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| Les langues > Indo-européen > langues indo-aryennes |
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| Le
népalais
ou nepÄlÄ« (नेपाली) est une langue
indo-aryenne appartenant à la branche indo-européenne. Le népalais
fait partie du continuum linguistique pahari, qui regroupe plusieurs langues
indo-aryennes parlées dans les régions montagneuses de l'Himalaya La langue népalaise
constitue la langue officielle du
Népal Le népalais est la langue principale de l'enseignement, des médias népalais, de l'administration et de la production littéraire. Il s'écrit à l'aide de l'alphabet devanÄgarÄ«, un système d'écriture alphasyllabique également utilisé pour le hindi, le marathi et le sanscrit. Chaque consonne porte une voyelle inhérente, généralement /a/, qui peut être modifiée ou annulée par des signes diacritiques. L'orthographe est largement phonémique, bien que certains mots d'origine sanscrite conservent des distinctions graphiques qui ne sont plus toujours reflétées dans la prononciation courante. La standardisation orthographique est fortement influencée par le sanscrit, ce qui confère à la langue écrite un caractère parfois plus formel que la langue parlée. Le système consonantique est riche et comprend des oppositions entre consonnes sourdes et sonores, aspirées et non aspirées, ainsi que des consonnes rétroflexes, caractéristiques des langues indo-aryennes. Le système vocalique comprend des voyelles brèves et longues, même si la distinction de longueur tend à s'atténuer dans l'usage moderne. L'accent tonique n'est pas distinctif sur le plan phonologique, mais il joue un rôle prosodique, généralement porté par la dernière ou l'avant-dernière syllabe. Sur le plan lexical, le népalais combine un fonds indo-aryen hérité avec un apport considérable de vocabulaire sanscrit, notamment dans les domaines religieux, administratifs et littéraires. À cela s'ajoutent de nombreux emprunts aux langues voisines, telles que le tibétain, le newari, le maithili et, plus récemment, l'anglais. L'influence de l'anglais est particulièrement visible dans les domaines de l'éducation, de la technologie et de la vie urbaine, donnant lieu à un usage fréquent de code-switching chez les locuteurs bilingues. La grammaire du
népalais.
Les noms ne présentent pas de genre grammatical strictement marqué, même si une distinction sémantique entre masculin et féminin peut apparaître dans certains lexèmes, notamment pour les êtres animés. Le nombre est marqué de manière optionnelle : le singulier est non marqué, tandis que le pluriel est souvent formé à l'aide du suffixe -हरू (harÅ«), qui s'emploie aussi bien pour les animés que pour les inanimés. La détermination n'est pas exprimée par des articles définis ou indéfinis comparables à ceux des langues romanes; elle est rendue par le contexte, par des démonstratifs ou par des numéraux. Le système de cas du népalais est principalement exprimé au moyen de postpositions qui s'attachent au nom ou au groupe nominal. Le cas nominatif est non marqué. Le cas ergatif et instrumental est généralement marqué par -ले (le), utilisé surtout avec les sujets de verbes transitifs au passé et avec les compléments exprimant l'instrument ou la cause. Le cas accusatif et datif est marqué par -लाई (lÄÄ«), employé de préférence pour les objets animés ou spécifiques. Le locatif est exprimé par -मा (mÄ), tandis que le génitif est marqué par -को (ko), -का (kÄ) ou -की (kÄ«), ces formes variant selon le genre sémantique et le nombre du nom possédé. D'autres postpositions permettent d'exprimer des valeurs comme l'ablativité, la direction, la comparaison ou la relation bénéficiaire. Les pronoms personnels distinguent la personne, le nombre et surtout le degré de politesse. À la deuxième personne, plusieurs formes coexistent, allant de formes très familières à des formes hautement honorifiques, chacune exigeant une conjugaison verbale correspondante. Les pronoms de la troisième personne ne marquent pas le genre mais peuvent indiquer la proximité ou l'éloignement par l'usage de démonstratifs intégrés. Les pronoms peuvent recevoir les mêmes marques casuelles que les noms. Le verbe constitue l'élément central de la phrase népalaise et présente une morphologie complexe. Les verbes s'accordent principalement avec le sujet en personne et en nombre, mais cet accord peut être neutralisé dans certaines constructions ergatives. Le système temporel repose sur une distinction fondamentale entre passé et non-passé, à laquelle s'ajoutent des valeurs aspectuelles comme l'accompli, l'inaccompli, le progressif et l'habituel. Le présent simple peut exprimer une valeur générique ou habituelle, tandis que le présent progressif est utilisé pour des actions en cours. Les formes verbales intègrent également la modalité, notamment pour exprimer l'obligation, la possibilité, le souhait ou l'intention. Des auxiliaires et des suffixes verbaux permettent de construire des formes causatives, permissives ou passives. Le népalais utilise fréquemment des constructions périphrastiques combinant un participe verbal et un auxiliaire, en particulier le verbe être ou faire. Le système ergatif du népalais apparaît principalement dans les temps passés des verbes transitifs. Dans ce contexte, le sujet est marqué par la postposition ergative -ले, tandis que le verbe peut s'accorder