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L'étain
Sn L'étain (symbole : Sn) est un élément chimique de la famille des métaux du groupe 14 du tableau périodique, avec le numéro atomique 50. Il est couramment associé à des alliages métalliques. À température ambiante, l'étain est un métal argenté malléable et ductile. Il a un faible point de fusion, ce qui le rend facile à fondre et à travailler. L'étain est résistant à la corrosion dans de nombreuses conditions, ce qui en fait un matériau précieux dans certaines applications. Utilisations :
• Revêtements et plaquages. - L'étain est utilisé comme revêtement protecteur sur d'autres métaux, tels que l'acier, pour les protéger de la corrosion.

• Alliages. - L'étain est un composant majeur de nombreux alliages,tels que le bronze et les alliages de type Babbitt (étain, plomb, antimoine) utilisés dans les paliers de machines.

• Emballages alimentaires. - L'étain est utilisé pour fabriquer des feuilles qui sont utilisées pour fabriquer des emballages alimentaires, en raison de sa résistance à la corrosion et de son inertie chimique.

• Étain organique. - Certains composés organiques de l'étain sont utilisés comme stabilisants dans les plastiques PVC, les produits pharmaceutiques et les produits agrochimiques.

L'étain métallique est généralement considéré comme sûr, mais certains composés organiques de l'étain peuvent être toxiques pour les organismes vivants et l'environnement.
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Numéro atomique
Masse atomique (uma)
Point d'ébullition (°C)*
Point de fusion (°C)
Masse volumique (g/cm3)*
Structure électronique*
Degrés d'oxydation
50
118,69
2270*
231,9
7,30
(Kr)4d105s25p2
4, 2
 
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Les minerais d'étain.
Les minerais d'étain sont des gisements naturels qui contiennent des concentrations significatives d'étain métallique ou d'autres minéraux qui peuvent être exploités pour obtenir de l'étain. Voici quelques-uns des principaux minerais d'étain :
• La cassitérite est le principal minerai d'étain. Il s'agit d'un minéral d'oxyde d'étain (IV) avec la formule SnO2. On la trouve dans des gisements de pegmatite, de greisen et de veines hydrothermales. Elle peut également être associée à des minéraux de tungstène et de molybdène. La cassitérite est le minerai d'étain le plus exploité dans le monde.

• La stannite est un sulfure d'étain et de cuivre avec la formule (Cu,Fe)2SnS4. Elle est souvent trouvée dans des gisements de sulfures métalliques associés à d'autres minéraux tels que la chalcopyrite, la pyrite et la sphalérite. La stannite est moins courante que la cassitérite en tant que minerai d'étain, mais elle peut être exploitée dans certaines régions.

• La cylindrite est un minéral de sulfure complexe contenant de l'étain, du plomb et du fer, avec la formule (Pb,Sn)3Sn4FeSb2S14. Elle est couramment trouvée dans des gisements de sulfures métalliques associés à d'autres minéraux de sulfures. La cylindrite est moins courante que la cassitérite et la stannite en tant que minerai d'étain.

• La franckéite est un minéral complexe de sulfure contenant de l'étain, du plomb, de l'antimoine et du fer. Elle peut être trouvée dans des gisements de sulfures métalliques associés à d'autres minéraux tels que la cassitérite, la stannite et la cylindrite. La franckeite est moins courante que la cassitérite.

Ces minerais d'étain sont extraits dans des mines à travers le monde, avec des gisements significatifs présents dans des pays comme la Chine, l'Indonésie, la Bolivie, le Pérou et le Brésil.

Les principaux composés de l'étain. 
Voici quelques-uns des composés les plus courants de l'étain :

• Chlorure d'étain (II) ou chlorure stanneux (SnCl2). - Le chlorure d'étain (II) est un composé chimique couramment utilisé dans la galvanoplastie, la teinture du verre, la production de pigments, et comme réactif dans certaines réactions chimiques, telles que les réductions.

• Chlorure d'étain (IV) ou chlorure stannique (SnCl4). - Le chlorure d'étain (IV) est un autre composé utilisé dans la galvanoplastie, la production de vernis et de polymères, la fabrication de fibres optiques, et comme catalyseur dans certaines réactions organiques.

