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| Delhi, Dilli,
primitivement lndra-Prast'ha (c.-Ã -d.
demeure d'Indra La vaste plaine qui s'étend au Sud de
Delhi est une véritable merveille. C'est là que vingt villes, dit-on,
se sont succédé à la fantaisie des conquérants, depuis les temps les
plus reculés jusqu'à nos jours, en laissant de nombreux et splendides
monuments.
Géographie physique.
Le climat de Delhi est de type subtropical semi-aride (classification de Köppen BSh ou Aw), caractérisé par des variations extrêmes de température selon les saisons et une forte influence de la mousson. L'été (mars à juin) est long, extrêmement chaud et sec, avec des températures dépassant fréquemment les 40°C et des pics approchant les 50°C en mai et juin. Cette période est marquée par des vents chauds et poussiéreux (appelés loo). La mousson arrive généralement début juillet et apporte la majorité des précipitations annuelles jusqu'en septembre. L'humidité augmente considérablement pendant cette période, mais les pluies sont souvent irrégulières et peuvent provoquer des inondations dans les zones basses. Après la mousson, une courte période post-mousson (octobre-novembre) est plus agréable. L'hiver (décembre à février) est relativement court mais frais et sec, avec des températures minimales pouvant descendre près de 0°C. Le brouillard dense est fréquent en hiver, aggravant souvent la pollution de l'air. Géographie humaine.
Delhi possède une histoire millénaire, qui se reflète dans l'architecture, les monuments et la stratification sociale de la ville. En tant que capitale de l'Inde, Delhi est le centre du pouvoir politique, abritant le Parlement, les ministères et les ambassades. Son économie est diversifiée et dynamique. Historiquement centrée sur le commerce et l'artisanat, elle est aujourd'hui largement dominée par le secteur des services, notamment l'informatique, la finance, les télécommunications, le tourisme, et le gouvernement. L'industrie manufacturière existe toujours mais a une importance relative moindre. Un large secteur informel emploie une part significative de la population. L'infrastructure de la ville s'est développée rapidement pour tenter de suivre la croissance démographique. Le réseau de métro de Delhi est l'un des plus étendus et modernes d'Asie et a transformé la mobilité urbaine, bien que la congestion routière reste un problème majeur en raison du nombre croissant de véhicules privés. L'aéroport international Indira Gandhi est l'un des plus fréquentés du sous-continent. Cependant, les services essentiels comme l'approvisionnement en eau potable et la gestion des déchets sont sous une pression énorme. L'étalement urbain est une caractéristique majeure de Delhi. La ville présente une structure complexe avec le quartier historique dense du Vieux Delhi, les zones administratives planifiées de New Delhi, d'innombrables colonies résidentielles plus ou moins planifiées, des parcs industriels, et de vastes zones d'établissements informels (slums). L'expansion se poursuit rapidement dans la périphérie et les villes satellites de la RCN (comme Gurgaon, Noida, Faridabad, Ghaziabad), créant une conurbation tentaculaire. Cette croissance rapide, souvent peu coordonnée, a engendré d'immenses défis environnementaux et sociaux. La pollution de l'air est tristement célèbre, atteignant des niveaux dangereux en hiver, aggravée par les émissions des véhicules, l'industrie, les brûlis agricoles dans les États voisins, et les conditions météorologiques calmes et froides. La gestion de l'eau est critique, avec une forte dépendance au Yamuna et aux eaux souterraines, dont les niveaux baissent et qui sont souvent contaminées. La gestion des déchets est un autre défi majeur. Sur le plan social, la ville est marquée par d'importantes inégalités, avec des poches de richesse coexistantes avec une pauvreté généralisée, des problèmes de logement, d'accès aux services de base et de sécurité. Les défis liés à l'intégration des migrants, à la criminalité et aux tensions sociales sont également présents. Les villes dans
la ville.
New
Delhi.
South
Delhi.
Karol
Bagh.
East
Delhi.
Dwarka.
Noida
et Gurgaon.
Le patrimoine
architecturale de Delhi.
Époque
antique et prémédiévale.
Période
sultanale (XIIe - XVIe siècles).