avec l'objet plutôt qu'avec le sujet. Cette ergativité est dite scindée, car elle ne s'applique ni aux verbes intransitifs ni aux temps non passés. Ce système coexiste avec des structures nominatives, ce qui demande une attention particulière dans l'analyse syntaxique. Les adjectifs en népalais sont généralement invariables et précèdent le nom qu'ils qualifient. Certains adjectifs d'origine sanscrite peuvent montrer des variations limitées, mais dans l'usage courant, l'accord en genre et en nombre est rare. La comparaison se fait soit par des postpositions exprimant la supériorité ou l'infériorité, soit par des adverbes de degré. Les adverbes, souvent dérivés d'adjectifs ou de noms, modifient le verbe, l'adjectif ou la phrase entière et occupent une position relativement libre dans la phrase. Les phrases complexes sont construites à l'aide de propositions subordonnées introduites par des conjonctions ou par des formes verbales non finies, notamment des participes et des gérondifs. Le népalais privilégie souvent les subordonnées participiales, qui permettent d'enchaîner plusieurs actions dans une même phrase sans recourir à des conjonctions explicites. Les relatives sont fréquemment formées par des constructions corrélatives, associant une proposition relative à une proposition principale contenant un élément démonstratif correspondant. La négation est exprimée par des particules préverbales ou postverbales, dont la forme varie selon le temps et l'aspect. Les questions peuvent être formées soit par l'intonation, soit par l'ajout de particules interrogatives, sans inversion obligatoire du sujet et du verbe. Les particules discursives jouent un rôle important pour exprimer l'insistance, la surprise, la concession ou l'évidence, contribuant à la richesse pragmatique de la langue. Histoire et dialectes
du népalais.
Cette variété ancienne est généralement identifiée sous le nom de khaÅ› kurÄ, langue de la population KhaÅ›, installé dans les régions montagneuses de l'ouest du Népal et du Kumaon. Dès le Moyen Âge, le khaÅ› kurÄ servait de langue vernaculaire dans le royaume de Khasa Malla, tandis que le sanscrit restait la langue de l'administration formelle, de la religion et de l'érudition. Les inscriptions médiévales montrent déjà des traits linguistiques clairement distincts du sanscrit, annonçant la structure du népalais moderne, notamment dans la morphologie verbale et l'usage de postpositions. À partir du XVIᵉ et surtout du XVIIIᵉ siècle, un tournant décisif s'opère avec l'ascension du royaume de Gorkha. Le dialecte local du khaÅ› kurÄ, parlé dans cette région, devient la langue de l'armée et de l'administration lors de l'unification progressive du Népal sous Prithvi Narayan Chah. Cette expansion politique entraîne une diffusion rapide de la langue dans des zones jusque-là dominées par d'autres langues, tibéto-birmanes ou indo-aryennes. À cette époque, la langue est couramment appelée gorkhali, terme qui souligne son lien avec le pouvoir militaire et étatique. Au XIXᵉ siècle, sous la dynastie Rana, le népalais commence à être standardisé, notamment par son usage accru dans l'administration, l'éducation et la presse émergente. Les grammaires et dictionnaires de cette période s'inspirent fortement du sanscrit pour fixer l'orthographe et le lexique, ce qui introduit une diglossie partielle entre une langue écrite formelle, fortement sanscritisée, et des usages parlés régionaux plus simples. C'est également à cette époque que le terme népalais s'impose progressivement pour désigner la langue, marquant son identification à l'État-nation plutôt qu'à une région ou un groupe particulier. Le XXᵉ siècle voit l'extension du népalais comme langue nationale et son institutionnalisation comme langue de l'enseignement, des médias et de la vie politique. Cette période voit aussi une normalisation plus poussée de la grammaire et du style, tout en laissant subsister une grande diversité dialectale. Parallèlement, le népalais s'implante durablement en Inde, où il obtient le statut de langue officielle reconnue, notamment dans les États du Sikkim et du Bengale-Occidental, renforçant son rayonnement régional. À l'intérieur même du népalais, on distingue plusieurs variétés régionales, habituellement regroupées de manière approximative en dialectes orientaux, centraux et occidentaux. Les dialectes occidentaux, plus proches du khaÅ› kurÄ originel, conservent certains traits archaïques, notamment dans la phonologie et le lexique. Les dialectes centraux, parlés autour de Katmandou et dans les régions administratives centrales, ont exercé une influence déterminante sur la formation de la norme standard. Les dialectes orientaux montrent davantage d'influences des langues indo-aryennes de la plaine, comme le maithili et le bhojpuri, ainsi que des langues tibéto-birmanes. Le népalais standard, basé principalement sur la variété centrale et sur les usages écrits formalisés, coexiste avec des variétés vernaculaires rurales, urbaines et diasporiques. En Inde, les variétés népalaises présentent des particularités lexicales et phonétiques liées au contact prolongé avec le hindi, le bengali et l'anglais. Ces variétés restent toutefois mutuellement intelligibles avec le népalais du Népal, ce qui justifie leur inclusion dans une même langue plutôt que leur traitement comme langues distinctes. La littérature
népalaise.
