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Al Jumhuriyah al Arabiyah as Suriyah |
35 00 N, 38 00 E ![]() |
La Syrie
est un Etat de l'Asie -
Carte de la Syrie. Source : The World Factbook. (Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée). Du point de vue de son administration, la Syrie est divisée en 14 provinces (muhafazat) : Les provinces de la Syrie
Géographie physique de la SyrieLe relief syrien se divise en plusieurs ensembles morphologiques distincts. À l'ouest, le long du littoral méditerranéen, s'étend une plaine côtière étroite, fertile, ponctuée de lagunes, qui ne dépasse généralement pas quelques dizaines de kilomètres de large. Elle est rapidement bordée à l'est par la chaîne de montagnes de l'Ansaire (ou Jabal al-Nusayriyah), qui culmine à plus de 1500 mètres, et marque une barrière climatique entre la zone humide littorale et les régions intérieures plus arides.Plus au sud-ouest, se trouve le massif du Anti-Liban, qui forme une frontière naturelle avec le Liban et culmine au mont Hermon à environ 2814 mètres, le point le plus élevé de Syrie. Entre ces deux chaînes montagneuses se situe la dépression de l'Oronte, qui accueille la vallée du fleuve Oronte (Nahr al-ʿĀṣī), un des rares cours d'eau syriens à couler vers le nord. Vers le centre du pays s'étendent des plateaux de moyenne altitude entre 400 et 900 mètres, souvent constitués de formations calcaires ou basaltiques. Cette région est entrecoupée de zones désertiques et semi-désertiques, notamment à l'est de Homs et Palmyre. La steppe syrienne (Badiyat al-Sham) couvre une grande partie de l'est et du sud-est du territoire, en direction de la frontière irakienne. Elle est caractérisée par un climat très aride, des sols pauvres et une végétation clairsemée. C'est une vaste plaine tabulaire entaillée localement par des oueds et de rares affleurements rocheux. Le nord de la Syrie est marqué par la plaine fertile de l'Euphrate, fleuve majeur du pays, qui entre en Syrie près de Jarablus et la traverse sur plus de 600 kilomètres. Il alimente de larges plaines agricoles, particulièrement dans le bassin de l'Al Jazira, au nord-est, région qui regroupe les affluents Khabour et Balikh. C'est l'une des zones les plus fertiles du pays, où l'on trouve des sols alluviaux propices aux grandes cultures. Le barrage de Tabqa a permis la création du lac el-Assad, plus grand lac artificiel de Syrie. Le sud du pays comprend le plateau basaltique du Hauran, d'origine volcanique, avec des altitudes variant de 800 à 1200 mètres. Il est encadré par des formations volcaniques comme le Jabal al-Druze (ou Jabal al-Arab), qui culmine à 1800 mètres. C'est une région semi-aride, mais avec des ressources hydriques souterraines plus abondantes. Le climat syrien varie du méditerranéen à l'ouest au désertique à l'est. La façade littorale bénéficie de précipitations abondantes en hiver (600 à 1 200 mm/an), favorisant une végétation méditerranéenne dense. Dès que l'on franchit les chaînes côtières, les précipitations chutent drastiquement. La steppe centrale reçoit généralement moins de 250 mm par an, tandis que les zones désertiques de l'est reçoivent parfois moins de 100 mm. L'amplitude thermique est élevée, avec des étés très chauds et des hivers parfois rigoureux, notamment en altitude. Le régime hydrographique est principalement influencé par le fleuve Euphrate, seule ressource d'eau permanente à grande échelle. Les autres cours d'eau, comme le Khabour, l'Oronte ou le Barada, sont souvent saisonniers ou tributaires de sources karstiques. Le lac el-Assad, les nappes phréatiques du nord-est et quelques nappes fossiles dans le désert sont exploitées pour l'irrigation, dans un contexte de forte pression hydrique. Biogéographie de la SyrieLa zone méditerranéenne se concentre le long du littoral ouest et sur les versants occidentaux des chaînes de l'Ansaire et du mont Anti-Liban. Elle reçoit les précipitations les plus abondantes du pays et possède une végétation typique des forêts méditerranéennes, aujourd'hui fortement dégradée par l'anthropisation. On y trouvait historiquement des forêts mixtes de chênes (Quercus calliprinos, Q. cerris), de pins d'Alep (Pinus halepensis), de pistachiers (Pistacia palaestina) et de cèdres sur les pentes plus élevées. Aujourd'hui, cette couverture forestière ne subsiste que par fragments, souvent remplacée par des formations arbustives xériques ou des maquis secondaires.