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La religion et la mythologie de la Mésopotamie
La mythologie assyro-babylonienne
Le panthéon assyro-babylonien comprenait douze grands dieux : d'abord, une divinité suprême, nommée Enlil, pendant la période proprement babylonienne, et Assur pendant la période assyrienne. Venaient ensuite deux triades : la première, composée d'Anou, le chaos primordial, de Bel, le démiurge (Cosmogonie), et de Nouah, le dieu Providence, a un caractère cosmogonique; la seconde est formée par Sin, le dieu de la Lune, Shamash, le dieu du Soleil, et Bin, le dieu de l'atmosphère. Les cinq autres divinités de ce panthéon personnifiaient les planètes et donnaient à la mythologie chaldéo-assyrienne une physionomie sidérale : c'était Adar, dieu de la planète Saturne;Mardouk, dieu de Jupiter; Nergal, dieu de Mars; Ishtar, déesse de Vénus; et Nabou, dieu de Mercure. Ces douze grands dieux présidaient aux douze mois de l'année et aux douze signes du zodiaque. Au-dessous d'eux, l'imagination populaire plaçait un grand nombre de divinités secondaires. L'anthropomorphisme n'est pas très accentué dans la religion assyro-babylonienne; il s'y manifeste cependant par les épithètes et les représentations figurées de quelques dieux, comme Bel, Nouah, Sin, Bin, Adar, etc. (A19).

Les dieux assyro-babyloniens.
Parmi les institutions de l'Assyrie proprement dite, la religion occupe la première place. La mythologie assyrienne, telle qu'elle se présente surtout dans les inscriptions du grand empire d'Assyrie, était la résultante des anciennes croyances des Sumériens, du peuple primitif qui avait précédé des Sémites, et dont le système original semble s'être restreint à une adoration des forces de la nature, des astres, et surtout à la science magique qui servait avant tout à neutraliser les influences malfaisantes des mauvais génies. L'adoration de la lune (Sin), père de Soleil, et de la planète de Vénus, venue de la Chaldée (Babylonie), paraît avoir été l'un des plus anciens cultes. La cosmogonie babylonienne doit avoir été acceptée en Assyrie d'après celle-ci, conformément aux traditions précieuses que le philosophe Damascius nous a laissées, l'Abyme, le néant, Abyssus de son nom primordial Abzu ou Apsu (le Apasôn de Damascius), était le père premier de tout; son épouse était le Chaos, la Mer, Tiamat Muummu que le philosophe grec rend par les mots Taauth et Môumis. Les dieux furent créés ensuite : Lahamu, le principal masculin, et Lahmu, le principe féminin, le dieu Royal (Sarru), (Assôrôs) et sa femme Ki-sar (Kissôrè). Mais ces idées premières furent modifiées par le travail des siècles, et il s'établit une religion qui ressembla complètement à celle de la Babulonie, sauf toutefois en ce qui regarde la suprématie de la divinité nationale, Assur. Les divinités trop nombreuses qui toutes avaient leurs sanctuaires ou, du moins, leurs statues spéciales, vénérées dans tel ou tel temple, s'effacèrent, et l'importance accordée primitivement aux astres se modifia de manière à ne plus admettre que des dieux personnifiées qui faisaient oublier leur origine. Dans les textes royaux de Teglathphalasar ler, on ne mentionne que sept dieux, Assur, Bel, Sin (la lune), Saunas (le soleil), Bin, le dieu des phénomènes météorologiques; Ninip, le guerrier, et l'Ishtar, la souveraine des naissances. Plus tard, l'obélisque de Salmanassar III (vers 870) énumère les dieux suivants :

