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Les bosons
constituent l'une des deux grandes classes de particules
élémentaires ou composites dans la physique
des particules, l'autre étant les fermions.
Leur caractéristique fondamentale qui les distingue des fermions est leur
spin.
Les bosons possèdent un spin qui est un nombre entier (0, 1, 2, etc.),
mesuré en unités de la constante
de Planck réduite ( ).
Cette propriété a des implications profondes sur leur comportement collectif,
notamment en ce qui concerne la statistique quantique qui les régit :
ils obéissent à la statistique
de Bose-Einstein.
La principale conséquence du spin entier
pour les bosons est qu'ils ne sont pas soumis au principe
d'exclusion de Pauli. Ce principe, fondamental pour les fermions (qui
ont un spin demi-entier, comme 1/2, 3/2, etc.), stipule qu'il est impossible
pour deux fermions identiques d'occuper simultanément le même état quantique.
Pour les bosons, c'est exactement le contraire : un nombre arbitrairement
grand de bosons identiques peuvent occuper le même état quantique. Cette
capacité à "se condenser" dans le même état est à l'origine de phénomènes
macroscopiques intéressants.
Dans le Modèle
standard de la physique des particules, les bosons jouent plusieurs
rôles essentiels. La plupart des bosons élémentaires sont associés
à l'une des forces fondamentales de l'univers. On les appelle alors des
bosons de jauge, et ils agissent comme des médiateurs de ces interactions
:
• Le
photon
est le boson de jauge associé à l'interaction électromagnétique. Il
a un spin de 1. C'est la particule de lumière et de toutes les formes
de rayonnement électromagnétique.
• Les gluons
sont les bosons de jauge de l'interaction forte, qui lie les quarks entre
eux pour former les protons et les neutrons,
et lie les protons et les neutrons au sein du noyau
atomique. Il en existe huit types différents,
chacun avec un spin de 1.
• Les
bosons
W et Z sont les médiateurs de l'interaction faible, responsable
de certaines formes de radioactivité et
déterminante dans les réactions nucléaires au coeur du Soleil.
Ils ont également un spin de 1, mais contrairement aux photons et aux
gluons qui sont sans masse, les bosons W et Z sont très massifs, ce qui
explique la portée extrêmement courte de l'interaction faible.
Bien qu'il ne soit pas encore formellement
intégré au Modèle standard (car la gravitation n'est pas encore quantifiée
de manière compatible avec le reste des forces), le graviton
est la particule hypothétique postulée comme étant le médiateur de
l'interaction gravitationnelle. S'il existe, il serait un boson avec un
spin de 2.
En plus des bosons de jauge, le Modèle
standard inclut un autre boson élémentaire très important :
• Le
boson
de Higgs est un boson scalaire (spin 0).
Il est associé au champ de Higgs, qui imprègne tout l'univers. L'interaction
des autres particules (fermions et bosons W/Z) avec ce champ est ce qui
leur confère leur masse. Le boson de Higgs est l'excitation
quantique de ce champ.
Outre les bosons élémentaires, il existe
aussi des particules composites qui se comportent comme des bosons. Ces
particules sont formées d'un nombre pair de fermions. Par exemple :
• Certains
atomes,
comme l'hélium 4 (4He),
sont des bosons composites. Un atome d'hélium 4 est composé de deux protons,
deux neutrons et deux électrons. Chacun de ces constituants est un fermion
(spin 1/2), mais la somme de leurs spins (en tenant compte de leur configuration)
donne un spin total entier (0 dans le cas de l'état fondamental de 4He).
• Les mésons,
qui sont des particules composées d'un quark et
d'un antiquark (chacun un fermion), peuvent avoir un spin total de 0 ou
1 et sont donc des bosons.
• Dans certains
phénomènes à basse température, comme la supraconductivité
conventionnelle, des paires d'électrons (appelées paires
de Cooper) se forment. Bien qu'un électron soit un fermion, une paire
de deux électrons liés se comporte comme un boson de spin 0.
La capacité des bosons à occuper le même
état quantique mène à des phénomènes remarquables :
• Le
condensat
de Bose-Einstein (BEC).- Lorsque des bosons sont refroidis à des
températures extrêmement basses, très proches du zéro absolu, une fraction
significative d'entre eux tombent dans l'état quantique de plus basse
énergie. Ils deviennent alors indiscernables et se comportent comme un
seul bloc quantique macroscopique. C'est un état de la matière distinct,
observé pour la première fois expérimentalement en 1995 avec des atomes
alcalins refroidis par laser
et piégés magnétiquement.
• La superfluidité.
- Les condensats de Bose-Einstein, comme l'hélium 4 liquide à très basse
température, peuvent présenter une superfluidité, c'est-à -dire la capacité
de s'écouler sans aucune viscosité
ni friction interne. Ce comportement est une conséquence directe de la
nature bosonique et de la condensation.
• Les lasers.
- Le fonctionnement d'un laser repose sur l'émission stimulée de photons.
Les photons étant des bosons, ils peuvent tous être produits dans le
même état (même énergie, même phase, même direction), ce qui génère
un faisceau de lumière cohérent et intense.
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