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Le
Jharkhand
est un État enclavé de l'est de l'Inde .
Il couvre une superficie de 79 714 km². Il est bordé par le Bihar
au nord, l'Uttar Pradesh et le Chhattisgarh
à l'ouest, l'Odisha
au sud, et le Bengale-Occidental
à l'est. Créé en 2000 à partir du sud du Bihar, le Jharkhand est un
territoire caractérisé par un relief accidenté, une végétation dense
et une forte concentration de ressources naturelles.
Le relief de l'État
est majoritairement constitué de plateaux,
collines et hautes terres, faisant partie du vaste système des Ghâts
orientaux et des formations précambriennes
du bouclier indien. La région centrale est dominée par le plateau de
Chota Nagpur, qui s'élève entre 300 et 900 mètres d'altitude et constitue
l'épine dorsale géologique du Jharkhand. Il est entrecoupé de petites
chaînes de collines, comme les Rajmahal Hills au nord-est, les Parasnath
Hills dans le district de Giridih (point culminant à 1365 m), et les Ranchi
Hills dans la partie centrale.
Le sol est majoritairement
ferrallitique, latéritique ou riche en fer et manganèse,
ce qui en fait une zone favorable à l'exploitation minière mais moins
propice à l'agriculture intensive. Le sous-sol est extrêmement riche
en minéraux : le Jharkhand détient environ 40 % des réserves de minerais
de l'Inde, dont du charbon, du fer, du
cuivre,
de la bauxite, de l'uranium,
du mica et du manganèse. Les districts de Dhanbad, Bokaro, Hazaribagh
et Singhbhum sont parmi les plus riches en ressources minières et ont
vu se développer une forte concentration industrielle autour de l'acier,
du charbon et de l'énergie.
Le réseau hydrographique
est principalement alimenté par plusieurs rivières
saisonnières qui prennent naissance dans les plateaux intérieurs. La
rivière Damodar traverse la partie nord du plateau de Chota Nagpur et
est célèbre pour sa vallée charbonnière. C'est l'un des principaux
affluents de la rivière Hooghly. D'autres rivières importantes incluent
la Subarnarekha, qui prend sa source près de Ranchi et s'écoule vers
l'est jusqu'au golfe du Bengale, la Koel,
la Barakar et la Sankh. Ces rivières, bien que peu navigables, sont essentielles
pour l'irrigation, l'hydroélectricité et les usages domestiques.
Le climat
du Jharkhand est de type tropical à mousson,
avec trois saisons principales. L'été (mars à juin) est chaud et sec,
avec des températures dépassant fréquemment 40 °C. La mousson (juin
à septembre) apporte la majorité des précipitations annuelles, environ
1000 à 1400 mm, avec une répartition inégale selon les régions. L'hiver
(novembre à février) est doux à frais, particulièrement sur les hauteurs.
Ce climat conditionne fortement les pratiques agricoles, centrées sur
la culture du riz, des légumineuses et des graines oléagineuses, souvent
en agriculture pluviale sans irrigation contrôlée.
La végétation naturelle
est essentiellement constituée de forêts tropicales
sèches à humides, qui couvrent environ 30 % de la surface de l'État.
Ces forêts abritent une grande diversité floristique et faunistique,
avec des espèces importantes comme le sal (Shorea robusta), le teck (Tectona
grandis), le bambou, l'acacia, ainsi que de nombreux arbres médicinaux.
La faune comprend des éléphants, léopards,
ours
lippus, cerfs sambar et plusieurs espèces d'oiseaux
rares. Le Jharkhand compte plusieurs réserves et parcs naturels comme
le Betla National Park, le Palamu Tiger Reserve et les forêts de Saranda.
Sur le plan humain,
la géographie du Jharkhand est caractérisée par la présence importante
de populations tribales autochtones (Adivasi), qui représentent plus de
26 % de la population. Les contraintes d'accessibilité, les zones de
collines escarpées et le manque d'infrastructures dans les régions tribales
accentuent leur isolement géographique et socio-économique.
Les
Adivasi sont les habitants autochtones du Jharkhand. Ils forment une
communauté diverse, composée de nombreux groupes ethniques (Santhal,
Munda, Ho, Oraon, etc.) aux traditions et cultures variées. Les Adivasi
sont profondément enracinés dans la région depuis des millénaires..
Leur société est organisée autour de structures communautaires solides.
