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Hagere Ertra |
15 00 N, 39 00 E ![]() |
L'Erythrée
est un Etat de la Corne de l'Afrique -
Carte de l'Erythrée. Source : The World Factbook. (Cliquer sur l'image pour afficher une grande carte). Administrativement, l'Erythrée est divisée en 6 régions (zobatat) : Anseba, Debub (Sudh), Debubawi K'eyih Bahri (Sud-Mer Rouge), Gash Barka, Ma'akel (Centre), Semenawi Keyih Bahri (Nord-Mer Rouge). La capitale de l'Erythrée
est Asmara (564 000 habitants environ). Les
autres villes sont de bien moindre importance : Keren (75 000 hab.), Massawa Géographie physique de l'ErythréeLe territoire de l'Erythrée peut être schématiquement divisé en trois grandes zones.La plaine côtière.
Le plateau central.
Les basses terres
occidentales.
Biogéographie de l'ErythréeL'Érythrée se divise en plusieurs zones biogéographiques distinctes qui descendent d'un plateau central élevé vers des plaines arides à l'ouest et des plaines côtières chaudes et sèches à l'est. Le climat varie considérablement avec l'altitude; la côte de la mer Rouge est l'une des régions les plus chaudes et arides du monde, tandis que les hauts plateaux centraux bénéficient d'un climat tempéré avec des précipitations modérées et distinctes saisons humides et sèches, et les basses terres occidentales sont chaudes et semi-arides à arides avec une saison des pluies plus courte.Cette hétérogénéité environnementale soutient une grande variété d'habitats. La zone côtière et les îles de l'archipel des Dahlak sont caractérisées par une végétation désertique résistante au sel, des mangroves dans certaines criques protégées, et surtout des écosystèmes marins riches incluant des récifs coralliens et des herbiers marins qui abritent une faune sous-marine diverse. En remontant l'escarpement oriental vers les hauts plateaux, on trouve des zones de broussailles d'Acacia-Commiphora dans les parties plus sèches, laissant place à des vestiges de forêts de montagne (avec genévriers et oliviers sauvages) et des prairies dans les zones plus humides et d'altitude intermédiaire, bien que ces habitats aient été fortement impactés par l'activité humaine. Les hauts plateaux eux-mêmes sont dominés par des prairies d'altitude et des zones cultivées, avec des arbres clairsemés, qui reflète une longue histoire d'agriculture et de pâturage. Les vastes basses terres occidentales sont principalement couvertes de savanes arbustives, de prairies semi-arides et de woodlands d'Acacia, traversées par des lits de rivières saisonnières (wadis) qui soutiennent une végétation riveraine plus dense. Certaines parties de l'ouest sont extrêmement arides, et se fondent dans les déserts soudanais. La faune érythréenne est un mélange d'espèces paléarctiques (surtout chez les oiseaux migrateurs) et afro-tropicales. Les mammifères comprennent diverses gazelles (comme la gazelle Dorcas et la gazelle de Soemmerring), le Grand Koudou, le phacochère, des babouins Hamadryas, des singes verts, diverses espèces de chacals et de renards, le caracal et le chat sauvage. Les grands mammifères comme les éléphants, les lions, les léopards, les guépards, l'Oryx et le zèbre de Grévy étaient autrefois présents mais sont maintenant extrêmement rares ou ont disparu localement en raison de la guerre, de la chasse et de la perte d'habitat. L'âne sauvage d'Afrique, une espèce menacée, pourrait encore survivre dans des zones très isolées près de la frontière éthiopienne. La mer Rouge est un habitat important pour les dugongs, les dauphins et une multitude d'espèces de poissons coralliens. L'avifaune est particulièrement riche, l'Érythrée étant située sur une voie de migration majeure pour de nombreuses espèces entre l'Europe et l'Afrique. On y trouve une grande variété d'oiseaux résidents adaptés aux différents milieux, des rapaces aux espèces de savane et de désert, en passant par les oiseaux aquatiques et marins. Les reptiles sont également bien représentés, notamment dans les zones arides et semi-arides, avec diverses espèces de lézards et de serpents, y compris des cobras et des vipères. Les écosystèmes d'eau douce sont moins développés en raison de la nature