• Le Qûtb Minâr (XIIe siècle). - Sans doute l'un des monuments les plus emblématiques, cette tour de grès rouge de 72,5 mètres est ornée d'une fine calligraphie arabe. Elle fait partie du complexe du Qûtb, qui comprend aussi les ruines de la première mosquée de l'Inde, Quwwat-ul-Islam.Période moghole (XVIe - XVIIIe siècles). Sous les empereurs moghols, Delhi connaît une véritable explosion architecturale, mariant traditions perses, indiennes et islamiques avec élégance. • Le Fort Rouge (Lal Qila) (XVIIᵉ siècle). - Commandé par Shah Jahan, ce gigantesque fort de grès rouge est un sommet d'architecture moghole, mêlant délicatement marbre, jardins d'eau et vastes pavillons.Période coloniale britannique (XIXe - début XXe siècles). Avec l'arrivée des Britanniques, un autre visage de Delhi émerge : New Delhi, conçue par les architectes Edwin Lutyens et Herbert Baker, est un exemple majeur d'urbanisme colonial et impérial. • La Porte de l'Inde. - Monument commémoratif en hommage aux soldats indiens morts pendant la Première Guerre mondiale.Période contemporaine et post-indépendance. Depuis 1947, Delhi a vu naître des architectures modernes tout en conservant son patrimoine. • Le Lotus Temple (1986). - Temple bahaï en forme de fleur de lotus géante, exemple emblématique de l'architecture contemporaine organique.Histoire de Delhi. D'après les chroniques légendaires, l'ancienne ville, qui s'appelait Indrapeehta (décrite dans l'épopée du Mahabharata), daterait du XXXe siècle avant notre ère. Le nom de Delhi n'apparaît qu'en l'an 57 av. JC. Au fil du temps, le site, stratégiquement situé le long de routes commerciales et entre des zones fluviales importantes, attire les pouvoirs. On voit apparaître les premières structures fortifiées significatives sous la dynastie Tomara, qui fonde Lal Kot au VIIIe siècle, la première des nombreuses "Delhis" à naître et à disparaître dans cette région. Les Chauhans prennent ensuite le relais, étendant la forteresse et la nommant Qila Rai Pithora. Mais l'ère qui transforme radicalement Delhi commence à la fin du XIIe siècle avec la conquête par Muhammad de Ghor et l'établissement du Sultanat de Delhi en 1206. C'est le début d'une longue période de domination musulmane qui voit plusieurs dynasties se succéder : les Mamelouks, les Khaljî (Khiljis), les Tughluq (Tughlaqs), les Sayyids et les Lodis. Chacune laisse son empreinte. Le Qutb Minar s'élève, un chef-d'oeuvre de l'architecture indo-musulmane, symbole de la victoire et de la nouvelle ère. La ville ne cesse de se déplacer et de se réinventer dans la région environnante. Alauddin Khilji construit Siri pour se défendre contre les Moghols. Ghiyasuddin Tughlaq érige Tughlaqabad, une cité-forteresse massive. Firoz Shah Tughlaq fonde Firozabad (aujourd'hui Firoz Shah Kotla) et améliore les infrastructures. Ces sultans construisent mosquées, mausolées, forts et réservoirs, façonnant le paysage. Cependant, la ville subit aussi les affres des invasions, notamment le sac dévastateur par Tamerlan en 1398, qui la réduit en ruines et en dépeuple une grande partie.
Le sultanat de Delhi eut un impact considérable sur la culture indienne. Il favorisa la diffusion de l'Islam, introduisit des styles architecturaux indo-musulmans comme le Qûtb Minâr, et développa un système administratif influent. Il joua aussi un rôle dans la naissance du persan et de l'ourdou comme langues de cour, tout en interagissant avec la culture hindoue.Bien que les premiers empereurs moghols préfèrent Agra comme capitale, Delhi retrouve sa prééminence sous Humayun, qui commence à construire Purana Qila (le Vieux Fort), et surtout sous Shah Jahan. C'est Shah Jahan qui, au XVIIe siècle, crée la septième cité de Delhi, Shahjahanabad, aujourd'hui connue comme le Vieux Delhi. Il y érige le Fort Rouge (Lal Qila), une merveille de palais fortifié, et la majestueuse Jama Masjid, l'une des plus grandes mosquées d'Inde. Sous les Moghols, Delhi atteint un sommet de grandeur culturelle et architecturale. Mais le déclin s'amorce après le règne d'Aurengzeyb. L'Empire Moghol s'affaiblit, et Delhi devient une proie pour les puissances émergentes. La ville est pillée par Nadir Chah de Perse en 1739, un événement traumatisant qui voit le vol du Trône du Paon et d'immenses richesses. Les Afghans et les Marathes se disputent ensuite le contrôle de la région, laissant la ville dans un état de chaos intermittent. Au début du XIXe siècle, l'influence britannique grandit. Les Moghols ne sont plus que des souverains nominaux, et la Compagnie britannique des Indes orientales exerce le pouvoir réel. Delhi reste un centre culturel important, même si sa splendeur passée s'est ternie. Puis, en 1857, elle devient un épicentre de la grande révolte indienne contre la domination britannique. Les insurgés se rassemblent autour du vieil empereur moghol Bahadur Shah Zafar, faisant du Fort Rouge un symbole de la résistance. La répression britannique est brutale; après un long siège, la ville est reprise, lourdement endommagée. La révolte de 1857 scelle le sort de l'Empire Moghol, définitivement aboli. Les Anglais font de Delhi une simple dépendance du Pendjab. Sous le Raj britannique, Delhi n'est plus la capitale (qui est Calcutta), mais elle conserve une importance symbolique et historique majeure. Les Britanniques commencent à la moderniser lentement, construisant des lignes de chemin de fer et introduisant de nouvelles