À l'intérieur du pays, la végétation évolue progressivement vers des formations steppiques adaptées à la sécheresse, dominées par des graminées annuelles, des armoises (Artemisia herba-alba) et des buissons xérophytes comme le Salsola. Ces steppes occupent une vaste partie du centre syrien, entre les montagnes de l'ouest et les zones désertiques de l'est. Elles constituent un écosystème fragile, exploité pour le pâturage depuis des millénaires, et menacé par le surpâturage et la désertification. La région orientale, qui englobe la Badiyat al-Sham, correspond à un désert froid caractérisé par une végétation clairsemée, souvent limitée à des halophytes, des plantes annuelles et des espèces psammophiles (adaptées au sable). Cette zone est faiblement productrice de biomasse mais abrite une biodiversité animale adaptée aux conditions extrêmes, notamment des reptiles, des petits mammifères, et des oiseaux migrateurs utilisant les oasis comme haltes. Le nord-est syrien, dans la région de l'Al Jazira, se distingue par ses terres alluviales fertiles et son régime hydrique plus favorable grâce à l'Euphrate et à ses affluents. Cette zone appartient à la steppe mésopotamienne et héberge une végétation herbacée riche, parfois exploitée pour l'agriculture intensive, en particulier les céréales. Les zones irriguées soutiennent aussi des cultures arboricoles et des formations secondaires de peupliers et saules le long des berges. Le plateau du Hauran, au sud, présente une végétation steppique à tendance subdésertique, mais modifiée localement par les apports volcaniques et l'exploitation agricole. L'altitude et les conditions géologiques permettent la culture de l'olivier, de la vigne, et d'autres espèces méditerranéennes dans un contexte climatique semi-aride. En termes de faune, la Syrie fait partie de la région paléarctique et abrite une faune variée, bien que de plus en plus menacée par la dégradation des habitats. Dans les forêts de l'ouest, on trouvait autrefois des espèces emblématiques comme le loup gris (Canis lupus), le chacal (Canis aureus), le sanglier (Sus scrofa) et le lynx. Le renard roux (Vulpes vulpes) reste encore présent dans plusieurs zones. Les steppes et déserts accueillent des gazelles (Gazella subgutturosa), des hérissons du désert, des gerboises et une riche communauté d'oiseaux, notamment des outardes, faucons, buses et vautours. Les reptiles, comme les vipères, les geckos et les varans, sont bien représentés dans les zones chaudes et rocailleuses. Plusieurs zones humides, bien que rares, comme le lac Jabbul, les marais de Sabkhat al-Mouh ou les rives de l'Euphrate, jouent un rôle essentiel pour les oiseaux migrateurs du paléarctique occidental. Ce sont des points névralgiques pour des espèces telles que les flamants roses, les cigognes, les ibis chauves, les canards et les limicoles. Ces habitats sont particulièrement sensibles aux perturbations hydriques et à la salinisation. La biogéographie syrienne est profondément affectée par les pressions humaines : déforestation, surexploitation des pâturages, agriculture intensive, urbanisation croissante, et depuis 2011, les effets destructeurs de la guerre sur les milieux naturels. Plusieurs espèces endémiques ou menacées sont aujourd'hui en fort déclin, et la couverture végétale naturelle a fortement reculé. Les aires protégées, peu nombreuses, peinent à jouer un rôle effectif de conservation dans le contexte actuel. Géographie humaine de la SyriePopulation.La population syrienne, estimée à environ 22 millions d'habitants avant 2011, a subi de profonds bouleversements démographiques à la suite de la guerre civile. Les conflits, les déplacements internes massifs et l'exil de plusieurs millions de personnes à l'étranger ont transformé la structure démographique du pays. On