• Oxyde d'étain (II) ou oxyde stanneux (SnO). - L'oxyde d'étain (II) est un composé utilisé comme pigment dans les céramiques, les émaux et les peintures. Il est également utilisé dans la production de verre, les revêtements et comme catalyseur dans certaines réactions chimiques.

• Oxyde d'étain (IV) ou oxyde stannique (SnO2). - L'oxyde d'étain (IV), également connu sous le nom de dioxyde d'étain, est le composé d'étain le plus courant et le plus important. Il est largement utilisé comme revêtement conducteur transparent dans les écrans plats, les cellules solaires, les revêtements antistatiques et les verres chauffants. Il est également utilisé comme pigment blanc dans les peintures, les plastiques et les cosmétiques, ainsi que dans la production de céramiques et de verre.

• Sulfure d'étain (II) ou sulfure stanneux (SnS). - Le sulfure d'étain (II) est un composé utilisé comme pigment dans les peintures et les encres, ainsi que dans la production de verre et de céramiques. Il est également utilisé dans la synthèse de certains semi-conducteurs et matériaux optiques.

• Sulfure d'étain (IV) ou sulfure stannique (SnS2). - Le sulfure d'étain (IV) est un composé utilisé dans la fabrication de semi-conducteurs, de photocatalyseurs, de lubrifiants solides et de certains matériaux optiques.
 

L'industrie de l'étain et son histoire.
L'étain constitue l'un des métaux les plus singuliers de l'histoire industrielle : sa rareté géologique relative, sa capacité à durcir le cuivre pour produire le bronze, puis son rôle décisif dans la conservation alimentaire et, plus récemment, dans l'électronique, en font un matériau dont l'exploitation et la circulation dessinent une géographie mouvante des pouvoirs économiques et politiques. La compréhension de cette trajectoire exige de remonter aux origines de la métallurgie, lorsque la cassitérite, minerai dont est extrait l'étain, devient l'objet de réseaux d'échange à très longue distance.

La découverte de l'alliage cuivre-étain, le bronze, probablement réalisée en Iran vers 3000 avant notre ère, précipite les sociétés protohistoriques dans un nouvel âge métallurgique (L'Âge du bronze). Si les premiers bronzes du Proche-Orient ne contiennent encore que quelques pourcents d'étain, l'usage de bronzes standards, dosés entre 7 et 10 % d'étain, se généralise entre 3000 et 2500 avant notre ère, posant aux archéologues la question fondamentale de l'origine géologique du métal. La rareté de l'étain dans les zones de consommation densément peuplées de Mésopotamie, comme Ur, contraint en effet les cités à établir des relations commerciales stables sur des distances considérables pour s'approvisionner. En Chine, les premiers bronzes standards apparaissent dans la province du Gansu dès 2800 avant notre ère, mais la technologie ne se développe véritablement qu'à partir du milieu du IIe millénaire sous la dynastie Shang. En Méditerranée orientale, la quête de l'étain stimule les activités commerciales entre le troisième et le deuxième millénaire, et les épaves de l'âge du bronze final, chargées de lingots de cuivre, de bronze et d'étain, attestent de l'intensité de ces circulations maritimes.

À l'Âge du fer, la demande d'étain ne disparaît pas, tant s'en faut, car le métal reste indispensable à la fabrication du bronze, alliage central dans la statuaire, la vaisselle rituelle et l'armement. Les sources écrites du Proche-Orient ancien éclairent la géographie de cet approvisionnement : au XIe siècle avant notre ère, l'étain utilisé pour les ouvrages du temple de Salomon provient de Tyr, cité phénicienne qui contrôle un commerce dont l'origine remonte aux îles Cassitérides, identifiées aux Cornouailles et à la façade atlantique de l'Europe (?). Les Phéniciens, puis les Carthaginois, organisent des routes maritimes qui relient Gadès, l'actuelle Cadix, aux côtes de Galice et de Bretagne, et les analyses isotopiques du plomb menées sur des objets métalliques archéologiques confirment la complexité de ces réseaux, où les minerais d'étain de l'ouest de la péninsule Ibérique et des Cornouailles circulent vers la Méditerranée orientale. Cette quête de l'étain constitue ainsi l'un des moteurs précoces de l'expansion commerciale phénicienne et, plus tard, de la colonisation grecque vers l'ouest.

