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| Les langues > langues amérindiennes |
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L'apachéan,
c'est-Ã dire l'ensemble des langues apaches (dialectes apaches,
navajo), appartient à la famille athapascane méridionale, elle-même
branche de la vaste famille na-dené. Ces
langues sont parlées par les peuples apaches
et navajo principalement dans le sud-ouest des Etats-Unis La situation de ces
langues varie considérablement. Le navajo, avec plus de 170 000 locuteurs,
est la langue la plus vivace, ce qui en fait la langue autochtone la plus
parlée en Amérique du Nord Les politiques d'assimilation, notamment l'internat forcé des enfants au XXe siècle, ont gravement affecté la transmission intergénérationnelle. Des programmes de revitalisation sont en cours, avec l'enseignement des langues dans les écoles, la création de matériel pédagogique et l'enregistrement des derniers locuteurs natifs. La grammaire apachéane.
Comme dans les autres langues na-déné, le verbe constitue l'élément central de la phrase. Il est extrêmement riche en information morphologique, et intègre souvent en une seule forme verbale des éléments qui, dans d'autres langues, nécessiteraient une phrase entière. Ce verbe peut inclure des préfixes marquant le sujet, l'objet, le temps, l'aspect, le mode, la voix, ainsi que diverses nuances de direction, de localisation ou de classification sémantique. L'ordre des préfixes dans le verbe suit une séquence rigoureuse, souvent décrite comme une hiérarchie positionnelle : chaque type de préfixe occupe une position fixe par rapport aux autres. Par exemple, en navajo, un verbe complexe peut contenir jusqu'à une dizaine de préfixes organisés selon un ordre strict (comme le préfixe du mode, puis celui de l'aspect, suivi par les pronoms objets, sujets, etc.), ce qui exige une connaissance fine de la morphologie verbale pour produire ou interpréter correctement une forme. Il n'y a pas de système de genre grammatical, mais ces langues distinguent fréquemment les êtres animés des inanimés dans leur morphologie verbale. Certaines formes verbales changent selon que l'objet ou le sujet est animé ou inanimé, et même selon que l'objet est classé comme long, rigide, rond, etc. Ce système de classification des noms apparaît surtout dans les verbes à objets directs et est souvent appelé classificateur verbal ou taxème. Ce trait est particulièrement développé en navajo, où le choix du verbe lui-même peut dépendre de la forme ou de la nature de l'objet manipulé. Le nom est morphologiquement plus simple que le verbe. Il ne marque généralement ni le genre, ni le cas, ni le nombre de façon systématique. Le pluriel n'est pas toujours obligatoire, et son expression dépend ordinairement du contexte ou de l'ajout d'un suffixe ou d'un mot séparé. De plus, les langues apaches font peu usage de prépositions : à la place, les relations spatiales sont souvent encodées dans le verbe lui-même ou à l'aide de postpositions ou de particules directionnelles. Les langues apaches présentent une nette tendance à l'incorporation nominale : il est possible d'incorporer un nom (fréquemment un complément direct ou un instrument) à l'intérieur du verbe, ce qui rend la phrase plus compacte et accentue encore le caractère polysynthétique de la langue. Cette incorporation suit des règles précises; seuls certains types de noms peuvent être incorporés, et cela dépend souvent de leur degré d'inaliénabilité ou de leur fréquence cognitive. La syntaxe suit généralement un ordre de base SOV (sujet-objet-verbe), mais cette structure est assez flexible en raison de la richesse informationnelle du verbe. Le verbe, contenant généralement des marqueurs de sujet et d'objet, rend parfois les noms ou pronoms indépendants redondants, ce qui explique que les phrases puissent être constituées d'un seul verbe. Les pronoms indépendants existent mais sont utilisés surtout à des fins de mise en relief ou de clarification. Le système phonologique de ces langues est également complexe, avec notamment une série de consonnes glottalisées (éjectives), des contrastes de nasalisation vocalique et, surtout en navajo, un système tonal où le sens des mots peut changer selon le ton (haut ou bas). Ces traits phonologiques interagissent parfois avec la morphologie, comme dans le cas de certaines alternances tonales qui marquent des distinctions aspectuelles. Histoire des langues
apaches.
Les contacts avec les populations Pueblo déjà établis dans la région furent déterminants. Les emprunts lexicaux, notamment pour l'agriculture (comme le maïs) et les objets de la sédentarité, en témoignent. L'arrivée des Espagnols au XVIe siècle introduisit une nouvelle phase de contacts, souvent conflictuels, et un flux de mots espagnols, particulièrement pour les concepts liés à l'élevage (chevaux, moutons), aux objets métalliques et à l'organisation sociale coloniale. La période de l'expansion américaine au XIXe siècle fut catastrophique pour les communautés de locuteurs. Les guerres, les déportations forcées comme la Longue Marche des Navajos en 1864, et la concentration dans les réserves ont profondément bouleversé les modes de vie et les structures sociales porteuses des langues. Le XXe siècle a apporté une pression assimilationniste systématique, principalement à travers le système des pensionnats autochtones. Les enfants étaient séparés de leurs familles et sévèrement punis pour avoir parlé leur langue maternelle. Cette politique, visant à éradiquer les cultures autochtones, a rompu la transmission intergénérationnelle pour des décennies, créant un traumatisme durable et marginalisant les langues apaches au sein de leurs propres communautés. La Seconde Guerre mondiale a mis en lumière une de ces langues de manière très spéciale : le navajo. Les code talkers navajos ont utilisé leur langue, méconnue et extrêmement complexe, pour créer un code militaire que les Japonais n'ont jamais pu briser. Cet épisode, longtemps tenu secret, est devenu un symbole de fierté et a démontré la puissance de ces langues. Depuis la fin du XXe siècle, un mouvement vigoureux de revitalisation linguistique est en cours, mené par les nations elles-mêmes. Face au déclin dramatique du nombre de locuteurs, notamment pour les variétés apaches (à l'exception notable du navajo), des programmes d'enseignement immersif ont été développés dans les écoles des réserves. Des universités proposent des cours, des dictionnaires et des grammaires sont compilés, et les médias communautaires (radio, journaux) utilisent la langue. Les aînés, derniers locuteurs natifs fluides, sont reconnus comme des trésors culturels et travaillent avec les éducateurs. Classification
interne de l'apachéan.
Groupe
occidental.
Groupe
oriental.
• Le chiricahua et le mescalero sont fréquemment regroupés sous l'appellation conjointe de chiricahua-mescalero, car ils sont très proches linguistiquement, et mutuellement intelligibles dans une large mesure. Ces deux variétés étaient autrefois parlées par des groupes nomades du sud du Nouveau-Mexique, du Texas et du nord du Mexique.Le navajo. Le navajo (diné bizaad) est habituellement détaché des deux ensembles précédents et traité comme une langue distincte. Celle-ci partage cependant avec les langues apaches orientales (en particulier avec le groupe chiricahua-mescalero), de nombreuses innovations lexicales. Les locuteurs navajos et apaches se comprennent partiellement, surtout dans des contextes simples, mais les différences cumulées en vocabulaire, phonologie (notamment tonale) et morphologie rendent la communication spontanée difficile sans apprentissage préalable. Langues
éteintes et autres énigmes.
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