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L'autolâtrie
(du grec autos, soi-même, et latreia, culte) est le culte
de soi-même. C'est l'égoïsme à son plus haut
degré et la vanité portée à son comble. Celle-ci alors va jusqu'Ã
une adoration de la personne humaine par elle-même, et elle cherche Ã
imposer aux autres cette adoration. C'est la dernière conséquence de
l'orgueil.
L'ambitieux veut le pouvoir, sans doute
pour régner, mais aussi pour recevoir les hommages des autres humains.
L'artiste, le poète, le héros, le bienfaiteur de l'humanité lui-même,
si leur désir n'est ni pacifié ni réglé, recherchent sans doute l'estime,
la gloire, l'amour, la reconnaissance des autres, mais, avant tout cela,
des hommages et un culte, et, après les statues, l'autel. A une certaine
hauteur, la tête tourne aux plus sages.
Dans la Bible ,
Nabuchodonosor
est le type de cette folie, qui finit par transformer l'humain en bête,
en lui faisant perdre le sens et la raison. Il est étonnant combien facilement
l'humain se prosterne devant l'humain, et combien l'humain croit naïvement
à sa propre divinité.
Alexandre,
César,
Auguste,
tous les empereurs romains se sont fait
adorer, et plusieurs ont cru à leur divinité.
La philosophie
ancienne avait, dans ses plus purs organes, déjà reconnu cette vérité
morale et l'avait enseignée : c'est aussi le sens du Connais-toi toi-même
de Socrate. La morale
substitue au culte du moi le culte désintéressé du
bien
et de la vertu. (B-a.). |
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