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Al Jumhuriyah al Iraqiyah |
33 00 N, 44 00 E ![]() |
L'Irak est
un Etat de l'Asie Du point de vue de son administration, le pays est divisé 18 gouvernorats (muhafazat) et une région (Gouvernement régional du Kurdistan) : Les gouvernorats de l'Irak
Bagdad
Carte de l'Irak. Source : The World Factbook. (Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée). Géographie physiqueL'Irak occupe tout le bassin de Tigre et de l'Euphrate inférieurs et moyens, c'est-à-dire une vaste territoire centré sur ce qui était autrefois la Mésopotamie. Au Nord, il y une série de hauteurs qui s'étendent du voisinage du golfe d'Alexandrette (auj. Iskenderum, en Turquie) à la frontière iranienne et dépendent du Taurus, du massif Arménien et la chaîne plissée des monts du Kurdistan, auquel appartient tout le Nord-Est du pays. A l'Ouest et au Sud-Ouest, le bassin des deux fleuves est bordé par le plateau de la péninsule Arabique, et se trouve dans le prolongement des déserts Syrien et du Nefoud.Une falaise escarpée, formée de calcaire ou de grès, borde à l'Ouest presque sans interruption la rive droite de l'Euphrate, jusqu'à Faloudja (à la hauteur de Bagdad), surplombant le fleuve de 150 mètres et y descendant par des pentes escarpées. A partir de Faloudja, les hauteurs s'écartent du fleuve jusqu'à une distance de plus de 100 kilomètres et la limite avec ce qui appartient à la péninsule arabique est indécise. On peut distinguer deux parties dans la région centrale de l'Irak, entre les deux fleuves-: 1° au Nord, là où les deux fleuves sont le plus éloignés, c'est la Mésopotamie au sens propre, qui porte aujourd'hui le nom d'El Djezireh (= l'île), avec un sens similaire.La partie la plus au nord une sorte de steppe, peu productive, bonne tout au plus pour I'élevage du mouton, et couverte au printemps d'une herbe assez épaisse. Seul, le fond de la vallée de l'Euphrate est couvert de grands taillis plus ou moins épais, et de nombreuses clairières, d'herbes drues, mélangées de graminées et de légumineuses. Le fond de la vallée devient d'ailleurs de plus en plus fertile à mesure que l'on s'avance vers le Sud. Mais dès que l'on s'éloigne des rives, le désert reprend, sans villes, sans habitants, sauf quelques tribus de Bédouins. Vers le parallèle 33° 30' les derniers contreforts des collines marquent le début d'une région de formation plus récente. Elle est constituée uniquement par les alluvions des fleuves. Elle est absolument plate, sans aucun accident de terrain et sans autres arbres que des palmiers. Celle-ci possède les terres les plus fertile du pays : c'est l'antique Babylonie. La proximité très grande du Tigre et de l'Euphrate (50 à 200 km) a permis très tôt l'établissement d'un très grand nombre de canaux d'irrigation qui, bien avant l'expoitation des ressources pétrolières, ont permis un développement presque unique de la richesse naturelle du pays et lui ont assuré, dans l'Antiquité et aux premiers siècles de la civilisation arabe, une extraordinaire prospérité. Aujourd'hui, la plupart de ces canaux sont tombés en ruine et le pays est aride. Les rives sont bordées de jungles coupées par les anciens canaux remplis d'eau pendant les crues. La topographie est confuse; le cours du fleuve et de ses affluents est, en effet, soumis à de constantes fluctuations.Plus au Sud, l'Euphrate forme une série de lagunes désolées, et s'épanche avec ses affluents en d'immenses marais, coupés de chenaux étroits bordés de fourrés de joncs. Pendant la saison des crues, l'Irak tout entier devient une véritable mer intérieure. Le climat.