Assur, le dieu national, inconnu aux Babyloniens, le dieu bon, peut-être d'origine iranienne; il est « le roi de tous les dieux ».
Anu, le dieu du ciel. Le plomb est indiqué par l'idéogramme de cette divinité.
Samus (Shamash), le soleil, le juge du ciel et de la terre.
Bel, le père des dieux, le démiurge.
Hea, le maitre de l'Océan, en assyrien Hea-Kin.
Bin ou Ben, que d'autres auteurs appellent aussi Raman, Hadad, Dadda, le maître des phénomènes météorologiques.
Merodach, surtout vénéré à Babylone, maître des oracles : son nom, comme celui de Nergal et Salman, est seulement connu par les textes bibliques.
Ninip, l'Hercule des Assyriens, avait jadis été identifié avec l'élément Adar de l'Adrammelech biblique : il a une quarantaine de noms, comme du reste presque toutes les divinités. A Telleh, il s'appelait ainsi Nin-girsu. Il est le dieu vaillant. Son idéogramme désigne aussi le fer.
Nergal, confondu plus tard avec la planète de Mars, est le dieu destructeur, il se confond quelquefois avec Ninip.
Nebo, plus tard la planète de Mercure, le prophète des dieux, le surintendant des sphères célestes, le ministre des dieux.
Bellis (Belit), la femme de Bel, la mère des dieux.
Ishtar, la souveraine des dieux.
Ces deux déesses sont les seules citées dans les textes historiques, tandis que les textes babyloniens, et aussi les documents assyriens plus récents, font ressortir bien plus de divinités féminines; nous citons :
Dam-Kina, épouse de Hea-Kin.
Anunit, épouse de Shamash, l'étoile de Vénus.
Zarpanit, épousé de Mérodach.
Tasmit, épouse de Nebo.
Ihstar-d'Arbèles, la déesse de la guerre, opposée à Ishter de Ninive.
Mylitta,la souveraine des naissances, la déesse de l'enfantement.
Nana, spécialement babylonienne.
Allat, déesse de l'Enfer.
Gula, l'épouse de Ninip.
On trouve au second rang beaucoup de dieux, tels que
Dagan, cité souvent par Sargon.
Nusku, surtout adoré par Sardanapale.
Salman, connu par le nom de Salmanassar, qui ne le cite pas parmi les grands dieux, quoiqu'il se soit ainsi mis sous la protection de ce vocable.
Une quantité innombrable d'autres dieux locaux, de génies de tout ordre, des utuk, des sédu connus dans la démonologie assyrienne, peuplaient la terre et les cieux, et étaient connus par leur bienveillance ou leur méchanceté. Les divi nités supérieures portaient toutes le nom de Bel, maître, et toutes les déesses étaient des Ishtarât, comme les Baalins et les Astarolh des idolâtres de Palestine, dont parle le Livre des Juges.


En librairie - Samuel Noah Kramer, L'Histoire commence à Sumer, Flammarion, 1993. - Jean Nougayrol, Divination en Mésopotamie ancienne, PUF, 1992. - Marie-Joseph Seux, Hymnes et prières aux dieux de Babylonie et d'Assyrie, Le Cerf, 1976. - Henrietta Mc Call, Mythes de la Mésopotamie, Le Seuil, 1973.

Quelques ouvrages de Jean Bottéro: La plus vieille religion, Gallimard, 1998. - Mésopotamie, Gallimard, 1997. - Mythes et rites de Babylone, Slatkine, 1996. - Babylone et la Bible, 1994. - Naissance de Dieu, Gallimard, 1992. Avec S. Kramer : Le mariage sacré, à Sumer et en Babylonie, Berg international, 1991.- Des mêmes, Lorsque les dieux faisaient l'homme, Gallimard, 1989.

Pour les plus jeunes
Karine Safa, Maud Riemann (illust.), La mythologie babylonienne, Actes Sud, 2007.
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Terre entre deux fleuves où se succèdent les empires, la Mésopotamie est le lieu d'édification des premières villes modernes, et le lieu de naissance de figures légendaires comme Gilgamesh, ou Nabuchodonosor. (couv.).

Jean Bottéro, Mythes et rites de Babylone, Editions Slatkine, 2010.
2051021562
Cet important ouvrage est entièrement consacré à deux domaines de l’ancienne Mésopotamie : la Mythologie, au sens le plus large du mot, qui se recoupe, en somme, avec l’optique et l’idéologie d’hommes encore incapables de raisonner autrement qu’en images et en histoires; et les pratiques rituelles de l’Exorcisme, profondément pénétré de pensée mythologique et le plus puissant expédiant qu’eussent jamais trouvé ces gens contre le parasite de l’existence humaine : le Mal. Ces deux domaines ont été assidûment explorés par Jean Bottéro, parce qu’ils lui paraissent encore trop négligés, en Assyriologie, et pourtant à la fois spécifiques de cette civilisation très antique, et porteurs de progrès qui y ont préparé la nôtre. (couv.). 

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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