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| Les réseaux sociaux numériques |
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réseaux sociaux numériques désignent des plateformes en ligne
permettant à des individus, des groupes ou des organisations d'interagir,
de communiquer, de partager du contenu et de construire des relations Ã
travers des infrastructures numériques connectées à Internet. Ils reposent
sur des systèmes informatiques qui facilitent la mise en relation d'utilisateurs
via des profils, des publications et des mécanismes d'interaction comme
les commentaires, les mentions ou les réactions.
Le principe fondamental repose sur la création d'un profil utilisateur, qui constitue une identité numérique plus ou moins fidèle à l'identité réelle. Ce profil contient généralement des informations personnelles, des centres d'intérêt, ainsi que du contenu produit ou partagé. À partir de cette base, les plateformes permettent de créer des réseaux de contacts, souvent appelés "amis", "abonnés" ou "connexions", ce qui structure un graphe social numérique. Ce graphe est essentiel, car il détermine la circulation de l'information et la visibilité des contenus. Les utilisateurs peuvent publier différents types de contenus : texte, images, vidéos, liens ou messages éphémères. Ces contenus sont ensuite diffusés selon des logiques algorithmiques. Les plateformes utilisent des algorithmes de recommandation qui analysent le comportement des utilisateurs (clics, likes, temps de visionnage) afin de personnaliser le fil d'actualité. Cette personnalisation vise à maximiser l'engagement, c'est-à -dire le temps passé et les interactions générées sur la plateforme. Les réseaux sociaux numériques se distinguent aussi par leur dimension participative. Contrairement aux médias traditionnels, où la production de contenu est centralisée, ils permettent à chaque utilisateur d'être à la fois consommateur et producteur d'information. Ce phénomène est souvent désigné par le terme de prosumer ( = producteur-consommateur). Cela a profondément transformé la circulation de l'information, en rendant la diffusion plus rapide, plus horizontale et potentiellement virale. Sur le plan technique, ces plateformes reposent sur des architectures informatiques complexes incluant des bases de données massives, des systèmes de traitement en temps réel et des infrastructures de cloud computing. Elles exploitent également des technologies d'analyse de données (big data) et d'intelligence artificielle pour modérer les contenus, détecter les comportements anormaux et affiner les recommandations. Les réseaux sociaux remplissent plusieurs fonctions sociales. Ils facilitent la communication interpersonnelle à distance, le maintien des relations sociales, la formation de communautés autour d'intérêts communs, ainsi que la diffusion d'informations et d'opinions. Ils jouent également un rôle important dans des domaines comme le marketing, la politique, l'éducation ou encore le divertissement. Cependant, ils présentent aussi des enjeux et des limites. La question de la protection des données personnelles est centrale, car ces plateformes collectent et exploitent de grandes quantités d'informations sur les utilisateurs. Il existe également des problématiques liées à la désinformation, à la propagation de contenus haineux ou à la formation de bulles de filtre, où les utilisateurs sont principalement exposés à des contenus conformes à leurs opinions. Enfin, des effets psychologiques peuvent apparaître, comme la dépendance, la comparaison sociale ou l'impact sur l'estime de soi. Questions philosophiques
autour des réseaux sociaux.
Les réseaux sociaux ont un impact sur nos idées et notre compréhension du monde, et sur divers aspects de la société, de la politique à la culture populaire, en passant par le commerce électronique et le journalisme. Cependant, propriétés d'entreprises puissantes, parfois liées à des Etats (et dans des conditions opaques), ils soulèvent également des préoccupations liées à la vie privée, à la désinformation, au fonctionnement de la démocratie, et à d'autres problèmes. La philosophie des réseaux sociaux s'intéresse donc en premier lieu à ces problèmes éthiques et cherche à élaborer des cadres en amont des questions (techniques , politiques, juridiques) qui se posent à propos de la la conception, l'utilisation et la réglementation des réseaux sociaux. Communication
et interaction sociale.
La
responsabilité.
La citoyenneté
connectée.
Les
réseaux sociaux font des bulles.
