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Guinée-Bissau
Republica da Guine-Bissau

12 00 N, 15 00 W
La Guinée-Bissau est un Etat de l'Afrique de l'Ouest, riverain de l'Océan Atlantique, et frontalier avec le Sénégal et la Guinée. D'une superficie de 36.125 km², le pays est peuplé de 1,63 millions d'habitants (2012). La capitale, située sur une côte marécageuse, est Bissau (388.000 habitants). Les autres villes sont d'importance bien moindre : Bafata (22.500 hab.), Gabu (14.000 hab.), Bissora (12.700 hab.), Bolama (10.700 hab.), etc.

Administrativement, la Guinée Bisssau est divisée en 9 régions (regioes) : Bafata, Biombo, Bissau, Bolama (ou Bolama / Bijagos), Cacheu, Gabu, Oio, Quinara et Tombali.
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Carte de la Guine Bissau.
Carte de la Guinée-Bissau. Source : The World Factbook.
(Cliquer sur l'image pour afficher une grande carte).
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Géographie physique de la Guinée-Bissau.
La géographie de la Guinée-Bissau est principalement caractérisée par son altitude très basse et son étroite interaction avec les milieux aquatiques, dominés par une vaste plaine côtière qui constitue la majeure partie du territoire. Cette plaine est d'une platitude remarquable. Elle s'élève très progressivement vers l'est et le sud, où l'on trouve les rares reliefs, qui atteignent péniblement quelques centaines de mètres d'altitude dans l'extrême est.

La côte est particulièrement découpée. Elle est parsemée de nombreux estuaires larges et profonds, appelés localement rios, qui pénètrent loin à l'intérieur des terres. Ces rios, dont les principaux sont le Cacheu au nord, le Geba (sur lequel est située la capitale Bissau) au centre, et le Corubal au sud, sont soumis aux marées sur une grande distance, ce qui crée un réseau dense d'eaux saumâtres et de canaux secondaires. Ce système hydrographique complexe est vital pour les communications et l'écologie du pays. 

Au large de la côte s'étend l'Archipel des Bijagós (Bissagos), un ensemble remarquable d'environ 88 îles et une multitude d'îlots, qui forment une caractéristique physique majeure du pays. Ces îles varient en taille et en caractère, certaines étant habitées et cultivées, d'autres largement sauvages, contribuant à un écosystème marin et insulaire reconnu pour sa grande valeur écologique. 

Le climat de la Guinée-Bissau est de type tropical de savane (Aw selon la classification de Köppen), marqué par des températures élevées tout au long de l'année, oscillant généralement entre 25°C et 30°C, et une humidité importante. Il y a a deux saisons bien distinctes : une longue saison sèche, qui s'étend approximativement de novembre à mai, et durant laquelle les précipitations sont rares et souvent influencée par l'harmattan, un vent sec et poussiéreux venant du Sahara; et une saison des pluies intense, généralement de juin à octobre, qui concentre la quasi-totalité des précipitations annuelles, souvent sous forme d'averses orageuses violentes. La quantité de pluie varie selon les régions mais est globalement élevée, en particulier près de la côte. 

Le sous-sol est principalement constitué de sédiments récents sur la plaine côtière qui recouvrent des roches plus anciennes à l'intérieur, ce qui explique la platitude générale. Les sols varient en fonction des milieux. Ils vont des sols alluviaux fertiles dans les vallées fluviales aux sols latéritiques moins fertiles sur les plateaux intérieurs et aux sols salins ou acides dans les zones de mangroves.

