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00 N, 10 00 W
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La Guinée
est
un Etat de l'Afrique
de l'Ouest, riverain de l'Océan Atlantique,
et frontalier de la Guinée-Bissau, du Sénégal,
du Mali, de la CĂ´te d'Ivoire,
du Libéra et de la Sierra
Leone. D'une superficie de 245.857
km², le pays possède une plaine cotière entaillée par des cours d'eau
descendus du massif du Fouta-Djalon, dont le massif, recouvert de savanes,
domine l'intérieur des terre. Les cours de deux fleuves
importants coulant vers le nord, le Sénégal
et le Niger, irriguent également le pays.
-
Carte
de la Guinée. Source : The World Factbook.
(Cliquer
sur l'image pour afficher une grande carte).
Plus de 13 millions de personnes vivent
en Guinée (2025). Les principales villes sont Camayenne (1,87 million
d'habitants), Conakry ,
la capitale (1,77 million d'hab.), Nzérékoré (132 000), Kindia (117
000), Kankan (114 000). D'un point de vue administratif, la Guinée est
divisée en 33 préfectures et une zone spéciale (Conakry). La
côte est habitée par les Soussous; l'arrière-pays (le Foula-Djallon),
par les Toucouleurs et les Peuls.
Les préfectures
de la Guinée
Beyla
Boffa
Boke
Coyah
Dabola
Dalaba
Dinguiraye
Dubreka
Faranah
Forecariah
Fria |
Gaoual
Gueckedou
Kankan
Kerouane
Kindia
Kissidougou
Koubia
Koundara,
Kouroussa
Labe
Lelouma |
Lola
Macenta
Mali
Mamou
Mandiana
Nzerekore
Pita
Siguiri
Telimele
Tougue
Yomou |
Géographie physique
de la Guinée
Topographie générale.
Le pays est généralement
divisé en quatre grandes régions naturelles, qui englobent bien une variété
de paysages.
Basse-Guinée.
La Basse-Guinée,
ou région côtière, s'étend sur une largeur variable le long de l'océan
Atlantique. Elle est caractérisée par des plaines alluviales souvent
marécageuses, parsemées de mangroves, d'estuaires
profonds et de bras de mer appelés bolongs. Le relief y est généralement
plat, ne dépassant que rarement quelques dizaines de mètres d'altitude,
à l'exception de quelques collines isolées comme les îles de Loos. Le
climat y est équatorial ou subéquatorial, très humide, avec des précipitations
abondantes et une saison sèche courte.
Moyenne-Guinée.
En s'éloignant
de la côte vers l'intérieur, on rencontre la Moyenne-Guinée, dominée
par l'imposant massif du Fouta-Djalon. Ce
vaste plateau montagneux, principalement constituĂ© de grès, culmine Ă
des altitudes moyennes comprises entre 900 et 1100 mètres, mais certains
sommets dépassent les 1500 mètres (Mont Loura, 1538m). Le Fouta-Djalon
est sillonné de vallées profondes et encaissées, bordées de falaises
escarpées, qui créent un paysage accidenté et spectaculaire, parfois
appelé "châteaux de pierre". Cette région est importante sur le plan
hydrologique car elle abrite les sources de grands fleuves d'Afrique de
l'Ouest tels que le Niger, la Gambie, le Sénégal et de nombreux cours
d'eau cĂ´tiers. Le climat du Fouta-Djalon est plus frais que sur la cĂ´te
en raison de l'altitude, avec des précipitations importantes mais une
saison sèche plus marquée. La végétation dominante est la savane
arborée ou herbeuse, mais on trouve des forêts
galeries le long des cours d'eau et dans les zones abritées.
Haute-Guinée.
Ă€ l'est du Fouta-Djalon
s'étend la Haute-Guinée, un vaste plateau moins élevé (altitude moyenne
de 300 à 400 mètres), caractérisé par un paysage de savane de type
soudanien. Le relief y est plus doux et ondulé. Cette région est drainée
principalement par le fleuve Niger, qui y coule vers le nord-est avant
de décrire sa grande boucle. Le climat y est plus chaud et sec que dans
les autres régions, avec une longue saison sèche et une saison des pluies
plus courte mais intense. La végétation est adaptée à ces conditions,
composée de grandes étendues d'herbes et d'arbres clairsemés.
Guinée
forestière.
Enfin, la Guinée
Forestière occupe le sud-est du pays. Cette région présente un relief
plus contrasté, comprenant des plaines et des plateaux bas au nord, mais
surtout les contreforts de la chaîne des Monts Nimba au sud, à la frontière
avec la Côte d'Ivoire et le Liberia. Les Monts Nimba, site classé au
patrimoine mondial de l'Unesco, abritent le point culminant de la Guinée,
le Mont Richard-Molard (1752 mètres), ainsi qu'une biodiversité exceptionnelle.
