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 L'histoire de l'Asie
Histoire de l'Indonésie

La première Indonésie

Les premières populations.
Préhistoire.
Les premi√®res traces de peuplement en Indon√©sie remontent √† environ 1,5 million d'ann√©es avec l'Homo erectus, √©galement connu sous le nom d'Homme de Java. Des d√©couvertes arch√©ologiques telles que celles de Sangiran et de Trinil sur l'√ģle de Java t√©moignent de la pr√©sence de ces hominid√©s. Les humains modernes (Homo sapiens) sont arriv√©s vers 40 000 av. JC.

Vers 2000 av. JC, des populations austron√©siennes commencent √† migrer depuis Ta√Įwan vers le sud-est, atteignant les Philippines, puis l'Indon√©sie. Ces peuples apportent avec eux des technologies de navigation avanc√©es, la culture du riz et des techniques de poterie. Cette p√©riode marque le d√©but de l'√®re n√©olithique en Indon√©sie.

Protohistoire.
Vers 500 av. JC, les premiers échanges commerciaux commencent à se développer avec l'Inde et la Chine. C'est le début du commerce maritime. La culture de Dong Son, originaire du Vietnam, influence les techniques de métallurgie et l'agriculture en Indonésie. L'Indonésie, en raison de sa position stratégique entre les océans Indien et Pacifique, devient véritablement un carrefour commercial dès le début de l'ère commune. Ces contacts initiaux introduisent de nouvelles influences culturelles et religieuses, préparant le terrain pour l'adoption ultérieure de l'hindouisme et du bouddhisme.

Plusieurs royaumes et chefferies commencent à émerger en Indonésie, bien que leurs structures exactes et leurs noms soient souvent obscurs en raison du manque de sources écrites. Des sites archéologiques comme ceux de Batujaya à Java et de Besuki à Sumatra fournissent des indices sur ces sociétés anciennes.

Un archipel de peuples.
L'Indon√©sie est un archipel constitu√© de milliers d'√ģles et abrite aussi une grande diversit√© de populations et de groupes ethniques. Chacun de ces groupes poss√®de sa propre langue et culture et forment la trame ancestrale sur laquelle s'est √©crite l'histoire de l'Indon√©sie au fil des si√®cles. 

Les Javanais.
Les Javanais, qui vivent principalement sur l'√ģle de Java, repr√©sentent le groupe ethnique le plus important de l'Indon√©sie. Java √©tait autrefois habit√©e par des populations autochtones qui pratiquaient l'agriculture et l'√©levage. Les premi√®res preuves de civilisation sur Java remontent √† l'√Ęge du bronze (environ 300 av. JC √† 500 apr. JC), avec des sites arch√©ologiques tels que Gunung Padang qui montrent des vestiges de structures et d'activit√©s humaines anciennes. Les d√©buts de la formation de royaumes et de structures sociales plus complexes ont probablement commenc√© √† √©merger √† cette √©poque. La culture javanaises a ensuite √©t√© influenc√©e par des traditions hindoues, bouddhistes et musulmanes. Les arts de la cour, comme le wayang (th√©√Ętre d'ombres), la danse et la musique gamelan, sont tr√®s d√©velopp√©s.

Les Sundanais.
Les Sundanais sont originaires de la partie ouest de Java. La r√©gion √©tait probablement peupl√©e autrefois par des groupes tribaux pratiquant l'agriculture et le commerce. Des influences culturelles ext√©rieures, notamment de la Chine et de l'Inde, ont probablement commenc√© √† se faire sentir √† travers le commerce maritime d√®s le Ier si√®cle. Il a exist√© un royaume de Sunda  qui a prosp√©r√© dans la r√©gion avant d'√™tre int√©gr√© dans l'empire javanais de Majapahit.

Les Madurais.
L'√ģle de Madura, situ√©e √† l'est de Java, avait √©galement une population autochtonetr√®s ancienne. L'√ģle a probablement √©t√© influenc√©e par les √©changes commerciaux avec Java et d'autres √ģles voisines, contribuant ainsi √† son d√©veloppement culturel distinct.  Madura a √©galement eu son propre royaume par le pass√©. Les Madurais, habitants de l'√ģle de Madura et r√©gions de l'Est de Java Est, r√©put√©s pour leur agriculture et leur √©levage de b√©tail, notamment de bovins. La culture madurais est marqu√©e par des traditions telles que les courses de taureaux karapan sapi.

Les Balinais.
Bali est de longue date  habit√©e par des populations qui pratiquaient l'agriculture et l'artisanat. Des indications arch√©ologiques montrent que Bali a eu tr√®s t√īt des contac avec l'Inde, notamment √† travers le commerce de produits comme l'or et le camphre. Cependant, la formation de structures politiques plus complexes et l'essor des royaumes balinais hindouistes (comme celui de Gelgel et plus tard celui de Klungkung) se sont davantage d√©velopp√©s √† partir du premier mill√©naire de notre √®re. Apr√®s l'implatation de l'Islam, les habitants de l'√ģle de Bali sont rest√©s majoritairement hindous. Leur culture est riche en c√©r√©monies religieuses, danses, sculptures et musique. Les festivals, comme le Nyepi (Jour du Silence), sont des √©l√©ments centraux de la vie balinaise.

Les Bataks.
Les Bataks vivent principalement dans la province de Sumatra du Nord, en Indonésie, autour du lac Toba. Ils étaient autrefois largement organisés en communautés tribales, pratiquant l'agriculture, l'élevage et le commerce. Ils ont développé une culture riche avec des traditions religieuses animistes et des systèmes sociaux basés sur des clans (marga). Au cours des siècles, ils ont été influencés par le commerce avec d'autres cultures maritimes, ce qui a enrichi leur artisanat et leurs pratiques culturelles. Ils sont connus pour leurs maisons traditionnelles, leurs rituels animistes et leur musique. Ils possèdent un riche patrimoine oral et des traditions funéraires distinctes.