Biogéographie de la Guinée-Bissau.
Le trait biogéographique le plus distinctif et dominant de la Guinée-Bissau est sans doute l'étendue exceptionnelle de ses mangroves. Ces forêts littorales, adaptées aux eaux saumâtres et salines, bordent l'ensemble du littoral continental et insulaire ainsi que les vastes rias qui pénètrent profondément dans l'intérieur des terres. Elles constituent l'un des massifs de mangroves les plus importants d'Afrique de l'Ouest. Ces écosystèmes sont d'une importance écologique capitale. Les mangroves servent de nourriceries pour de nombreuses espèces marines et estuariennes, de zones de reproduction pour les oiseaux aquatiques, et jouent un rôle crucial dans la protection des côtes contre l'érosion et les tempêtes. La composition floristique des mangroves est dominée par des genres comme Rhizophora, Avicennia, Laguncularia, et Conocarpus, dont la distribution est influencée par la salinité et la fréquence des marées.

En s'éloignant de la côte et des zones de mangrove, le paysage évolue vers des écosystèmes de savanes, qui couvrent la majeure partie de l'intérieur du pays. Ces savanes ne sont pas uniformes mais présentent un gradient lié à l'humidité et aux conditions édaphiques. On trouve des savanes arbustives, des savanes arborées et, par endroits, des parcs arborés où les arbres sont plus dispersés. La végétation est dominée par des graminées et des arbres de petite à moyenne taille, souvent résistants au feu, comme des espèces de Combretum, Terminalia, Daniellia, et localement des Acacia. Ces savanes sont façonnées par les feux de brousse annuels, qui sont un facteur écologique majeur et souvent anthropique.
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Guine-Bissau : la cte et les Bissagos vues depuis l'espace.
La côte de la Guinée-Bissau et quelques-unes des îles Bijagos vues depuis l'espace.
Cette image montre les plaines cotières couvertes de mangroves. Ces dernières sont composées de différents types d'arbres et d'arbustes adaptés à prospérer dans des habitats salins, sur les sédiments.. Les zones bleues les plus claires représentent les eaux les moins profondes, là où se déposent 
les sédiments apportés par les fleuves, notamment par le Geba. Source : USGS.

Le long des principaux cours d'eau qui sillonnent le pays, on observe des forêts galeries. Ces bandes de forêt dense se développent grâce à l'humidité accrue et à la protection contre le feu offertes par la proximité de l'eau. Elles abritent une diversité d'espèces végétales typiques des forêts tropicales plus humides, et contrastent fortement avec la végétation environnante de savane. Ces forêts galeries sont des refuges importants pour la faune et jouent un rôle de corridor écologique.

Dans le sud et l'est du pays, notamment vers la frontière avec la Guinée, on trouve des îlots ou des lambeaux de forêts semi-décidues ou sèches, vestiges d'une couverture forestière potentiellement plus étendue par le passé. Ces forêts sont moins denses que les forêts pluviales et perdent une partie de leurs feuilles pendant la saison sèche, mais elles abritent une biodiversité végétale et animale distincte des savanes.

L'Archipel des Bijagós, classé Réserve de Biosphère de l'Unesco, représente un écosystème insulaire unique. Sa biogéographie est un mélange des habitats continentaux (mangroves, savanes, forêts sèches sur certaines îles) avec des spécificités liées à l'insularité et à un écosystème marin et côtier particulièrement riche. Les îles abritent des populations animales importantes et parfois isolées, comme les hippopotames des Bijagós (une sous-espèce adaptée aux milieux côtiers et aux mangroves), et une population remarquable de chimpanzés, notamment sur l'île d'Orango. Les plages des îles sont des sites de nidification majeurs pour plusieurs espèces de tortues marines menacées, notamment la tortue verte et la tortue imbriquée.

La faune de Guinée-Bissau reflète cette mosaïque d'habitats. Les mangroves et les zones humides sont essentielles pour de nombreuses espèces d'oiseaux d'eau résidents et migrateurs (aigrettes, hérons, pélicans, flamants roses), pour les poissons, les crustacés, les mollusques, et abritent des mammifères comme le lamantin d'Afrique de l'Ouest et plusieurs espèces de crocodiles (dont le crocodile du Nil et le crocodile d'Afrique de l'Ouest). Les savanes abritent divers ongulés (antilopes, phacochères), des carnivores (hyènes, civettes, chacals) et une avifaune caractéristique des milieux ouverts. Les forêts galeries et les vestiges de forêts abritent des primates (singes, et localement des chimpanzés sur le continent, bien que les populations soient fragmentées et menacées), ainsi que d'autres mammifères forestiers (céphalophes) et une avifaune plus typique des forêts tropicales. La zone marine et côtière autour des Bijagós est également riche, avec la présence de dauphins et une grande diversité de poissons.