Le relief y est constitué de massifs granitiques et schisteux, couverts
d'une forêt tropicale dense et humide. Le climat de la Guinée Forestière
est chaud et très humide tout au long de l'année, avec des précipitations
parmi les plus élevées du pays, favorisant le développement de la végétation
forestière luxuriante. Cette région est également le berceau de nombreux
affluents des fleuves Niger et Cavally.
Hydrographie.
La Guinée est surnommée
le "château d'eau" de l'Afrique de l'Ouest. Outre le Niger,
le Sénégal et la Gambie,
de nombreux autres fleuves importants prennent
leur source dans le Fouta Djallon ou les massifs de la Guinée Forestière,
et s'écoulent vers l'Atlantique. Parmi eux figurent le Konkouré, la Kolenté
(ou Great Scarcies), la Little Scarcies, la Moa (ou Makona) et la Cavally,
qui forment un réseau dense de rivières et de fleuves qui sculptent le
paysage et fournissent une ressource en eau vitale pour la région et les
pays voisins. Les côtes sont marquées par des estuaires larges et des
deltas.
Climat.
Le climat
de la Guinée est majoritairement tropical, caractérisé par l'alternance
d'une saison sèche (environ de novembre à avril) sous l'influence de
l'harmattan,
vent sec et poussiéreux du Sahara, et d'une saison
des pluies (environ de mai à octobre) apportée par la
mousson
atlantique. Cependant, les précipitations et les températures varient
considérablement d'une région à l'autre en raison du relief et de la
proximité de l'océan. La Guinée Maritime est très humide avec des températures
élevées toute l'année. Le Fouta Djallon connaît des précipitations
importantes mais des températures plus modérées en altitude. La Haute-Guinée
est plus chaude et présente une saison sèche plus marquée. La Guinée
Forestière reçoit les plus fortes précipitations du pays et maintient
une humidité élevée et des températures relativement constantes.
Géologie.
Globalement, la
géologie de la Guinée est caractérisée par la présence de roches anciennes
du socle précambrien, recouvertes par des formations sédimentaires plus
récentes, notamment les grès du Fouta-Djalon. Les sols varient en fonction
du climat et du substrat rocheux. Ils vont des sols ferrallitiques et latéritiques
des plateaux et savanes aux sols hydromorphes des zones côtières et alluviales.
Biogéographie de
la Guinée
La diversité physique
et climatique de la Guinée sous-tend une grande variété d'écosystèmes.
La biogéographie guinéenne se calque étroitement sur le découpage géographique,
chaque région naturelle abritant une flore et une faune distinctes.
La Guinée Maritime
est caractérisée par les écosystèmes côtiers et estuariens. Les forêts
de mangroves, composées d'espèces adaptées
à l'eau salée et aux marées, comme les palétuviers, forment une zone
tampon essentielle entre la terre et la mer, servant de nurserie pour de
nombreuses espèces marines et offrant un habitat à des oiseaux d'eau,
des crustacés et des poissons. Plus à l'intérieur, on trouve des savanes
côtières humides et des forêts claires adaptées aux sols sableux et
argileux.
Le Fouta Djallon,
avec ses sols pauvres et sa cuirasse latéritique, est dominé par des
paysages de savanes d'altitude appelées bowal, caractérisées
par des herbes rases, des graminées et quelques arbres clairsemés résistants.
Les forĂŞts galeries ou forĂŞts ripariennes
subsistent dans les vallées profondes le long des cours d'eau, offrant
un contraste végétal saisissant et abritant une biodiversité plus riche
que les plateaux dénudés. On y trouve aussi des plantes adaptées aux
roches et aux sols minces.
La Haute-Guinée
est le domaine de la savane soudanienne, un vaste paysage de prairies parsemées
d'arbres isolés ou en petits groupes, comme le karité (Vitellaria paradoxa),
le néré (Parkia biglobosa), des acacias et des Isoberlinia. Cette végétation
est adaptée à la saison sèche prolongée et aux feux de brousse fréquents
qui façonnent le paysage. Les cours d'eau sont bordés de forêts galeries
plus denses.