Les Adivasi vivent principalement dans des villages isolés, généralement
entourés de forêts, où ils pratiquent l'agriculture de subsistance et
dépendent des produits forestiers. Les Adivasi croient généralement
en des esprits et divinités liés à la terre, au ciel et à l'eau. Ces
croyances influencent grandement leur quotidien, notamment lors des récoltes,
des mariages ou des funérailles. Ils célèbrent également de nombreuses
fêtes traditionnelles au cours de l'année, souvent en lien avec les saisons
ou les cycles agricoles. Bien que les Adivasi soient reconnus pour leur
contribution à la préservation de l'environnement, ils continuent de
faire face à des défis, notamment la discrimination, la perte de leurs
terres et la marginalisation économique. De plus, les efforts de développement
moderne ont parfois entravé leur autonomie et perturbé leur mode de vie
ancestral.
Le réseau de transport
suit en grande partie la géographie du relief et de l'économie. Les principales
routes nationales et ferroviaires relient les zones industrielles et minières
au reste du pays, mais les régions tribales du centre et du sud-ouest
restent difficilement accessibles. Cela contribue aux déséquilibres de
développement entre zones urbaines industrialisées et arrière-pays forestiers
pauvres.
Les centres urbains
se développent surtout autour des bassins miniers et industriels. Ranchi,
capitale de l'État, est située sur le plateau central, à environ 650
mètres d'altitude. Elle combine fonctions administrative, éducative et
industrielle. Jamshedpur, fondée par le groupe Tata, est un important
pôle sidérurgique et technologique. Dhanbad est l'un des centres miniers
majeurs du pays. Ces villes connaissent une croissance urbaine rapide,
mais souffrent également de pollution, de saturation des réseaux et de
pressions sur les ressources naturelles.
Quelques-unes
des principales villes du Jharkhand
| •
Ranchi,
capitale de l'État du Jharkhand, est la principale ville en termes administratifs,
politiques et éducatifs. Située à environ 650 mètres d'altitude sur
le plateau de Chotanagpur, elle bénéficie d'un climat relativement tempéré
par rapport au reste de l'Inde. Ranchi s'est développée historiquement
comme centre tribal et missionnaire, mais a connu une expansion rapide
après 2000, devenant un pôle urbain dynamique. Elle abrite plusieurs
institutions importantes telles que l'université centrale de Ranchi, le
National Institute of Foundry and Forge Technology (NIFFT), ainsi que des
sièges gouvernementaux et des tribunaux. Son économie repose sur l'administration
publique, l'enseignement, les services, et des industries légères. Ranchi
est aussi connue pour ses cascades (Hundru, Dassam), ses forêts proches,
et son rôle culturel, notamment dans les arts tribaux et la musique régionale.
• Jamshedpur,
souvent appelée la « ville de l'acier », est l'un des premiers exemples
de ville industrielle planifiée en Inde. Fondée en 1907 par Jamsetji
Tata pour accueillir l'usine Tata Steel, elle est administrée par Tata
Steel au lieu d'avoir une municipalité élue, ce qui lui confère une
gestion urbaine plus structurée. La ville est située à la confluence
des rivières Subarnarekha et Kharkai, dans le district de East Singhbhum.
Elle constitue le plus grand centre industriel du Jharkhand et l'un des
plus importants de l'Inde orientale. Elle possède des infrastructures
modernes, des parcs urbains (Jubilee Park), un stade de cricket renommé
(Keenan Stadium), et plusieurs institutions d'enseignement, dont le XLRI
(Xavier School of Management). Jamshedpur présente un urbanisme plus ordonné
que la majorité des villes indiennes.
• Dhanbad,
surnommée la « capitale du charbon de l'Inde », est un centre minier
majeur du pays, situé dans la partie nord-est du Jharkhand. Son développement
est intimement lié à l'exploitation des mines de charbon, principalement
sous l'égide de Bharat Coking Coal Limited (BCCL), filiale de Coal India.
La ville accueille également l'un des instituts techniques les plus prestigieux
du pays, l'Indian Institute of Technology (IIT-ISM Dhanbad), spécialisé
dans l'ingénierie minière et géologique. Dhanbad souffre toutefois de
nombreux problèmes urbains, notamment la pollution de l'air, les incendies
souterrains de mines, la surpopulation et l'urbanisme informel. Néanmoins,
son importance économique reste cruciale pour la région.
• Bokaro Steel
City est une autre ville industrielle majeure, planifiée autour du
complexe sidérurgique de la Steel Authority of India Limited (SAIL). Située
dans le district de Bokaro, elle fut fondée dans les années 1960 avec
l'aide technique soviétique. Elle abrite l'une des plus grandes usines
de production d'acier en Inde. L'urbanisme de Bokaro est ordonné, |
avec
des secteurs résidentiels distincts, des écoles de qualité, des infrastructures
hospitalières, et des parcs. Outre la sidérurgie, la ville se développe
aussi dans les services, les technologies de l'information, et l'éducation.
