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État de l'Inde
Chhattisgarh
Le Chhattisgarh est un État situĂ© dans le centre-est de l'Inde. Il s'Ă©tend sur environ 135 000 km² et  est entourĂ© par le Madhya Pradesh au nord-ouest, le Maharashtra Ă  l'ouest, le Telangana au sud-ouest, l'Andhra Pradesh au sud,  l'Odisha Ă  l'est, le Jharkhand au nord-est et l'Uttar Pradesh au nord.

Le relief du Chhattisgarh distingue trois grandes régions géographiques : les plaines du bassin du Mahanadi, les collines du nord et les plateaux du sud. Le coeur de l'État est dominé par la vaste plaine alluviale du Mahanadi, particulièrement fertile et densément peuplée. Cette région centrale, également appelée plaine de Chhattisgarh, s'étend autour des villes de Raipur, Durg, Bilaspur et Rajnandgaon. Le Mahanadi, principal fleuve de l'État, prend sa source au plateau de Sihawa et traverse l'État d'ouest en est, alimentant une large plaine irriguée qui constitue l'une des principales zones agricoles du centre de l'Inde.

Le nord de l'État est formé par les contreforts méridionaux du plateau du Vindhya et du Satpura, où le relief devient plus accidenté. Cette zone comprend des collines et des plateaux surélevés, couverts de forêts sèches à feuillage caduc. Elle abrite des districts comme Korea, Surguja et Balrampur, caractérisés par un climat plus frais et des altitudes comprises entre 600 et 1000 mètres. Les sols y sont plus pauvres et l'agriculture moins développée, mais la région est riche en charbon, ce qui a favorisé l'émergence de centres miniers comme Korba.

Le sud du Chhattisgarh est dominé par les collines de Bastar, qui font partie du plateau du Deccan. C'est une région de plateaux boisés, de collines granitiques et de forêts tropicales denses. Le relief est irrégulier, entrecoupé de vallées fluviales et de gorges profondes. Le plateau de Bastar est traversé par plusieurs rivières importantes comme l'Indravati, la Sabari et la Godavari, qui prennent naissance dans la région ou y coulent partiellement. Cette partie sud de l'État est en grande partie couverte par la forêt et abrite une population tribale importante, qui vit généralement dans des zones isolées.

Le climat du Chhattisgarh est tropical de type mousson. Il est caractérisé par trois saisons principales : un été chaud et sec de mars à juin, une mousson humide de juin à septembre, et un hiver doux de novembre à février. Les précipitations moyennes annuelles varient entre 1200 mm et 1400 mm, et sont concentrées principalement durant la mousson. La température estivale peut dépasser 45°C dans certaines zones centrales, tandis que l'hiver peut être assez frais dans les régions du nord.

Le couvert forestier du Chhattisgarh représente près de 44 % de sa superficie totale. Les forêts, qui appartiennent aux catégories tropicales sèches, mixtes et humides selon l'altitude et l'humidité locale, sont riches en biodiversité et en ressources telles que le bois de teck, le sal, le tendu (utilisé pour la fabrication de bidis), et divers produits forestiers non ligneux. Le parc national d'Indravati, la réserve de biosphère de Kanger Valley et la réserve de tigres d'Achanakmar comptent parmi les espaces protégés les plus notables.

Le sous-sol du Chhattisgarh est particulièrement riche. Il contient d'importants gisements de charbon (notamment dans les bassins de Korba et Hasdeo), de fer (district de Dantewada), de bauxite, de dolomie, de calcaire, de manganèse et d'étain, ce qui fait de l'État l'un des plus riches en ressources minérales en Inde. Cette richesse géologique a stimulé l'industrialisation, surtout dans le secteur de l'énergie, de la sidérurgie et du ciment, particulièrement autour des villes de Bhilai (célèbre pour son aciérie), Korba et Raipur.

Quelques-unes des principales villes du Chhattisgarh

• Raipur est la capitale administrative du Chhattisgarh et la ville la plus peuplée de l'État. Elle est située au centre de la plaine du Mahanadi et constitue le principal carrefour économique et politique. Longtemps centre agricole et de commerce de céréales, Raipur a connu une transformation rapide en métropole régionale. Elle abrite les principales institutions gouvernementales, des universités, des hôpitaux, des infrastructures de transport (notamment un aéroport international à Swami Vivekananda) et une base industrielle solide dans les secteurs de l'acier, du ciment, de l'aluminium et de l'agroalimentaire. En périphérie de Raipur se développe Naya Raipur (ou Atal Nagar), une ville planifiée destinée à accueillir les fonctions administratives et modernes, avec des quartiers écologiques, des bâtiments publics intelligents et une architecture contemporaine.