Pendant des siècles, l'Europe occidentale demeure la principale source d'étain du monde antique et médiéval. Les Cornouailles et le Devon, dans le sud-ouest de l'Angleterre, exploitent des gisements alluvionnaires et filoniens qui alimentent les marchés continentaux, et les mines d'Espagne, de Bretagne, du centre de la France et du massif du Harz prennent également part à cette production. L'Asie du Sud-Est n'est pas absente de cette géographie ancienne : les États malais et les îles de l'archipel indonésien exportent de l'étain alluvionnaire dès le VIIIe siècle, et la péninsule malaise connaît une production attestée au IXe siècle, tandis que l'exploitation de Bangka, île au large de Sumatra, débute vers 1710. La Chine du Yunnan, autour du district de Gejiu, développe une industrie stannifère dont les origines remontent à la période des Printemps et Automnes, et qui devient un centre majeur d'approvisionnement en étain et en plomb dès la dynastie Han. Pourtant, jusqu'au XIXe siècle, l'étain reste un métal dont les usages demeurent circonscrits : alliages, bronzes, vaisselle, orgues, miroirs, et quelques applications médicinales ou tinctoriales.

La véritable mutation industrielle de l'étain se produit avec la révolution industrielle et l'invention de la conserve alimentaire. L'utilisation de fer-blanc, c'est-à-dire de tôle d'acier revêtue d'une fine couche d'étain par trempage dans un bain de métal en fusion, permet de fabriquer des boîtes de conserve qui transforment radicalement la conservation et la distribution des denrées. L'étain devient alors un métal stratégique pour nourrir les armées et les populations urbaines en croissance, et sa demande s'envole. Dans le même temps, les procédés d'étamage évoluent : l'étamage à chaud, dominant jusqu'à la fin des années 1950, cède progressivement la place à l'étamage électrolytique en continu, qui permet de contrôler avec précision la quantité d'étain déposée sur l'acier. Les feuilles d'étain trouvent également d'autres usages, notamment dans la fabrication des tubes souples pour la peinture à l'huile à partir de 1841. Cette diversification des débouchés industriels soutient une demande qui ne cesse de croître tout au long du XIXe siècle.

Sur le plan de l'offre, le XIXe siècle est d'abord caractérisée par l'apogée puis le déclin des Cornouailles. Jusque dans les années 1870, le comté anglais et le Devon produisent plus d'étain que n'importe quel autre pays au monde, et la production cornouaillaise atteint son maximum entre 1860 et 1890, avec une moyenne annuelle d'environ 10 000 tonnes. Mais la découverte de gisements alluvionnaires plus accessibles en Malaisie et en Australie, ainsi que l'épuisement relatif des filons anglais, rendent l'exploitation cornouaillaise de moins en moins compétitive. La population de Cornouailles diminue de près de 9 % dans la décennie précédant le recensement de 1881, et l'on estime que le nombre de mineurs d'étain a chuté d'environ 34 % au cours de cette période. Les mineurs cornouaillais émigrent massivement vers les nouveaux eldorados de l'hémisphère sud, de l'Australie à l'Afrique du Sud, en passant par les mines boliviennes, exportant avec eux un savoir-faire technique qui façonne durablement l'industrie minière mondiale.

