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On
appelle réminiscence (Reminiscentia, de reminiscor
= se souvenir, du primitif
meniscor,
miniseor. Racine men
= penser. Mens = intelligence)
:
a) Retour
à l'esprit d'un souvenir non reconnu.
b) Souvenir incomplet
ou vague.
Dans son acception usuelle,
aussi bien en psychologie que dans le langage
ordinaire, désigne un souvenir imparfait, une conception qui se présente
à notre mémoire sans que nous en reconnaissions précisément l'origine;
par exemple, un vers qui nous revient à l'esprit sans que nous nous rappelions
quel en est l'auteur, un motif musical que nous fredonnons sans savoir
où nous l'avons entendu, l'idée que nous avons
déjà vu quelque part une personne que nous rencontrons, etc.
Dans un sens qui
ne s'éloigne pas beaucoup du précédent, mais qui le restreint et le
précise, Platon a fait de la Réminiscence (en
grec anamésis) le principe d'une théorie
qui lui est propre. Les
idées, selon lui, en tant
que conçues par l'esprit, sont l'objet de réminiscences. C'est dans une
existence
antérieure à celle-ci que nous avons connu le bien, le vrai, toutes les
idées générales et absolues; maintenant nous ne faisons plus que nous
en ressouvenir; et ce souvenir incomplet (car nous ne nous doutons pas
que nous nous souvenons; le philosophe seul l'a deviné; et, au fond, l'objection
la plus sérieuse qu'on puisse faire à son système,
c'est qu'il repose sur une
hypothèse tout
à fait arbitraire), ce souvenir incomplet, disons-nous, cette réminiscence
l'éveille en nous à mesure que quelques
perceptions
présentes en font naître l'occasion.
On trouve partout
dans Platon les traces de cette théorie; mais c'est surtout dans le Ménon
qu'il l'a régulièrement exposée. Dans le Phèdre, les ailes de
l'âme poussant à la vue de ce qui est beau pour
l'emporter vers les régions idéales de la beauté en soi ont bien l'air
de n'être encore qu'un symbole poétique de la Réminiscence.
(B-e.). |
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