infrastructures. La ville abrite des événements importants comme les Durbars impériaux, grandes cérémonies marquant l'accession d'un nouveau monarque britannique. Lorsque la reine Victoria prit le titre de padichah en 1876, la cérémonie eut lieu à Delhi. Finalement, en 1911, lors du Delhi Durbar, le roi George V annonce le déplacement de la capitale de l'Inde de Calcutta à Delhi. Cette décision est motivée par le désir de placer la capitale dans une position plus centrale sur le sous-continent et de capitaliser sur l'immense héritage historique de Delhi, qui a été le siège de nombreux empires. Cette annonce déclenche un projet urbain d'une ampleur colossale : la construction de New Delhi. Les architectes Edwin Lutyens et Herbert Baker sont chargés de concevoir cette nouvelle capitale impériale. Leurs plans envisagent une ville grandiose, avec de larges avenues, des bâtiments gouvernementaux imposants (comme le Rashtrapati Bhavan, le Parlement, le Secrétariat) conçus dans un style qui fusionne l'architecture européenne classique avec des éléments décoratifs indiens. Le travail de construction prendra près de deux décennies, impliquant des milliers d'ouvriers. La nouvelle capitale est officiellement inaugurée en 1931. New Delhi représente l'ordre, l'espace et la puissance du Raj, contrastant fortement avec le chaos organique et la densité du Vieux Delhi. Les années qui suivent l'inauguration voient Delhi s'affirmer comme le centre politique et administratif de l'Inde britannique. La ville continue de croître, bien que de manière plus mesurée que ce qui l'attend. La Seconde Guerre mondiale a un impact indirect, mais c'est l'indépendance de l'Inde en 1947 et la Partition qui s'ensuit qui transforment Delhi de manière dramatique et irréversible. Avec la Partition, des millions de personnes se déplacent à travers le sous-continent. Delhi reçoit un afflux massif et soudain de réfugiés, principalement des hindous et des sikhs fuyant ce qui devient le Pakistan. Leur nombre est estimé à près d'un demi-million, doublant presque la population de la ville en quelques mois. Cet afflux crée une crise humanitaire immense, avec des camps de réfugiés s'improvisant dans des forts historiques, des parcs et sur des terrains vagues. La démographie de Delhi est radicalement modifiée, sa culture se mêle à celle des populations réfugiées, en particulier des Pendjabis. Après l'urgence initiale, le gouvernement indien indépendant doit gérer cette nouvelle population et planifier l'avenir de la capitale en pleine croissance. Des colonies de réinstallation sont construites à la hâte dans toute la ville (comme Lajpat Nagar, Karol Bagh, Patel Nagar), transformant le paysage urbain. Le premier Plan Directeur de Delhi est élaboré dans les années 1950 et publié en 1962, visant à gérer l'urbanisation galopante, à organiser le logement, les infrastructures et les zones industrielles. Dans les décennies suivantes, Delhi connaît une expansion territoriale et démographique phénoménale. Elle s'étend bien au-delà des limites définies par Lutyens et bien au-delà des premières colonies de réfugiés. Des zones comme South Delhi, West Delhi et plus tard North West et East Delhi se développent rapidement, souvent de manière planifiée, mais aussi de manière informelle. Des industries s'installent, attirant davantage de migrants des zones rurales à la recherche d'emplois. Des institutions éducatives et de recherche de premier plan sont créées. Les années 1980 voient Delhi accueillir les Jeux Asiatiques en 1982, ce qui entraîne une modernisation significative des infrastructures : construction de ponts, de viaducs, de stades et d'hôtels. Cela donne à Delhi un avant-goût de son potentiel en tant que métropole moderne. Cependant, la croissance rapide met aussi à rude épreuve les infrastructures existantes et exacerbe les problèmes de logement, d'eau, d'électricité et de transports. À partir des années 1990, avec la libéralisation économique de l'Inde, Delhi connaît un boom économique. Une classe moyenne croissante conduit à une augmentation de la consommation, l'apparition de centres commerciaux modernes, une augmentation spectaculaire du nombre de véhicules privés et le développement de quartiers résidentiels haut de gamme. Delhi s'affirme non seulement comme un centre politique mais aussi comme un pôle économique majeur en Inde du Nord. Le nouveau millénaire apporte des changements majeurs, notamment le lancement du projet du métro de Delhi. La première ligne ouvre en 2002, et depuis lors, le réseau s'étend continuellement, devenant l'épine dorsale du système de transport public et facilitant les déplacements sur de longues distances dans cette ville tentaculaire. Le métro modifie les modes de vie et permet à la ville de s'étendre encore davantage vers ses périphéries (Noida, Gurgaon, Ghaziabad), formant la vaste Région de la Capitale Nationale (NCR). Cependant, la croissance a un coût environnemental et social élevé. La pollution de l'air devient un problème de santé publique majeur, particulièrement en hiver, classant Delhi parmi les villes les plus polluées au monde. La congestion routière empire malgré les efforts d'amélioration des infrastructures. La pression sur les ressources en eau et en électricité est constante. L'écart entre les riches et les pauvres se creuse, et des bidonvilles se multiplient.
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