Les Minangkabau.
Les Minangkabau sont originaires de la province de Sumatra occidental. Ils sont c√©l√®bres pour leur syst√®me social matrilin√©aire, o√Ļ l'h√©ritage et le pouvoir sont transmis √† travers la lign√©e maternelle. Autrefois, les Minangkabau vivaient dans des villages agricoles et ont pratiquaient l'islam √† partir du XIIIe si√®cle, bien que leurs racines historiques remontent bien plus loin. Ils ont d√©velopp√© une forte tradition de commerce et d'artisanat, ainsi qu'une riche culture litt√©raire et orale. Leur architecture traditionnelle, avec ses maisons √† toits pointus, est embl√©matique. 

Les Dayaks.
Les Dayaks sont des peuples autochtones de l'√ģle de Born√©o (Kalimantan), partageant des similitudes culturelles mais aussi des distinctions selon leurs r√©gions g√©ographiques sp√©cifiques. Autrefois, les Dayaks vivaient dans des villages longue-maison (rumah panjang) et pratiquaient l'agriculture, la chasse et la p√™che. Ils ont une tradition animiste forte, v√©n√©rant les esprits de la nature et pratiquant des rituels li√©s √† la fertilit√©, √† la gu√©rison et √† la protection. Les Dayaks √©taient √©galement connus pour leur habilet√© dans l'artisanat, notamment la vannerie, la sculpture sur bois et la tissage. Beaucoup continuent leur mode de vie traditionnel. Les longues maisons communautaires et les tatouages rituels sont caract√©ristiques.

Les Bugis.
Les Bugis sont originaires de la r√©gion sud de l'√ģle de Sulawesi. Ils √©taient traditionnellement organis√©s en petites communaut√©s agricoles et maritimes le long des c√ītes de Sulawesi. Ils √©taient connus pour leurs comp√©tences en navigation et leurs traditions maritimes avanc√©es, participant activement au commerce avec d'autres peuples de l'archipel et au-del√†. Les Bugis avaient une structure sociale avec des syst√®mes de clans (suku) et des hi√©rarchies politiques locales.

Les Macassars.
Les Macassar (Makassars) sont un autre groupe ethnique de Sulawesi du Sud, avec leur centre historique autour de la ville de Makassar. Comme les Bugis avec lesquels ils ont interconnectés, ils étaient autrefois impliqués dans le commerce maritime et avaient des relations étendues avec d'autres régions de l'archipel indonésien, ainsi qu'avec des commerçants étrangers venus de Chine, d'Inde et d'Arabie. Ils ont développé une culture riche, incluant des pratiques animistes et des traditions artisanales.

Les Papous.
Les Papous sont les peuples autochtones de la partie orientale de l'√ģle de Nouvelle-Guin√©e, qui comprend aujourd'hui la province indon√©sienne de Papouasie. Dans le pass√©, les Papous vivaient principalement dans des soci√©t√©s tribales, pratiquant l'agriculture, la chasse et la collecte dans les for√™ts de l'int√©rieur. Ils avaient des cultures diverses et des langues distinctes, et √©taient connus pour leurs sculptures sur bois, leurs arts d√©coratifs et leurs pratiques spirituelles animistes.

Les Torajas.
Les Torajas habitent dans les montagnes des C√©l√®bes (Sulawesi) du Sud. Ils √©taient traditionnellement agriculteurs, pratiquant une forme d'agriculture en terrasses dans les hautes terres de Toraja. Les Torajas avaient une soci√©t√© avec des structures hi√©rarchiques bas√©es sur des clans et des rituels fun√©raires √©labor√©s qui jouaient un r√īle central dans leur culture. Leur artisanat traditionnel inclut la sculpture sur bois, le tissage et d'autres formes d'art d√©coratif. Ils sont aujourd'hui connus pour leurs rites fun√©raires complexes et leurs maisons traditionnelles appel√©es tongkonan, qui ont des toits en forme de bateau.

Période hindou-bouddhiste

L'hindouisme et le bouddhisme ont profond√©ment influenc√© la culture indon√©sienne d√®s les premiers si√®cles de notre √®re. Leur p√©n√©tration dans le pays est le r√©sultat de si√®cles de contacts commerciaux et culturels entre l'archipel et les civilisations indiennes. 
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Les premiers contacts entre l'Inde et l'Indonésie remontent au Ier siècle de notre ère. Les marchands indiens, en quête d'épices, de bois précieux et d'autres produits exotiques, ont établi des routes commerciales maritimes avec les royaumes indonésiens. Ces interactions ont conduit à l'influence culturelle indienne, aussi bien dans les domaines de la religion et de la langue que de l'art et de l'architecture.

À partir du XIIIe siècle, l'islam a commencé à se répandre en Indonésie, apporté par des marchands musulmans de l'Inde et du Moyen-Orient. Les royaumes hindous et bouddhistes ont progressivement été remplacés par des sultanats islamiques.Le processus de conversion a été relativement pacifique, bien que certains conflits aient eu lieu. Les royaumes musulmans comme Demak et Aceh ont émergé et ont exercé une influence croissante.

Cependant, l'h√©ritage hindou-bouddhiste est encore visible en Indon√©sie aujourd'hui. Les temples anciens comme Borobudur et Prambanan attirent des millions de visiteurs chaque ann√©e. Les festivals hindous et bouddhistes sont encore c√©l√©br√©s dans certaines r√©gions, notamment √† Bali, qui est majoritairement hindou. Les motifs, les sculptures et l'architecture influenc√©s par l'hindouisme et le bouddhisme continuent de jouer un r√īle important dans l'art et la culture indon√©siens.