La Guinée Forestière
est le coeur de la biodiversité végétale et animale du pays. Elle abrite
des forĂŞts tropicales denses humides, faisant partie du bloc forestier
de Haute-Guinée, l'une des zones les plus riches en espèces et les plus
menacées d'Afrique de l'Ouest. Ces forêts sont caractérisées par une
canopée dense, de nombreuses strates végétales, des lianes, des épiphytes
et une grande diversité d'arbres à feuilles persistantes. Sur les hauteurs
du Mont Nimba, on trouve des écosystèmes montagnards uniques, combinant
prairies d'altitude, forĂŞts de montagne et formations arbustives denses,
abritant des espèces végétales et animales endémiques. Des zones de
transition entre la forêt et la savane sont également présentes, formant
des mosaïques écologiques.
Cette variété d'habitats
soutient une faune exceptionnellement diverse. La Guinée est réputée
pour ses populations de primates, incluant diverses espèces de singes
et de chimpanzés. La sous-espèce ouest-africaine du chimpanzé (Pan troglodytes
verus) est célèbre pour son utilisation d'outils et se trouve aussi bien
en savane qu'en forêt. La Guinée Forestière abrite des populations de
chimpanzés plus typiques des forêts denses (Pan troglodytes) et, à l'extrémité
est, des gorilles de l'Ouest (Gorilla gorilla) dans la zone du Mont Nimba.
On trouve également des éléphants (Elephas maximus), bien que leurs
populations soient fragmentées et menacées, principalement dans les massifs
forestiers et certaines zones de savane isolées.
Les antilopes sont
représentées par de nombreuses espèces, des petits céphalophes discrets
des sous-bois forestiers aux différentes espèces de gazelles et d'antilopes
de savane. Les carnivores incluent des espèces rares comme le lion (subsistant
en très petit nombre en Haute-Guinée), des hyènes, des léopards, et
une variété de petits félins et mustélidés. L'avifaune est très riche,
avec des milliers d'espèces recensées, certaines endémiques ou spécifiques
Ă des milieux particuliers comme les zones humides
côtières ou les forêts de montagne. Les reptiles et amphibiens sont
également nombreux, le Mont Nimba abritant des espèces uniques au monde
comme le crapaud vivipare du Nimba.
La biodiversité
marine et côtière, bien que moins étudiée que celle des milieux terrestres,
comprend des poissons, des crustacés et d'autres invertébrés dans les
estuaires et le long de la cĂ´te, ainsi que des populations rares de lamantins
d'Afrique de l'Ouest dans les eaux saumâtres.
Malgré cette richesse,
les écosystèmes guinéens sont sous pression constante. La déforestation,
causée par l'expansion agricole (cultures vivrières et d'exportation
comme le cacao ou le café), l'exploitation forestière illégale et la
production de charbon de bois, est une menace majeure, particulièrement
pour les forĂŞts denses. Les feux de brousse, souvent d'origine anthropique,
dégradent les savanes et empiètent sur les lisières forestières. La
chasse non réglementée, la pression démographique et l'impact des activités
minières (exploitation de la bauxite, de l'or, du diamant) constituent
d'autres défis importants pour la conservation. Des aires protégées,
comme la Réserve Naturelle Intégrale du Mont Nimba, le Parc National
du Haut Niger ou le Parc National du Badiar (partagé avec le Sénégal),
existent mais nécessitent des efforts de gestion et de protection renforcés
pour préserver ce patrimoine naturel qui est essentiel tant pour la Guinée
que pour l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest.
• La
Réserve Naturelle Intégrale du Mont Nimba (environ 180 km²) se situe
à la frontière de la Guinée, de la Côte d'Ivoire et du Libéria, bien
que la majeure partie de son territoire protégé soit en Guinée. C'est
un site montagneux exceptionnellement riche en biodiversité, classé au
patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1981 (extension Ă la CĂ´te d'Ivoire
en 1982). La réserve abrite une mosaïque d'écosystèmes uniques, allant
de la forĂŞt dense de basse altitude aux prairies d'altitude, en passant
par des forêts de montagne. Elle est renommée pour son taux élevé d'endémisme,
avec des espèces remarquables comme le crapaud vivipare de Nimba (Nimbaphrynoides
occidentalis) et une population de chimpanzés utilisant des outils. Ce
site fait face Ă des pressions importantes et est inscrit sur la Liste
du patrimoine mondial en péril.
• Le Parc National
du Haut Niger s'étend plus à l'est, en Guinée centrale, le long
du cours supérieur du fleuve Niger. Créé pour protéger un échantillon
représentatif des écosystèmes de savane soudano-guinéenne, il comprend
des zones de savane arbustive et arborée, ainsi que des forêts galeries
le long des cours d'eau. Le parc abrite une faune variée, incluant des
éléphants, des lions, des chimpanzés, des hippopotames, diverses espèces
d'antilopes et une riche avifaune. Il est également désigné comme partie
de Réserve de biosphère par l'Unesco (6000 km²), dont le parc proprement
dit correspond à la zone centrale (3500 km²), strictement protégée,
avec une zone périphérique visant le développement durable en harmonie
avec la conservation. Cependant, il est confronté à des menaces telles
que le braconnage, l'exploitation forestière illégale et l'expansion
agricole.
