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Déluge

Suivant la Genèse, Yahvé submergea toute la Terre en punition des crimes toujours croissants de ses habitants. Noé y échappa seul avec sa famille, en se réfugiant dans l'Arche. Une telle fin (partielle) du monde est un épisode courant dans les cosmogonies où il intervient souvent - au même titre que d'autres sortes de cataclysmes généralisés - pour établir une séparation entre la temporalité du mythe et la temporalité historique. Une première humanité souvent fantasmatique (les premiers hommes de la Bible, par exemple, vivaient des siècles, et ailleurs on les découvre qui accomplissent des exploits extraordinaires) ou une première génération d'êtres imparfaits est balayée de la surface de la Terre, pour laisser la place à un peuplement plus proche de celui auquel on est habitué.
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Comerre : le Déluge.
Le Déluge, par Léon Comerre (1890, musée des Beaux-Arts de Nantes).

Les mythes de la Grèce contiennent ainsi la référence à plusieurs déluges partiels : les deux principaux arrivèrent sous Ogygès et sous Deucalion : dans ce dernier cas, le déluge est expliqué par la colère de Zeus après le vol du feu par Prométhée. Pour assouvir son ressentiment, Zeus résolut d'anéantir l'humanité, en l'ensevelissant sous les flots du déluge. Mais Prométhée veillait. Il avertit son fils Deucalion qui, avec sa femme Pyrrha, la fille d'Épiméthée et de Pandore, régnait alors en Thessalie. Sur les conseils de son père, Deucalion construisit une embarcation et s'y enferma avec son épouse. Pendant neuf jours et neuf nuits ils voguèrent sur les flots. Le dixième jour, le déluge s'arrêta et les deux survivants abordèrent sur la cime de l'Othrys ou du Parnasse. Deucalion offrit un sacrifice à Zeus Phyxios (protecteur des fugitifs); et le dieu, touché de sa piété, lui promit d'exaucer son premier voeu. Deucalion demanda à Zeus de faire revivre l'espèce humaine. Une autre légende disait que Deucalion et Pyrrha s'étaient rendus à Delphes, et avaient adressé leur prière à Thémis. 

"Voilez vos têtes, répondit la déesse, détachez les ceintures de vos vêtements et jetez derrière vous les os de votre aïeule antique."
D'abord frappés d'un long étonnement, Deucalion et Pyrrha démêlèrent enfin le sens mystérieux de cet oracle ambigu. Ils voilèrent leurs fronts et marchèrent dans la plaine en jetant par-dessus leurs épaules des pierres arrachées à la terre (n'étaient-ils pas les descendants de Gaïa?). Toutes celles que lançait Deucalion se changèrent en humains, celles que jetait Pyrrha se transformèrent en femmes. L'espèce humaine fut reconstituée et Zeus déposa sa colère. Deucalion était à bon droit regardé comme le père des Hellènes, le premier roi fondateur de villes et de temples. C'est lui, disait-on, qui avait bâti à Athènes le temple du Zeus olympien et l'on montrait son tombeau auprès de ce temple. Cependant Cynos s'enorgueillissait également d'avoir son tombeau et celui de sa femme, Pyrrha.

Le mythe de Deucalion, comme le Déluge biblique, aussi un épisode identique qui dans les mythes védiques et dans le Mahabharata, est l'occasion de la première incarnation de Vishnu, semblent avoir la même origine : les mythes mésopotamiens (V. ci-dessous). Des déluges sont également mentionnés en Islande, en Iran, en Mélanésie, en Amérique précolombienne, etc.

Cette omniprésence du mythe (s'ajoutant à une lecture longtemps littérale de la Bible) a laissé croire dans le passé, qu'un tel cataclysme global avait effectivement eu lieu. Quelques esprits n'ont voulu voir dans le Déluge qu'un miracle, tels Voltaire, qui dans son Dictionnaire philosophique, refuse d'invoquer des phénomènes naturels pour l'expliquer. Mais beaucoup de géologues, à l'instar de tous ceux qui au XIXe siècle s'imaginaient que "les mythes n'étaient que de l'histoire et de la science écrites dans la langue des superstitions", s'y laisseront prendre durablement, et croiront même découvrir des indices matériels de l'événement.