Les royaumes hindouistes et bouddhistes
Les premiers royaumes hindouistes d'Indonésie, comme le royaume de Kutai à Bornéo et le royaume de Tarumanagara à Java, ont émergé autour du IVe siècle. Entre le VIIIe et le XVe siècle (période classique) se sont établis d'autres Etats hindouistes importants, à commencer par l'Empire de Mataram (qui a aussi eu sa période bouddhiste). Les inscriptions en sanscrit trouvées à Kutai et Tarumanagara, ainsi que les statues et les temples, témoignent aussi de l'influence hindoue.

Le bouddhisme, quant √† lui, a connu son √Ęge d'or en Indon√©sie entre le VIIIe et le Xe si√®cle. Il a √©t√© introduit en Indon√©sie √† partir du IVe si√®cle par des marchands et des missionnaires venus d'Inde et d'Asie centrale. Le bouddhisme mahayana a d'abord gagn√© en popularit√©. Des centres bouddhistes ont √©t√© √©tablis √† Sumatra et Java, o√Ļ des moines bouddhistes ont construit des monast√®res et des temples. L'exxpansion du bouddhisme est en grande partie due √† la dynastie Sailendra, qui a r√©gn√© sur le centre de Java aux VIIIe et IXe si√®cles.

Pendant cette période, un syncrétisme entre l'hindouisme et le bouddhisme s'est développé, comme en témoignent des temples tels que Prambanan (hindou) et Borobudur (bouddhiste) situés à proximité.

Royaume de Kutai.
Le Royaume de Kutai est considéré comme le plus ancien royaume hindouiste d'Indonésie, fondé vers le IVe siècle. Il était situé dans la région de Kalimantan oriental (Bornéo). Les premières inscriptions trouvées à Kutai sont les Yupa, des pierres de sacrifice, datées de la première moitié du IVe siècle. Le roi Mulawarman, l’un des souverains les plus célèbres de Kutai, a étendu le royaume et a promu le culte de Shiva.

Kutai était fortement influencé par l'hindouisme, avec des pratiques religieuses centrées sur le culte de Shiva. Le royaume a également montré des influences culturelles indiennes dans son art et ses rituels.

Kutai a commencé à décliner vers le XIIe siècle en raison de la montée d'autres puissances dans la région et de l'islamisation progressive.

Royaume de Tarumanagara.
Tarumanagara est l'un des plus anciens royaumes hindous en Indonésie. il a été fondé au début du IVe siècle dans l'ouest de Java. Le roi le plus célèbre de Tarumanagara, Purnawarman, a régné au Ve siècle. Son règne s'est signalé par ses développements de l'irrigation et par la construction d'infrastructures.

Plusieurs inscriptions en sanscrit, gravées sur des rochers et des monuments, témoignent de l'existence et de la prospérité de Tarumanagara. Ces inscriptions mentionnent des oeuvres publiques comme la construction de canaux pour l'irrigation. L'influence de l'hindouisme se reflète dans l'art et l'architecture.

Tarumanagara a commencé à décliner au VIIe siècle, probablement en raison de l'émergence de nouveaux pouvoirs régionaux et du déclin de l'influence économique et politique.

Royaume de Mataram.
L'histoire du royaume de Mataram a connu deux p√©riodes distinctes. Seule la premi√®re entre dans le cadre chronologique envisag√© ici. Le deuxi√®me royaume de Mataram, musulman, √©galement connu sous le nom de Sultanat de Mataram, √©mergera au XVIe si√®cle dans le centre de Java. 

Le premier Mataram, aussi connu sous le nom de Mataram Kuno, était un royaume hindou-bouddhiste qui a émergé dans le centre de Java au VIIIe siècle. Il était gouverné par deux principales dynasties : les Sanjaya, hindoue, et les Sailendra, bouddhiste.

‚ÄĘ La dynastie Sailendra a r√©gn√© sur Java et Sumatra, principalement entre le VIIIe et le IXe si√®cle. Elle est connue pour avoir promu le bouddhisme Mahayana. Les origines pr√©cises des Sailendra sont incertaines, mais ils sont devenus une puissance majeure sous le r√®gne de leurs rois successifs. Ils ont √©tendu leur influence en contr√īlant des routes commerciales importantes entre Java et Sumatra. Les Sailendra √©taient bouddhistes et ont patronn√© la construction de monuments bouddhistes monumentaux. Le plus c√©l√®bre de ces monuments est Borobudur, l'un des plus grands temples bouddhistes du monde, construit au d√©but du IXe si√®cle. Les Sailendra  ont souvent √©t√© en conflit avec la dynastie hindouiste Sanjaya, bien que des p√©riodes de paix et de cohabitation aient √©galement exist√©. Vers la fin du IXe si√®cle, les Sailendra ont √©t√© progressivement supplant√©s par la dynastie Sanjaya et ont perdu leur influence.

 La dynastie Sanjaya a r√©gn√© sur le centre de Java et certaines parties de Sumatra du VIIIe au Xe si√®cle. Elle est souvent associ√©e au d√©veloppement de l‚Äôhindouisme √† Java. Le roi Sanjaya est consid√©r√© comme le fondateur de la dynastie au d√©but du VIIIe si√®cle. Son r√®gne est connu par l'inscription de Canggal (732). La dynastie Sanjaya √©tait hindouiste, particuli√®rement d√©di√©e √† Shiva. C'est sous cette dynastique qu'ont √©t√© construits plusieurs temples importants, dont le temple de Prambanan, d√©di√© √† la Trimurti (Shiva, Vishnu, Brahma). La dynastie Sanjaya, on l'a dit, a eu des p√©riodes de rivalit√© et d'alliance avec la dynastie bouddhiste Sailendra. La tension et les conflits entre les deux dynasties ont marqu√© une grande partie de l'histoire de Java au VIIIe et IXe si√®cles.

Le premier royaume de Mataram a d√©clin√© au Xe si√®cle, probablement en raison de catastrophes naturelles et de conflits internes. D√©j√†, pendant cette p√©riode la capitale du Java central avait √©t√© d√©plac√©e dans le Java oriental en raison de l'activit√© volcanique. 