• Le Parc National
du Badiar (1250 km²) se trouve au nord-ouest de la Guinée, près
de la frontière sénégalaise. Ce parc, créée en 2002, est souvent considéré
comme un prolongement du vaste Parc National du Niokolo-Koba au Sénégal,
formant ensemble un écosystème transfrontalier important. Le paysage
est dominé par la savane, des zones rocheuses et des forêts ripicoles
le long de la rivière Koulountou. Le Badiar partage une partie de sa faune
avec le Niokolo-Koba, incluant des lions, des léopards, des hyènes, des
buffles et plusieurs espèces d'antilopes. Moins développé et étudié
que son voisin sénégalais, le Parc National du Badiar joue un rôle crucial
dans la connectivité écologique de la région, bien qu'il soit également
vulnérable aux pressions anthropiques telles que les feux de brousse et
le braconnage.
Géographie humaine
de la Guinée
Population.
La population guinéenne
est relativement jeune et en croissance rapide. Estimée à environ 13
à 14 millions d'habitants selon les sources récentes, elle est caractérisée
par un taux de natalité élevé et un taux de mortalité, notamment infantile
et maternelle, qui, bien qu'en amélioration, reste préoccupant. Cette
dynamique se traduit par une structure par âge dominée par les jeunes.
L'espérance de vie à la naissance demeure relativement faible comparée
aux standards mondiaux, ce qui reflète les difficultés d'accès aux soins
de santé de qualité et la prévalence de maladies infectieuses.
Si une large majorité
de Guinéens résident encore en milieu rural et dépendent de l'agriculture
de subsistance, on observe une tendance marquée à l'urbanisation, en
particulier vers la capitale, Conakry. Cette migration interne engendre
une pression démographique intense sur les infrastructures urbaines, et
créae des défis en matière de logement, d'assainissement et d'emploi.
La structure sociale
est traditionnellement organisée autour de la famille élargie et du village
en milieu rural, avec des liens de solidarité communautaire forts. Cependant,
l'urbanisation et les mutations économiques tendent à transformer ces
structures, sans pour autant effacer l'importance des réseaux familiaux
et communautaires. La stratification sociale est caractérisée par d'importantes
inégalités économiques, avec une large proportion de la population qui
vit sous le seuil de pauvreté, malgré le potentiel de richesse du pays
en ressources naturelles (bauxite, or, diamants, fer). L'accès à l'éducation
et à la santé est fortement différencié selon les zones géographiques
(rural vs. urbain) et les niveaux de revenu, et contribue Ă la reproduction
des inégalités. Le taux d'alphabétisation reste faible, particulièrement
chez les femmes et dans les zones rurales.
Les femmes jouent
un rôle essentiel dans l'économie, notamment dans l'agriculture et le
secteur informel, et au sein de la famille. Cependant, elles sont confrontées
à des discriminations en matière d'accès à la terre, à l'éducation,
aux soins de santé (avec des taux élevés de mortalité maternelle) et
aux débouchés économiques. Les pratiques traditionnelles néfastes comme
les mutilations génitales féminines, persistent bien que des efforts
soient déployés pour les éradiquer.
La fragilité institutionnelle,
l'instabilité politique récurrente et la corruption endémique minent
la confiance sociale, entravent le développement et limitent l'efficacité
des politiques publiques destinées à améliorer les conditions de vie
de la population. Le chômage des jeunes, l'exode rural, l'émigration
(souvent dans des conditions précaires) et les tensions liées à l'accès
aux ressources naturelles ou foncières sont d'autres aspects importants
du paysage sociologique guinéen.
Quelques-unes
des principales villes de la Guinée
| •
Conakry
est la capitale politique, économique et culturelle de la République
de Guinée. Située sur la presqu'île de Kaloum, elle s'étend vers le
nord-est Ă travers les communes de Dixinn, Ratoma, Matam et Matoto. Conakry
est le siège du gouvernement, des ambassades, des grandes institutions
nationales et internationales, ainsi que de nombreuses entreprises. Elle
abrite également l'université Gamal Abdel Nasser, les plus grands hôpitaux
du pays, et le port autonome de Conakry, principal point d'entrée et de
sortie des marchandises guinéennes. La ville connaît une croissance démographique
rapide, avec plus de 2 millions d'habitants, ce qui entraîne une urbanisation
massive souvent non planifiée, ce qui provoque des problèmes d'assainissement,
de transport et de logement. Conakry est aussi le centre nerveux de la
vie culturelle, avec des événements, des concerts et des festivals qui
y sont régulièrement organisés.