Cependant, la déforestation pour l'agriculture (notamment la riziculture dans les zones côtières et la culture de la noix de cajou à l'intérieur), l'exploitation du bois de chauffe et de construction, les feux de brousse incontrôlés, la chasse et la pêche non durables, ainsi que les impacts potentiels du changement climatique sur les zones côtières basses (élévation du niveau de la mer) menacent la structure et la biodiversité de ces écosystèmes. La gestion durable et la conservation des habitats, en particulier des mangroves et des aires protégées (comme le parc naturel des Lagunes de Cufada, le parc naturel des Tarrafes du Rio Cacheu, et les parcs nationaux de l'Archipel des Bijagós, gérés  par l'Instituto da Biodiversidade e das Áreas Protegidas (INECAB)), sont essentielles pour préserver le patrimoine naturel exceptionnel de la Guinée-Bissau.

Le Parc naturel des Lagunes de Cufada est situé dans le sud de la Guinée-Bissau, et couvre une superficie d'environ 890 km². Ce parc est particulièrement notable pour son vaste système de lagunes d'eau douce, dont la Lagune de Cufada elle-même est la plus grande. Ces lagunes sont entourées de mosaïques de savanes arborées, de forêts galeries le long des cours d'eau et de quelques zones de mangrove et de bolongs (bras de mer pénétrant les terres). Une combinaison d'habitats, qui fait du parc  un refuge vital pour la faune. Le parc est internationalement reconnu pour abriter l'une des populations les plus importantes d'hippopotames (Hippopotamus amphibius) en Afrique de l'Ouest, qui dépendent fortement de ces lagunes d'eau douce. On y trouve également des lamantins d'Afrique (Trichechus senegalensis) dans les sections connectées aux eaux saumâtres, ainsi qu'une avifaune extraordinairement diverse, avec de nombreux oiseaux d'eau migrateurs et résidents. Les écosystèmes de Cufada jouent un rôle essentiel comme zones d'alimentation, de reproduction et de repos. Le parc a été désigné site Ramsar en 1990 en raison de son importance en tant que zone humide d'importance internationale. La gestion du parc implique de prendre en compte la présence des populations locales qui y vivent et en dépendent.

Le Parc Naturel des Tarrafes du Rio Cacheu s'étend dans le nord-ouest du pays, le long de l'estuaire du fleuve Cacheu. Créé en 2000, ce parc couvre une superficie d'environ 2100 km², ce qui en fait l'une des plus grandes zones de mangroves continues et intactes d'Afrique de l'Ouest. Le terme local tarrafes décrit ces forêts denses de palétuviers qui prospèrent dans les zones intertidales. Cet écosystème de mangrove est d'une importance écologique fondamentale : il sert de nurserie pour de nombreuses espèces de poissons, de crustacés (crabes, crevettes) et de mollusques, et soutient ainsi l'industrie de la pêche locale qui est vitale pour l'économie et la subsistance des populations riveraines. Les mangroves protègent également les côtes de l'érosion et de l'impact des tempêtes, tout en agissant comme un filtre naturel. Le parc est un habitat essentiel pour une grande variété d'oiseaux côtiers et d'oiseaux d'eau, ainsi que pour les lamantins d'Afrique et potentiellement des crocodiles. La préservation de ce parc est importante non seulement pour la biodiversité qu'il abrite, mais aussi pour les services écosystémiques essentiels qu'il fournit aux populations humaines. Cependant, il fait face à la déforestation due à l'exploitation du bois pour le combustible et la construction, à la pollution et aux impacts du changement climatique.