Le royaume est célèbre pour ses monuments architecturaux, notamment le temple de Borobudur (bouddhiste) et le temple de Prambanan (hindou). Mataram était un centre culturel et religieux important, avec une richesse de littérature et de sculptures.

‚ÄĘ Borobudur, situ√© dans le centre de Java, est l'un des plus grands et des plus c√©l√®bres monuments bouddhistes au monde. Ce temple majestueux est une merveille architecturale et une importante destination de p√®lerinage pour les bouddhistes. Le temple est particuli√®rement fr√©quent√© lors des c√©l√©brations du Vesak, qui comm√©morent la naissance, l'illumination et la mort de Bouddha. Borobudur a √©t√© construit pendant la p√©riode de la dynastie Sailendra, probablement entre 750 et 850 de notre √®re. La dynastie Sailendra a r√©gn√© sur le centre de Java et a parrain√© la construction de nombreux autres monuments bouddhistes. Le temple a √©t√© abandonn√© au XIVe si√®cle en raison de la conversion progressive de Java √† l'islam. La v√©g√©tation tropicale a envahi le site, et Borobudur est rest√© oubli√© pendant plusieurs si√®cles. En 1814, Borobudur a √©t√© red√©couvert par Sir Thomas Stamford Raffles, le gouverneur britannique de Java, qui a entendu parler d'un grand monument enfoui dans la jungle. Les premi√®res tentatives de restauration ont eu lieu au XIXe et au d√©but du XXe si√®cle, mais les efforts s√©rieux de conservation ont commenc√© sous la direction des autorit√©s coloniales n√©erlandaises. Dans les ann√©es 1970, une restauration majeure a √©t√© entreprise avec l'aide de l'Unesco, et en 1991, Borobudur a √©t√© inscrit au patrimoine mondial de cette institution.

Le temple mesure environ 123 m√®tres de chaque c√īt√© et s'√©l√®ve √† 35 m√®tres de hauteur. Il est construit sous forme de mandala g√©ant, un diagramme symbolique repr√©sentant l'univers. Il se compose de neuf plateformes empil√©es, six carr√©es et trois circulaires, surmont√©es d'un d√īme central. Les murs et les balustrades de Borobudur sont orn√©s de 2672 panneaux de bas-reliefs, repr√©sentant des sc√®nes de la vie de Bouddha, des enseignements bouddhistes et des r√©cits de Jatakas (les vies ant√©rieures de Bouddha).  Il y a 504 statues de Bouddha sur le site. Les trois niveaux circulaires sup√©rieurs comportent 72 stupas ajour√©s, chacun contenant une statue de Bouddha assis. Borobudur repr√©sente le chemin de l'illumination spirituelle. Les p√®lerins montent les plateformes en suivant un chemin rituel qui symbolise le voyage vers l'√©veil, passant de la vie terrestre (Kamadhatu) √† la forme (Rupadhatu) et enfin au royaume sans forme (Arupadhatu). Le d√īme central au sommet symbolise le Nirvana, l'√©tat ultime de lib√©ration spirituelle dans le bouddhisme.

‚ÄĘ Prambanan est un ensemble de temples hindous situ√© √† environ 17 kilom√®tres au nord-est de Yogyakarta et pr√®s de la fronti√®re entre les provinces de Java central et de Yogyakarta. Il a √©t√© construit vers  850 ap. JC. sous la dynastie Sanjaya du royaume de Mataram et a √©t√© d√©di√© aux trois grandes divinit√©s de l'hindouisme : Brahma (le Cr√©ateur), Vishnu (le Conservateur) et Shiva (le Destructeur). Son style est caract√©ristique de l'architecture hindoue javanaise, influenc√©e par l'architecture indienne. Le complexe compte 240 temples de diff√©rentes tailles, dispos√©s en un mandala g√©om√©trique. 

Les temples principaux sont le temple de Shiva (Loro Jonggrang), le temple de Brahma, et le temple de Vishnu. Le temple de Shiva, le plus grand, mesure 47 m√®tres de haut. Il contient une statue de Shiva Mahadeva et des sculptures d√©taillant des √©pisodes du Ramayana sur ses parois int√©rieures. Le temple de Brahma est aut de 33 m. Il abrite une statue de Brahma et des bas-reliefs repr√©sentant des sc√®nes du Ramayana. Le temple de Vishnu, √©galement haut de 33 m, contient une statue de Vishnu et des bas-reliefs illustrant des sc√®nes du Mahabharata. On remarque aussi √† proximit√© divers temples bouddhistes qui soulignent le syncr√©tisme religieux de la r√©gion : le Candi Lumbung et le Candi Bubrah sont deux  temples bouddhistes adjacents, et non loin de l√† le Candi Sewu, qui est un complexe bouddhiste. 

Des travaux de restauration ont commencé au XXe siècle, avec des efforts significatifs pour restaurer les temples à leur gloire d'origine après des siècles de délabrement et de tremblements de terre. Le site a été inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1991.

Royaume de Srivijaya.
Le royaume de Srivijaya a √©merg√© au VIIe si√®cle dans la r√©gion de Palembang, sur l'√ģle de Sumatra. C'√©tait un empire maritime bouddhiste puissant. Il a √©tendu son influence sur les routes maritimes, contr√īlant le commerce entre l'Inde et la Chine. Le royaume est devenu un centre majeur du commerce maritime, profitant de sa position strat√©gique sur le d√©troit de Malacca. Centre d'√©rudition bouddhiste, attirant des √©tudiants et des p√®lerins de toute l'Asie, il a aussi √©t√© un p√īle de diffusion du bouddhisme dans l'archipel. Le Srivijaya a commenc√© √† d√©cliner au XIe si√®cle en raison des attaques des Chola, un royaume du sud de l'Inde, et de la mont√©e de nouveaux pouvoirs maritimes comme le Majapahit. Srivijaya a finalement √©t√© absorb√© par l'empire Majapahit au XIVe si√®cle.