Le mythe mésopotamien du Déluge.
Le récit du déluge forme un épisode de l'Epopée d'Istubar, mis dans la bouche de Xisuthrus en réponse à la question d'Istubar. La onzième tablette du récit d'Istubar débute par la demande du héros frappé de la malédiction d'Ishtar adressée au roi Xisuthrus. Ce nom a été transmis dans les fragments de l'historien babylonien Bérose conservés par les chronographes chrétiens de Byzance. Le texte assyrien le nomme Adrahasis, forme intervertie de Hasisu-adra, dont l'auteur de l'histoire babylonienne, écrivant en grec, à fait Xisuthrus. Le nom est généralement écrit par une expression qui désigne celui qui vit éternellement. La relation de Bérose prouve qu'il y avait, chez les Chaldéens, en dehors de notre tradition, une autre narration qui différait en beaucoup de points du poème copié par les soins d'Assurbanhabal.

Voici la traduction, par J. Oppert, de la XIe tablette de l'Epopée d'Istubar contenant le récit du Déluge :

Istubar parla ainsi à Adrahasis, à la lointaine demeure  :
« Il faut-que je t'interroge, ô Adrahasis!
Le nombre de tes années ne change pas, en cela tu me ressembles. 
Toi-même tu ne changes pas, en cela tu me ressembles. 
Ta perfection est de rester égal à toi-même. 
Dis-moi pourquoi l'âge n'a pas de prise sur toi,
Pourquoi tu occupes cette place et que tu gardes ta vie dans l'assemblée des dieux?
Adrahasis parla ainsi à Istubar :
« Je vais te révéler, ô Istubar, le secret de ma conservation,
Et la mystère des grands dieux, je veux te le découvrir.
Il est une ville de Surippak, que tu connais; elle est située sur les bords de l'Euphrate,
La ville est antique et les dieux y demeurent.
Les grands dieux avaient résolu dans leur esprit de faire un déluge, 
Tous tant qu'ils sont : leur père Anu, leur roi, le vaillant Bel,
Ninip, celui qui les terrifie, et le premier-né parmi eux, le maître du néant. 
Mais le maître du mystère impénétrable, 
Ea-Kin n'était pas d'accord avec eux.
Il m'annonça leur dessein comme ils l'avaient conçu, 
Mot pour mot et sens pour sens :
« Ecoute la parole et prends à coeur le sens,
Ô homme de Surippak, fils d'Otiartes.
Fuis ta maison, fais un vaisseau, abandonne ce que tu possèdes, sauve ta vie.
Fais distribuer du pain, de la nourriture, et conserve la vie des êtres. 
Fais monter sur le vaisseau la semence de tout être vivant.
Le navire que tu bâtiras, mesurera un ner (600) d'empans en longueur, Un soss (60) d'empans sera le compte de sa hauteur et de sa largeur. 
Lance le navire ainsi fait sur la surface de l'Océan. »
Moi je compris et je dis à Ea-Kin, mon seigneur :
« Le vaisseau dont tu m'as ordonné la construction, comment pourrais-je le faire seul?
Il faut que tous les hommes en force et les vieillards m'aident. »
Ea-Kin ouvrit alors la bouche et parla ainsi à moi, son serviteur.
« (Le dessein des dieux)  tu le leur communiqueras. 
(Le reste des hommes) m'a dédaigné
(Et je vengerai) ce qui a été fait contre moi.
Le fragment qui suit (avant le commencement de la IIe colonne) a été intercalé par Smith à la suite de ce qui forme réellement le commencement de la première colonne; mais il est incertain si ce morceau appartient véritablement à ce récit de Xisuthrus et au poème d'Istubar. Dans ce fragment, Adrahasis est cité à la troisième personne, tandis que dans l'épopée héroïque il raconte à la première personne. Peut-être ce morceau faisait-il partie du récit auquel Bérose a emprunté ses renseignements. D'après cette relation, le déluge commença le 15 daesius (juin), date que notre texte ne mentionne pas. Le navire avait la longueur immense de 5 stades (3600 empans, 1800 coudées) ou de 945 mètres, et 2 stades (ou 378 mètres) de large. Les mesures données dans le morceau traduit se rapprochent des chiffres de la Genèse (6,15) qui fixe la longueur de l'arche de Noé à 300, sa hauteur à 30 et sa largeur à 50 coudées : le texte cunéiforme donne 600 empars ou 300 coudées pour la longueur, et pour la hauteur et la largeur également 60 empars ou 30 coudées (16 mètres).
Je prononcerai  mon arrêt sur ce qui est en haut et sur ce qui est en bas.
(Pour te sauver) ferme le navire.
(Quand approchera) le déluge que je te prédis,
Monte sur la navire et ouvre la porte du vaisseau. 
Portes-y ton blé, et tes ustensiles, et ta nourriture,
Tes objets précieux, tes esclaves, tes servantes, les hommes dans la force de l'âge.
Les troupeaux de la plaine, les bêtes fauves de la plaine, tout ce qui y séjourne.
Comme je te le prédis : Cette porte fermée préservera tout ce que renferme le navire.»
Adrahasis ouvrit la bouche et dit :
« Et parla ainsi à Ea-Kin, le seigneur
Je ne ferais pas un navire tel que tout autre, l'aurait construit.
(Sans pareil?) dans le monde, tel je le charpenterai.
(Sa grandeur), personne n'en verra de comparable. 
Dans l'univers entier, un tel vaisseau n'existera plus jamais 
Égal au navire dont tu m'as ordonné la construction.»