• Kankan,
située à l'est du pays, est la deuxième plus grande ville de Guinée.
Elle joue un rĂ´le clĂ© dans l'Ă©conomie nationale, notamment grâce Ă
sa position stratégique sur l'axe routier reliant Conakry à Bamako,
au Mali. Historiquement, Kankan fut un centre religieux
et commercial majeur de la Haute-Guinée. Elle est réputée pour son université,
l'Université Julius Nyerere, qui attire des étudiants de toute la région.
L'économie locale repose principalement sur le commerce, l'agriculture
et le transport. La ville conserve une forte identité culturelle malinké,
marquée par la tradition orale, la musique et les cérémonies traditionnelles.
Kankan souffre toutefois de problèmes d'approvisionnement en eau potable,
en électricité et en infrastructures routières, malgré des projets
de développement en cours.
• Labé
est la principale ville de Moyenne-Guinée et un pôle administratif important
de la région du Fouta-Djalon. Nichée sur les hauteurs du massif montagneux,
elle bénéficie d'un climat plus tempéré et constitue un centre historique
de la culture peule. La ville est reconnue pour son artisanat, notamment
le tissage et la poterie, ainsi que pour son commerce de bétail. Labé
est aussi une ville éducative avec plusieurs établissements secondaires
et professionnels. Elle sert de carrefour entre les régions de la Guinée,
notamment entre Conakry, Mamou, Boké et la frontière sénégalaise. Elle
dispose d'un aéroport régional et de quelques infrastructures sanitaires
de niveau intermédiaire. Malgré une croissance modérée, Labé conserve
son rĂ´le de coeur religieux et culturel du Fouta.
• Nzérékoré
est la plus grande ville de la Guinée forestière, au sud du pays. Elle
est située dans une région riche en ressources naturelles, notamment
le bois, le café, le cacao et les minerais. Nzérékoré est un centre
économique régional avec des échanges commerciaux dynamiques avec le
Libéria
et la CĂ´te d'Ivoire voisins. La ville abrite
également un marché important, un réseau de transport intérieur actif
et une population diversifiée sur les plans ethnique et religieux. Elle
a connu un développement significatif ces dernières années, mais reste
confrontée à des défis liés à la déforestation, à la pauvreté rurale
et Ă des tensions intercommunautaires occasionnelles. |
•
Kindia,
à 135 km de Conakry, est une ville agricole et universitaire réputée
pour ses paysages montagneux, ses chutes d'eau comme la Voile de la Mariée,
et ses plantations de fruits. La ville est aussi un point stratégique
sur la route nationale entre Conakry et la Haute-Guinée. Kindia dispose
d'instituts agricoles et de recherche qui forment les jeunes dans des disciplines
techniques. Elle est en expansion rapide en raison de la pression urbaine
exercée par Conakry et attire de plus en plus d'habitants grâce à sa
qualité de vie comparativement meilleure.
• Mamou,
parfois appelée la "ville carrefour", est située au centre de la Guinée.
Elle relie les quatre grandes régions naturelles du pays. Elle joue un
rĂ´le central dans le transport de marchandises et de passagers, ce qui
en fait une ville économiquement stratégique. Mamou est également connue
pour sa culture musicale, notamment le style populaire pastorelle.
Bien que la ville soit de taille moyenne, elle reste un lieu de transit
important avec un réseau routier relativement bien développé.
• Boké,
située au nord-ouest de la Guinée, est le centre névralgique de l'industrie
minière du pays, notamment pour la bauxite, dont la Guinée détient les
plus grandes réserves mondiales. La ville connaît un développement accéléré
depuis l'arrivée de multinationales minières et l'amélioration des infrastructures
portuaires et ferroviaires. Cependant, cette croissance rapide pose des
défis sociaux et environnementaux, avec des tensions entre les entreprises
et les communautés locales. Boké est aussi un point d'accès stratégique
au corridor maritime vers l'Atlantique.
• Faranah,
au coeur de la Guinée, est la ville natale de Sékou Touré, le premier
président guinéen. Elle est traversée par le fleuve Niger et est connue
pour son importance historique et symbolique. Faranah est aussi un centre
universitaire, avec des établissements tels que l'Université de Faranah.
La ville est entourée de zones agricoles productives, notamment en riz
et maïs, et bénéficie d'un climat propice à l'élevage. L'économie
reste cependant peu diversifiée, et les infrastructures y sont encore
limitées.
