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Le monde des langues
Langues na-déné
(Eyak-athabascan)
Athabascan Apache: mescalero ( = chiricahua), coyotero ( = apache occidental), jicarilla, navajo.

Presque Ă©teints : kiowa-apache, lipan. 

Athabascan du Canada : dëne sųłıné (chipewyan), carrier, tzilkotin, dogrib, slavey.

Quelques centaines de locuteurs : beaver, babine, gwichĘĽin (loucheux), 

Presque éteints : sekani, han.

Groupes divers : 

Quelques centaines de locuteurs : Tnana, kutchone, kaska, koyukon.

Presque Ă©teints (ou disparus depuis peu) : 
hupo, chetko, tolowa, tututni, tagish, tahltan, ahtena, tanaina,tanana, kuskokwim, ingalik, holikachuk.

Eteints : tsetsaut, kato, mattole, wailaki, coquille, galice

Tlingit( (quelques centaines de locuteurs), Eyak (éteint).
Les langues na-dĂ©nĂ© sont une famille d'une cinquantaine de langues amĂ©rindiennes parlĂ©es principalement en Alaska, au Canada et dans le Sud-Ouest des États-Unis. La famille na-dĂ©nĂ© est traditionnellement divisĂ©e en trois grands ensembles : le tlingit, l'eyak (aujourd'hui Ă©teint) et le vaste groupe des langues athapascanes, qui reprĂ©sente la majoritĂ© des locuteurs et de la diversitĂ© interne. Les langues athapascanes forment un continuum gĂ©ographique remarquable, s'Ă©tendant de l'Alaska et du Yukon jusqu'au Nouveau-Mexique et Ă  l'Arizona. Cette dispersion est frĂ©quemment citĂ©e comme l'un des exemples les plus frappants d'expansion linguistique en AmĂ©rique du Nord. Parmi les langues les plus connues figurent le navajo et l'apache, parlĂ©s dans le Sud-Ouest amĂ©ricain, ainsi que le dĂ©nĂ© sulinĂ©, le chipewyan, le gwich'in ou le slavey dans le nord canadien. 

De nombreuses langues na-déné sont aujourd'hui menacées, en raison de la colonisation, des politiques d'assimilation et de la domination de l'anglais et du français. En parallèle, des efforts importants de revitalisation linguistique sont menés, notamment pour le navajo, le gwich'in ou le déné suliné, à travers l'enseignement bilingue, la production de ressources pédagogiques et l'usage des médias numériques.

Phonologie. Ecriture.
Les langues na-déné se caractérisent par des systèmes consonantiques riches, qui comprennent souvent des consonnes éjectives, glottalisées et affriquées. Les oppositions de voisement sont parfois moins centrales que les oppositions de mode articulatoire. Les systèmes vocaliques sont généralement plus restreints, avec seulement cinq voyelles, le plus souvent, mais certaines langues peuvent en compter jusqu'à douze et peuvent inclure des distinctions de longueur et de nasalité. Quelques langues ont un système d'harmonie vocalique (les voyelles dans une syllabe doivent correspondre à une certaine caractéristique de la voyelle dans la syllabe précédente ou suivante). La tonalité joue un rôle important dans de nombreuses langues athapascanes, où les tons peuvent distinguer des mots ou des formes grammaticales, un trait relativement rare parmi les langues d'Amérique du Nord.

La plupart des langues na-dĂ©nĂ© ont un système de tons, qui utilisent des variations de hauteur de la voix pour changer la signification des mots. Le ton peut ĂŞtre utilisĂ© pour diffĂ©rencier les noms, les verbes et les adjectifs dans la phrase, et pour indiquer de simlples nuances de sens.  On observe aussi parfois des systèmes de consonnes et de voyelles en contraste : par exemple, en navajo,  les mots aĹ‚tso et áłtso se distinguent uniquement par la hauteur de la première voyelle.

La plupart des langues na-déné n'ont pas de système d'écriture standardisé. Certaines ont des systèmes d'écriture uniques. Le tlinglit, par exemple, utilise un système d'écriture appelé alphabet tlingit, qui est basé sur des symboles qui représentent les sons qui lui sont propres. Le plus souvent ces langues sont écrites avec l'alphabet latin, mais avec des modifications pour refléter les sons spécifiques de chaque langue (par exemple, ł, ts, sh, zh et ʼ , en navajo).

La grammaire des langues na-déné.
La morphologie des langues na-déné est fortement polysynthétique et centrée presque exclusivement sur le verbe, qui constitue l'élément structurant fondamental de la phrase. Ces langues sont fortement préfixantes, avec une organisation morphologique interne extrêmement contrainte. L'essentiel de l'information grammaticale, et une grande partie de l'information lexicale, est exprimé par des chaînes de morphèmes intégrés dans un seul mot verbal.

