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Le
tapir
est un mammifère ongulé, parfois décrit comme
un "fossile vivant" car il a très peu évolué depuis des millions d'années.
Appartenant à la famille des tapiridés, il est étroitement lié aux
chevaux et aux rhinocéros.
Il possède un corps massif et arrondi, des pattes courtes et fines, et
une caractéristique qui le rend immédiatement reconnaissable : une petite
trompe courte et mobile formée par la fusion du nez et de la lèvre supérieure,
qui lui sert à saisir les feuilles, à les porter à sa bouche et à explorer
son environnement. Sa fourrure est généralement courte et de couleur
uniforme, variant du brun foncé au gris chez la plupart des espèces,
à l'exception du tapir malais qui arbore une spectaculaire livrée en
deux tons : la partie antérieure et les pattes sont noires, tandis que
l'arrière-train et le ventre sont d'un blanc éclatant, une coloration
qui brise son contour dans la pénombre de la forêt. Tous les tapirs ont
de petites oreilles rondes et une queue très courte, presque imperceptible.
On recense quatre
espèces distinctes de tapirs, réparties dans deux régions du globe.
En Asie du Sud-Est vit le tapir malais,
ou tapir à chabraque, le plus grand de tous. Sur le continent américain,
on trouve le tapir de Baird, le plus imposant d'Amérique
centrale et du nord de l'Amérique
du Sud, le tapir des montagnes, plus petit et doté d'une toison laineuse
pour résister aux températures froides des Andes,
et enfin le tapir du Brésil, ou tapir terrestre,
le plus répandu, qui peuple une grande partie des forêts tropicales sud-américaines.
Ce sont tous des animaux solitaires et discrets, menant une vie essentiellement
crépusculaire et nocturne pour échapper à la chaleur et aux prédateurs.
Ils affectionnent particulièrement les zones proches de l'eau, qu'ils
fréquentent assidûment pour se baigner, se rafraîchir, se débarrasser
des parasites et même pour déféquer, un comportement qui joue un rôle
écologique crucial. Herbivores stricts, ils
se nourrissent de feuilles, de pousses, de fruits tombés au sol et de
plantes aquatiques. Leur passage dans la forêt est si régulier qu'ils
tracent des sentiers bien marqués, qu'ils utilisent comme des autoroutes
végétales, contribuant ainsi à la dispersion des graines sur de longues
distances, ce qui fait d'eux des ingénieurs de l'écosystème.
Le mode de reproduction
des tapirs présente des particularités notables. La gestation est exceptionnellement
longue pour un mammifère de cette taille,
durant environ treize à quatorze mois, et aboutit généralement à la
naissance d'un unique petit. Ce dernier possède une livrée très différente
de celle des adultes : il est couvert de rayures et de taches blanches
sur un fond brun, un motif disruptif qui lui offre un camouflage parfait
au sol, évoquant la lumière du soleil filtrant à travers le feuillage.
Le jeune tapir reste caché pendant les premiers mois de sa vie, tandis
que sa mère revient régulièrement pour l'allaiter. Cette robe juvénile
s'estompe progressivement pour laisser place à la coloration adulte au
bout de six à douze mois. Le lien entre la mère et le petit est très
fort et dure jusqu'à l'approche de la maturité sexuelle, vers deux Ã
trois ans.
Malgré leur taille
imposante, les tapirs sont des proies pour les grands félins
comme le jaguar ou le tigre, ainsi que pour les caïmans. Leur principal
atout de défense réside dans leur capacité à fuir rapidement dans les
fourrés denses ou à plonger dans l'eau, où ils se déplacent avec une
aisance surprenante, pouvant même marcher au fond des rivières en utilisant
leur trompe comme un tuba. Leurs sens de l'ouïe et de l'odorat sont très
développés, mais leur vue est relativement médiocre. Aujourd'hui, toutes
les espèces de tapirs sont classées comme vulnérables ou en danger d'extinction
par l'Union internationale pour la conservation de la nature. Leurs principales
menaces sont la déforestation massive qui réduit leur habitat, la fragmentation
de leurs territoires par les routes et les cultures, et la chasse, qui
les cible pour leur viande et leur cuir. |
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