estime qu'environ la moitié de la population a été déplacée depuis le début du conflit, dont plus de 6 millions de réfugiés hors des frontières, principalement en Turquie, au Liban, en Jordanie et en Europe. Avant le conflit, la Syrie se caractérisait par une croissance démographique soutenue, avec un taux de natalité élevé (environ 3 enfants par femme) et une population jeune : près de 60 % avait moins de 25 ans. Cette dynamique a depuis été modifiée par l'émigration massive, la baisse de la natalité, la destruction des infrastructures sanitaires, et l'augmentation de la mortalité liée à la guerre. Les zones urbaines ont vu leur population fluctuer fortement selon les vagues de violence et les déplacements, avec certains quartiers autrefois densément peuplés aujourd'hui désertés. Du point de vue sociologique, la Syrie se caractérisait par une forte polarisation entre une élite urbaine instruite, parfois laïque et connectée à l'économie mondialisée, et un monde rural plus conservateur, religieusement structuré, et parfois marginalisé dans le développement économique. Cette fracture a nourri certains des griefs initiaux à l'origine du soulèvement de 2011. L'urbanisation était rapide avant le conflit : plus de 50 % des Syriens vivaient dans les villes. Les grandes métropoles comme Alep, Damas ou Homs accueillaient une classe moyenne en expansion, mais aussi de nombreux quartiers informels résultant de l'exode rural. Le chômage des jeunes, la hausse du coût de la vie et l'accès inégal aux services publics ont nourri un malaise social croissant. Le niveau d'alphabétisation était relativement élevé pour la région (environ 85 % avant-guerre), avec un taux d'alphabétisation féminine en progression. L'enseignement supérieur était accessible et centralisé autour d'universités publiques à Damas, Alep et Homs. Toutefois, le système éducatif a été gravement endommagé, avec des milliers d'écoles détruites ou désaffectées. Sur le plan religieux, la société syrienne, bien que diverse, était relativement tolérante dans les grandes villes. Le régime baasiste prônait une forme de laïcité autoritaire, tolérant la diversité religieuse à condition de loyauté politique. Depuis 2011, les fractures confessionnelles ont été exacerbées par la guerre, les interventions étrangères, et la militarisation des identités. Cela a profondément modifié le tissu social et renforcé la fragmentation territoriale, politique et identitaire du pays. Enfin, les inégalités économiques et sociales se sont fortement accentuées. La pauvreté touche désormais une large part de la population, avec un effondrement de l'économie formelle, une dépendance accrue à l'aide humanitaire, et une informalisation généralisée de l'emploi. Les femmes, les enfants et les personnes déplacées constituent les groupes les plus vulnérables dans ce contexte instable. Quelques-unes des principales villes de la Syrie
Groupes ethnolinguistiques.
Arabes.
Alaouites.
Kurdes.
Arméniens.
Assyro-Chaldéens.
Turkmènes
syriens.
Druzes.
Ismaéliens.
Circassiens.
Palestiniens.
Autres
groupes.
Culture.
Sur le plan linguistique, l'arabe est la langue dominante et vecteur principal de la production culturelle. L'arabe syrien existe sous plusieurs dialectes, du damascène raffiné aux formes plus rurales ou bédouines. L'arabe littéraire est utilisé dans la littérature, les médias, l'enseignement et la vie religieuse. D'autres langues, comme le kurde, l'arménien, le syriaque, l'adyguéen ou le turc, sont parlées dans les communautés respectives, souvent accompagnées de traditions orales spécifiques. Le français et l'anglais sont présents dans l'éducation secondaire et universitaire, héritage de la période mandataire et des liens internationaux. La littérature syrienne contemporaine est caractérisée par un réalisme critique, un lyrisme poétique et une forte conscience politique. Des figures comme Adonis (Ali Ahmad Saïd Esber), grand poète moderniste d'origine alaouite, ont contribué à la transformation de la poésie arabe. La prose syrienne aborde des thèmes sociaux, identitaires et historiques, généralement dans un contexte de