Le verbe na-déné, en particulier dans les langues athapascanes, repose sur un gabarit morphologique fixe, décrit comme une série de positions préverbales ordonnées. Chaque position correspond à une fonction grammaticale ou sémantique précise, et l'ordre de ces préfixes est largement immuable. On y trouve notamment des préfixes de mode et de modalité, des marqueurs d'aspect, des indices de sujet et d'objet, des préfixes dits classificatoires qui modifient la valence verbale ou la manière de l'action, des préfixes directionnels et enfin la racine verbale, généralement monosyllabique. Cette architecture interne impose que des informations qui seraient exprimées par des mots indépendants dans des langues indo-européennes soient fusionnées dans une seule forme verbale.

Les catégories de personne et de nombre sont exprimées principalement par des préfixes pronominaux intégrés au verbe. Les langues na-déné distinguent généralement plusieurs personnes grammaticales, avec des oppositions de nombre parfois complexes, incluant des distinctions duel ou pluriel restreint selon les langues. Les marqueurs de sujet et d'objet sont souvent obligatoires lorsque les participants sont définis ou animés, ce qui rend possible l'omission de groupes nominaux lexicaux dans le discours courant. Cette indexation verbale contribue à une structure phrastique où le verbe peut constituer à lui seul une phrase complète.

L'aspect et le mode jouent un rôle plus central que le temps grammatical au sens strict. Plutôt que d'opposer systématiquement passé, présent et futur, les langues na-déné organisent le système verbal autour de distinctions aspectuelles telles que perfectif, imperfectif, duratif, itératif ou ponctuel, souvent combinées à des valeurs modales comme le réel, l'irréel, le potentiel ou l'obligatif. Ces catégories sont exprimées par des combinaisons complexes de préfixes et par des alternances morphophonologiques affectant la racine verbale. Le temps, lorsqu'il est exprimé, l'est fréquemment par des adverbes ou par des interprétations contextuelles.

Les préfixes classificatoires constituent une particularité remarquable des langues athapascanes. Ils sont traditionnellement au nombre de quatre et indiquent des informations liées à la transitivité, à la manipulation d'objets ou à la forme et à la consistance de l'entité affectée par l'action. Bien qu'ils aient été initialement décrits comme des classificateurs d'objets, ils sont aujourd'hui plutôt analysés comme des marqueurs de voix et de valence, permettant notamment de dériver des formes causatives, applicatives ou médiopassives.

La dérivation lexicale est abondante et productive, surtout dans le domaine verbal. De nombreux verbes sont formés à partir de racines très générales, dont le sens précis dépend du contexte morphologique et des préfixes associés. Les procédés dérivationnels incluent la modification de l'aspect, l'ajout de valeurs directionnelles ou spatiales, ainsi que des alternances de ton ou de longueur vocalique. Cette richesse dérivationnelle explique en partie le nombre relativement limité de racines verbales de base par rapport à la diversité sémantique exprimée.

Les noms présentent une morphologie plus réduite que les verbes, mais obéissent néanmoins à des règles grammaticales spécifiques. La possession est souvent morphologiquement marquée et, pour certains noms, obligatoire. Les langues na-déné distinguent généralement les noms inaliénables, tels que les parties du corps ou les termes de parenté, qui doivent apparaître avec un possesseur, des noms aliénables, pour lesquels la possession est optionnelle. Les marques de nombre nominal sont souvent absentes ou facultatives, et les distinctions de cas sont rares, les relations syntaxiques étant principalement gérées par la morphologie verbale.

La syntaxe est relativement flexible en ce qui concerne l'ordre des constituants, même si une tendance vers l'ordre sujet-objet-verbe est fréquente. La présence d'indices pronominaux sur le verbe permet une grande liberté discursive, les groupes nominaux servant principalement à introduire, préciser ou réactiver des référents. Les subordonnées sont généralement formées à l'aide de formes verbales spécialisées ou de particules subordonnantes, et la relativisation est souvent réalisée par des constructions nominalisées plutôt que par des pronoms relatifs indépendants.

La négation est intégrée au système verbal et se réalise le plus souvent par un ou plusieurs préfixes négatifs positionnés à des endroits précis du gabarit verbal. Elle peut interagir avec l'aspect et le mode, produisant des formes négatives distinctes des formes affirmatives sur le plan morphologique et tonal. De même, l'interrogation est fréquemment marquée par des particules enclitiques, des changements de ton ou d'intonation, plutôt que par un changement de l'ordre des mots.

Le système grammatical des langues na-dĂ©nĂ© est Ă©troitement liĂ© Ă  des distinctions sĂ©mantiques telles que l'animĂ©itĂ©, le contrĂ´le de l'action et la perspective du locuteur. Ces paramètres influencent le choix des prĂ©fixes verbaux, la prĂ©sence ou l'absence d'arguments exprimĂ©s et certaines alternances morphologiques. 

