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La
seconde
(s) est l'unité de base du temps dans le Système
international d'unités (SI). Depuis 1967, elle est définie à partir
d'un phénomène atomique extrêmement stable : la transition entre deux
niveaux d'énergie de l'atome de césium
133. Plus précisément, une seconde correspond à la durée de 9 192 631
770 périodes de la radiation
électromagnétique émise lors de cette transition. Cette définition
repose sur les propriétés invariantes des atomes et permet une précision
très élevée, indispensable pour les horloges atomiques, les systèmes
de navigation par satellite, les télécommunications et les expériences
scientifiques. Historiquement, la seconde était liée à la rotation
de la Terre, puis à une fraction du jour solaire
moyen, mais les irrégularités de cette rotation ont conduit à adopter
une référence atomique beaucoup plus stable.
Jalons
historiques.
Héritage des astronomes
babyloniens et des mathématiciens
de la fin du Moyen Âge qui ont divisé
l'heure en 60 minutes, puis chaque minute en 60 "secondes minutes", la
seconde est aujourd'hui l'une des sept unités de base du Système international
(SI). Elle possède le symbole officiel "s" (toujours en minuscule et sans
point abréviatif). La seconde y occupe une place prépondérante, étant,
comme le souligne le physicien Sean Carroll, l'unité que "les humains
ont choisi pour mesurer le changement".
Sa définition a
radicalement évolué au fil du temps pour atteindre une précision inégalée.
La première définition officielle, adoptée à la fin du XIXe
siècle par la Conférence générale des poids et mesures (CGPM), liait
la seconde à la rotation de la Terre : elle correspond ait à la 86 400e
partie du jour solaire moyen. Cependant, l'observation de légères irrégularités
dans la rotation terrestre a conduit à une redéfinition en 1956, pour
ancrer la seconde à une base plus stable : la durée de l'année
tropique 1900.
L'avènement de la
physique quantique du XXe
siècle a constitué une révolution dans l'histoire de la mesure du temps,
en faisant passer sa définition de l'infiniment grand à l'infiniment
petit. Depuis 1967, la définition officielle de la seconde est basée
sur une propriété immuable de la matière : La seconde est définie comme
la durée de 9.192.631.770
périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux
niveaux hyperfins de l'état fondamental de l'atome de césium 133 non
perturbé. Cette transition, qui représente le changement d'orientation
du spin de l'électron
le plus externe de l'atome, émet un rayonnement électromagnétique d'une
fréquence extrêmement stable. C'est
ce rayonnement qui est compté par les horloges atomiques.
Cette nouvelle définition
n'a pas seulement amélioré la précision, elle a inversé la logique
même de la mesure du temps. Auparavant, la seconde était une fraction
d'une durée plus grande (le jour ou l'année),
une approche dite descendante. Désormais, elle est un multiple d'un phénomène
élémentaire, ce qui constitue une approche ascendante bien plus fondamentale
et stable. La précision est devenue telle que les scientifiques ont dû
ajouter une précision cruciale en 1997 : la définition se réfère Ã
un atome de césium au repos, à une température
de 0 Kelvin (le zéro absolu), afin d'éliminer toute perturbation résiduelle.
La stabilité exceptionnelle
de cette définition atomique confère à la seconde un statut à part
au sein des unités de mesure : elle est l'unité du Système international
connue avec la plus grande exactitude. La dérive des meilleures horloges
atomiques est infime, de l'ordre d'une seconde sur des centaines de millions
d'années. Cette maîtrise est si aboutie que la seconde elle-même est
devenue l'étalon de référence pour définir une autre unité fondamentale,
le mètre. Depuis 1983, celui-ci est défini comme
la distance parcourue par la lumière dans le
vide en exactement 1/299 792 458 de seconde, consacrant la mesure du temps
comme l'une des plus fiables de toute la science.
Bien que les scientifiques
aient créé le Temps atomique international (TAI), une échelle de temps
continue et extrêmement précise, notre vie quotidienne reste synchronisée
avec le cycle du jour et de la nuit, dicté
par la rotation imparfaite de la Terre. Pour concilier la rigueur atomique
avec la réalité astronomique, il est parfois nécessaire d'ajouter ou
de retrancher une "seconde intercalaire" au Temps universel coordonné
(UTC), l'échelle de temps légale mondiale, afin que le Soleil
reste au zénith à midi.
Aujourd'hui, une
nouvelle révolution est en marche avec le développement d'horloges optiques,
qui utilisent des fréquences de lumière visible bien plus élevées que
les micro-ondes des horloges au césium, promettant de gagner encore plusieurs
ordres de grandeur en précision. Certaines de ces horloges, basées sur
des atomes comme l'ytterbium ou le strontium,
ont déjà été adoptées comme "représentations secondaires de la seconde",
ouvrant la voie à une future redéfinition officielle. |
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