• Siguiri,
dans la région de la Haute-Guinée, est une ville aurifère importante.
Elle est connue pour son exploitation artisanale et industrielle de l'or,
notamment par la compagnie minière SMD (Société Minière de Dinguiraye).
Cette activité génère des revenus considérables mais engendre aussi
des défis environnementaux et sociaux. La ville connaît une croissance
démographique rapide due à l'afflux de travailleurs et commerçants attirés
par les opportunités liées à l'or. Elle reste une ville à fort potentiel,
bien que marquée par de nombreuses inégalités.
• Koundara,
dans l'extrême nord du pays, près de la frontière avec le Sénégal,
est une ville de transit stratégique. Elle bénéficie de sa position
géographique pour les échanges transfrontaliers, notamment avec la région
sénégalaise de Kolda. L'économie locale repose sur l'agriculture, le
commerce et l'élevage. Koundara est également le point d'accès à la
réserve naturelle du Parc national du Badiar. Elle reste cependant isolée
sur le plan des infrastructures, ce qui limite son développement. |
Groupes ethnolinguistiques.
La diversité ethnique
constitue l'une des caractéristiques sociologiques les plus marquantes
de la Guinée. Cette diversité est à la fois une richesse culturelle
immense, se manifestant à travers une variété de langues, de traditions,
de musiques et de danses, mais elle peut également être une source de
tensions sociales et politiques, historiquement instrumentalisées à des
fins de pouvoir. Les identités ethniques sont souvent des vecteurs majeurs
d'organisation sociale et politique, et influencent les réseaux d'appartenance
et, parfois, l'accès aux ressources et aux postes de responsabilité.
Parmi les groupes ethnolinguistiques les plus importants et les plus nombreux
figurent les Peulhs, les Malinkés et les Soussous.
Peul.
Les Peuls, également
appelés Foulbé ou Poular, sont majoritairement concentrés dans la région
montagneuse du Fouta Djallon, au centre du pays. Historiquement associés
à l'élevage pastoral et au nomadisme, ils sont aujourd'hui également
de nombreux agriculteurs et commerçants sédentarisés. Leur langue, le
poular, appartient Ă la branche atlantique de la famille linguistique
Niger-Congo. Les Peuls ont joué un rôle historique majeur avec l'établissement
de l'Imamat du Fouta Djallon aux XVIIIe
et XIXe siècles, une théocratie islamique
puissante. L'islam est la religion prédominante parmi les Peuls.
Malinké.
Principalement situés
dans la région de Haute-Guinée, notamment autour de Kankan et Mandiana,
les Malinkés, ou Maninka, sont un autre groupe majeur. Ils font partie
du grand ensemble des peuples Mandingues et parlent une langue mandingue.
Historiquement, la région de la Haute-Guinée est le berceau de l'Empire
du Mali, fondé au XIIIe siècle, et
les Malinkés ont été au coeur de cette entité impériale. Ils sont
traditionnellement agriculteurs et commerçants. Leur culture est particulièrement
riche, marquée par une forte tradition orale préservée par les griots,
ces détenteurs de l'histoire et de la généalogie. L'islam est également
très répandu parmi les Malinkés.
Soussou.
Les Soussous constituent
le groupe ethnique dominant dans la région côtière, la Guinée Maritime,
notamment dans la capitale Conakry et les zones environnantes comme Kindia
et Forécariah. Leur langue, le soussou, appartient également à la famille
linguistique Mandé, bien qu'elle soit distincte des langues mandingues
parlées par les Malinkés. Les Soussous ont historiquement été impliqués
dans le commerce le long de la côte atlantique et ont été parmi les
premiers à être en contact avec les influences extérieures arrivant
par la mer. Ils pratiquent l'agriculture, notamment la riziculture, et
sont très présents dans la vie urbaine et commerciale. L'islam est majoritaire
chez les Soussous.
Autres
groupes.
La région de la
Guinée Forestière, située dans le sud-est du pays, abrite un ensemble
différent de groupes ethnolinguistiques, reflétant son environnement
de forêt tropicale et son histoire spécifique. Parmi les plus importants
figurent les Kissien, les Guerzé et les Tomas.
• Les
Kissien, également appelés Kissi, vivent dans le sud-est de la Guinée
ainsi que dans les pays voisins comme le Libéria et la Sierra Leone. Ils
parlent le kissi, une langue classée dans la branche atlantique. Ils sont
réputés pour leur riziculture, souvent dans des zones marécageuses,
et leur artisanat traditionnel, notamment le travail du fer. Les croyances
traditionnelles restent importantes chez les Kissien, aux côtés du christianisme
et de l'islam.