Colonne Il

... puissants ...
Après ces cinq jours, je commençai (premièrement à ramasser les matériaux),
Puis, sur le chantier, je disposai dix toises pour les briques. 
Dix toises furent mesurées (pour les poutres) ...
Je fis le plan du navire (quatrièmement), puis je le charpentai (cinquièmement),
Je rivai le vaisseau sixièmement, et je départageai ses étages septièmement, 
Je divisai les compartiments huitièmement.
J'ouvris en dedans des réservoirs contenant les eaux.
Le reste du gréement et les choses nécessaires, je les ajoutai; 
Trois sars de gâteaux de bitume, je les employai sur l'intérieur, 
Trois sars de gâteaux de bitume, je les employai sur l'extérieur.
Trois sars de clous (?) supportaient les paniers contenant les pains; 
Un dixième de sar (1 sar =  3600 unités) de flans devait être mangé par les agneaux.
Trois sars de flans, je les distribuai aux matelots.
Pour (la nourriture) et l'abatage des boeufs, je fis une répartition pour chaque jour
(Puis, j'apportai) des boissons, des pans et du vin
En quantité comme les eaux des fleuves, 
(De la farine) comme la poussière de la terre; ... des pains, je mis la main.
(La lumière) du soleil était exclue du vaisseau ainsi achevé.
...
Les ..., je les ils placer en haut et en bas, (Les eaux) les couvraient aux deux tiers.
Tout ce que j'avais, je le ramassai,
Je ramassai tout ce que j'avais en argent,
Tout ce que j'avais en or, je le ramassai;
Tout ce que j'avais, je le ramassai en fait de races vivantes de toutes sortes. 
Je fis monter sur le navire tout ce que je possédais en esclaves et servantes,
Les troupeaux de la plaine et les bêtes de la plaine;
Les hommes dans la force de l'âge, tous je les fis monter (en leur répétant):
« Shamash (le soleil) doit amener un déluge
Il enverra des ténèbres comme dans la nuit, il fera pleuvoir des pluies torrentielles.
Entre m'a-t-il dit dans le vaisseau et ferme ta porte;
Car ce déluge sera terrifiant.
Il y aura des ténèbres, comme dans la nuit, et il pleuvra des pluies torrentielles. Toi, pendant quatre jours, tu pourras le détourner (par la prière).
Mais le jour où le destin s'accomplirai chasse la crainte. »
J'entrai dans le navire et je fermai la porte,
Pour préserver l'intérieur (d'abord) et (puis) pour pouvoir distribuer l'espace aux matelots.
Quant à mon palais, je l'abandonnai avec ses trésors.
Une accalmie des vents régnait vers l'aube,
Mais des profondeurs des cieux surgit un nuage noir. 
Ben lâcha ses éclairs au milieu (de ce nuage), 
Nebo et Bel marchèrent en avant,
Ils marchaient en faisant trembler les monte et les vallées. 
Nergal, le puissant, traîna après lui l'ouragan. 
Ninip s'approcha et répandit l'obscurité.
Les Annunna (= génies terrestres) enlevèrent toute lumière;
Dans leur marche, ils entamèrent la surface de la terre, 
Pendant que Ben chercha à atteindre le ciel avec ses foudres,
Et que, sans briller, il retourna vers la terre.