 Royaume de Kediri.
Le royaume de Kediri a √©t√© fond√© en 1042, apr√®s la division du royaume de Mataram en deux par le roi Airlangga. Kediri occupait la partie orientale de Java. Ses capitales principales √©taient Daha et Kediri. Ce royaume a prosp√©r√© gr√Ęce √† l'agriculture et au commerce, avec des relations commerciales s'√©tendant jusqu'√† l'Inde et la Chine. Le Kediri est connu pour son d√©veloppement litt√©raire. De nombreux po√®mes √©piques (kalawin) en vieux javanais, tels que le Arjuna Wiwaha et le Smara Dahana, ont √©t√© compos√©s pendant cette p√©riode. Il a √©t√© vaincu par Ken Arok, fondateur du royaume de Singhasari, en 1222. Le dernier roi de Kediri, Kertajaya, a √©t√© d√©fait lors de la bataille de Ganter.

‚ÄĘ L'Arjuna Wiwaha a √©t√© compos√© par Mpu Kanwa au d√©but du XIe si√®cle, pendant le r√®gne du roi Airlangga. Le po√®me raconte l'histoire de la qu√™te d'Arjuna, un h√©ros du Mahabharata, pour obtenir des armes divines. Il m√©dite sur le mont Indrakila et r√©siste aux tentations de plusieurs nymphes. En r√©compense de sa d√©votion, il re√ßoit des armes c√©lestes du dieu Indra pour vaincre le d√©mon Niwatakawaca.

‚ÄĘ Le Smara Dahana, d√Ľ √† Mpu Dharmaja a √©t√© √©crit au XIIe si√®cle, pendant le r√®gne du roi Jayabaya de Kediri. Il raconte l'histoire de la destruction du dieu de l'amour, Smara (ou Kama), par Shiva. Smara est incin√©r√© par le feu de l'oeil frontal de Shiva lorsqu'il tente de perturber sa m√©ditation en tirant une fl√®che d'amour.

Royaume de Singhasari.
Le Singhasari a √©t√© fond√© par Ken Arok en 1222 apr√®s avoir renvers√© le Kediri. Le royaume √©tait situ√© dans l'est de Java. Ken Arok a √©tabli la dynastie Rajasa, qui a r√©gn√© sur le royaume. Cet Etat a connu une expansion territoriale sous le r√®gne de Kertanegara, qui a lanc√© des exp√©ditions militaires pour √©tendre son influence √† Bali, Born√©o et Sumatra. Le royaume a favoris√© le syncr√©tisme religieux, combinant des √©l√©ments de l'hindouisme et du bouddhisme. Il a √©t√© envahi par le Gelang-gelang, une r√©surgence √©ph√©m√®re du Kediri, dirig√©e par Jayakatwang (√ári Jayakatyńēng), en 1292. Le roi Kertanegara a √©t√© tu√©, marquant la fin du royaume de Singhasari.

Empire de Majapahit. 
L'empire de Majapahit a √©t√© fond√© en 1293 par Raden Wijaya, avec l'aide des Mongols qui avaient envahi Java pour punir Kertanegara de Singhasari. La capitale √©tait Trowulan. 

Le Majapahit a atteint son apog√©e sous le r√®gne de Hayam Wuruk et son premier ministre Gajah Mada. Il contr√īlait alors une grande partie de l'archipel indon√©sien, (Sumatra, la Malaisie, Born√©o et Bali). Le Majapahit √©tait un centre commercial important, facilitant le commerce maritime entre l'Inde et la Chine. Il a aussi connu des avanc√©es culturelles et artistiques, notamment en architecture, sculpture, et litt√©rature. Des oeuvres comme le Nagarakretagama et le Sutasoma ont √©t√© √©crites pendant cette p√©riode.

‚ÄĘ Le Nagarakretagama a √©t√© r√©dig√© par Mpu Prapanca en 1365, pendant l'apog√©e de l'empire de Majapahit sous le r√®gne du roi Hayam Wuruk. Ce texte est une description d√©taill√©e du royaume de Majapahit, ses structures politiques, sociales, et religieuses, ainsi que les voyages de l'auteur √† travers le royaume. Il d√©crit √©galement les c√©r√©monies religieuses, les villes, les paysages et les coutumes. Tout cela en fait donc une une source pr√©cieuse d'information historique sur le Majapahit et son organisation.
‚ÄĘ Le Sutasoma a √©t√© compos√© au XIVe si√®cle, par Mpu Tantular. Le po√®me raconte l'histoire du prince Sutasoma, qui renonce √† son tr√īne pour devenir moine bouddhiste. Il se signale par saa compassion et sa sagesse. Sutasoma est enlev√© par un g√©ant cannibale, mais gr√Ęce √† sa vertu et √† sa non-violence, il parvient √† transformer le g√©ant en un √™tre bienveillant. Ce texte contient la c√©l√®bre phrase Bhinneka Tunggal Ika, qui signifie ¬ę Unit√© dans la diversit√© ¬Ľ et qui est devenue la devise nationale de l'Indon√©sie.
Après la mort de Hayam Wuruk en 1389, l'empire a commencé à décliner en raison de conflits internes et de la montée de nouveaux pouvoirs régionaux. La propagation de l'islam et la montée des royaumes musulmans ont également contribué au déclin de Majapahit. Il a finalement été supplanté par le royaume musulman de Demak au début du XVIe siècle, ce qui a marqué la fin de l'ère hindou-bouddhiste à Java.

L'implantation de l'Islam

A partir du XIIe si√®cle, des commer√ßants arabes et indiens introduisent l'islam en Indon√©sie. Se constituent alors  divers royaumes musulmans, √† l'image des sultanats de Samudera Pasai et d'Aceh. Au XVe  si√®cle, l'islam commence √† se propager dans tout l'archipel, influen√ßant de nombreux royaumes hindouistes et bouddhistes, √† l'mage du Mataram, islamis√© au XVIe si√®cle.