La pluie tombe d'octobre à mai. De mai à octobre le ciel reste d'un bleu éclatant, s'il n'est pas troublé par des tourbillons de poussière. Les chutes de pluie deviennent de moins en moins abondantes à mesure que l'on s'éloigne de la région méditerranéenne pour se rapprocher du golfe Persique. L'atmosphère est extraordinairement claire et pure. Dans les régions montagneuses du Nord le long des frontières iraniennes et turques, les hivers sont froids avec des neiges parfois abondantes qui fondent au début du printemps, causant parfois des inondations dans le centre et le sud de l'Irak Biogéographie de l'IrakL'Irak pays peut être grossièrement divisé en plusieurs zones biogéographiques distinctes, chacune abritant une flore et une faune spécifiques, adaptées aux conditions environnementales locales.La partie nord et nord-est de l'Irak est caractérisée par un relief montagneux,qui bénéficie d'un climat méditerranéen à continental. L'altitude élevée et les précipitations relativement plus importantes permettent le développement d'une végétation plus dense. On y trouve des formations steppiques, des prairies de montagne, et des zones de forêts claires ou de maquis, dominées par des chênes (notamment Quercus brantii), des pistachiers et divers arbustes épineux. La faune y est adaptée à ces paysages vallonnés et montagneux. Elle englobe historiquement des espèces comme la chèvre sauvage, diverses espèces d'oiseaux de proie, et des mammifères plus petits. Cette zone sert également de refuge à certaines espèces ayant disparu des plaines plus peuplées. En descendant des montagnes vers le sud, on trouve une vaste zone de steppe et de plaine semi-aride dans le nord-ouest et le centre-ouest. Le climat y est aride à semi-aride, avec des précipitations faibles et irrégulières. La végétation est dominée par des graminées, des herbes annuelles qui fleurissent après les rares pluies printanières, et des arbustes bas et adaptés à la sécheresse, comme diverses espèces d'armoises (Artemisia). Cette zone est une transition entre les montagnes humides et le désert. La faune y est adaptée aux espaces ouverts et aux variations de température. Elle comprend des rongeurs, des renards, divers reptiles, et une avifaune typique des milieux ouverts et steppiques. Le coeur de l'Irak est occupé par l'immense plaine alluviale, formée par les dépôts sédimentaires du Tigre et de l'Euphrate. Historiquement, cette région, la Mésopotamie, était un centre de biodiversité lié aux systèmes fluviaux. Le climat y est aride à très aride, mais la présence des fleuves permet une irrigation extensive. La végétation naturelle de cette plaine a été largement transformée par des millénaires d'agriculture. Les zones riveraines abritaient autrefois des forêts galerie avec des peupliers et des saules, mais elles sont aujourd'hui fortement réduites ou dégradées. Le paysage actuel est dominé par les cultures (dattiers, céréales), avec des zones de végétation rudérale ou halophile (adaptée aux sols salinisés, un problème croissant dans la plaine). La faune de cette zone est soit adaptée aux milieux agricoles et péri-urbains, soit fortement dépendante des rivières et des canaux d'irrigation restants. Les oiseaux migrateurs utilisent encore ces couloirs fluviaux. L'une des caractéristiques biogéographiques les plus remarquables de l'Irak se trouve à l'extrême sud, à la confluence du Tigre et de l'Euphrate : les vastes marais mésopotamiens. Cet écosystème de zones humides d'eau douce, l'un des plus importants du Moyen-Orient et inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, est un havre de biodiversité qui contraste fortement avec les déserts environnants. La végétation y est dominée par les roseaux (Phragmites), les joncs et d'autres plantes aquatiques et semi-aquatiques. Les marais sont d'une importance capitale pour l'avifaune, et servent de lieu de reproduction, d'hivernage et d'étape pour des millions d'oiseaux migrateurs le long de la voie de migration afro-paléarctique, incluant des espèces emblématiques comme les flamants roses, les pélicans, et une grande variété de canards, d'oies et d'échassiers. Ils abritent également une faune mammalienne spécifique comme la loutre à pelage lisse, le sanglier, et divers petits mammifères, ainsi qu'une riche faune piscicole, base de l'économie traditionnelle des habitants des marais. L'histoire récente des marais, marquée par un assèchement quasi total dans les années 1990 suivi d'une restauration partielle, illustre à la fois leur résilience et leur extrême vulnérabilité aux interventions humaines et aux changements climatiques. Enfin, la vaste étendue désertique