se trouve la Ve Flotte américaine) et au Qatar. L'Irak de Saddam Hussein est soumis à de lourdes sanctions internationales qui affaiblissent considérablement le pays. Le premier quart
du XXIe siècle.
Les soulèvements
de Printemps Arabes en 2011 touchent
également la région, provoquant des manifestations à Bahreïn (où elles
sont réprimées avec l'aide saoudienne et émiratie) et des troubles moins
importants dans d'autres monarchies, qui parviennent à maintenir la stabilité
grâce à des mesures sociales et des réformes politiques limitées. En
2017, une grave crise diplomatique éclate entre le Qatar et plusieurs
de ses voisins du CCG (Arabie Saoudite, EAU, Bahreïn), ainsi que l'Égypte Aujourd'hui, les
États du Golfe continuent de jouer un rôle économique central grâce
au pétrole et au gaz, mais cherchent de plus en plus à diversifier leurs
économies pour préparer l'ère post-hydrocarbures,
investissant massivement dans les infrastructures, le tourisme, la finance
et les nouvelles technologies. Ils naviguent dans un environnement régional
complexe marqué par la rivalité persistante entre l'Arabie Saoudite et
l'Iran, la concurrence entre puissances mondiales (États-Unis, Chine
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