saisonnière de la plupart des cours d'eau, qui limitent la diversité des poissons d'eau douce et des amphibiens. L'endémisme n'est pas aussi élevé que dans certaines régions isolées comme les hauts plateaux éthiopiens voisins, mais le pays abrite plusieurs espèces ou sous-espèces de plantes et d'animaux considérées comme quasi-endémiques ou dont l'aire de répartition est largement confinée à la Corne de l'Afrique et aux régions adjacentes, reflétant son histoire géologique et son isolement relatif dans certains écosystèmes. Des décennies de conflit, l'expansion de l'agriculture, le surpâturage, la déforestation et les impacts du changement climatique (sécheresses accrues) ont gravement dégradé les habitats naturels à travers le pays. Bien que certaines zones aient été désignées comme parcs nationaux ou zones protégées (comme le parc national de Semenawi Bahri ou l'archipel des Dahlak proposé comme réserve), l'application et les ressources pour une gestion efficace sont souvent limitées. La protection des écosystèmes marins de la mer Rouge est d'une importance cruciale pour la biodiversité côtière et marine. Géographie humaine de l'ErythréePopulation.Les estimations de la population varient considérablement, allant de 3,5 à près de 6 millions d'habitants. Il est difficile de fournir des chiffres précis en raison de l'absence de recensement fiable et surtout, d'une émigration massive et continue. Le taux de croissance naturel est modéré, mais il est largement compensé, voire dépassé, par un taux d'émigration parmi les plus élevés au monde. Cette situation crée une structure d'âge déséquilibrée, avec une proportion importante de jeunes (bien que beaucoup cherchent à partir) et une fuite des cerveaux significative, car ce sont souvent les individus les plus éduqués et les plus dynamiques qui quittent le pays pour échapper au service national obligatoire (souvent de durée indéfinie) et au manque de débouchés. L'espérance de vie s'est améliorée par rapport aux années de guerre mais reste en deçà des moyennes régionales. La fécondité est modérée. L'urbanisation progresse, principalement autour de la capitale, Asmara, mais la majorité de la population reste rurale. La diaspora érythréenne est vaste et joue un rôle économique et social important par les transferts de fonds, mais aussi en maintenant des liens qui facilitent d'autres départs. Les réfugiés et demandeurs d'asile érythréens représentent une part significative des flux migratoires mondiaux, notamment vers l'Europe, le Soudan, l'Éthiopie et Israël. La structure sociale traditionnelle est fortement basée sur le clan, la parenté et l'appartenance ethnique, mais ces structures sont de plus en plus érodées ou cooptées par le contrôle centralisé de l'État et du parti unique, le Front Populaire pour la Démocratie et la Justice (PFDJ). Le service national, qui comprend une composante militaire et civile et commence souvent à l'âge de 12-14 ans à l'école secondaire de Sawa, est une institution sociale centrale et universelle qui affecte profondément la vie des jeunes, retarde l'éducation, l'entrée sur le marché du travail et la formation de familles. Il est également une source majeure de mécontentement et un moteur de l'émigration. La famille reste une unité sociale fondamentale, mais elle subit d'énormes pressions dues aux séparations causées par l'émigration et le service national. Le système éducatif est étatique, mais son fonctionnement est étroitement lié au service national. L'accès aux soins de santé de base s'est amélioré dans certaines zones, mais les infrastructures et le personnel qualifié sont limités, notamment en raison de l'émigration des professionnels de santé. La société civile indépendante est pratiquement inexistante, les libertés d'expression, d'association et de réunion étant sévèrement restreintes. Les organisations sociales, culturelles ou économiques sont soit sous contrôle étatique, soit interdites. Sur le plan religieux, la population est approximativement également divisée entre chrétiens (principalement orthodoxes de l'Église Tewahedo d'Érythrée, ainsi que catholiques et protestants) et musulmans (majoritairement