• Bhilai, située à une trentaine de kilomètres de Raipur, est un important centre industriel. Elle est principalement connue pour la Bhilai Steel Plant, l'un des plus grands complexes sidérurgiques d'Asie, mis en place avec l'aide de l'Union soviétique dans les années 1950. La ville s'est développée autour de cette usine, attirant une population ouvrière variée et donnant naissance à une société urbaine cosmopolite. Bhilai joue également un rôle éducatif notable grâce à des écoles techniques, des collèges et des institutions comme le National Institute of Technology (NIT Raipur), bien qu'administrativement il se trouve à proximité.

• Durg, qui jouxte Bhilai, forme avec cette dernière une agglomération urbaine conjointe souvent désignée comme le corridor industriel Raipur–Bhilai–Durg. Durg est davantage orientée vers le commerce, les services et l'administration locale. L'ensemble de cette conurbation est un moteur essentiel de l'économie de l'État.

• Bilaspur, au nord de Raipur, est un centre administratif et commercial majeur. Elle est également un nœud ferroviaire stratégique, siège de la zone sud-est des chemins de fer indiens, ce qui confère à la ville une importance logistique nationale. Bilaspur est réputée pour sa production de riz, d'où son surnom de Dhan Ka Katora ( = le bol de riz), et développe une base industrielle autour de l'électricité, du textile et de la transformation agroalimentaire. Sur le plan éducatif, elle abrite des institutions importantes telles que l'université Guru Ghasidas.

• Korba est l'un des principaux centres Ă©nergĂ©tiques de l'Inde, situĂ© au nord-est du Chhattisgarh. Elle 

concentre plusieurs centrales thermiques, dont certaines parmi les plus grandes du pays, comme celles de la NTPC (National Thermal Power Corporation). Le bassin houiller de Korba alimente ces installations, ce qui confère à la ville une position clé dans la production d'électricité. Korba est aussi confrontée à des défis environnementaux majeurs, dus à la pollution de l'air et à la gestion des résidus industriels.

• Rajnandgaon est une ville située à l'ouest de Durg, connue pour sa tradition culturelle et son rôle dans l'agriculture et le commerce local. Elle a été historiquement un État princier, et conserve une certaine identité culturelle avec ses temples, ses festivals traditionnels et ses écoles anciennes. Son économie repose sur le commerce de produits agricoles (céréales), et elle se développe dans le secteur des petites industries.

• Jagdalpur est le principal centre urbain du sud du Chhattisgarh et la ville la plus importante de la région de Bastar. Elle est située dans une zone densément forestière, peuplée majoritairement de populations tribales. Jagdalpur joue un rôle essentiel comme centre administratif, commercial et culturel dans cette région encore peu urbanisée. Elle est connue pour ses paysages naturels, ses chutes d'eau (notamment Chitrakote, surnommée "le Niagara de l'Inde"), et ses traditions tribales. Elle est aussi un centre d'activités artisanales comme le tissage, la sculpture sur bois et le travail du métal. Toutefois, elle est aussi confrontée à des problèmes liés à l'insécurité dans certaines zones affectées par l'insurrection maoïste.

• Raigarh, située à l'est de l'État, est un centre industriel et culturel. Elle est l'un des principaux pôles de production d'acier, d'électricité et de charbon, avec plusieurs unités industrielles privées. Elle est également connue pour son patrimoine musical, notamment le style de kathak de l'école de Raigarh, et ses festivals culturels. La ville se développe également dans les secteurs de l'éducation et des services.

• Ambikapur, dans la région de Surguja au nord, est une autre ville importante, notamment en tant que centre administratif et de commerce agricole. Elle est proche de riches gisements de bauxite et de charbon et joue un rôle dans l'approvisionnement régional. Ambikapur est aussi reconnue pour ses efforts en matière de gestion des déchets solides et son modèle de ville "zéro déchet" a été salué à l'échelle nationale.

• Dhamtari, située au sud de Raipur, se trouve dans la plaine du Mahanadi et constitue un centre important pour l'agriculture irriguée, l'industrie du bois et la transformation alimentaire. Grâce à son réseau de barrages (notamment Ravishankar Sagar), elle est aussi un centre important pour l'hydroélectricité et la distribution d'eau..