couvre la majeure partie de l'ouest et du sud de l'Irak, formant une partie du grand désert d'Arabie. Le climat y est hyperaride, avec des températures extrêmes et des précipitations quasi nulles. La végétation y est très rare et clairsemée, composée de plantes hautement adaptées à la sécheresse (xérophytes), comme certaines acacias, des buissons épineux et des herbes éphémères qui germent et fleurissent rapidement après une pluie rare. La faune est également spécialisée, incluant des reptiles (lézards, serpents), des insectes, des scorpions, et des mammifères capables de survivre avec peu d'eau, comme diverses espèces de rongeurs, de renards (dont potentiellement le fennec dans certaines zones), et autrefois de grandes antilopes comme l'oryx d'Arabie (aujourd'hui disparue de l'Irak à l'état sauvage, mais faisant l'objet de tentatives de réintroduction régionales) et diverses gazelles, dont les populations ont été décimées par la chasse et la perte d'habitat. Cette biodiversité est aujourd'hui confrontée à de nombreux défis : la pénurie croissante d'eau due au changement climatique et construction de barrages en amont sur les fleuves (en Turquie, Syrie et Iran, mais aussi en Irak), la désertification progressive, la salinisation des sols dans la plaine alluviale, la perte et la fragmentation des habitats dues à l'agriculture et à l'urbanisation, la pollution, et les impacts persistants des décennies de conflits armés qui ont affecté les écosystèmes et la faune. Géographie humaine de l'IrakPopulation.L'Irak est peuplé d'environ 45 millions d'habitants. Sa population se caractérise par une relative jeunesse, bien que les décennies de conflit aient eu un impact significatif sur l'espérance de vie et la structure d'âge, aussi bien en raison des pertes humaines que de l'émigration. Le taux de fécondité a été historiquement élevé, et contribue à une croissance démographique rapide, même si les tendances récentes, comme dans d'autres pays de la région, montrent un certain ralentissement. La population est principalement concentrée dans les grandes villes et le long des fleuves Tigre et Euphrate, ce qui laisse de vastes zones désertiques ou montagneuses moins densément peuplées. L'urbanisation est un phénomène majeur, avec une proportion croissante de la population vivant dans des centres urbains comme Bagdad, Bassorah, Mossoul, et Erbil. La structure sociologique de l'Irak est fondamentalement définie par sa composition ethno-confessionnelle, qui est à la fois une richesse et une source historique de tensions. Le groupe majoritaire est constitué par les Arabes, subdivisés principalement entre musulmans chiites et musulmans sunnites. Le deuxième groupe ethnique majeur est constitué par les Kurdes, généralement sunnites. En outre, la structure tribale reste une composante importante du tissu social irakien, particulièrement en dehors des grandes villes. Les affiliations tribales continuent de jouer un rôle dans les relations sociales, la résolution des conflits, et même la politique locale et nationale, en transcendant parfois les divisions ethno-confessionnelles (il existe des tribus arabes chiites, sunnites, et kurdes). Ces structures traditionnelles coexistent et interagissent de manière complexe avec les institutions étatiques modernes et les identités ethno-confessionnelles. Enfin, les décennies de guerre, de sanctions, de violence sectaire et l'impact de groupes teroristes comme Daech (groupe Etat Islamique) ont profondément fragmenté le tissu social, et entraîné des déplacements internes massifs et une diaspora significative. Ces mouvements de population ont altéré la composition démographique de nombreuses régions, affaibli les liens communautaires traditionnels et posent des défis persistants en matière de réconciliation, de retour des déplacés et de reconstruction sociale. Quelques-unes des principales villes de l'Irak
Groupes ethnolinguistiques. Arabes. La majorité de la population irakienne est arabe. Elle représente environ 75 à 80% du total. Les Arabes sont répartis dans tout le pays, avec une concentration majeure dans le centre et le sud de l'Irak, ainsi qu'à Bagdad et dans les régions de l'ouest. Au sein de la population arabe, il existe une division religieuse majeure entre les Arabes chiites, majoritaires en Irak et principalement concentrés dans le centre et le sud, et les Arabes sunnites, présents dans l'ouest, le centre, le nord et dans les grandes villes comme Bagdad et Mossoul. La langue parlée par les Arabes est l'arabe irakien, avec des variations dialectales régionales. Kurdes.
Turkmènes.
Chrétiens.
Yazidis.
Shabaks.
Autres
groupes.
