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| Ag | L'argent
(symbole : Ag) est l'élément chimique de numéro atomique 47 dans
le tableau périodique. Il s'agit
d'un métal précieux de couleur blanc brillant qui est remarquable pour
ses propriétés électriques, thermiques et optiques exceptionnelles.
L'argent est l'un des métaux les plus anciennement utilisés par les humains
et a une histoire riche en tant que moyen d'échange, en joaillerie
et en arts décoratifs.
À l'état pur, l'argent est un métal mou, malléable et ductile. Il peut être trouvé sous forme de minerai d'argent, généralement associé à d'autres métaux tels que le plomb, le zinc et le cuivre. L'argent est extrait de ces minerais par divers procédés miniers, tels que la flottation, la lixiviation chimique et l'extraction électrolytique. Utilisations : • La bijouterie et l'orfèvrerie. - L'argent est largement utilisé dans la fabrication de bijoux, de pièces de monnaie, de couverts et d'autres articles décoratifs. • Les catalyseurs. - L'argent est utilisé comme catalyseur dans certaines réactions chimiques, telles que la production d'acide nitrique et d'oxyde d'éthylène.En raison de sa rareté relative et de ses nombreuses applications, l'argent a une valeur économique significative sur le marché mondial.
Les minerais d'argent. Les principaux minerais d'argent comprennent : • La galène est un sulfure de plomb contenant couramment de l'argent en tant qu'impureté.Ces minerais sont extraits dans diverses régions du monde, notamment en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe et en Asie. L'extraction de l'argent à partir de ces minerais peut être réalisée par divers procédés, tels que la flottation, la lixiviation chimique et l'extraction électrolytique. Une fois extrait, l'argent est raffiné. Les
principaux composés de l'argent.
• Le nitrate d'argent (AgNO3) est un composé chimique soluble dans l'eau largement utilisé dans les laboratoires pour la coloration des tissus, la détection de chlorures et la synthèse chimique. Il est également utilisé dans certaines applications médicales, telles que les pansements argentés.L'argent dans l'histoire. L'histoire des usages de l'argent se déploie sur plus de deux millénaires et demi, depuis les galeries du Laurion qui financent la puissance athénienne jusqu'aux chaînes d'approvisionnement contemporaines dominées par la demande photovoltaïque et électronique, en passant par la montagne de Potosà qui bouleverse l'économie-monde du XVIe siècle. Ce métal présente une trajectoire singulière : longtemps au coeur des systèmes monétaires, il connaît un lent processus de démonétisation au XIXe siècle avant de retrouver une centralité industrielle inédite à l'époque contemporaine, portée par ses propriétés de conductivité électrique et thermique exceptionnelles. L'exploitation antique de l'argent s'organise autour de gisements de plomb argentifère, et le district du Laurion, situé à une cinquantaine de kilomètres au sud-est d'Athènes, en constitue l'exemple le plus célèbre. Les mines y sont d'abord travaillées par les Mycéniens au deuxième millénaire avant notre ère, puis abandonnées, avant que l'exploitation athénienne ne débute vers 600 avant notre ère. Sur la longue période allant du VIIe au Ier siècle avant notre ère, les mines du Laurion produisent environ quatre millions de tonnes de minerai, dont sont extraites près de 3500 tonnes d'argent et 1,4 million de tonnes de plomb. Cette production constitue le socle matériel de la puissance navale et financière d'Athènes au Ve siècle, et la drachme athénienne, qui pèse 4,34 grammes d'argent, s'impose comme la monnaie de référence du bassin méditerranéen. L'épuisement relatif des filons et les destructions liées à la guerre du Péloponnèse portent un coup funeste à l'exploitation, et Strabon, au début de notre ère, considère les mines de l'Attique comme épuisées. Au Moyen Âge, la production argentifère européenne se reconstitue et se déplace vers l'est du Rhin. Les régions situées à l'est du Rhin fournissent l'essentiel de l'or et de l'argent destinés au commerce et à la décoration des églises, et la découverte, en 1136, des riches minerais argentifères de Freiberg en Saxe, sur la route du sel de Halle vers la Bohême, donne naissance à un centre métallurgique majeur. À Goslar, dans le Harz, l'argent est d'abord produit à partir des filons cuprifères du Rammelsberg, découvert en 968 et devenu important au XIe siècle. Les mines de Kutná Hora, en Bohême, connaissent leur apogée à la fin du XVe siècle : dans les années 1470, plus