Sultanat de Samudera Pasai. 
Le sultanat de Samudera Pasai a √©t√© fond√© en 1267 dans le nord de Sumatra, pr√®s de la ville moderne de Lhokseumawe. Le premier sultan du Pasai √©tait Malik al-Saleh, √©galement connu sous le nom de Marah Silu. Le Pasai est consid√©r√© comme le premier royaume musulman de l'archipel et a jou√© un r√īle crucial dans la diffusion de l'islam en Asie du Sud-Est. Le Pasai √©tait √©galement un centre d'apprentissage musulman, attirant des √©rudits et produisant des ouvrages litt√©raires et religieux en arabe et en malais. C'√©tait un centre commercial prosp√®re, attirant des marchands de l'Inde, de la Chine, du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud-Est. Les principales exportations incluaient le poivre, le camphre, et d'autres √©pices. Mais le sultanat de Pasai a commenc√© √† d√©cliner au d√©but du XVIe si√®cle en raison de la mont√©e du Sultanat d'Aceh, qui a finalement conquis le Pasai en 1521. Les Portugais, en qu√™te de contr√īle des routes commerciales, ont √©galement jou√© un r√īle dans la chute du Pasai en attaquant et en affaiblissant ses structures de pouvoir.

Le sultanat d'Aceh.
Situ√© √† l'extr√©mit√© nord de l'√ģle de Sumatra le siltanat d'Aceh a √©t√© fond√© au d√©but du XVIe si√®cle par le sultan Ali Mughayat Syah et a prosp√©r√© jusqu'au XIXe si√®cle. Sa capitale √©tait Banda Aceh. Il √©t√© la grand de l'Islam en Indon√©sie et a jou√© un r√īle cl√© dans la propagation de l'Islam dans l'archipel indon√©sien. Ce sultanat a aussi √©t√© un centre de commerce majeur, notamment pour le poivre, les √©pices et d'autres marchandises. Son emplacement strat√©gique le rendait important pour le commerce maritime entre l'Asie du Sud-Est, l'Inde et le Moyen-Orient. L'Aceh entretenait des relations commerciales et diplomatiques avec l'Empire ottoman, l'Empire moghol et les puissances europ√©ennes comme le Portugal et les Pays-Bas. Sa puissance a diminu√© avec la mont√©e du colonialisme n√©erlandais et les conflits internes.

Le Sultanat de Mataram (deuxième royaume de Mataram).
Le Sultanat de Mataram a √©merg√© au XVIe si√®cle dans le centre de Java. Ce royaume musulman a √©t√© fond√© par le sultan Sultan Sutawijaya (Panembahan Senopati).  Il a eu au cours de son histoire plusieurs capitales successives, dont Kota Gede, Plered, et Kartasura.

Le royaume, bien qu'il ait conserv√© une forte empreinte des traditions hindoues et bouddhistes pr√©existantes, ainsi que des croyances animistes javanaises, a favoris√© la propagation de l'islam et le d√©veloppement des arts et de la culture javanaises musulmanes. Cet Etat a jou√© un r√īle crucial dans l'unification de Java sous l'islam. Son √©conomie √©tait principalement agricole. Une grande importance √©tait accord√©e √† la culture du riz.

Le Sultanat de Mataram a commenc√© √† d√©cliner au XVIIIe si√®cle en raison de conflits internes et de l'intervention n√©erlandaise. Il a combattu les forces coloniales n√©erlandaises, mais a finalement sign√© des trait√©s qui ont diminu√© son pouvoir. Il a fini par se diviser en plusieurs principaut√©s, dont le Yogyakarta et le Surakarta, qui sont devenues rapidement vassales des Pays-Bas. 

La période coloniale

Prétentions portugaises (XVIe siècle).
Les Portugais arrivent √† Malacca en 1511, cherchant √† contr√īler le commerce des √©pices. Mais bien qu'ils aient √©tabli quelques comptoirs, leur influence reste limit√©e par la r√©sistance locale et la concurrence d'autres puissances europ√©ennes.

Domination néerlandaise (XVIIe - XXe siècle)
Fond√©e en 1602, la Vereenigde Oostindische Compagnie (VOC, Compagnie n√©erlandaise des Indes orientale) √©tablit des comptoirs commerciaux et finit par contr√īler de vastes territoires de l'archipel indon√©sien (√† l'exception du Timor oriental, qui reste au Portugal). Batavia (aujourd'hui Jakarta) devient la capitale de la VOC en 1619. La Compagnie fait faillite en 1799, et ses possessions sont transf√©r√©es √† l'√Čtat n√©erlandais. Les N√©erlandais √©tendent leur contr√īle pendant le XIXe si√®cle, int√©grant des r√©gions comme Java, Sumatra, et Born√©o. Cette √©poque est celle de l'exploitation des ressources naturelles et de la mise en place de plantations.

Résistances et révoltes.
Plusieurs révoltes locales contre la domination néerlandaise, comme la guerre de Java (1825-1830) dirigée par le prince Diponegoro. Le début du XXe siècle, voit émerger des mouvements nationalistes, tels que Sarekat Islam (1912) et le Parti national indonésien (PNI) fondé par Sukarno en 1927.

L'occupation japonaise (1942-1945) et la marche vers l'indépendance (1945-1949).
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les forces japonaises envahissent et occupent l'Indon√©sie de 1942 √† 1945. Les Japonais encouragent le nationalisme indon√©sien pour obtenir du soutien contre les Alli√©s. Le 17 ao√Ľt 1945, Sukarno et Mohammad Hatta proclament l'ind√©pendance de l'Indon√©sie, peu apr√®s la capitulation japonaise. Un conflit arm√© √©clate alors entre les forces indon√©siennes et n√©erlandaises, ponctu√© par des n√©gociations et des interventions internationales. En d√©cembre 1949, les Pays-Bas finissent par reconna√ģtre officiellement l'ind√©pendance de l'Indon√©sie lors de la Conf√©rence de la Table Ronde de La Haye.

