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Rheita,
P. Schyrle de (né en 1597 en Bohème ,
mort à Ravenne en 1660), de l'ordre des capucins ,
fut un anticopernicien décidé. Dans la préface de
son livre qui porte le singulier titre de Oculus Enoch et Eliae, sive
radius sidero-mysticus (Anvers, 1645, avec une dédicace à
Jésus-Christ, et une autre à l'empereur Ferdinand III), il
déclare hardiment "qu'après avoir longtemps médité
sur les systèmes de Ptolémée,
de Copernic, de Tycho
et d'autres astronomes, il s'est convaincu que tous ont avancé des
choses superflues, déplaisantes et peu conformes aux phénomènes."
Il s'est borné à retourner le système de Tycho, à
peu près comme Tycho avait retourné celui de Copernic; en
supprimant les épicycles
, il les remplace par des hypocycles; au lieu de faire tourner sur l'excentrique
le centre d'un petit épicycle, il fait tourner le cercle de l'excentrique
sur la circonférence d'un petit cercle auquel il ne donne pas de
nom. Toutes ces hypothèses ne sont accompagnées d'aucune
démonstration, ni d'aucun calcul. Il faut les mettre sur la même
ligne que ses Huit satellites
de Jupiter ,
qu'il dédia à Urbain VIII, sous le nom d'Astres Urbanoctaviens.
Voici cependant quelques
idées qui méritent d'être signalées. Schyrle
pense que les étoiles ont des mouvements propres
que l'énormité de leur distance nous empêche de distinguer;
que les étoiles
changeantes ou périodiques pourraient bien avoir de grandes orbites
et de longues révolutions ;
enfin, que dans le système de Copernic la chaleur devrait être
proportionnelle au rayon du parallèle terrestre; elle serait absolument
nulle aux pôles, où le parallèle se réduit à
un point; car, ajoute-t-il, c'est le mouvement qui produit la chaleur.
Schyrle construisit
le premier une lunette astronomique d'après les données de
Kepler.
Le terme d'oculaire et d'objectif , appliqués aux
deux verres dont le dernier est tourné vers l'objet et le premier
vers l'œil de l'observateur, viennent de lui. Il raconte qu'en 1642 il
vit, à Cologne, passer devant le Soleil
une troupe (turnam) d'étoiles filantes
qui se succédèrent pendant quatorze jours, et que l'éclat
du Soleil en était considérablement affaibli.
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Soleil offusqué
Le
passage d'étoiles filantes ou d'astéroïdes devant le
disque du Soleil n'est pas un phénomène rare. Ainsi en 1547,
vers l'époque de la bataille de Mühlberg, on vit l'astre radieux
s'obscurcir au point de laisser apercevoir les étoiles en plein
midi. Ce phénomène, qui dura trois jours, ne put s'expliquer
ni par des brouillards, ni par des cendres volcaniques. Kepler,
qui voulut en chercher la cause, l'attribua à l'interposition d'une
matière cométaire ,
materia
cometica . Des obscurcissements semblables, observés déjà
en 1090 et 1208, le premier durant trois heures, le second durant six heures,
ont été attribués par Chladni
et Schnurrer au passage de masses météoriques .
Schyrle de Rheita a, le premier, attribué ces phénomènes
à l'interposition de petites étoiles ou astéroïdes ,
et c'est l'hypothèse qui a prévalu.
Roche
: Mémoire sur les offuscations du Soleil.
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Ce
capucin astronome n'est pas éloigné de croire que les planètes
sont habitées. "Si Jupiter a, dit-il, des habitants de la Terre ,
ils doivent être plus grands et plus beaux que les habitants de la
Terre, dans la proportion des deux globes ." Mais il n'ose affirmer
leur existence, à cause de certaines difficultés théologiques;
il se demande, par exemple, s'ils ont su se maintenir dans leur état
primitif d'innocence, ou s'ils sont déchus comme nous. |
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La
première lunette - C'est dans son Oculus Enoch, à
propos de son binocle astronomique (oculus astronomicus), qui était
une lunette à deux oculaires, que Schyrle de Rheita rapporte, le
premier, l'histoire de Jean Lippens de Zélande ,
qui ayant par hasard combiné un verre convexe avec un verre concave,
vit les objets à la fois plus gros et plus rapprochés. Avec
ces deux lentilles placées dans un tube, il faisait voir aux passants
le coq du clocher. Le bruit de cette invention
s'étant répandu, les curieux venaient en foule pour admirer
ce prodige. Le marquis de Spinola acheta la lunette et en fit présent
à l'archiduc Albert d'Autriche. Les magistrats de la localité
mandèrent l'opticien et lui payèrent chèrement une
lunette pareille, mais à la condition qu'il en garderait le secret.
C'est ainsi que l'invention fut tenue secrète jusqu'au moment où
Galilée
en eut connaissance. Tel est le récit de Schyrle de Rheita.
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