Le Parc national marin de João Vieira-Poilão et le Parc national d'Orango sont deux des parcs des plus connus de l'archipel des Bijagos, lui-même reconnu comme Réserve de biosphère de l'Unesco depuis 1996.

+ Le Parc National Marin de João Vieira-Poilão, situé dans le sud de l'archipel, est l'un des sites de nidification les plus importants de la côte ouest-africaine pour plusieurs espèces de tortues marines, notamment la tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea). L'île de Poilão est un lieu de ponte majeur.

+ Le Parc National d'Orango, qui regroupe plusieurs îles dont Orango, Orangozinho, Buffalo et Imbane, est célèbre pour sa population unique d'hippopotames d'eau salée (une adaptation locale de l'Hippopotamus amphibius) qui vivent dans les mangroves et s'aventurent dans les eaux marines. 

L'archipel entier est une mosaïque d'habitats, qui englobent des plages immaculées, des dunes, des forêts sèches et semi-humides, des mangroves, des bolongs, et de vastes zones marines riches en vie : poissons, dauphins, oiseaux marins et migrateurs. La culture des habitants des Bijagós est profondément liée à leur environnement insulaire et à leurs croyances animistes, avec des pratiques traditionnelles de gestion des ressources naturelles qui ont contribué à la préservation de l'archipel.
Géographie humaine de la Guinée-Bissau.
La Guinée-Bissau compte une population relativement modeste d'environ deux millions d'habitants, caractérisée par une densité moyenne assez faible mais avec des concentrations notables autour de la capitale, Bissau, et le long des zones côtières et fluviales. La population est jeune, avec un taux de croissance démographique élevé, ce qui pose des défis en termes d'emploi, d'éducation et de santé.

On  dénombre en Guinée-Bissau plus d'une vingtaine de groupes ethnolinguistiques, dont les plus importants sont les Balanta (principalement dans le sud et le centre-sud), les Fula (Peuls) et les Mandinka (à l'est et au nord-est), les Papel (autour de Bissau et dans le centre), les Manjac et les Pepel (dans le nord-ouest et le centre-ouest), et les Bijago (dans l'archipel éponyme).  Si le portugais est la langue officielle héritée de la colonisation, il n'est parlé que par une minorité éduquée. La langue véhiculaire par excellence, comprise et utilisée par la grande majorité de la population pour les échanges quotidiens et le commerce, est le créole bissau-guinéen (kriol), une langue basée sur le portugais avec des influences des langues africaines locales. Les langues  comme le balanta, le pulaar (fula), le mandinka, le papel, le manjak, etc., restent essentielles pour la communication au sein des groupes respectifs.

Sur le plan religieux, la population se divise principalement entre l'islam (majoritaire parmi les Fula et les Mandinka, ainsi que dans certaines zones côtières et urbaines), le christianisme (minoritaire, souvent présent dans les zones côtières et urbaines, ainsi que parmi certains groupes comme les Pepel) et les religions traditionnelles africaines. Ces dernières conservent une influence notable. Elles sont ordinairement pratiquées de manière synchrétique avec l'islam ou le christianisme, en particulier dans les zones rurales.

L'organisation spatiale de la population est dominée par un fort exode rural vers la capitale Bissau, qui concentre une part croissante des habitants et constitue le principal centre économique, politique et culturel du pays. Les autres villes sont de petite taille et leur influence est limitée. La majorité de la population vit dans des villages dispersés, souvent organisés selon des critères ethniques et liés à l'agriculture. Les modes d'habitat varient selon les régions : cases rondes en banco dans les zones de savane de l'est, cases rectangulaires en matériaux plus durables (briques de terre cuite, parpaings) dans les zones côtières et urbaines. L'archipel des Bijagós présente un mode de vie insulaire spécifique, avec des pratiques culturelles et des structures sociales distinctes, et une organisation communautaire forte.