Les premiers textes connus en népalais datent des XVIIe et XVIIIe siècles et prennent généralement la forme de poèmes dévotionnels, de chants et de traductions ou adaptations de récits sanscrits. Ces oeuvres s'inscrivent dans la tradition bhakti, qui met l'accent sur la dévotion personnelle et l'accessibilité du message religieux. Parmi les figures anciennes importantes, on cite Suvananda Das, auteur du Prithviraj Raso en népalais, adaptation d'un récit héroïque, ainsi que d'autres poètes anonymes dont les oeuvres circulaient sous forme manuscrite ou orale. Ces textes jouent un rôle décisif dans la légitimation du népalais comme langue littéraire. Au XIXe
siècle, la littérature népalaise entre dans une phase décisive avec
l'apparition de la prose et le développement de genres modernes. Cette
période est dominée par la figure de Bhanubhakta Acharya, considéré
comme le père de la littérature népalaise moderne. Sa traduction du
Ramayana La fin du XIXe et le début du XXe siècle voient l'émergence d'une littérature plus diversifiée, influencée par les courants intellectuels de l'Inde britannique et par les idées de réforme sociale. Motiram Bhatta joue un rôle central dans cette période en redécouvrant et en promouvant l'oeuvre de Bhanubhakta Acharya, tout en écrivant lui-même de la poésie et des essais. La poésie reste le genre dominant, mais la prose narrative et l'essai commencent à se développer, souvent avec une tonalité morale, religieuse ou patriotique. Au début du XXe siècle, la littérature népalaise est profondément impactée par le contexte politique autoritaire du régime Rana. De nombreux écrivains utilisent la littérature comme un moyen indirect de critique sociale et politique. La poésie romantique et nationaliste se développe, incarnée notamment par Lekhnath Paudyal, dont l'oeuvre combine une langue fortement sanscritisée avec des thèmes philosophiques et moraux, et par Balkrishna Sama, dramaturge majeur qui introduit le théâtre moderne en népalais avec des pièces inspirées de modèles occidentaux et de thèmes historiques ou mythologiques. Les années 1930 et 1940 voient l'essor du mouvement progressiste et réaliste, souvent désigné sous le nom de courant pragatisheel. Cette période est dominée par la figure de Laxmi Prasad Devkota, l'un des plus grands poètes népalais, dont l'oeuvre allie romantisme, humanisme et engagement social. Son poème épique Muna Madan, écrit dans une langue simple et rythmée, devient l'une des oeuvres les plus populaires et influentes de la littérature népalaise, en mettant en scène les souffrances humaines, l'exil et les inégalités sociales. Après la chute du régime Rana en 1951, la littérature népalaise connaît une expansion rapide et une diversification des genres. Le roman moderne se développe pleinement avec des auteurs comme Bishweshwar Prasad Koirala, dont les oeuvres explorent la psychologie humaine, les conflits intérieurs et les tensions sociales, tout en introduisant une profondeur psychologique inédite dans la prose népalaise. La nouvelle devient également un genre majeur, portée par des écrivains tels que Guruprasad Mainali, qui se distingue par son réalisme social et son attention à la vie rurale. À partir des années 1960 et 1970, la littérature népalaise s'ouvre à des expérimentations formelles et thématiques, influencées par les mouvements littéraires internationaux. Le courant dit Ralpha et d'autres mouvements contestataires donnent naissance à une poésie engagée, parfois radicale, qui critique l'autoritarisme, l'injustice sociale et les inégalités. Des auteurs comme Parijat, figure majeure de la littérature féminine népalaise, marquent cette période par des oeuvres novatrices, notamment le roman Shirishko Phool (La fleur bleue du jacaranda, 1965) qui traite de l'aliénation, de la condition féminine et du désenchantement existentiel. À la fin du XXe et au début du XXIe siècle, la littérature népalaise reflète les bouleversements politiques, sociaux et culturels du pays, notamment la guerre civile, la migration massive et la mondialisation. Des écrivains contemporains tels que Khagendra Sangraula, Narayan Wagle et Amar Neupane abordent des thèmes comme la corruption, l'exil, l'identité et la mémoire collective, en combinant réalisme, satire et introspection. La littérature diasporique, produite en Inde, en Europe ou en Amérique du Nord, contribue également à renouveler les perspectives et les formes d'expression en népalais. |
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