• Hazaribagh
est une ville historique et administrative située sur un plateau boisé.
Elle est connue pour son climat relativement agréable, ses paysages verdoyants,
et ses institutions éducatives, notamment l'université Vinoba Bhave.
La ville a une importance stratégique en tant que carrefour entre les
zones minières de la région nord du Jharkhand. Bien que plus petite que
les villes industrielles majeures, Hazaribagh joue un rôle régional dans
l'administration, la justice et l'agriculture. Le parc national de Hazaribagh,
autrefois célèbre pour sa faune, a connu un déclin mais reste un site
d'intérêt écologique.
• Deoghar,
située dans la région nord-est de l'État, est une ville sainte d'importance
religieuse majeure. Elle abrite le temple de Baidyanath Jyotirlinga, l'un
des douze sanctuaires jyotirlingas du dieu Shiva, ce qui attire des millions
de pèlerins chaque année, en particulier durant le mois de Shravan. L'économie
locale repose largement sur le tourisme religieux, l'artisanat, et les
petits commerces. Deoghar se développe également comme un centre médical
et éducatif régional, notamment avec l'installation d'un All India Institute
of Medical Sciences (AIIMS).
• Giridih
est connue pour ses mines de mica et ses collines environnantes, dont le
Parasnath Hill, sommet sacré pour la communauté jaïne. Cette colline
attire chaque année des milliers de pèlerins jaïns. La ville combine
un développement modeste avec une forte empreinte religieuse et environnementale.
• Chaibasa,
dans le district de West Singhbhum, est un centre régional important pour
les communautés adivasi (Ho et Mundas). Son économie repose sur l'exploitation
minière (fer, cuivre, bauxite), l'agriculture et l'administration. Chaibasa
est également un point d'ancrage pour la culture tribale, avec une présence
marquée de traditions orales, de festivals locaux et d'institutions dédiées
à la promotion des langues tribales.
• Dumka,
considérée comme la sous-capitale du Jharkhand, est un centre administratif
et culturel dans la région des Santhal Parganas. Elle a une importance
historique en tant que centre des luttes tribales contre le pouvoir colonial,
notamment durant la révolte santhal de 1855. Aujourd'hui, Dumka reste
un centre d'enseignement, d'agriculture régionale et d'activisme culturel
pour les Santhals.
Les autres villes
comme Medininagar (Palamu), Ramgarh, Gumla et Simdega
jouent un rôle plus localisé mais restent essentielles à la dynamique
régionale, notamment dans les domaines de l'agriculture, des forêts et
de la gestion des ressources hydriques. Elles sont également des carrefours
d'accès aux zones rurales, souvent enclavées, et concentrent les efforts
de développement public. |
Histoire du Jharkhand.
Bien avant sa création
officielle en tant qu'État en 2000, le Jharkhand représentait une entité
culturelle et géographique distincte, souvent marginalisée dans les structures
politiques dominantes, mais riche d'une identité propre, forgée par les
peuples autochtones (Adivasis), les mouvements sociaux, et les luttes contre
l'exploitation coloniale et postcoloniale.
Les origines historiques
de la région remontent à la préhistoire, avec des traces d'habitat humain
dès le Néolithique, notamment dans les
collines de Chotanagpur et les plateaux de Palamu et Singhbhum. Des peintures
rupestres, outils lithiques et restes archéologiques attestent de la présence
de sociétés tribales organisées, vivant de chasse, de cueillette et
d'agriculture rudimentaire. Ces populations développaient déjà des systèmes
de gouvernance communautaire, des langues orales riches et des cultes animistes
profondément liés à la nature.
Durant l'Antiquité,
la région faisait partie de divers royaumes marginaux, souvent en périphérie
des grands empires comme Magadha, Maurya ou Gupta.
Bien qu'elle ne soit pas un centre de pouvoir majeur, elle entretenait
des relations commerciales et conflictuelles avec les basses terres voisines.
L'éloignement géographique, la topographie accidentée et la forte cohésion
tribale ont permis à ces populations de préserver une autonomie relative.
Au Moyen Âge, la
région passa progressivement sous l'influence de petits royaumes féodaux
et tribaux, comme ceux des Nagvanshi (près de Ranchi) et des Chero (dans
le Palamu). Ces dynasties, souvent d'origine locale ou tribalement enracinées,
établirent des formes de gouvernance structurées, avec fortifications,
temples, et systèmes agraires. L'islam n'eut qu'une faible pénétration
dans cette zone, en raison de l'isolement géographique et de la résistance
des peuples locaux.