Quelques-unes des principales villes de la Guinée-Bissau

Bissau est la capitale et la plus grande ville de la Guinée-Bissau. Située à l'embouchure du fleuve Geba, elle joue un rôle central dans la vie politique, économique et culturelle du pays. Ancienne capitale de la colonie portugaise, Bissau a conservé une architecture coloniale dans certains quartiers comme le centre-ville ou la zone portuaire. La ville est le siège du gouvernement, des ambassades, de l'université Amílcar Cabral et de plusieurs institutions internationales. Malgré son importance, Bissau est confrontée à des défis majeurs tels que la gestion des déchets, l'approvisionnement en eau potable, l'électricité et le développement des infrastructures.

Bafatá, située dans l'est du pays, est considérée comme la deuxième ville en importance. Elle est connue pour être le lieu de naissance d'Amílcar Cabral, figure emblématique de l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert. Ancien centre colonial prospère, notamment grâce à la culture de l'arachide et à son rôle ferroviaire, Bafatá est aujourd'hui en déclin économique. Toutefois, des efforts sont faits pour revitaliser la ville, notamment dans les secteurs de l'éducation, de la santé et de la conservation du patrimoine historique. Bafatá est aussi un point de passage stratégique vers les zones rurales de l'intérieur.

Gabú, située dans la partie orientale du pays près de la frontière avec la Guinée, est un centre commercial important. Elle joue un rôle stratégique dans les échanges transfrontaliers avec le sud du Sénégal et le nord de la Guinée. Jadis centre du royaume Kaabu, Gabú possède un riche héritage culturel mandingue et fulani. L'agriculture et le commerce dominent l'économie locale. La ville connaît un développement urbain modeste, avec des investissements dans les infrastructures scolaires et sanitaires.

Bissorã, dans la région nord, est un centre urbain de taille moyenne avec une économie fortement dépendante de l'agriculture, notamment de l'arachide, du riz et de la noix de cajou. Elle est également connue pour ses activités de transformation artisanale. Bien que peu développée sur le plan des infrastructures, la ville bénéficie de sa position géographique dans une zone fertile. Des projets communautaires y sont régulièrement mis en oeuvre pour améliorer les conditions de vie locales.

Cacheu, située au nord-ouest, a une importance historique majeure. Elle fut l'un des premiers établissements portugais en Afrique de l'Ouest et un important port de traite durant la période

coloniale. La ville conserve encore  quelques vestiges de cette époque, notamment un fort portugais. Aujourd'hui, Cacheu est une ville paisible avec une économie centrée sur la pêche, l'agriculture et l'écotourisme. Elle est également un point d'accès à la zone protégée du parc naturel des Mangroves de Cacheu.

Bolama, capitale de la Guinée portugaise jusqu'en 1941, est située sur une île de l'archipel des Bijagos. Elle est célèbre pour ses bâtiments coloniaux abandonnés, vestiges d'un passé glorieux aujourd'hui effondré. Malgré son isolement, Bolama suscite un regain d'intérêt en raison de son potentiel touristique et de ses ressources marines abondantes. Des projets de réhabilitation ont été envisagés pour préserver le patrimoine architectural et relancer l'économie locale.

Quinhámel est une petite ville située à l'ouest de Bissau, au bord du fleuve Mansôa. Elle est réputée pour ses paysages de mangroves, ses plages fluviales et sa proximité avec les zones protégées. Bien que modeste en taille, Quinhámel connaît une certaine activité touristique locale, ainsi qu'une agriculture vivrière dynamique. Elle constitue également une zone de transit entre la capitale et les régions du nord.

Catió, dans la région de Tombali au sud, est une ville agricole importante, spécialisée dans la culture du palmier à huile, de la noix de cajou et du riz. Elle se distingue par la diversité ethnique de sa population, avec une cohabitation entre Balantas, Bijagós et Fulas. Catió est aussi un centre d'éducation régionale, avec plusieurs établissements secondaires. L'accès reste cependant difficile en saison des pluies en raison de l'état des routes.

