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Dioné (Source : Ciclops - Cassini Imaging) |
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| Dioné Sur le plan orbital, Dioné évolue à une distance moyenne d'environ 377 400 kilomètres du centre de Saturne, avec une période de révolution d'environ 2,74 jours terrestres. Son orbite est quasi circulaire et faiblement inclinée par rapport au plan équatorial de Saturne, avec une excentricité résiduelle de l'ordre de 0,0022. Comme la plupart des satellites majeurs de Saturne, Dioné est en rotation synchrone, présentant toujours la même face à la planète. Elle est en résonance orbitale de moyen mouvement 1:2 avec Encelade, situé plus près de Saturne, ce qui contribue au chauffage par marées de cette dernière; Dioné partage également son orbite avec deux satellites troyens de bien plus petite taille, Hélène et Polydeucès, situés respectivement aux points de Lagrange L4 et L5. Du point de vue physique,
Dioné présente un rayon moyen d'environ 561 kilomètres, ce qui en fait
un corps de taille intermédiaire parmi les satellites glacés de Saturne.
Sa masse est estimée à environ 1,095.1021
kilogrammes, pour une densité moyenne d'environ 1,48 gramme par centimètre
cube, valeur qui indique une composition mixte associant glace d'eau et
matériaux rocheux silicatés en proportions significatives, contrairement
à des satellites plus purement glacés comme Téthys. Cette densité relativement
élevée suggère un intérieur partiellement différencié, avec un noyau
rocheux entouré d'un manteau de glace, bien que l'existence d'un océan
interne sous-glaciaire actuel reste débattue, certaines analyses de la
libration et de la forme du satellite suggérant sa possibilité.
Dioné, par la sonde Voyager 2 (1982). Cette image avait laissé croire à d'épais dépôts de glace claire à la surface sombre de l'astre. On sait désormais qu'il s'agit plutôt de riches systèmes de fins sillons qui en strient le sol. (Source : NSSDC. Crédit : JPL, NASA). La surface de Dioné présente une dichotomie marquée entre l'hémisphère avant et l'hémisphère arrière, résultat du bombardement par les particules du système saturnien et de processus géologiques. L'hémisphère de tête, orienté dans le sens du mouvement orbital, est fortement cratérisé et présente une coloration relativement sombre due au bombardement par des particules chargées et des micrométéorites. L'hémisphère arrière, en revanche, est traversé par un réseau de stries brillantes appelées initialement "wispy terrain" lors des observations de Voyager, et réinterprétées grâce aux données de la mission Cassini comme un système de failles tectoniques et de canyons exposant de la glace fraîche sous-jacente, plutôt que comme des dépôts de givre en surface ainsi qu'on le pensait initialement. Les terrains de Dioné
se répartissent en plusieurs unités géologiques distinctes : des plaines
fortement cratérisées héritées du bombardement primordial, des plaines
modérément cratérisées d'âge intermédiaire, et des terrains tectoniquement
remaniés marqués par des chasmata, des fossae et des dorsa, témoignant
d'une activité tectonique postérieure à la formation initiale de la
croûte. Certains grands cratères d'impact,
comme Aeneas et Dido, atteignent des diamètres de plusieurs dizaines Ă
plus de cent kilomètres et présentent des structures centrales complexes.
La prĂ©sence de ces terrains tectoniques indique que DionĂ© a connu, Ă
un stade de son histoire, une activité géologique interne suffisante
pour déformer sa croûte glacée, probablement liée au chauffage par
marées passé, plus intense que l'actuel, dans un contexte de résonances
orbitales différentes de celles observées aujourd'hui.
Cratères et fractures tectoniques à la surface de Dioné. Gros plan obtenu par la sonde Cassini-Huygens le 14 décembre 2004. (Source : Ciclops - Cassini Imaging; traitement : Imago Mundi). La mission Cassini-Huygens, en orbite autour de Saturne de 2004 à 2017, a réalisé plusieurs survols rapprochés de Dioné, permettant d'affiner considérablement la cartographie de sa surface, la détermination de son champ de gravitation et la caractérisation de son environnement. Ces données ont notamment révélé une exosphère ténue d'oxygène moléculaire, ainsi que des interactions complexes avec la magnétosphère saturnienne, incluant des flux de particules chargées canalisées vers la surface du satellite. Dioné demeure ainsi un objet d'intérêt majeur pour la compréhension de l'évolution thermique et tectonique des satellites glacés de taille moyenne, en comparaison avec des corps comme Téthys, Rhéa ou Encelade. |
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