Avec l'arrivée des
Moghols,
la région fut intégrée nominalement à l'empire, mais resta difficile
à contrôler. Elle constituait souvent une « frontière intérieure »
rebelle, peu profitable fiscalement et soumise à des expéditions punitives
plus qu'à une administration stable. La situation ne changea réellement
qu'avec l'avènement du pouvoir colonial britannique au XVIIIe
siècle.
L'East India Company, puis la couronne britannique, cherchèrent à intégrer
cette région dans leur système économique par l'extraction forestière
et minière, et l'extension du zamindari (système de propriété
foncière), ce qui provoqua une déstructuration radicale des sociétés
tribales.
Au XIXe
siècle, la région fut le théâtre de révoltes majeures contre le colonialisme,
souvent conduites par des chefs adivasis. Le soulèvement de Tilka Manjhi
(1784–1785), chef santhal, contre les Britanniques, constitue l'un des
premiers actes de résistance armée indigène. Puis vinrent la grande
insurrection des Kol (1831–1832), menée par les Ho et les Mundas, et
surtout la Révolte des Santhals (1855–1856), dirigée par Sido et Kanhu
Murmu, qui mobilisa des dizaines de milliers de personnes contre les exactions
coloniales et les usuriers. Enfin, la révolte des Mundas à la fin du
XIXe siècle, conduite par Birsa Munda,
leader religieux charismatique, demeure un moment fondateur de la conscience
politique tribale dans la région.
Au XXe
siècle, la région resta dominée par l'administration du Bihar, dont
elle formait la partie méridionale. Bien qu'elle ait contribué au développement
industriel du Bihar, notamment par ses ressources minières et ses centrales
énergétiques, la région souffrait d'un net déséquilibre : faible investissement
dans les infrastructures locales, expropriation des terres tribales, dégradation
écologique, et marginalisation politique. Ces tensions nourrirent un puissant
sentiment identitaire.
Dès les années
1930, les premières revendications d'un État séparé émergèrent, notamment
sous l'impulsion de Jaipal Singh Munda, capitaine de l'équipe indienne
de hockey et leader politique tribal, qui fonda le Jharkhand Party. Celui-ci
prônait la création d'un État spécifique pour les tribus du Chotanagpur
et du Santhal Pargana. Mais ces aspirations furent longtemps repoussées,
notamment lors de la réorganisation des États indiens en 1956.
Après plusieurs
décennies de mobilisations sociales, syndicales et politiques, généralement
liées à l'exploitation minière et forestière, la revendication d'un
État distinct s'intensifia dans les années 1980–1990, portée par des
formations comme le Jharkhand Mukti Morcha (JMM). Ces luttes furent marquées
par des grèves, des blocages, mais aussi des confrontations armées. Le
sentiment de dépossession et de discrimination mobilisa largement les
populations tribales, mais aussi des groupes non-tribaux, unis par une
conscience régionale forte.
Finalement, le 15
novembre 2000, le Jharkhand fut officiellement créé comme le 28e
État
de l'Union indienne, avec Ranchi pour capitale. Cette date coïncide symboliquement
avec l'anniversaire de la naissance de Birsa Munda. Le nouvel État fut
salué comme une victoire historique pour les peuples autochtones, bien
qu'il reste traversé par des tensions sociales, des conflits fonciers
et une gouvernance parfois instable.
Depuis sa création,
le Jharkhand a connu des alternances politiques fréquentes, des périodes
de gouvernance présidentielle, et des débats persistants autour de la
répartition des richesses minières, de la réforme agraire et de la reconnaissance
des droits tribaux.
Principaux sites
archéologiques et historiques du Jharkhand
| •
Le
site mégalithique de Barkagaon, dans le district de Hazaribagh, est
l'un des plus fascinants du sous-continent. On y trouve des alignements
de menhirs, des dolmens
et des pierres dressées qui datent probablement de l'âge
du fer ou de périodes antérieures. Ces monuments, disposés selon
des motifs solaires ou lunaires, témoignent des pratiques funéraires,
astronomiques ou rituelles des peuples proto-austroasiatiques ou tribaux
anciens. D'autres sites similaires existent dans les collines de Khunti
et de Singhbhum, encore en cours de d'étude par des anthropologues et
archéologues contemporains.