• Les Guerzé,
appelés Kpèllé au Libéria, sont un autre groupe majeur de la Guinée
Forestière. Leur langue, le Kpèllé, appartient à la famille Mandé,
mais constitue une branche distincte. Ils sont principalement agriculteurs.
Leur organisation sociale traditionnelle comprend des sociétés
secrètes, et les pratiques religieuses traditionnelles coexistent
avec le christianisme et l'islam.
• Les Tomas,
ou Loma, sont localisés dans le nord de la Guinée Forestière, à la
frontière avec le Libéria. Ils parlent le loma, une autre langue de la
famille Mandé, distincte du kpèllé. Comme les Guerzé et les Kissien,
ce sont des agriculteurs et ils possèdent des pratiques culturelles traditionnelles
fortes, incluant des sociétés d'initiation. Le christianisme et l'islam
sont également présents dans cette communauté.
Outre ces groupes numériquement
importants, la Guinée compte de nombreuses autres populations ethnolinguistiques
qui enrichissent son panorama culturel. On peut citer les Baga et les Landuma
sur la côte, historiquement connus pour leurs arts et masques sophistiqués,
les Koniagui, Bassari et Tenda dans les contreforts du Fouta Djallon et
le nord-est (appartenant au groupe linguistique Tenda), dont certains ont
conservé des croyances traditionnelles ou adopté le christianisme plus
tôt, ainsi que d'autres groupes comme les Jalonké, les Lélé, les Wamey,
etc., répartis sur le territoire.
Culture.
Sur le plan religieux,
la Guinée est majoritairement musulmane, l'islam (environ 85-90%
de la population) étant la religion prédominante dans la plupart des
régions. Cependant, une minorité significative de la population est chrétienne,
principalement dans le Sud et les zones forestières. De plus, les croyances
traditionnelles africaines restent très présentes et continuent d'influencer
la vie quotidienne, généralement en symbiose avec les religions monothéistes.
Cette coexistence façonne la vision du monde, les rituels et les pratiques
sociales de nombreux Guinéens.
La musique et la
danse occupent une place centrale dans la vie sociale. La Guinée est réputée
mondialement pour la richesse de ses rythmes et la virtuosité de ses musiciens.
Des instruments comme la kora (harpe-luth), le balafon (xylophone
africain), et le djembé (tambour) sont emblématiques et jouent
un rôle important dans les célébrations, les cérémonies et la transmission
des histoires. Le rôle des griots, ces maîtres de la parole, musiciens
et historiens, est lui aussi important. Ils sont les gardiens de la mémoire
collective, qui chantent les louanges, racontent les épopées et conseillent
les chefs, perpétuant ainsi une tradition orale millénaire. La danse
est indissociable de la musique; chaque groupe possède ses propres danses,
souvent chargées de symbolisme et exécutées lors d'événements marquants
de la vie (naissances, mariages, funérailles) ou pour des occasions rituelles.
Au-delĂ de la musique
et de la danse, les arts visuels guinéens comprennent la sculpture (masques,
statues ordinairement liées aux croyances traditionnelles et aux rites
initiatiques), la vannerie, la poterie, et l'art textile. Le travail du
bazin,
un tissu teint et brodé, ainsi que les techniques de teinture artisanale
comme le tie-dye, sont particulièrement appréciés. L'art guinéen
est fonctionnel, intégré dans le quotidien ou utilisé lors de cérémonies,
mais il est aussi une source de beauté et d'expression individuelle.
Le tissu social guinéen
est fortement marqué par l'importance de la famille étendue et de la
communauté. Les liens de parenté et de solidarité sont primordiaux.
L'hospitalité est également une caractéristique majeure de la culture
guinéenne; accueillir et partager avec les visiteurs est une norme sociale
profondément enracinée. Les structures sociales traditionnelles coexistent
souvent avec l'administration moderne, et les chefs de village ou les notables
continuent de jouer un rôle d'autorité et de médiation.
La cuisine guinéenne,
bien que variant selon les régions et les groupes ethniques, met généralement
en avant le riz comme aliment de base, accompagné de sauces riches et
variées à base de cacahuètes, de feuilles de manioc, de gombo, de poisson
ou de viande. Les fruits tropicaux abondent et sont largement consommés.
Les repas sont des moments de convivialité, souvent partagés en famille.
Enfin, l'histoire
a profondément marqué la culture guinéenne. Le passé précolonial des
grands empires sahéliens, la période coloniale française, la lutte pour
l'indépendance menée par des figures comme Sékou
Touré et les décennies qui ont suivi ont façonné l'identité nationale,
et ajouté des couches de complexité et de résilience à ce patrimoine
déjà immense.