Culture
Au fil des siècles, l'Irak a été un carrefour d'influences perses, grecques, romaines, puis arabes et islamiques, ainsi que turques et britanniques plus récemment. La conquête islamique au VIIe siècle a été particulièrement transformative, et a fait de l'Irak, et notamment de Bagdad durant l'âge d'or abbasside, un centre mondial d'apprentissage, de science, de philosophie, de littérature et d'art. Cet âge d'or a légué à l'Irak une fierté pour son héritage intellectuel et scientifique, ainsi qu'une forte tradition dans la poésie, la calligraphie et l'architecture. La poésie a toujours été très estimée, avec une tradition qui remonte à l'époque préislamique et s'est développée à travers les âges. La musique irakienne est célèbre, en particulier le maqam irakien, une forme complexe et mélodique de musique vocale traditionnelle, ordinairement accompagnée d'instruments comme le oud (luth), le qanun (cithare) et le riq (tambourin). L'art visuel, la sculpture et surtout la calligraphie (considérée comme l'une des plus belles formes d'art) ont une longue histoire et continuent d'être pratiqués. L'artisanat traditionnel, tel que la poterie, le travail du cuivre, le tissage de tapis et la fabrication de bijoux, reflète également le riche héritage culturel. La cuisine irakienne est une fusion d'influences mésopotamiennes, arabes, perses et turques. Elle utilise abondamment le riz, l'agneau, les dattes, les légumineuses, et une grande variété d'épices. Parmi les plats emblématiques, on trouve le masgouf (poisson grillé sur feu de bois, souvent une carpe d'eau douce), les dolma (feuilles de vigne ou légumes farcis), le kibbeh (boulettes de viande de blé concassé et de viande hachée), divers ragoûts appelés margat, et une multitude de pâtisseries et de desserts à base de dattes et de noix, souvent arrosés de sirop. Le thé (chai) est une boisson consommée tout au long de la journée en signe d'hospitalité. Malgré les décennies de conflits, de sanctions et d'instabilité politique qui ont gravement affecté la société et les infrastructures culturelles, le peuple irakien a fait preuve d'une résilience remarquable pour préserver son identité et ses traditions. De nombreux sites archéologiques et monuments historiques ont souffert, et des institutions culturelles ont été pillées ou endommagées, mais les efforts de reconstruction et de préservation sont en cours, portés par des initiatives locales et internationales. La vie culturelle, bien que mise à l'épreuve, continue de s'exprimer à travers la musique, la poésie, l'art et la vie quotidienne. Economie.
Historiquement, l'économie a été marquée par plusieurs décennies de conflits, de sanctions internationales et d'instabilité interne, ce qui a gravement endommagé les infrastructures, entravé le développement des secteurs non pétroliers et créé un environnement des affaires difficile. Après 2003, d'importants investissements ont été réalisés pour augmenter la production pétrolière, ce qui a permis une reprise de la croissance, mais les défis structurels persistants limitent la diversification et la stabilité. L'agriculture, qui était autrefois un secteur important, a souffert du manque d'investissements, des pénuries d'eau accrues par le changement climatique et des tensions régionales, ainsi que de l'instabilité. Elle contribue désormais modestement au PIB. L'industrie est principalement liée aux hydrocarbures (raffineries, pétrochimie) ou reste limitée et peu compétitive. Le secteur des services est en croissance, notamment dans les télécommunications, la construction et le commerce, mais il est freiné par un environnement réglementaire complexe, la corruption et le manque de financement. Le marché du travail irakien est caractérisé par un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes, et un large secteur public qui a du mal à absorber la main-d'oeuvre croissante. La création d'emplois dans le secteur privé non pétrolier est insuffisante pour répondre à la demande. Outre la dépendance au pétrole, les défis économiques majeurs auxquels l'Irak est confronté sont une corruption systémique qui mine l'efficacité des dépenses publiques et décourage les investissements; un déficit infrastructurel criant, notamment en matière d'électricité, d'eau potable et de transport, qui entrave l'activité économique et la qualité de vie; l'insécurité résiduelle et l'instabilité politique qui pèsent sur la confiance des investisseurs; un cadre juridique et réglementaire complexe et opaque; et des problèmes de gouvernance qui rendent difficile la mise en œuvre de réformes structurelles. Malgré ces obstacles, l'Irak possède un potentiel considérable, fondé non seulement sur ses vastes réserves pétrolières, mais aussi sur sa position géographique stratégique et une population jeune. Des efforts sont en cours, bien que lents et parfois chaotiques, pour réformer le système financier, améliorer le climat des affaires, encourager la diversification vers l'agriculture, le tourisme ou d'autres industries légères, et attirer les investissements étrangers non pétroliers. La reconstruction des zones touchées par le conflit et l'amélioration des infrastructures sont des priorités, nécessitant des financements importants que le pays peine à mobiliser durablement hors des revenus pétroliers.
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