Colonne III

Les vagues, comme des ...  couvraient (la terre),
Les êtres vivants ... (la tablette est brisée à cet endroit)
(Il y eut) des luttes entre les hommes cherchant (leur salut). 
Le frère ne voyait pas son frère,
Les hommes ne se reconnaissaient pas entre eux 
Les dieux mêmes craignirent l'orage,
Ils se ravisèrent et s'acheminèrent vers le ciel d'Anu.
Les dieux étaient comme un chien de garde qui se tient couché dans les coins.
Ishtar cria comme une femme en couches.
La grande déesse, qui est bonne à entendre, parla ainsi :
« La création est vraiment redevenue de la boue,
En présence des dieux, j'ai annoncé ce désastre.
Mais, ainsi que, dans la présence des dieux, je l'ai annoncé ce désastre, 
J'ordonne à ce malheur, qui frappe mes hommes, qu'il s'arrête. 
Moi, la mère, j'ai enfanté mes hommes,
Et aujourd'hui, comme un essaim de petits poissons, ils peuplent la mer. 
Les dieux, joints aux Anunna, pleurent avec moi. »
Les dieux, assis dans leur endroit, pleuraient,
Mais ils fermaient leurs lèvres pour laisser l'arrêt s'accomplir.
Pendant six jours et six nuits
Régnaient le vent, l'orage, et la destruction balayait tout.
Le septième jour, à son approche,
Les eaux torrentielles de l'orage s'arrêtèrent,
Ce qui (s'annonça par une secousse) comparable à un tremblement de terre.
La mer devint tranquille, le vent se calma et l'orage cessa. 
Je remarquai que la mer avait fait son oeuvre de destruction, 
Et que toute l'humanité avait été changée en boue. 
Comme des roseaux flottaient les cadavres.
J'ouvris la fenêtre, et la lumière pénétra sur la surface de ma figure. 
J'en fus ébloui. Je m'assis et je pleurais;
Sur toute ma figure se répandaient des larmes.
J'observai les régions sur l'étendue visible de l'Océan. 
Mais, vers les douze maisons ( = parties) de l'horizon, pas de continent. 
Au-dessus du pays du Nizir (salut) flotta le vaisseau.
La montagne de Nizir l'arrêta et ne donna pas passage. 
Le premier jour, le deuxième jour, le mont Nizir fit de même, 
Le troisième jour, le quatrième, le mont Nizir fit de même, 
Le cinquième jour, le sixième, le mont Nizir fit de même.
A l'approche du septième jour,
Je fis sortir et je lâchai une colombe;
La colombe s'en alla et revint.
Elle n'avait pas trouvé d'abri et s'en était retournée. 
Je fis sortir et je lâchai une hirondelle;
L'hirondelle s'en alla et revint.
Elle n'avait pas trouvé d'abri et s'en était retournée. 
Je fis sortir et je lâchai un corbeau;
Le corbeau s'en alla et vit les cadavres dans la mer,
Il mangea, nagea, s'éloigna et ne revint plus.
Je fis sortir un agneau, et je sacrifiai aux quatre vents.
Je fis un feu expiatoire sur la crête des montagnes. 
Sept par sept, j'amoncelai des jars vides.
Dans le fond, j'amassai des roseaux, du cèdre et du cyprès. 
Les dieux flairèrent cette odeur,
Les dieux flairèrent cette bonne odeur.
Les dieux, comme des mouches, s'amassèrent auprès du maître des sacrifices; 
Alors la grande déesse, à son arrivée,
Enleva les grandes amulettes que le dieu Anu avait faites, selon le désir (des dieux).
« Ô dieux, ceux-ci  sont vraiment comme les albâtres de mon collier, je ne les oublierai pas.

