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Mossoul

Mossoulou Mossoul el Maousil (Mosul) est une ville du Nord de l'Irak (Kurdistan),  aujourd'hui deuxième du pays par sa population, sur la rive droite du Tigre, dans la province de Gouvernorat de Ninive, Ă  proximitĂ© de la frontière avec la Syrie et la Turquie. La ville est implantĂ©e sur les deux rives du Tigre, qui traverse l'agglomĂ©ration du nord au sud. Le site urbain se trouve dans une vaste plaine alluviale qui constitue la partie occidentale de la haute MĂ©sopotamie. L'altitude moyenne de la ville est d'environ 220 Ă  230 mètres, et le relief environnant est relativement plat, marquĂ© par des plateaux ondulĂ©s et des terres agricoles. 

À quelques kilomètres à l'est de la ville se trouvent les premiers reliefs du piémont du Kurdistan irakien, annonçant les montagnes du Zagros. Le climat est de type semi-aride continental : les étés sont très chauds et secs avec des températures dépassant fréquemment 40 °C, tandis que les hivers sont plus frais et relativement humides, les précipitations étant concentrées entre novembre et mars. La pluviométrie annuelle reste modeste, généralement autour de 350 à 400 mm, mais elle est suffisante pour soutenir l'agriculture dans la plaine grâce aux sols alluviaux fertiles déposés par le Tigre et ses affluents.

Le Tigre constitue à la fois un élément structurant du paysage et une ressource essentielle pour l'approvisionnement en eau et l'irrigation. Plusieurs ponts relient les deux parties de la ville, et les rives du fleuve ont historiquement concentré les principales activités commerciales et artisanales. La plaine environnante est exploitée pour la culture du blé, de l'orge, du coton et des légumes, ainsi que pour l'élevage ovin. La situation de Mossoul sur des axes de circulation reliant l'Anatolie, la Syrie et le reste de l'Irak a également favorisé son développement comme carrefour régional.

Avant les destructions liées aux conflits du XXIe siècle, la population dépassait deux millions d'habitants dans l'aire urbaine. La composition ethnique et religieuse de la population est historiquement diverse. La majorité des habitants sont des Arabes sunnites, mais la ville et sa région accueillent également des communautés kurdes, turkmènes et assyriennes. Sur le plan religieux, on trouve principalement des musulmans sunnites, mais aussi des minorités chrétiennes, notamment appartenant à l'Église catholique chaldéenne, à l'Église syriaque orthodoxe et à d'autres Églises orientales. Avant les crises récentes, Mossoul possédait l'une des plus importantes populations chrétiennes d'Irak. La région abrite également des minorités religieuses telles que les Yézidis dans les zones voisines du Sinjar.

La structure urbaine reflète un développement historique ancien et une expansion moderne rapide. La vieille ville se situe principalement sur la rive occidentale du Tigre et se caractérise par un habitat dense composé de ruelles étroites, de maisons traditionnelles en pierre et de monuments historiques. Parmi les édifices emblématiques figurait la Grande Mosquée al-Nouri, célèbre pour son minaret incliné appelé al-Hadba. Les quartiers plus récents, généralement construits au XXe siècle, s'étendent surtout sur la rive orientale, où l'urbanisme est plus régulier avec des avenues plus larges, des zones administratives et des quartiers résidentiels modernes. La croissance démographique rapide au cours de la seconde moitié du XXe siècle a entraîné l'apparition de quartiers périphériques et de zones d'habitat parfois informel.

L'économie de Mossoul a longtemps reposé sur sa position commerciale et sur les ressources agricoles de la plaine de Ninive. La ville a également développé des activités industrielles, notamment dans le textile, l'agro-alimentaire et le raffinage pétrolier. La proximité des champs pétrolifères du nord de l'Irak, ainsi que la présence d'axes routiers et ferroviaires vers la Turquie et la Syrie, ont renforcé son rôle économique régional. Mossoul est aussi un centre éducatif et culturel important, notamment grâce à l'Université de Mossoul, l'une des plus grandes institutions d'enseignement supérieur du pays.

Les transformations récentes ont profondément marqué la géographie humaine de la ville. L'occupation par l'organisation État islamique entre 2014 et 2017, suivie de la bataille pour la reprise de la ville, a entraîné d'importantes destructions urbaines et des déplacements massifs de population. De nombreux quartiers, surtout dans la vieille ville, ont été gravement endommagés. Depuis la fin du conflit, un processus de reconstruction est en cours, soutenu par les autorités irakiennes et plusieurs organisations internationales, visant à restaurer les infrastructures, les logements et les monuments historiques.

L'histoire de Mossoul.
La ville moderne s'est développée face aux vestiges de l'antique Ninive, qui s'étendent sur sa rive orientale. Ninive fut l'une des capitales flamboyantes de l'empire assyrien entre le XIIIe et le VIIe siècle avant notre ère. Cette proximité avec un passé pré-islamique aussi riche, mentionné à la fois dans la Genèse et dans le Coran où l'on vénère la tombe du prophète Jonas, a toujours imprégné l'identité du lieu.