L'histoire des langues na-déné.
Les recherches linguistiques, archĂ©ologiques et gĂ©nĂ©tiques convergent pour situer l'Ă©mergence de cette famille dans des pĂ©riodes très anciennes, probablement plusieurs millĂ©naires avant notre ère, dans une zone correspondant Ă  l'actuel Alaska et aux rĂ©gions adjacentes du nord-ouest canadien. 

La diversification interne de la famille na-dĂ©nĂ© est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme ancienne. Le tlingit, parlĂ© sur la cĂ´te sud-est de l'Alaska et en Colombie-Britannique, s'est sĂ©parĂ© très tĂ´t du reste de la famille, ce qui explique son statut relativement isolĂ© et les difficultĂ©s qu'il a longtemps posĂ©es Ă  la classification comparative. L'eyak, naguère parlĂ© sur la cĂ´te sud de l'Alaska, occupait une position intermĂ©diaire entre le tlingit et les langues athapascanes, fournissant un chaĂ®non utile pour la dĂ©monstration de l'unitĂ© gĂ©nĂ©tique de la famille. 

Les langues athapascanes ont connu une expansion géographique spectaculaire, qui constitue l'un des phénomènes majeurs de l'histoire linguistique nord-américaine. À partir d'un foyer septentrional situé en Alaska et dans le bassin du fleuve Mackenzie, des groupes athapascans se sont progressivement dispersés vers le sud et l'est. Cette expansion s'est produite sur une longue durée, probablement entre le premier et le deuxième millénaire de notre ère, et a donné naissance à une mosaïque de langues distinctes mais étroitement apparentées. La migration vers le Sud-Ouest, à l'origine des langues apachéanes (navajo, apache), est particulièrement bien documentée et aurait eu lieu relativement tard, peut-être autour du XIIIe ou du XIVe siècle.

Malgré leur dispersion sur de vastes territoires et leur contact avec des langues d'autres familles, ces langues ont conservé des traits morphologiques fondamentaux, en particulier la structure verbale en gabarit et les systèmes de préfixes pronominaux. Cette stabilité suggère une forte cohésion culturelle et linguistique, ainsi que des mécanismes efficaces de transmission intergénérationnelle avant la période coloniale. Les changements linguistiques observés concernent surtout le lexique, la phonologie et certains détails morphosyntaxiques, plutôt que les principes grammaticaux de base.

Les contacts linguistiques ont nĂ©anmoins jouĂ© un rĂ´le important. Dans le Nord, les langues athapascanes ont Ă©tĂ© en interaction prolongĂ©e avec les langues eskimo-alĂ©outes, ce qui a entraĂ®nĂ© des emprunts lexicaux et, dans certains cas, des convergences phonĂ©tiques. Dans le Sud-Ouest, le navajo et les autres langues apaches ont Ă©tĂ© en contact Ă©troit avec des langues uto-aztèques, kiowanes et pueblo, influençant notamment le vocabulaire liĂ© Ă  l'agriculture, Ă  l'organisation sociale et aux pratiques rituelles. 

À partir du XIXe siècle, l'histoire des langues na-déné est profondément bouleversée par la colonisation européenne. Les politiques de déplacement forcé, la scolarisation obligatoire dans des pensionnats et l'imposition de l'anglais ou du français ont entraîné un déclin rapide de la transmission linguistique. De nombreuses langues athapascanes du Canada et de l'Alaska ont vu leur nombre de locuteurs chuter drastiquement, certaines disparaissant sans avoir été suffisamment documentées.

Parallèlement à ce déclin, l'histoire récente des langues na-déné est aussi marquée par le développement de la linguistique descriptive et comparative. Dès la fin du XIXe siècle, des chercheurs ont commencé à documenter ces langues, mais c'est surtout au XXe siècle que leur étude systématique s'est développée, notamment dans le cadre de la linguistique structurale et générative. Les langues athapascanes ont joué un rôle central dans l'élaboration de théories morphologiques, en raison de la complexité et de la régularité de leur système verbal.

Sur le plan thĂ©orique, l'histoire des langues na-dĂ©nĂ© est indissociable des dĂ©bats sur leurs origines lointaines. La proposition d'un lien gĂ©nĂ©tique entre les langues na-dĂ©nĂ© et les langues ienisseĂŻennes de SibĂ©rie,  formant une hypothĂ©tique macrofamille dite dĂ©nĂ©-ienisseĂŻenne, a ravivĂ© l'intĂ©rĂŞt pour les connexions transbĂ©ringiennes et les migrations anciennes. Cette hypothèse, bien que soutenue par des correspondances morphologiques et phonologiques intrigantes, reste discutĂ©e et n'est pas universellement acceptĂ©e. Elle a cependant contribuĂ© Ă  replacer l'histoire des langues na-dĂ©nĂ© dans un cadre eurasiatique plus large, dĂ©passant le seul continent amĂ©ricain.