de 30 000 marks d'argent y sont produits annuellement, et la production annuelle maximale atteint près de 45 000 marks entre 1476 et 1485. À la fin du Moyen Âge, le royaume de Bohême est le principal producteur et exportateur d'argent nouvellement extrait en Europe centrale, et les trois grandes sources d'approvisionnement du continent sont le Tyrol autrichien, la Saxe allemande et la Bohême. Vers 1500, le stock de métaux précieux en Europe a été estimé par Fernand Braudel à 3500 tonnes d'or et 37 500 tonnes d'argent, provenant notamment des mines de Saxe et du Tyrol. La découverte du Nouveau Monde provoque une rupture d'échelle sans précédent. Jusque dans les années 1540, la valeur totale de l'or produit demeure supérieure à celle de l'argent, mais à partir de cette date et durant toute la période coloniale, l'argent domine grâce à la mise en exploitation de gisements majeurs en Nouvelle-Espagne (Mexique) et au Pérou. Les zones minières mexicaines les plus importantes, outre Zacatecas, sont Taxco (1534), Santa Bárbara (1547), Guanajuato (1550), Real del Monte et Pachuca (1552), Sombrerete (1555), Durango (1562) et San Luis Potosà (1592). Au Pérou, les mines sont moins nombreuses mais la concentration argentifère de PotosÃ, située en plein páramo andin à plus de 4000 mètres d'altitude, est exceptionnelle; d'autres gisements notables sont Porco (1549), Castrovirreina (1599), Oruro (1606) et Cerro de Pasco (1630). La découverte accidentelle de Potosà en 1545 et la mise en exploitation de Zacatecas en 1546-1548 marquent le véritable décollage de la production argentifère américaine. L'introduction, à partir de 1554, du procédé d'amalgamation au mercure, ou beneficio de patio, permet d'exploiter des minerais de plus faible teneur que ne le permettait la fusion et provoque un important accroissement de la production. Au Pérou, le vice-roi Francisco de Toledo réorganise la production à partir de 1568 en remplaçant la fonte des minerais par l'amalgamation et en instituant la mita, système de travail contraint par désignations annuelles tournantes d'un adulte mâle, qui requiert un investissement d'échelle industrielle et met fin à l'extraction dispersée en milliers de fours. Potosà devient au XVIe siècle l'une des plus grandes villes du monde, plus peuplée en 1573 que Madrid, Rome ou Paris avec 120 000 habitants, et entre 1575 et 1600, elle fournit la moitié de toute la production argentifère américaine. Entre 1545 et 1810, l'argent taxé à Potosà s'élève à 875,4 millions de pesos, sans compter la contrebande. Au milieu du XVIIIe siècle, la production mondiale d'argent atteint environ 530 tonnes par an, dont l'Amérique représente 90 % et le Mexique en particulier 62 %. La montagne de PotosÃ, associée à la mine de mercure de Huancavelica découverte en 1563, forme ce que le vice-roi Toledo nomme "le plus important mariage du monde". Le XIXe siècle constitue un tournant monétaire et industriel décisif. Le Royaume-Uni passe à l'étalon-or en 1821, et les décennies suivantes sont consacrées à des débats sur les mérites et les dangers du bimétallisme. La surproduction mondiale d'argent et les découvertes minières, notamment dans le Nevada en 1852, conduisent à une transition du bimétallisme vers le monométallisme-or, entérinée en France en 1878. À partir de 1873, la suppression de la frappe libre de l'argent en Europe démonétise le métal et le réduit progressivement à un simple rôle de matière première. Cette démonétisation a des effets profonds sur l'industrie : la contraction de la masse monétaire est perçue par certains contemporains comme un facteur de paralysie de l'activité industrielle, et la démonétisation de l'argent en Europe et en Amérique est jugée susceptible d'avoir des effets graves sur la production de richesse. Pourtant, au même moment, une demande industrielle nouvelle se développe avec la photographie. L'invention de la photographie repose sur les sels d'argent, et "sans argent, pas de photographie" : au XXe siècle, 25 % de la production globale d'argent est mobilisée pour la photographie. George Eastman fonde la compagnie Kodak en 1880 et industrialise les émulsions au gélatino-bromure d'argent à partir de 1878, tandis que la démocratisation de la photographie d'amateur avec le Brownie à un dollar, en 1900, élargit considérablement la consommation d'argent. Kodak utilise six à sept tonnes d'argent par mois à la fin du XIXe siècle, et la photographie représente alors la moitié de la demande mondiale d'argent. Le XXe siècle est marqué par une alternance de phases