Histoire du Chhattisgarh.
Des vestiges archéologiques retrouvés dans les régions de Raigarh, Bastar et Dhamtari témoignent de la présence humaine dès le Paléolithique. L'abondance des ressources naturelles, notamment la forêt, l'eau et les minerais, a attiré des populations qui ont développé une culture matérielle basée sur la chasse, la cueillette et l'agriculture primitive. Des peintures rupestres, des outils en pierre taillée et des tumulus funéraires en sont les principales preuves.

À l'époque ancienne, le territoire faisait partie des grandes civilisations du centre de l'Inde, notamment de l'empire Maurya au IIIe siècle av. JC, sous le règne d'Ashoka. Le bouddhisme a été introduit durant cette période et a laissé des traces archéologiques, notamment des stupas et inscriptions. Toutefois, le brahmanisme et l'hindouisme ont repris une position dominante après le déclin des Mauryas.

Durant l'Antiquité et le début du Moyen Âge, la région fut gouvernée par différentes dynasties régionales comme les Sharabhpuriyas, les Panduvamshis de Mekala, puis les Kalachuris de Tripuri, qui ont établi leur influence entre le IXe et le XIIe siècle. Les Kalachuris de Ratanpur sont particulièrement importants dans l'histoire du Chhattisgarh, car ils ont régné sur la région pendant plusieurs siècles, et y ont développé des structures administratives locales et favorisé l'architecture religieuse, notamment avec la construction de temples en pierre comme ceux de Malhar, Ratanpur et Sirpur.

Sirpur, située sur la rive du Mahanadi, fut une grande capitale religieuse et culturelle entre le VIe et le IXe siècle. Elle abrita des temples hindous, bouddhistes et jaïns, révélant la coexistence et le syncrétisme des religions dans cette région. Le site a livré d'importants vestiges archéologiques, dont des inscriptions en sanscrit et des sculptures raffinées.

À partir du XIIIe siècle, la région fut fragmentée en petits royaumes féodaux, souvent gouvernés par des dynasties tribales ou locales. Dans le sud, le royaume de Bastar fut fondé par des Kakatiyas venus du Deccan, qui intégrèrent des traditions dravidiennes à la culture locale. Le Bastar resta une principauté tribale relativement autonome jusqu'au XXe siècle, avec une forte continuité dans les institutions sociales et religieuses, centrées sur la figure divine de Danteshwari et des rituels animistes.

À l'époque moghole, le Chhattisgarh resta en marge de l'administration centrale, bien qu'il soit nominalement rattaché au sultanat de Delhi puis à l'empire moghol. L'autorité effective restait entre les mains de chefs locaux. Durant la période marathe au XVIIIe siècle, la région passa sous le contrôle indirect des Bhonsle de Nagpur, qui imposèrent de lourdes taxes et exploitèrent les ressources, provoquant des troubles parmi les populations paysannes et tribales.

À l'époque coloniale britannique, la région fut annexée progressivement après la chute de Nagpur en 1853. Elle fut intégrée à la Présidence centrale puis à la Province centrale des Indes britanniques. Le colonialisme britannique accentua l'extraction minière, la collecte du bois et l'imposition d'un système foncier rigide. Cela perturba profondément les modes de vie traditionnels, surtout chez les populations adivasis ( = tribales), qui se rebellèrent à plusieurs reprises, notamment dans le Bastar (révolte de 1910) et le Surguja.

La révolte de Bastar en 1910, dirigée par les populations muria et dhurwa, fut un soulèvement majeur contre l'exploitation coloniale, la suppression des droits coutumiers forestiers et les intrusions administratives. Cette insurrection, bien qu'écrasée, est aujourd'hui un symbole de résistance autochtone dans l'histoire du Chhattisgarh.

Pendant le mouvement pour l'indépendance de l'Inde, le Chhattisgarh resta relativement périphérique, mais des mouvements de réforme sociale et paysanne, comme ceux initiés par Swami Sahajanand ou les organisations gandhiennes, y trouvèrent un écho. Après 1947, la région fut intégrée à l'État du Madhya Pradesh, où elle resta pendant plus de cinq décennies.

Le mouvement pour la création d'un État distinct du Chhattisgarh se développa dès les années 1950, fondé sur une identité culturelle propre, une langue (le chhattisgarhi), des préoccupations de développement régional et le sentiment d'être marginalisé par l'administration centrale de Bhopal. Ce mouvement culmina en 2000, avec la création officielle du Chhattisgarh comme 26e État de l'Union indienne, avec Raipur pour capitale.