• Le temple
de Maluti, dans le district de Dumka près de la frontière avec le
Bengale, constitue un complexe unique de plus de 70 petits temples en brique,
datant des XVIe–XVIIIe
siècles. Ils ont été construits par la dynastie Baj Basanta, sous la
forme de temples familiaux dédiés à divers avatars de Shiva,
Durga
et Vishnu. Les temples présentent un décor
finement ciselé, avec des bas-reliefs représentant des scènes de l'épopée
hindoue et des éléments locaux. Ce site, bien qu'isolé, est considéré
comme un exemple remarquable d'architecture religieuse populaire en Inde
orientale.
• Le temple
de Baidyanath à Deoghar est l'un des douze jyotirlingas, sites
les plus sacrés dédiés à Shiva. Il attire des millions de pèlerins,
notamment pendant le mois de Shravan (juillet-août). Le sanctuaire principal,
entouré de nombreux temples secondaires, est un haut lieu du shivaïsme.
Sa fondation remonte à une époque ancienne, et bien qu'il ait subi plusieurs
reconstructions, il conserve une grande importance historique et culturelle.
Autour du complexe, des inscriptions, sculptures et sanctuaires secondaires
témoignent d'un développement religieux constant depuis l'Antiquité.
• Le fort de
Palamu, dans la réserve de tigres du même nom, est un vestige de
la puissance des rajas Chero du XVIIe siècle.
Il comprend deux complexes fortifiés, l'un intérieur et l'autre extérieur,
construits dans un style mêlant influences locales et mogholes. Les portails
ornés, les bastions, les réservoirs d'eau et les temples internes en
ruine donnent un aperçu de l'organisation militaire et administrative
de l'époque. Le fort fut assiégé par les Moghols, puis repris par les
Britanniques, avant de tomber en désuétude. Il reste aujourd'hui un témoignage
de la résistance locale contre l'impérialisme. |
•
Parasnath
Hill (Shikharji), situé dans le district de Giridih, est le
lieu le plus sacré du jaïnisme. Selon la
tradition, vingt des vingt-quatre Tirthankaras y auraient atteint le moksha.
Le sommet, à 1365 mètres, est parsemé de temples jaïns, certains remontant
à plusieurs siècles, bien que la majorité aient été restaurés au
XIXe s.. Les pèlerins jaïns, issus de
toute l'Inde, entreprennent des marches de plusieurs jours à travers les
sentiers forestiers menant au sommet. Le site revêt également une importance
pour les tribus locales, notamment les Santhals, qui y pratiquent des rites.
• Navratangarh,
dans le district de Gumla, fut la capitale du royaume Nagvanshi au XVIIe
s.. Ce site comprend les ruines d'un palais fortifié, des temples, des
réservoirs d'eau et des structures militaires. L'architecture reflète
un mélange d'influences tribales, hindoues et musulmanes, et est un rare
exemple de pouvoir régional structuré dans cette région. Le site est
peu fréquenté mais reste crucial pour comprendre la transition des pouvoirs
locaux entre autonomie et subordination aux empires plus larges.
• Le site de
Itkhori, dans le district de Chatra, est un carrefour religieux combinant
vestiges bouddhistes, hindous et jaïns. Selon la tradition, la mère du
Bouddha
aurait médité ici, et des sculptures anciennes représentant des bodhisattvas,
des scènes de la vie du Bouddha et des tirthankaras jaïns y ont été
retrouvées. Le temple principal, dédié à Ma Bhadrakali, contient également
des éléments architecturaux bouddhistes datant de la période Pala (VIIIe–XIIe
s.). Le site illustre la coexistence de traditions religieuses sur un même
espace sacré.
• Rohanda,
dans le district de Latehar, est connu pour ses grottes anciennes et ses
représentations rupestres, utilisées probablement par des ermites ou
communautés religieuses isolées. Certaines grottes contiennent des inscriptions
et sculptures, encore en cours de déchiffrement, témoins d'une occupation
religieuse très ancienne.
• Le musée
d'État de Ranchi, bien qu'institution moderne, conserve de nombreux
artefacts archéologiques découverts dans l'État : sculptures, monnaies,
outils néolithiques, bijoux tribaux, textes anciens et éléments architecturaux.
Il joue un rôle central dans la valorisation du patrimoine culturel et
historique du Jharkhand.
• L'histoire coloniale
et la résistance tribale sont également matérialisées par des sites
commémoratifs comme Ulihatu (lieu de naissance de Birsa Munda), Dombari
Buru (où il mena une révolte), et des mémoriaux à Tilka Manjhi ou Sidho-Kanhu. |
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