sunnites). Les affiliations religieuses coïncident souvent, sans être exclusives, avec les affiliations ethniques (par exemple, les Tigrinyas sont majoritairement chrétiens orthodoxes, tandis que les Tigrés, Afars et Sahos sont majoritairement musulmans). L'État reconnaît officiellement quatre confessions : l'Église Orthodoxe Tewahedo d'Érythrée, l'Église Catholique Romaine, l'Église Évangélique Luthérienne d'Érythrée et l'Islam Sunnite. Les autres groupes religieux sont soumis à des restrictions sévères, voire à la persécution. La religion est un facteur social important, mais son expression publique est sous la surveillance et le contrôle du gouvernement. Quelques-unes des principales villes de l'Erythrée
Groupes ethnolinguistiques. La diversité ethnolinguistique de l'Érythrée est reconnue officiellement par le gouvernement qui identifie neuf groupes principaux. Chacun de ces groupes possède sa propre langue, ses traditions et généralement un mode de vie adapté à la région qu'il habite. Bien que les pourcentages soient des estimations et puissent varier, cette classification officielle sert de cadre pour comprendre la diversité ethnolinguistique de la nation. Les langues tigrinya et arabe considérées comme les langues de travail, tandis que l'anglais est utilisé dans l'éducation supérieure et les affaires, mais la préservation et l'utilisation des langues des neuf groupes sont encouragées. Tigrinya.
Tigre.
Afar.
Saho.
Bilen.
Kunama.
Nara.
Hedareb.
Rashaida.
Culture.
La musique et la danse varient considérablement entre les groupes ethniques. Les instruments traditionnels comprennent le krar (une lyre à cinq ou six cordes) et le masinko (une viole à une seule corde). La musique est volontiers mélancolique ou rythmée, et accompagne les célébrations, les mariages et les événements sociaux. Chaque groupe ethnique a ses propres styles de danse, souvent caractérisés par des mouvements d'épaules et des pas rythmés, comme le guayla des Tigrinya. La vannerie est particulièrement réputée dans le sud du pays, avec des paniers tressés de couleurs vives et aux motifs complexes. L'artisanat du métal, notamment les croix orthodoxes en argent portées en pendentif ou utilisées comme ornements, est également important. La poterie, le tissage et la sculpture sur bois sont d'autres formes d'expression artistique. L'art religieux, comme les peintures murales et les icônes dans les églises orthodoxes, est une tradition ancienne. La tradition orale est forte en Érythrée, avec des contes, des légendes, de la poésie et des proverbes transmis de génération en génération, particulièrement dans les groupes où l'alphabétisation écrite était moins répandue historiquement. La littérature écrite se développe, généralement influencée par l'histoire récente du pays, la guerre d'indépendance et les défis contemporains. Les coutumes sont profondément ancrées dans le respect, l'hospitalité et la communauté. Accueillir des invités est un devoir sacré. Le respect des aînés est primordial. Les liens familiaux sont très forts, et la famille élargie joue fréquemment un rôle de soutien essentiel. Le concept de mesgebo, une forme d'entraide communautaire, illustre l'importance de la solidarité. La résilience est une valeur culturelle clé, forgée par des décennies de conflit et de difficultés. Le calendrier culturel est ponctué par de nombreuses fêtes. Les fêtes religieuses comme Meskel (la découverte de la Vraie Croix), Gena (Noël orthodoxe), Fasika (Pâques orthodoxe), ainsi que l'Eid al-Fitr et l'Eid al-Adha pour les musulmans, sont célébrées avec faste. Les fêtes nationales, comme le Jour de l'Indépendance (24 mai) et le Jour des Martyrs (20 juin), sont d'une grande importance et sont marquées par des commémorations et des célébrations qui renforcent l'identité nationale. Les vêtements traditionnels varient grandement. Les femmes Tigrinya portent ordinairement la zuria ou habesha kemis, une longue robe de coton blanc ornée de broderies colorées. D'autres groupes ont des tenues distinctes, comme les voiles colorés des femmes Rashaida ou les tenues adaptées à la vie nomade ou pastorale des Afar ou des Kunama. Economie.