Depuis sa création, l'État s'est affirmé comme un pôle économique important, notamment grâce à ses ressources minières et énergétiques. Cependant, il a également été le théâtre d'un conflit prolongé entre les forces de sécurité et les groupes maoïstes (Naxalites), notamment dans les districts du Bastar. Ce conflit reflète des tensions anciennes liées à la marginalisation des populations tribales, à l'exploitation des ressources et à l'accès inégal au développement.

Principaux sites archéologiques et historiques du Chhattisgarh

• Sirpur, situé sur les rives de la rivière Mahanadi et ancienne capitale du royaume de Dakshin Kosala, la ville fut un important centre bouddhique entre le VIe et le IXe siècle. Les fouilles y ont mis au jour des monastères (vihara), des temples bouddhiques, jaïns et hindous, et des inscriptions qui témoignent de la coexistence religieuse. Le temple de Lakshmana, daté du VIIe siècle, est l'un des plus anciens temples en brique de l'Inde, remarquable par ses sculptures raffinées et son architecture pré-chalukya.

• À Malhar, au sud de Bilaspur, les ruines de temples comme les temples de Pataleshwar et de Devri, ainsi que plusieurs inscriptions, révèlent une occupation continue depuis le IIe siècle avant notre ère. Ce site fut également un centre religieux important sous les Kalachuris, dont l'architecture distincte, en pierre noire et décorée de bas-reliefs, constitue un exemple de la transition entre les styles architecturaux de l'Inde du Nord et du Sud.

• Le site de Tala est célèbre pour les temples jumeaux de Devrani et Jethani. Le temple de Devrani abrite une sculpture énigmatique appelée Rudra-Shiva, représentant un dieu aux caractéristiques anthropomorphes combinées à des figures animales. Cette oeuvre unique illustre une phase syncrétique de l'hindouisme ancien. Les fouilles ont également révélé des éléments culturels liés au shivaïsme préclassique.

• À Bhorkapara, dans le district de Durg, les chercheurs ont trouvé des outils paléolithiques et néolithiques, ainsi que des vestiges d'installations humaines remontant à plus de 10 000 ans. Ces découvertes font de cette région l'un des plus anciens sites d'habitation humaine continue dans le centre de l'Inde. Elles indiquent la présence de cultures protohistoriques ayant maîtrisé les techniques de la métallurgie primitive.

• La ville historique de Rajim, surnommĂ©e la "Prayag du Chhattisgarh", abrite des temples 

datant du VIIe au XIIe siècle, dont le célèbre temple de Rajivalochana dédié à Vishnou. L'architecture des temples de Rajim présente une fusion de styles nagara et dravidien. Ce site religieux, en plus de son importance architecturale, reste un haut lieu de pèlerinage.

• Le complexe de temples de Bhoramdeo, surnommé le "Khajuraho du Chhattisgarh", est un autre joyau archéologique. Construit entre le VIIe et le XIe siècle, il présente des sculptures érotiques similaires à celles des temples de Khajuraho (Madhya-Pradesh)). Ce site montre l'évolution de l'art tantrique dans la région et son intégration dans l'architecture religieuse hindoue.

• Dans les collines de Kanker et de Bastar, plusieurs grottes ornées de peintures rupestres ont été découvertes, notamment à Singhanpur, Garagodi et Gotitola. Ces peintures, datant du mésolithique, représentent des scènes de chasse, des figures animales et des symboles rituels. Elles témoignent de la vie quotidienne et des croyances religieuses des premiers habitants de la région.

• À Dhamtari, les fouilles ont révélé des traces de fortifications et de structures en briques cuites, datant de l'époque shunga et satavahana. Des pièces de monnaie, des poteries et des objets rituels témoignent d'un centre urbain actif avec des échanges commerciaux étendus.

• Le fort de Ratanpur, qui fut la capitale du royaume Kalachuri médiéval, conserve encore des murs en ruine, des temples et des portes monumentales. Les Kalachuris ont joué un rôle clé dans la propagation de l'art shivaïte dans la région, et leur style architectural se distingue par la complexité des mandapas et des sculptures murales.

• Les inscriptions de Panduvanshi trouvées à Arang et ses temples en pierre témoignent de l'influence des dynasties du centre de l'Inde sur l'architecture et l'administration locales. Les temples dédiés à Dourga, Vishnuu et Shiva à Arang présentent un agencement sophistiqué et une iconographie riche, témoignant d'un haut niveau d'art religieux au début du Moyen Âge.

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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