On parle de façpon générale de bulles de filtrage pour décrire comment les algorithmes de recommandation, tels que ceux utilisés par les réseaux sociaux (et aussi les moteurs de recherche), montrent aux utilisateurs principalement du contenu avec lequel ils sont déjà d'accord ou qui correspond à leurs préférences passées, ce qui peut entraîner un filtrage de l'information contradictoire ou divergente. La notion de bulle cognitive proche de la précédente, se concentre davantage sur la manière dont les individus peuvent développer des perspectives limitées en raison de leur propre expérience, de leurs croyances et de leur environnement social. Les bulles cognitives peuvent conduire à une vision du monde étroite et à une résistance à l'égard de nouvelles idées ou de perspectives différentes. Une bulle de filtrage, en favorisant la mise en avant de contenus similaires aux opinions d'une personne, peut renforcer sa propre bulle cognitive. Selon les aspects spécifiques dont les utilisateurs perçoivent l'information et interagissent en ligne, on peut éncore définir d'autres sortes de bulles. Ces bulles ne sont pas nécessairement exclusives les unes des autres et peuvent se chevaucher. Un individu donné peut être le prisonnier de plusieurs de ces bulles. En voici quelques-unes: • Les bulles d'information se forment lorsque les utilisateurs sont exposés uniquement à des informations et des actualités qui correspondent à leurs intérêts ou à leurs croyances, ce qui peut les maintenir dans une perspective étroite.L'effacement de la vie privée.• Les bulles de désinformation se forment lorsque les utilisateurs sont exposés à des informations incorrectes ou trompeuses qui circulent dans leur réseau, créant ainsi un environnement où la désinformation peut prospérer. Les entreprises de réseaux sociaux collectent de vastes quantités de données personnelles. Elles peuvent utiliser les données de leurs utilisateurs à des fins lucratives, posant des questions sur l'équité et la transparence dans la collecte et l'utilisation des données. La question du consentement est également posée dans la mesure où les utilisateurs peuvent ne pas comprendre pleinement les conditions d'utilisation des réseaux sociaux et ne pas être conscients de l'étendue de la collecte de données et de la manière dont ces données concernant leur vie privée sont utilisées et éventuellement diffusées. Les pratiques de suivi des utilisateurs par les plateformes de médias sociaux soulèvent également des préoccupations en matière de protection de la vie privée et de démocratie. Démocratie
et réseaux sociaux.
Ils offrent aux citoyens
une plateforme pour s'exprimer, partager des informations et discuter de
questions politiques. Ils permettent aux individus d'accéder à une grande
variété d'informations et de perspectives. Ils aident les citoyens Ã
surveiller et à tenir les gouvernements et les acteurs politiques responsables
de leurs actions, en rendant les informations plus accessibles. Cela peut
aider à élargir la compréhension des enjeux politiques et à promouvoir
une pensée critique ( Tous les citoyens n'ont pas un accès égal aux réseaux sociaux, ce qui peut renforcer les inégalités sociales et économiques, et l'inégalité dans le débat public et l'expression des idées en éteignant certaines voix. De plus, pour les raisons que l'on a évoquées plus haut, les réseaux sociaux ont aussi un rôle dans la diffusion de la dé sinformation, de théories du complot et de fausses nouvelles, l'émotionnel plutôt que le rationnel, entraînant des prises de décision et un engagement politique politique fondé sur des bases erronées. Les réseaux sociaux fonctionnent aussi comme des chambres d'écho, où les individus ne sont exposés qu'à des perspectives similaires aux leurs, ce qui reforce leurs biais cognitifs et aussi par une forme d'effet de meute la polarisation politique. Les abus en ligne, le harcèlement et les comportements inappropriés, qui affectent souvent certaines populations plus que d'autres, peuvent dissuader les gens de participer aux discussions politiques en ligne et ici encore fausser le libre débat. Ajoutons, que les effets négatifs des réseaux sociaux (leur facilité à amplifier les passions, les idéologies de la haine et du rejet, la culture de l'annulation, les mensonges, le panurgisme), sur le bon fonctionnement démocratique ne sont pas seulement d'inévitables "effets secondaires" des algorithmes de tri, ils sont délibérément et habilement exploités par les ennemis des démocraties. Cette exploitation peut se faire de l'intérieur de celles-ci, comme de l'extérieur, avec parfois des acteurs étatiques, dotés des moyens d'une intervention massive et coordonnée sur les réseaux sociaux (trollage) mettant en oeuvre des campagnes de désinformation et de manipulation des opinions publiques. Se pose ainsi la
question du statut dans la Cité des réseaux sociaux. Ils sont un support
d'expression en même temps que détenteurs d'un pouvoir de censure ou
de diffusion d'une expression biaisée. Un nouveau pouvoir, qui n'est pas
celui des institutions, qui n'est pas non plus celui de la presse, et avec
lequel les démocraties vont devoir apprendre à composer.
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