La Malaisie s'impose comme le premier producteur mondial d'étain à partir de 1883, et le développement de la culture de l'hévéa, qui finance la construction de routes et de voies ferrées, facilite l'évacuation du minerai depuis la jungle vers les ports. La région dite des Détroits, qui englobe les États malais de la presqu'île de Malacca et les îles néerlandaises de Bangka, Belitung et Singkep, concentre l'essentiel de la production mondiale à la veille de la Première Guerre mondiale. La répartition est alors d'environ 70 % pour les États malais et 30 % pour les Indes néerlandaises, dont 22 % pour Bangka, 7 % pour Billiton et 1 % pour Singkep. Les dragues à vapeur, puis électriques, permettent d'exploiter les gisements alluvionnaires étendus des plaines marécageuses du Sud-Est asiatique, et cette méthode de dragage reste la plus efficace lorsque les dépôts sont vastes et peu profonds. L'exploitation de l'étain en Malaisie et en Indonésie est étroitement liée au système colonial : les sociétés néerlandaises Billiton et Singkep Tin Maatschappij opèrent à Belitung et à Singkep, tandis que les intérêts britanniques contrôlent une large part de la production malaise. Après l'indépendance de l'Indonésie en 1945, les trois sociétés coloniales sont nationalisées et regroupées, en 1968, au sein de l'entreprise d'État PN Tambang Timah.

L'autre pôle majeur de l'industrie stannifère mondiale au XXe siècle est la Bolivie. En 1900, Simón Iturri Patiño, pionnier de l'exploitation de l'étain, découvre dans les montagnes boliviennes un gisement immense, baptisé La Salvadora, qu'il exploite avec des méthodes modernes et des ingénieurs recrutés dans le monde entier. En quelques décennies, Patiño bâtit un empire qui contrôle plus de 10 % de la production mondiale d'étain à la fin des années 1920, emploie plus de 20 000 ouvriers et s'étend à la Malaisie, au Nigeria et au raffinage au Royaume-Uni, où il rachète la fonderie Williams Harvey and Co à Liverpool. Sa fortune, estimée à 500 millions de dollars, dépasse alors le budget de l'État bolivien. Aux côtés de Patiño, Moritz Hochschild et Félix Aramayo constituent les trois "barons de l'étain" qui dominent l'économie bolivienne. La Bolivie reste le deuxième producteur mondial d'étain derrière les détroits d'Asie au début du XXe siècle, avec une production qui atteint 18 500 tonnes dans les années 1910, tandis que les Cornouailles, désormais troisième, ne produisent plus que 5 000 tonnes. Les mines boliviennes, situées à très haute altitude, sont des mines souterraines dont le prix de revient est élevé, ce qui explique la recherche de dépôts alluvionnaires plus faciles à exploiter.

La Première Guerre mondiale et l'entre-deux-guerres transforment la géopolitique de l'étain. Les États-Unis, qui consomment à eux seuls 40 % de la production mondiale au début des années 1910, cherchent à sécuriser leurs approvisionnements stratégiques. Le recyclage de l'étain contenu dans les vieux fers-blancs se développe à grande échelle : dans la région rhénane et aux États-Unis, le traitement par le chlore permet de récupérer annuellement entre 3000 et 3500 tonnes d'étain à partir de 160 000 tonnes de fer-blanc usagé. La Grande Dépression et la chute des cours poussent les principaux producteurs à s'organiser : le Cartel international de l'étain, conclu le 1er mars 1931, regroupe initialement la Malaisie, les Indes néerlandaises, la Bolivie et le Nigeria, et vise à limiter la production pour soutenir les prix. La Seconde Guerre mondiale bouleverse à nouveau les équilibres : l'occupation japonaise de la Malaisie et de l'Indonésie prive les Alliés d'une part importante de leurs approvisionnements, tandis que le Congo belge, quatrième producteur mondial, presque double sa production, passant de 5 000 tonnes en 1935 à 15 000 tonnes en 1947. La Thaïlande, dont la production atteint 14 900 tonnes en 1938, voit sa production s'effondrer à 5 000 tonnes en 1943 sous l'effet de la guerre du Pacifique. Les États-Unis, dépendants des importations, constituent d'importants stocks stratégiques et encouragent la production dans des régions considérées comme plus sûres, notamment en Afrique et en Amérique du Sud.