L'Indonésie indépendante

L'Indonésie sous Sukarno (1945-1967).
Sukarno a été l'un des leaders du mouvement pour l'indépendance indonésienne contre les colons néerlandais et est devenu le premier président de l'Indonésie. Il tente d'abord de créer un équilibre entre les forces politiques du pays, notamment les nationalistes, les communistes (PKI), et l'armée. En 1959, Sukarno dissout le parlement et assume des pouvoirs quasi dictatoriaux, sous prétexte de maintenir l'unité dans un pays diversifié et fragmenté. Il donne à son régime autoritaire le nom démocratie guidée. L'économie sous Sukarno est marquée par des politiques nationalistes et protectionnistes. Il nationalise de nombreuses entreprises étrangères. Cependant, ces politiques conduisent à une mauvaise gestion économique, à l'inflation et à la stagnation économique.

L'Indon√©sie de Sukarno a √©t√© l'un des pays fondateurs du mouvement des Non-align√©s (sous-entendu avec les Etats-Unis ou avec l'URSS). La conf√©rence de Bandung (Bandoeng), qui s'est tenue du 18 au 24 avril 1955 en Indon√©sie, a r√©uni une trentaine de pays, dont la Chine, l'Inde et l'Egypte, et a consacr√© la revendication du r√īle qu'entend d√©sormais jouer dans la marche du monde les anciens pays colonis√©s. Sukarno a soutenu des mouvements anticolonialistes et a eu des relations tendues avec l'Occident, tout en se rapprochant, de fait, de l'Union sovi√©tique et de la Chine. Cette dynamique de coop√©ration intertionale n'a pas emp√™ch√© des tensions et des conflits arm√©s avec la Malaisie dans les ann√©es 1960. 

L'insurrection du 30 septembre 1965, un coup d'√Čtat rat√© attribu√© au PKI, conduit √† une r√©pression brutale contre les communistes. Suharto, un g√©n√©ral de l'arm√©e, va utiliser cette opportunit√© pour prendre le pouvoir, accusant Sukarno de faiblesse et d'alignement avec les communistes.

L'Indonésie sous Suharto (1967-1998).
Suharto a officiellement pris le pouvoir en 1967. Il instaure un r√©gime autoritaire connu sous le nom de Nouvel Ordre (Orde Baru) et re√ßoit le soutien des √Čtats-Unis et d'autres pays occidentaux en raison de son anticommunisme. Suharto met en place un contr√īle strict sur les m√©dias et la soci√©t√© civile. Il centralise le pouvoir et supprime toute opposition politique. Le parti Golkar, √©manation du r√©gime, domine le paysage politique. 

Contrairement √† Sukarno, Suharto ouvre l'√©conomie indon√©sienne aux investissements √©trangers et promeut des r√©formes de march√©. Il modernise et industrialise le pays. Sous son r√©gime, l‚ÄôIndon√©sie conna√ģt une croissance √©conomique rapide, mais cette croissance est marqu√©e par la corruption et le n√©potisme.

En 1975, l'Indonésie de Suharto annexe le Timor oriental, récemment parvenu à l'indépendance, déclenchant un long conflit. Après des années de guérilla contre l'occupation indonésienne (1975-1999), Timor oriental a obtenu son indépendance en 2002 à la suite d'un référendum supervisé par les Nations Unies.

Tout au long de sa pr√©sidence, Suharto maintiendra des relations √©troites avec les pays occidentaux, en particulier les √Čtats-Unis, le Japon et les pays europ√©ens. Suharto fait aussi jouer √† l'Indon√©sie un r√īle actif dans l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est), cherchant √† promouvoir la stabilit√© r√©gionale et la coop√©ration √©conomique. 

La crise financi√®re asiatique de 1997-1998 a s√©v√®rement touch√© l‚Äô√©conomie indon√©sienne et a entra√ģn√© des troubles sociaux et des manifestations massives contre le r√©gime de Suharto. En mai 1998, face √† une pression insoutenable, Suharto d√©missionne, c√©dant le pouvoir √† son vice-pr√©sident B.J. Habibie.

Le chemin cahoteux de la démocratie.
Présidence de B. J. Habibie.
Le successeur de Suharto, B.J. Habibie, introduit des réformes démocratiques. En 1999, un référendum sous l'égide de l'ONU conduit à l'indépendance du Timor oriental. La même année les premières élections libres ont lieu depuis des décennies, marquant le début d'une nouvelle ère démocratique.

Présidence de Abdurrahman Wahid.
 Abdurrahman Wahid (1999-2001) poursuit les r√©formes d√©mocratiques initi√©es par son pr√©d√©cesseur B.J. Habibie. Sous sa pr√©sidence un etentative est faite pour d√©centraliser le pays et  r√©duire l'influence militaire. Wahid est √©vinc√© par le Parlement en 2001, remplac√© par Megawati Sukarnoputri.

Présidence de Megawati Sukarnoputri.
 Megawati Sukarnoputri (2001-2004) continue de travailler √† la stabilisation politique et des r√©formes √©conomiques. Elle met l'accent sur la lutte contre le terrorisme apr√®s les attentats de Bali en 2002.

Présidence de Susilo Bambang Yudhoyono.
Susilo Bambang Yudhoyono (2004-2014)  est le premier pr√©sident indon√©sien √©lu au suffrage direct. Il est r√©√©lu en 2009 pour un second mandat. Sous sa pr√©sidens ont √©t√© mises en oeuvre des r√©formes √©conomiques et des efforts ont √©t√© faits pour attirer les investissements √©trangers. On a aussi assist√© √† un renforcement de la lutte contre la corruption et le terrorisme.

Présidence de Joko Widodo.
Ancien gouverneur de Jakarta, Joko Widodo (2014-2019), également connu sous le nom de Jokowi met en place de programmes d'infrastructure ambitieux pour moderniser le pays. Il entreprend des réformes dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de la bureaucratie. Sa politique étrangère axée sur le renforcement de l'influence régionale de l'Indonésie.