La classification interne des langues na-déné.
La famille na-déné est traditionnellement analysée comme comprenant trois branches principales : le tlingit, l'eyak et le vaste ensemble athapascan, ce dernier représentant de loin la plus grande diversité interne et la quasi-totalité des langues encore parlées. Cette configuration asymétrique reflète à la fois l'ancienneté de la famille, la dynamique migratoire de ses locuteurs et la capacité de ces langues à conserver une forte cohésion grammaticale malgré une diversification géographique et culturelle considérable.

Le tlingit.
Le tlingit constitue une branche isolée à l'intérieur de la famille na-déné. Bien qu'il partage avec les autres langues na-déné des traits morphologiques fondamentaux, notamment une forte complexité verbale et certains préfixes pronominaux cognats, il présente une phonologie et un lexique suffisamment distincts pour indiquer une séparation très ancienne. L'absence de langues intermédiaires vivantes entre le tlingit et les autres branches a longtemps conduit certains chercheurs à remettre en question son inclusion dans la famille, mais les correspondances systématiques établies au XXe siècle, en particulier dans la morphologie verbale, ont solidement confirmé son appartenance au groupe na-déné.

L'eyak.
L'eyak formait une branche distincte aujourd'hui éteinte, mais importante pour la classification interne. Cette langue occupait une position génétique intermédiaire entre le tlingit et les langues athapascanes, tant sur le plan phonologique que morphologique. Les correspondances régulières observées entre l'eyak et les langues athapascanes, notamment dans les racines verbales et les systèmes de préfixes, ont permis de démontrer de manière convaincante l'unité de l'ensemble tlingit-eyak-athapascan. L'extinction de l'eyak au début du XXIe siècle a marqué la fin d'une langue clé pour la reconstruction historique directe, bien que sa documentation soit relativement abondante.

Le groupe athapascan.
Le groupe athapascan, également appelé athabaskan ou déné, constitue la branche la plus étendue et la plus diversifiée de la famille. Il est généralement subdivisé en plusieurs sous-groupes géographiques et génétiques, bien que les frontières exactes entre ces sous-groupes fassent l'objet de débats. Une première division majeure oppose les langues athapascanes septentrionales aux langues athapascanes méridionales, avec, entre les deux, les langues athapascanes de la côte Pacifique.

• Les langues athapascanes septentrionales sont parlées principalement en Alaska et dans le nord-ouest du Canada. Elles comprennent plusieurs ensembles régionaux, tels que les langues de l'Alaska central et occidental, les langues du Yukon et du bassin du Mackenzie, et les langues de la Colombie-Britannique intérieure. Parmi celles-ci figurent le gwich'in, le koyukon, le tanana, le dene suliné (chipewyan), le slavey et le dogrib (tłı̨chǫ). Ces langues sont relativement proches les unes des autres sur le plan structurel, mais présentent des innovations phonologiques et lexicales spécifiques à chaque sous-groupe.

• Les langues athapascanes de la côte Pacifique forment un sous-ensemble distinct, historiquement parlées dans le nord de la Californie, l'Oregon et le sud de la Colombie-Britannique. Elles incluent notamment le hupa, le tolowa, le tututni et le galice-applegate. Ces langues partagent des innovations communes qui les distinguent des langues athapascanes septentrionales, ce qui suggère une phase de séparation ancienne suivie d'un développement régional autonome. La plupart de ces langues sont aujourd'hui éteintes ou gravement menacées.

• Les langues athapascanes méridionales, souvent regroupées sous l'étiquette d'athapascanes du Sud-Ouest, comprennent principalement l'apachéan (navajo et langues apaches proprement dites). Elles forment un sous-groupe génétiquement cohérent, issu d'une migration relativement récente depuis le Nord. Le navajo se distingue par une standardisation écrite et un nombre de locuteurs plus élevé, tandis que les autres langues apaches se subdivisent elles-mêmes en plusieurs variétés, telles que l'apache occidental, le mescalero, le chiricahua et le jicarilla, dont le degré d'intercompréhension varie.

Certaines classifications proposent des niveaux intermédiaires supplémentaires au sein du groupe athapascan, comme une distinction entre langues du Pacifique, langues de la Colombie-Britannique intérieure et langues du bassin du Mackenzie, ou encore entre athapascanes orientales et occidentales. Ces propositions reposent sur des faisceaux d'innovations partagées plutôt que sur des frontières nettes, reflétant un continuum dialectal ancien plutôt qu'une arborescence strictement hiérarchique.
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