Traditionnellement, l'agriculture a constitué l'épine dorsale de l'économie érythréenne, employant la majorité de la population active, estimée à plus de 70%. Ce secteur est principalement basé sur l'agriculture de subsistance, avec la production de sorgho, de millet, de blé, d'orge, ainsi que l'élevage de bétail. Cependant, il est fortement dépendant des conditions climatiques, particulièrement vulnérable aux sécheresses, et souffre d'un manque d'investissements, de technologies modernes et d'infrastructures d'irrigation adéquates. La productivité reste faible, ce qui limite sa capacité à assurer la sécurité alimentaire du pays et à générer des excédents pour l'exportation. Les politiques foncières et la mobilisation de la main-doeuvre rurale pour le service national affectent également négativement ce secteur vital. Un secteur de plus en plus important pour l'Érythrée est celui de l'extraction minière. Le pays dispose de ressources considérables en or, cuivre, zinc et argent, dont l'exploitation s'est intensifiée ces dernières années, principalement via des coentreprises avec des sociétés étrangères. La mine de Bisha, opérée par une société canadienne en partenariat avec l'entreprise minière d'État érythréenne, a été une source majeure de revenus d'exportation, et d'autres projets miniers, comme celui de Zara, contribuent également. Ce secteur est la principale source de devises étrangères pour le gouvernement érythréen, essentiel pour financer les importations. Cependant, les revenus issus de l'exploitation minière sont gérés de manière opaque par l'État et leur contribution au développement économique large ou à la réduction de la pauvreté n'est pas clairement visible. Les autres secteurs de l'économie, tels que l'industrie manufacturière et les services, sont relativement sous-développés et largement dominés par des entreprises publiques. L'industrie est principalement axée sur la transformation des produits agricoles et la production de biens de consommation de base, avec une capacité limitée et souvent obsolète. Le secteur des services, bien qu'il comprenne des activités portuaires (Assab et Massawa) qui ont un potentiel géostratégique, ainsi qu'un potentiel touristique (le long de la côte de la mer Rouge et avec des sites historiques), est freiné par le manque d'investissements, les infrastructures médiocres et la politique d'isolement. Le commerce est également fortement contrôlé par l'État ou des entités liées au gouvernement. L'économie érythréenne souffre structurellement d'un environnement des affaires très difficile. Le secteur privé est étouffé par la bureaucratie, la réglementation excessive, l'accès limité au crédit et la concurrence déloyale des entreprises d'État. L'absence d'institutions financières robustes et transparentes, ainsi que la gestion centralisée des devises, entravent l'investissement et le commerce. Les infrastructures de transport (routes, voies ferrées) et d'énergie nécessitent également des investissements massifs, bien que certains projets soient en cours, ordinairement liés à l'exploitation minière ou financés par des partenariats étrangers. Un défi démographique et économique majeur est le service national prolongé, qui mobilise une part importante de la jeunesse masculine et féminine pendant de nombreuses années, souvent bien au-delà de la durée initialement annoncée. Cela a un impact négatif majeur sur la disponibilité de la main-d'œuvre qualifiée pour le secteur privé, limite le développement des compétences et contribue à l'émigration massive de jeunes Érythréens. Paradoxalement, les transferts de fonds de la diaspora constituent en retour une source vitale de devises pour de nombreuses familles restées au pays et indirectement pour l'économie nationale, bien que le gouvernement cherche à capter une partie de ces flux. Malgré l'accord de paix signé avec l'Éthiopie en 2018, qui a fait espérer une ouverture économique, régionale et internationale, ainsi qu'une levée des sanctions onusiennes (intervenue en novembre 2018), les réformes structurelles majeures attendues pour libéraliser l'économie et favoriser un environnement propice aux affaires ne se sont pas matérialisées à grande échelle. Le contrôle étatique reste prédominant. |
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