d'essor industriel, de guerres et de reconfigurations géopolitiques de l'offre. La production mondiale d'argent dépasse 10 000 tonnes par an en 1976 et atteint un pic de 15 800 tonnes en 1989, avant de décliner à 13 800 tonnes en 1994, puis de repartir à la hausse à partir de 1996. En 2003, les principaux producteurs sont le Pérou (15,2 %), le Mexique (14,0 %), la Chine (11,0 %), l'Australie (10,3 %), le Chili (7,2 %), le Canada (7,2 %), les États-Unis (6,8 %), la Pologne (6,8 %), le Kazakhstan (4,5 %) et la Bolivie (2,5 %). Une caractéristique structurelle de l'industrie contemporaine est que seulement 28 % de l'argent provient de l'exploitation de minerais spécifiquement argentifères : la majorité est un sous-produit du traitement des minerais de plomb-zinc (31 %), de cuivre (25 %) et d'or (14 %). Cette dépendance à l'égard de la production d'autres métaux explique la faible élasticité de l'offre : l'argent est extrait principalement comme sous-produit, et les compagnies minières ne modulent pas leur production d'argent en fonction de son prix, mais en fonction de la rentabilité des métaux principaux. Le prix de l'argent connaît une volatilité extrême : le prix annuel moyen le plus élevé depuis 1880 est enregistré en 1980, à 905,2 pence par once troy. Après une longue période de stabilité entre 14 et 18 dollars l'once, les cours accélèrent fortement à partir de 2020 et atteignent début 2026 des niveaux proches de 100 dollars l'once. La période contemporaine est dominée par la réorientation de la demande vers l'industrie, et plus particulièrement vers les technologies de la transition énergétique et du numérique. Plus de 50 % de l'argent extrait chaque année est utilisé par l'industrie, et dans des secteurs comme l'électronique, le photovoltaïque, les batteries, les équipements médicaux et l'automobile, l'argent ne constitue pas un choix opportuniste mais une contrainte technique en raison de sa conductivité électrique et thermique exceptionnelle. Le secteur photovoltaïque connaît une croissance spectaculaire : la capacité installée mondiale a été multipliée par plus de dix en une décennie, et la part du photovoltaïque dans la demande industrielle totale d'argent passe de 11 % en 2014 à 29 % en 2024. En 2024, la seule filière solaire absorbe plus de 200 millions d'onces d'argent, contre 100 millions en 2020, soit deux fois plus en seulement quatre ans. L'argent constitue la "matière première critique" des cellules solaires : la pâte d'argent, qui contient jusqu'à 90 % de métal, assure la conductivité électrique des cellules, et les architectures de cellules de nouvelle génération, plus performantes, consomment davantage d'argent par watt que les technologies précédentes. Dans l'électronique et les centres de données, l'argent est utilisé pour ses propriétés de conductivité électrique et thermique, difficiles à remplacer dans des environnements soumis à des contraintes extrêmes, et l'essor de l'intelligence artificielle soutient la demande de processeurs et de composants haute fiabilité. Dans le secteur automobile, une voiture électrique contient entre 25 et 50 grammes d'argent répartis dans les interfaces de charge, les systèmes de gestion d'énergie et les capteurs, et la consommation moyenne d'argent d'un véhicule électrique est supérieure de 67 à 79 % à celle d'un véhicule à moteur thermique. La demande industrielle totale atteint environ 657 millions d'onces en 2025, soit près de 58 % de la demande totale, et le marché mondial enregistre une sixième année consécutive de déficit en 2026. Le recyclage constitue une source d'approvisionnement complémentaire, mais son potentiel demeure limité par la dispersion des produits en fin de vie et par la baisse structurelle des gisements de photographie argentique. En 2019, l'argent recyclé provient à 59,2 % du secteur industriel, à 14,1 % des bijoux, à 12,7 % de la photographie, à 12,1 % de l'argenterie et à 1,8 % des monnaies. Le taux de recyclage en fin de vie de l'argent est estimé entre 30 et 50 % pour les applications techniques, mais il dépasse 90 % pour les bijoux, l'argenterie et les monnaies, tandis que le recyclage des équipements électriques et électroniques reste plus faible en raison de la complexité des produits et de la dispersion des déchets. Le Silver Institute prévoit une hausse de 7 % du recyclage en 2026, avec des volumes dépassant 200 millions d'onces pour la première fois depuis 2012, mais cette progression ne suffit pas à combler le déficit du marché. |
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