Economie.
L'économie de la
Guinée est caractérisée par un potentiel naturel considérable, notamment
en ressources minières, mais fait face à des défis structurels importants
qui entravent un développement économique durable et inclusif. Le pays
est doté d'abondantes réserves de bauxite, de minerai de fer, d'or et
de diamants, ce qui en fait un acteur majeur sur la scène mondiale pour
certaines de ces matières premières, en particulier la bauxite dont la
Guinée possède les plus grandes réserves connues.
Le secteur minier
constitue ainsi la colonne vertébrale de l'économie guinéenne. Il représente
une part prépondérante du Produit Intérieur Brut (PIB), la grande majorité
des exportations et une source essentielle de recettes publiques. L'exploitation
de la bauxite, concentrée principalement dans les régions de Boké et
Sangarédi, attire d'importants investissements étrangers et est le moteur
de la croissance économique officielle. Cependant, cette forte dépendance
aux exportations de matières premières rend l'économie vulnérable aux
fluctuations des prix sur les marchés internationaux et limite la diversification
des sources de revenus et d'emplois.
L'agriculture emploie
la majeure partie de la population active, estimée à plus de 60%, mais
sa contribution au PIB est relativement modeste comparée à celle du secteur
minier. L'activité agricole est dominée par l'agriculture de subsistance,
avec des cultures vivrières comme le riz, le manioc et le maïs, ainsi
que des cultures d'exportation comme le café, le cacao, les fruits et
les légumes dans certaines régions. Le pays dispose d'un vaste potentiel
agricole, avec d'importantes superficies de terres arables et un réseau
hydrographique dense, mais ce potentiel est largement sous-exploité en
raison du manque d'infrastructures (routes rurales, irrigation), d'accès
aux intrants modernes (engrais, semences améliorées), de financements,
de technologies et de marchés organisés. Le secteur est également vulnérable
aux chocs climatiques.
Le secteur industriel
est peu développé et principalement lié à la transformation de produits
agricoles (comme la riziculture ou la transformation de fruits) et aux
activités connexes au secteur minier. L'absence d'une base manufacturière
diversifiée limite la création de valeur ajoutée locale et les opportunités
d'emploi qualifié en dehors des mines.
Le secteur des services
est en croissance, particulièrement dans les zones urbaines. Il englobe
le commerce, les transports, les télécommunications et les services financiers.
Cependant, il est également freiné par les insuffisances infrastructurelles
et un environnement des affaires qui peut ĂŞtre complexe.
Malgré ses richesses
naturelles, la Guinée reste l'un des pays les plus pauvres du monde. Les
taux de pauvreté sont élevés, notamment dans les zones rurales. Les
bénéfices de la croissance économique, largement tirée par les mines,
peinent à se traduire par une amélioration significative des conditions
de vie pour la majoritĂ© de la population. Cela est souvent attribuĂ© Ă
une gouvernance perfectible, à des défis en matière de redistribution
des richesses minières, à la faiblesse des institutions et à un manque
d'investissements massifs dans les infrastructures de base comme l'électricité,
l'eau potable, la santé et l'éducation, qui sont essentielles pour le
développement humain et économique.
Le développement
des infrastructures, notamment énergétiques (la Guinée possède un potentiel
hydroélectrique considérable, dont une partie est exploitée, mais les
besoins restent importants) et de transport (routes, chemins de fer, ports),
est essentiel pour libérer le potentiel des autres secteurs de l'économie,
attirer des investissements et améliorer l'intégration régionale.
Depuis un coup d'Etat
de 2008, le G-8, le FMI et la Banque mondiale ont considérablement réduit
leurs programmes d'aide au développement. En 2009, les politiques de la
junte militaire au pouvoir ont gravement affaibli l'économie. L'inflation
et la dette sont parvenues à des niveaux dangereusement élevés. Avec
l'instauration d'un régime démocratique en 2010, le peut espérer un
retour de l'aide internationale (notamment avec l'allégement de la dette)
et de l'investissement, mais encore cela dépendra-t-il, estime-t-on, de
la capacité du nouveau gouvernement à combattre la corruption, à réformer
le système bancaire et à construire des infrastructures.
Par ailleurs, les
investisseurs internationaux ont exprimé un vif intérêt pour les vastes
réserves de minerai de fer du pays, ce qui pourrait propulser la croissance.
Le gouvernement a présenté un nouveau code minier en septembre 2011 qui
comprend des dispositions visant à lutter contre la corruption, protéger
l'environnement, et de réviser tous les contrats miniers existants. |
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