R√©√©lu en 2019, Jokowi (2019-2024) continue de se concentrer sur les projets d'infrastructure et la modernisation √©conomique. Lors de la pand√©mie de covid-19, des mesures sanitaires et √©conomiques  sont prises pour att√©nuer les impacts de la crise. Sous son mandat des efforts sont faits pour lutter contre la d√©forestation, les incendies de for√™t et les catastrophes naturelles. L'√©conomie num√©rique et les √©nergies renouvelables sont promues.

Les √©lections du 14 f√©vrier 2024 ont donn√© la victoire √† Prabowo Subianto. Son investiture √† la pr√©sidence doit avoir lieu le  20 octobre 2024.

Mouvements séparatistes et guerillas dans l'Indonésie contemporaine.
L'Indon√©sie contemporaine a √©t√© confront√©e √† plusieurs mouvements s√©paratistes et gu√©rillas qui ont marqu√© son histoire post-ind√©pendance. Ces mouvements ont g√©n√©ralement √©t√© motiv√©s par des facteurs ethniques, religieux, √©conomiques et politiques. Ils  ont √©t√© accompagn√©s de graves violations des droits humains (massacres, disparitions forc√©es, et d√©placements de populations). En r√©ponse √† ces mouvements, l'Indon√©sie a aussi mis en place des r√©formes d√©mocratiques et des lois sur l'autonomie r√©gionale pour apaiser les tensions et r√©pondre aux revendications locales.

Mouvement pour la Libération d'Aceh (GAM).
Le Mouvement pour la Libération d'Aceh (Gerakan Aceh Merdeka, GAM) a été fondé en 1976 par Hasan di Tiro. Le GAM revendiquait l'indépendance de la province d'Aceh, située à la pointe nord de Sumatra. Les principales raisons étaient les injustices économiques, le désir de préserver l'identité culturelle et la religion (Aceh étant majoritairement musulman), et la perception d'exploitation des ressources naturelles par le gouvernement central.

Le GAM a men√© une gu√©rilla contre le gouvernement indon√©sien pendant des d√©cennies, entra√ģnant des milliers de morts et des d√©placements de population. Le gouvernement indon√©sien a r√©agi par des op√©rations militaires intensives, et Aceh a √©t√© plac√©e sous loi martiale √† plusieurs reprises.

En 2005, à la suite du tsunami de 2004 qui a ravagé Aceh, un accord de paix a été signé entre le GAM et le gouvernement indonésien à Helsinki, en Finlande. Le GAM a accepté de renoncer à ses revendications d'indépendance en échange d'une plus grande autonomie.

Mouvement pour la Papouasie Libre (OPM).
Le Mouvement pour la Papouasie Libre (Organisasi Papua Merdeka, OPM) a été formé dans les années 1960, revendiquant l'indépendance de la Papouasie occidentale, intégrée à l'Indonésie en 1969 après l'Acte de Libre Choix controversé. Les raisons incluent des revendications d'indépendance ethnique et culturelle, des allégations de violations des droits humains, et l'exploitation des ressources naturelles sans bénéfice pour les populations locales.

L'OPM a mené une guérilla sporadique contre les forces indonésiennes. Le conflit est marqué par des escarmouches, des attaques contre des infrastructures et des enlèvements. Le gouvernement indonésien a déployé des forces militaires importantes dans la région, accusées encore de violations des droits humains.

Les tensions restent élevées en Papouasie, avec des manifestations régulières pour l'indépendance et des rapports de violences continues. En 2001, une loi spéciale d'autonomie a été accordée à la Papouasie, mais elle n'a pas satisfait les aspirations des militants pour l'indépendance.

Mouvement de l'Indépendance des Moluques du Sud (RMS).
La R√©publique des Moluques du Sud (Republik Maluku Selatan, RMS) a √©t√© proclam√©e en 1950, apr√®s que l'Indon√©sie a obtenu son ind√©pendance des Pays-Bas. Les Moluques du Sud souhaitaient former un √Čtat ind√©pendant. Les raisons en √©taient notamment des diff√©rences culturelles et historiques, ainsi que le d√©sir de maintenir les liens avec les N√©erlandais.

Les partisans de la RMS ont men√© une r√©bellion arm√©e contre le gouvernement indon√©sien, mais celle-ci a √©t√© rapidement √©cras√©e. Les leaders de la RMS se sont exil√©s aux Pays-Bas, o√Ļ ils ont continu√© √† revendiquer l'ind√©pendance.

Le mouvement RMS est aujourd'hui principalement actif en exil, avec des actions limitées en Indonésie. Les Moluques bénéficient d'une certaine autonomie régionale, mais les revendications d'indépendance persistent.

Mouvement islamiste à Poso (Sulawesi) .
Poso a √©t√© le th√©√Ętre de violents affrontements entre communaut√©s chr√©tiennes et musulmanes dans les ann√©es 1990 et 2000, souvent exacerb√©s par des groupes extr√©mistes musulmans.

Persistence des défis.
Diversité ethnique et religieuse.
Les mouvements s√©paratistes et gu√©rillas ont fa√ßonn√© la dynamique politique et sociale de l'Indon√©sie actuelle. Ils ont mis en lumi√®re les d√©fis de la gestion d'un archipel vaste et diversifi√© sur les plans ethnique, culturel et religieux. Des tensions ethniques et religieuses persistent dans certaines r√©gions, notamment en Papouasie et dans les √ģles Moluques. 

Corruption et gouvernance.
La Commission pour l'√©radication de la corruption (KPK) joue un r√īle crucial dans la lutte contre la corruption, bien que des tensions existent entre la KPK et d'autres branches du gouvernement. Efforts continus sont faits pour renforcer l'ind√©pendance et l'efficacit√© du syst√®me judiciaire.

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