L'après-guerre voit l'institutionnalisation d'un gouvernement mondial de l'étain. Un Groupe d'étude international de l'étain est créé en 1947 pour enquêter sur l'offre et la demande, et son travail aboutit à la signature de l'Accord international sur l'étain en 1954, suivi de la formation officielle du Conseil international de l'étain (ITC) en 1956. L'objectif est d'éviter les fluctuations excessives des prix et d'assurer aux utilisateurs un approvisionnement suffisant à un prix raisonnable, tout en protégeant les gisements d'une exploitation anarchique. L'accord fonctionne pendant plus de deux décennies grâce à un système de stocks régulateurs et de restrictions à l'exportation, qui permet de contrôler relativement efficacement les prix. Mais dans les années 1970 et 1980, l'accord se politise et se transforme progressivement en un cartel de producteurs visant à élever les prix plutôt qu'à les stabiliser. Les tentatives de défense d'un prix plancher irréaliste dans un contexte de demande affaiblie contraignent l'ITC à accumuler des stocks régulateurs qui atteignent des niveaux insoutenables. Le schéma s'effondre en octobre 1985 lorsque l'ITC devient insolvable, les gouvernements membres refusant d'assumer les dettes accumulées pour financer les stocks, et le prix de l'étain chute alors de 60 % sur le London Metal Exchange.

Cet effondrement de 1985 marque un tournant majeur dans l'histoire de l'industrie. Les producteurs historiques (Bolivie, Malaisie, Thaïlande) qui dominaient encore le marché avec 67 % de la production mondiale en 1970, voient leur part s'effondrer à 7 % en 2022. Leurs gisements sont épuisés ou difficilement compétitifs face à de nouveaux entrants aux coûts d'extraction plus bas. La Birmanie et la Chine, qui ne représentaient qu'environ 10 % de la production mondiale en 1970, en assurent 60 % en 2022. La Chine, dont le district de Gejiu, au Yunnan, est surnommé le capitale de l'étain depuis des siècles, devient le premier producteur mondial, tandis que l'Indonésie, malgré la nationalisation de ses actifs et la création de PT Timah, voit également sa production décliner face à l'épuisement relatif de ses gisements alluvionnaires les plus accessibles. Le Nigeria, dont la production avait débuté sur le plateau de Jos au début du XXe siècle et qui avait été l'un des membres fondateurs du cartel de 1931, sort progressivement du marché de l'étain à grande échelle.

La période contemporaine est dominée par une transformation des usages de l'étain. Si le fer-blanc et les alliages traditionnels conservent une certaine importance, l'essentiel de la demande mondiale se concentre désormais sur les soudures électroniques. L'étain est le métal qui permet de fixer les puces et les composants sur les circuits imprimés, et plus de la moitié de l'étain raffiné consommé dans le monde est destinée à cet usage. L'abandon progressif des soudures au plomb, motivé par des préoccupations sanitaires et environnementales, renforce encore le rôle de l'étain : la proportion de soudures sans plomb dans l'électronique est estimée à 92 % au niveau mondial en 2023, contre 86 % en 2022. L'essor de l'intelligence artificielle et des centres de données, qui exigent des serveurs toujours plus puissants et des quantités croissantes de composants électroniques, pousse la demande d'étain à de nouveaux sommets. Les prix, qui étaient restés sous leurs précédents pics jusqu'en 2004, dépassent ensuite ces niveaux et doublent même à certains moments, portés par la demande des fabricants d'ordinateurs et d'appareils électroniques.

Cette vigueur de la demande se heurte toutefois à des contraintes d'offre persistantes. Les principaux producteurs sont désormais la Chine, l'Indonésie, la Birmanie, le Pérou, la Bolivie et le Brésil, et la production minière mondiale peine à suivre la croissance de la consommation, ce qui alimente une volatilité des prix et des tensions d'approvisionnement. La question de la durabilité de l'exploitation stannifère se pose avec une acuité nouvelle : les méthodes de dragage et de lavage des alluvions ont profondément modifié les cours d'eau et les paysages de l'Asie du Sud-Est, et l'exploitation minière a historiquement rejeté des quantités considérables de résidus dans les estuaires, comme l'ont montré les études géochimiques menées dans les Cornouailles ou en Malaisie. La traçabilité des minerais, en particulier dans les zones de conflit ou de gouvernance fragile, est devenue un enjeu majeur pour les industriels et les régulateurs, et l'International Tin Association, héritière de l'International Tin Research Institute fondé à Londres en 1932, joue aujourd'hui un rôle de premier plan dans la promotion des bonnes pratiques et l'analyse des marchés.

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