Colonne IV

« Ô dieux, ceux-là je les aime, et je ne les oublierai jamais.
Que tous les dieux veuillent approcher du feu expiatoire,
Mais que Bel-El n'approche pas du feu expiatoire,
Car il ne s'est pas maîtrisé et a produit le déluge,
Et il a parqué les hommes dans une arche. »
Alors Bel-El, quand il approcha, 
Vit le navire; il resta stupéfait,
Il éclata de colère contre les cinq dieux et les deux dieux (expression mystique pour les sept divinités).
« Personne qui respire ne sortira du navire,
L'homme qui est dans cette arche ne vivra pas! » 
Ninip ouvrit sa bouche et dit, 
Et parla ainsi au héros Bel-El :
« Personne, si ce n'est Ea-Kin, n'a dévoilé le dessein,
Car Ea-Kin le connaissait, il connaît tout. »
Ea-Kin ouvrit sa bouche et dit,
Et parla ainsi au héros Bel-El :
« Ô toi, purificateur des dieux, héros, 
Puisque tu ne t'es pas maîtrisé, tu as fait le déluge, Le pécheur a expié son péché,
Le méchant a expié son forfait,
Mais le crime n'est pas exterminé, le mal n'est pas détruit.
Pourquoi as-tu fait le déluge?
Des lions auraient da surgir pour décimer les hommes. 
Pourquoi as-tu fait le déluge ?
Des léopards auraient dû surgir pour décimer les hommes. 
Pourquoi as-tu fait le déluge ?
Une famine aurait pu exister et dépeupler la terre. 
Pourquoi as-tu fait le déluge?
La guerre aurait pu surgir et détruire les hommes.
Ce n'est pas moi qui ai révélé les secrets des grands dieux.
Adrahasis a pu s'expliquer le songe et a surpris le secret des grands dieux. »
Depuis ce moment, Bel-El maîtrisa sa colère,
Et il monta au milieu du navire;
Il saisit mes mains et me souleva;
Il fit lever et éblouit la femme de mes côtés :
Il se tourna vers nous et disparut, en nous frôlant de très près
« Jusqu'à maintenant, Adrahasis a été un homme périssable;
Dorénavant, Adrahasis et sa femme vivront comme nous autres dieux,
Et Adrahasis demeurera au lointain, et à l'embouchure des fleuves. »
Il me saisit et me plaça à l'embouchure des fleuves, en disant :
« Désormais, tu es l'égal du dieu qui t'a pris pour compagnon,
La vie que ta cherches, tu l'as trouvée.
Seulement, je laisserai passer six jours et sept nuits,
Mais alors comme une liasse de flèches reliées sera sa force (de ta vie), 
Et les années de l'âge passeront sur elle, chassées par le souffle comme un nuage. »

La suite raconte la purification d'Istubar et son voyage à Erech, sa plainte sur Eabani.

Les dieux qui sont cités ici sont : le dieu du ciel nommé Anu; le père des dieux, Bal ; le dieu de la guerre, Ninip ou Adar, et le dieu du Néant, qui est probablement le même qu'Ea-Kin, le maître de l'Océan, dont l'expression usitée par nous retrace la désignation du dieu chaldéen. Cet Ea-Kin, analogue à l'Okeanos des Grecs, est le dieu de la terre, de l'abîme infini et de la mer. Dans le corps du poème paraissent encore la déesse Ishtar, puis Ben, dieu des météores, de la foudre et de la pluie; Nebo, le gardien des bataillons célestes; Nergal, le dieu de la destruction des hommes. Dans le récit da Bérose, Xisuthrus réside à Sippara, et c'est Kronos qui lui prédit le déluge menaçant.

Les représentations du Déluge dans les arts.
Parmi les principales, il faut citer le Déluge, fresque de Michel-Ange, dans la chapelle Sixtine (Rome). Il y a beaucoup de mouvement et d'horreur dans cette composition; mais les figures sont trop petites pour la hauteur où elles sont placées. 

Le Déluge universel, fresque de Raphaël, dans les loges du Vatican. Passavant a cru reconnaître dans cette composition la manière de Jules Romain. 

Poussin a consacré une toile majestueuse au Déluge universel, qui est aujourd'hui au Louvre. Dans le même musée on trouve aussi un Déluge,  d'Antoine Carrache. La composition n'a plus ici cet air de grandeur qui distingue la toile de Poussin. Il a fait partie de la collection de Mazarin. Il en existe au musée de Berlin une répétition, qui est attribuée au Dominiquin

Une scène du Déluge, tableau de Girodet, au musée du Louvre (1810), longtemps célèbre, fut jugée par le jury comme « une des plus belles productions de l'école française ». Aujourd'hui, les critiques sont plus sévères pour cette toile.

 Un épisode du Déluge, tableau de Gustave Doré. Cette composition est ingénieuse et dramatique; mais les négligences et les lourdeurs de l'exécution nuisent à l'effet. 

Le Déluge a été traité encore par Véronèse (Louvre), par John Martin (1835), par Kaulbach, dans une série de tableaux à la pinacothèque de Munich; par Schnorr (même musée), par le Titien, par Franz Floris, par Turner, etc. (A19 /NLI).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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