censure étatique ou d'exil. Comme sous d'autres régimes autoritaires, la narration allégorique a longtemps servi de moyen d'expression. La musique syrienne reflète la diversité régionale du pays. À Damas et Alep, les écoles de musique classique arabe (maqâm) ont produit des artistes renommés comme Sabah Fakhri, maître du muwashshah, un genre andalou revisité en Orient. Les musiques folkloriques sont omniprésentes : la dabkeh dansée dans les villages, les chants bédouins du désert, les ballades kurdes, les psaumes syriaques dans les liturgies chrétiennes, ou les percussions du zaffa lors des mariages. Les instruments traditionnels comme l'oud, le qanûn, le ney ou le buzuq sont encore enseignés dans les conservatoires syriens. Le patrimoine architectural est l'un des plus riches du monde arabe. Il va des ruines antiques de Palmyre, Bosra et Apamée aux villes musulmanes médiévales comme Alep ou Damas. La vieille ville de Damas, habitée depuis l'Antiquité, conserve un tissu urbain unique : ruelles étroites, patios ombragés, souks couverts, caravansérails, hammams, églises byzantines et mosquées omeyyades. Le style architectural syrien mêle éléments gréco-romains, arabes, mamelouks et ottomans. Les maisons damascènes sont célèbres pour leurs cours intérieures ornées de fontaines, mosaïques et plâtres sculptés. Les arts plastiques ont connu un renouveau au XXe siècle avec des figures comme Fateh Moudarres ou Louay Kayyali, qui ont mêlé symbolisme, expressionnisme et art politique. Les galeries de Damas et Alep ont été pendant longtemps des lieux actifs de diffusion artistique. L'artisanat traditionnel demeure vivant : travail du bois incrusté (marqueterie), tissage du brocart de Damas, céramique émaillée, orfèvrerie, et fabrication de savons d'Alep. Ces métiers reflètent un savoir-faire transmis depuis des générations, bien que fragilisé par la guerre et la mondialisation. La religion joue un rôle structurant dans la culture syrienne, sans être exclusive. Le calendrier est ponctué par les fêtes religieuses musulmanes (Aïd al-Fitr, Aïd al-Adha, Mawlid) et chrétiennes (Noël, Pâques, Saint-Georges). Les rituels soufis (zikr), les processions chrétiennes, les pèlerinages druzes ou ismaéliens sont autant d'expressions d'une religiosité ancrée dans le territoire. Malgré les tensions confessionnelles accentuées par la guerre, la culture syrienne valorisait historiquement la coexistence des cultes dans une même ville, un même quartier, voire un même immeuble. La cuisine syrienne est considérée comme l'une des plus raffinées du Proche-Orient. Elle repose sur la richesse des produits locaux : légumes méditerranéens, agneau, pois chiches, huile d'olive, épices, herbes fraîches. Les plats emblématiques sont le kebbé (à base de boulgour et de viande), le taboulé, les feuilles de vigne farcies (yabrak), les mezzés variés, les grillades, les ragoûts (yakhni), les pâtisseries au miel et pistache (baklawa, maamoul). Les marchés syriens regorgent de parfums, de fruits secs, de dattes, de fromages et de confiseries. Le café (à la cardamome) et le thé sont des rituels sociaux importants, tout comme la consommation d'arak dans les milieux chrétiens et laïques. Le théâtre, le cinéma et la télévision ont été des instruments puissants de la culture populaire syrienne. Le théâtre damascène a connu un essor au XXe siècle avec des auteurs engagés. Le cinéma, bien que contrôlé par l'État, a produit des oeuvres critiques, notamment via la General Organization for Cinema. Mais c'est la production télévisuelle qui a acquis une renommée régionale : les séries syriennes (mousalsalat) comme Bab al-Hara ont conquis tout le monde arabe, en mettant en scène la vie des anciens quartiers, l'honneur familial et les conflits sociaux. La guerre a profondément affecté le paysage culturel : destruction de sites, exode d'artistes, fermeture d'écoles et de lieux culturels, mais aussi renaissance à travers la diaspora. Les artistes syriens en exil – écrivains, musiciens, plasticiens, réalisateurs – continuent à témoigner, créer et transmettre leur patrimoine au-delà des frontières. Economie.