Farim, située au nord près de la frontière sénégalaise, est un centre commercial régional bien connecté grâce à sa position le long du fleuve Cacheu. Autrefois importante pour l'exportation de l'arachide, Farim tente de diversifier son économie à travers le commerce transfrontalier, la pêche et les cultures maraîchères. La ville souffre toutefois d'un manque d'infrastructures de base et de services publics.

Canchungo, ville du nord-ouest, est un ancien centre administratif colonial qui conserve encore une partie de son patrimoine bâti. Elle est située à proximité de zones agricoles fertiles et joue un rôle central dans la distribution de produits vivriers vers d'autres régions. Canchungo est également un carrefour éducatif, avec un certain nombre d'écoles secondaires et de centres de formation professionnelle.

L'économie bissau-guinéenne est l'une des moins développées d'Afrique. L'histoire récente de la Guinée-Bissau, marquée par la lutte pour l'indépendance, une instabilité politique chronique depuis 1974 et une gouvernance souvent fragile, a eu des conséquences significatives et a contribué à la pauvreté persistante, aux migrations internes, et limité les investissements nécessaires au développement humain et économique. La dépendance vis-à-vis des aides extérieures et la vulnérabilité aux chocs externes (prix des matières premières, changements climatiques affectant l'agriculture et la pêche) sont des caractéristiques structurelles de l'économie et influent sur les conditions de vie de la population.

L'agriculture est le pilier de l'économie rurale et la principale source de revenus pour la majorité de la population. L'anacarde (noix de cajou) est de loin le produit d'exportation le plus important et un facteur clé de l'économie nationale, bien que sa vulnérabilité aux fluctuations des prix mondiaux soit un défi majeur. La culture du cajou a augmenté de façon remarquable ces dernières années; de faibles précipitations ont entravé, en revanche, celle des céréales et des autres cultures en 2011. La Guinée-Bissau exporte aussi des poissons et des fruits de mer ainsi que de petites quantités d'arachides, de noix de palme et de bois. Parmi les autres cultures vivrières, on trouve le riz (aliment de base, souvent cultivé dans les zones marécageuses et les bolongs), le maïs, le manioc, le sorgho, le mil et les arachides. L'élevage est pratiqué, notamment par les Fula. La pêche, tant maritime qu'intérieure (dans les fleuves et les mangroves), est également une source importante de subsistance et de revenus, bien que la pêche industrielle souffre souvent de l'exploitation illégale par des flottes étrangères. 

Le secteur industriel est très limité, se concentrant principalement sur la transformation agricole de base (anacarde) et quelques petites usines. Le secteur informel joue un rôle important dans l'économie urbaine. La guerre civile de 1998 a détruit une grande partie des infrastructures du pays et a causé des dommages considérables à l'économie :  baisse de 28% du PIB, avec récupération partielle entre 1999 et- 2002. Aujourd'hui, les infrastructures (routes, réseaux électriques et d'eau, télécommunications) restent peu développées en dehors de Bissau, ce qui entrave le développement économique et l'accès aux services essentiels dans les zones rurales. 

La combinaison de perspectives économiques limitées, un gouvernement faible et en proie aux  factions, ainsi qu'une géographie favorable ont fait de ce pays ouest-africain d'un point de passage des drogues à destination de l'Europe. On considère d'ailleurs que le trafic de stupéfiants pourrait être l'activité la plus lucrative du pays.

En décembre 2003, la Banque mondiale, le FMI et le PNUD ont été contraints d'intervenir pour apporter un soutien budgétaire d'urgence d'un montant de 107 millions de dollars pour le seul exercice 2004, ce qui a représenté plus de 80% du budget total national. Grâce à la décision des membres du Club de Paris, la Guinée-Bissau a bénéficié en 2011 d'un allégement de sa dette.

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