C'est à partir de la conquête arabe en 641 que Mossoul, d'abord simple ville de garnison, prend son essor. Devenue capitale provinciale sous les Omeyyades, elle est décrite par les géographes médiévaux comme une cité florissante avec sa citadelle, ses marchés couverts et sa mosquée. Son apogée médiévale survient aux XIIe et XIIIe siècles sous la dynastie des atabeks seldjoukides, une période dorée durant laquelle sont érigés ses monuments les plus emblématiques, à l'image de la mosquée al-Nouri et son minaret penché, qui deviendra le symbole de la ville. Épargnée par les premières invasions mongoles, la ville continue de prospérer, solidifiant son rôle de carrefour commercial entre la Syrie, la Perse et l'Anatolie.

En 1535, Mossoul est intégrée à l'Empire ottoman, devenant la capitale d'une province. La période ottomane est marquée par une relative autonomie, notamment au XVIIIe siècle lorsque la famille locale des al-Jalili gouverne la ville et repousse avec succès un siège du souverain perse Nâdir Châh en 1743. À cette époque, Mossoul est une ville prospère d'environ 60 000 à 70 000 habitants, peuplée d'Arabes, de Kurdes, de Turkmènes et d'une importante minorité chrétienne. Elle est réputée pour son artisanat, en particulier ses fins tissus de coton qui ont donné leur nom à la "mousseline". La ville, ceinte de remparts, abrite de nombreuses mosquées, des églises et des synagogues. Au XIXe siècle, la présence française se manifeste par l'installation de dominicains qui fondent l'église Notre-Dame-de-l'Heure, dont l'horloge, offerte par l'impératrice Eugénie, deviendra un repère pour tous les Mossouliotes.

Le rattachement de Mossoul à l'Irak est tardif et contesté. Après la Première Guerre mondiale, la question de son appartenance se pose entre la France, la Grande-Bretagne et la Turquie. C'est finalement la Société des Nations qui tranche en 1925 en faveur de son intégration au royaume d'Irak sous mandat britannique. Ville majoritairement arabe sunnite dans un pays nouvellement créé où les chiites sont majoritaires, Mossoul devient un pôle d'opposition et se sent parfois marginalisée par le pouvoir central de Bagdad. Tout au long du XXe siècle, elle conserve son rôle de plaque tournante commerciale et agricole, et son université en fait un important centre intellectuel. La ville s'étend, de nouveaux quartiers modernes se construisent sur la rive gauche du Tigre, tandis que la vieille ville sur la rive droite continue de vivre au rythme de ses souks et de sa diversité communautaire.

L'invasion américaine de 2003 et la chute de Saddam Hussein marquent un tournant dramatique. La débaassification et l'arrivée des chiites au pouvoir à Bagdad sont vécues comme une humiliation par de nombreux sunnites à Mossoul. La ville plonge dans un climat d'insécurité chronique, devenant un bastion de la résistance et un terreau fertile pour les groupes djihadistes, dont Al-Qaïda. Enlèvements et assassinats deviennent monnaie courante, et les liens avec l'État se distendent au point de ne plus reposer que sur des réseaux de corruption.

Le 10 juin 2014, Mossoul tombe aux mains de l'Organisation de l'État islamique (Daech) en quelques heures, dans l'indifférence générale d'une armée irakienne en déroute. C'est depuis cette ville que son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, proclame un nouveau "califat". Accueillis par une partie de la population lassée de la corruption et de l'insécurité, les djihadistes imposent rapidement une vision ultra-rigoriste de l'islam. La liberté de culte, promise aux chrétiens contre le paiement d'une taxe, n'empêche pas un exode massif : la quasi-totalité des 35 000 chrétiens et près d'un demi-million d'habitants fuient la ville. Daech entreprend alors une destruction systématique du patrimoine culturel et religieux, considéré comme idolâtre : le musée de Mossoul est saccagé, les statues assyriennes sont brisées, les tombeaux des prophètes, dont celui de Jonas, sont dynamités, et la mosquée al-Nouri, devenue le symbole de la prise de pouvoir, est détruite en 2017.

La libération de Mossoul par les forces irakiennes, soutenues par une coalition internationale, s'est jouée entre octobre 2016 et juillet 2017. La bataille pour la reconquête de la vieille ville, où s'étaient retranchés les derniers djihadistes, a été d'une violence inouïe. Les combats et les bombardements ont rasé des quartiers entiers, anéantissant une grande partie du tissu urbain historique. Aujourd'hui, Mossoul panse ses plaies. Un vaste chantier de reconstruction, emblématiquement mené par l'Unesco sous le slogan "Faire revivre l'esprit de Mossoul", tente de restaurer ce qui peut l'être, comme l'église Notre-Dame-de-l'Heure et le minaret al-Hadba. C'est un défi immense qui se joue : reconstruire une ville meurtrie et redonner vie à son esprit de coexistence.

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Dictionnaire Villes et monuments
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