L'agriculture représentait historiquement un pilier de l'économie syrienne. Elle mobilisait environ 20 à 25 % de la main-d'œuvre et contribuait à plus de 15 % du PIB avant-guerre. Les principales cultures comprenaient le blé, l'orge, le coton, les lentilles, les olives, les agrumes et les légumes. Les régions les plus productives se situaient dans l'Euphrate moyen (Raqqa, Deir ez-Zor, Hasaka), les piémonts de l'ouest et le plateau du Hauran. L'État gérait une partie importante de l'irrigation via des grands barrages comme celui de Tabqa. La production agricole a chuté brutalement après 2011 du fait de la destruction des infrastructures, de l'insécurité, du manque d'intrants et des sécheresses récurrentes. Le secteur industriel syrien était relativement diversifié, dominé par les industries légères (textile, agroalimentaire, savonnerie), les matériaux de construction, la chimie, et la métallurgie. Alep, Homs et Damas étaient les principaux centres industriels. L'industrie pétrochimique, en lien avec les hydrocarbures, jouait un rôle important. De nombreuses usines ont été détruites, pillées ou désaffectées pendant le conflit, et le secteur privé a été durement touché par les sanctions internationales, le blocus logistique et la désorganisation des chaînes d'approvisionnement. Les hydrocarbures ont longtemps constitué la principale source de devises et une part significative des revenus de l'État syrien. Avant 2011, la Syrie produisait environ 380.000 barils de pétrole par jour, exportant vers l'Europe et les pays voisins. Les gisements étaient concentrés dans l'est du pays, dans les gouvernorats de Deir ez-Zor et Hasaka. Le gaz naturel était également exploité, notamment dans la région centrale de Palmyre. La guerre a entraîné la perte de contrôle de nombreux gisements au profit de groupes armés, puis de puissances étrangères comme les États-Unis et la Russie. La production actuelle est très réduite et souvent contrôlée par des autorités locales ou étrangères. Le commerce extérieur syrien a été bouleversé par les sanctions internationales imposées par les États-Unis, l'Union européenne et la Ligue arabe. Avant la guerre, les principaux partenaires étaient l'Irak, la Turquie, la Jordanie, le Liban et les pays européens. L'essentiel des exportations comprenait le pétrole, les produits agricoles, le textile et les phosphates. Aujourd'hui, le commerce est largement informel, dominé par des réseaux parallèles avec l'Iran, la Russie, et certaines zones du Liban, de l'Irak et de la Turquie. Le secteur des services, notamment le tourisme, connaissait un essor avant-guerre. La Syrie attirait plus de 8 millions de visiteurs en 2010, grâce à ses sites archéologiques, religieux et naturels. Les villes comme Damas, Alep, Palmyre, Bosra et Krak des Chevaliers figuraient parmi les destinations les plus prisées. Ce secteur a été presque entièrement anéanti par le conflit, bien que quelques tentatives de relance aient vu le jour dans les zones sous contrôle gouvernemental. Le système bancaire et financier est largement sous-développé et dominé par des banques publiques. Depuis les années 2000, quelques banques privées avaient commencé à s'implanter, mais le système reste fermé, peu transparent, et fortement impacté par les sanctions internationales. L'accès au crédit est limité, l'inflation est galopante, et la livre syrienne a connu une dépréciation catastrophique, perdant plus de 90 % de sa valeur depuis 2011. L'économie est désormais largement dollarisée dans les transactions courantes. Le chômage est endémique, estimé à plus de 50 % dans certaines régions, surtout chez les jeunes. De nombreuses familles vivent sous le seuil de pauvreté, avec une dépendance croissante à l'aide humanitaire, aux transferts de la diaspora, ou à des activités de survie dans l'économie informelle. Le secteur informel représente une part majeure de l'activité économique : marchés noirs, contrebande, commerce transfrontalier non régulé, et économies de guerre dominées par des milices, des réseaux d'intermédiaires et des acteurs étrangers. Les inégalités sociales et territoriales se sont accentuées. Certaines régions sous contrôle gouvernemental, notamment autour de Damas, Lattaquié et Tartous, ont connu un certain redémarrage, souvent lié à des investissements russes ou iraniens. D'autres zones, surtout au nord-est, tentent de fonctionner de manière autonome, avec leurs propres systèmes de fiscalité, de distribution et de subsistance. Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, début 2025, et un apaisement relatif de la situation, la reconstruction économique reste très incertaine. Elle est entravée par une instabilité persistante et l'absence de règlement politique véritable, la méfiance internationale envers les nouvelles autorités,, la destruction massive des infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, usines), la fuite des capitaux et des compétences, ainsi que par la fragmentation du pays en zones de contrôle encore hétérogènes. Malgré les discours officiels, la Syrie reste une économie sinistrée, marquée par la pénurie, la corruption, la dépendance extérieure, et un niveau de vie dramatiquement effondré. |
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