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Ratisbonne

Ratisbonne ou Regensburg est une ville d'Allemagne, en Bavière (Haut-Palatinat), sur la rive droite du Danube, en face du confluent du Regen; population : 135 000 habitants (2012).  Sur la rive Nord du fleuve, la ville de Stadtamhof est un vrai faubourg de Ratisbonne. Ratisbonne a longtemps dû sa propérité au commerce, alimenté par la navigation du Danube; à partir de la seconde moitié du XXe siècle, l'industrie y a aussi pris une part croissante.
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Ratisbonne et le Danube.
Ratisbonne sur une ancienne photographie.

Monuments.
Parmi les 14 églises de Ratisbonne, les plus remarquables sont : la cathédrale Saint-Pierre (1275-1534) en style gothique, beau portail, beaux vitraux, tours modernes, tombeaux d'évêques; l'église Saint-Emmeran, de style roman; l'église Saint-Ulrich, de style gothique primitif (1250) ;

Église St-Pierre.
L'église cathédrale de Ratisbonne a été commencée en 1274 par André Egl. On l'a restaurée en 1838. Malgré la réputation que lui ont faite les Allemands, elle témoigne de la décadence de l'architecture religieuse. La façade, qui est de la fin du XVe siècle, rappelle plutôt un hôtel de ville qu'une église, avec son balcon du premier étage, sur lequel s'ouvrent deux grandes fenêtres, surmontées d'un pignon aigu dont le milieu est marqué par une tourelle féodale. 

Les deux tours qui accompagnent ce frontispice profane, et qui s'élèvent à une hauteur de 70 m, ne sont pas terminées; les sculptures qui y sont répandues sont de l'ordre le plus commun; l'une de ces tours, celle du Nord, est appelée Tour de l'Ane, parce que des ânes furent employés au transport des matériaux destinés à sa construction. 

La cathédrale de Ratisbonne a la forme extérieure d'une basilique, car la longueur de la croisée ne dépasse pas la largeur de la nef et de ses collatéraux. Une autre particularité intéressante, ce sont les trois chevets gothiques qui terminent les trois nefs. A l'intérieur, l'édifice a 999 m de long, 52 de large, et 40 de haut. On y remarque : dans la nef majeure, le monument en marbre élevé en 1598 à l'évêque Ph. Guillaume, avec une statue en bronze; dans le collatéral de gauche, le tombeau du prince-primat Ch. de Dalberg; exécuté en albâtre par Zendemeneghi, d'après les dessins de Canova; divers mausolées d'évêques, rangés dans les bas côtés du choeur, le maître-autel, en argent massif; les vitraux, exécutés au XIXe s. d'après les dessins de Schnorr et de Ruben, etc.

Les cloîtres voisins de la cathédrale sont du XVe siècle; ils renferment des bustes et des statues antiques et du Moyen âge, des tombeaux, des pierres sépulcrales. Sur leurs flancs se trouvent une petite église et un baptistère, antérieurs à la cathédrale actuelle.
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Ratisbonne : la cathédrale et le pont de pierre.
La cathédrale de Ratisbonne et le pont de pierre sur le Danube.

L'abbaye de St-Emmeran.
L'abbaye de Saint-Emmeran est un immense amas d'églises et de cloîtres, qui montre quel accroissement cette abbaye bénédictine, fondée en 652, agrandie par Charlemagne, et aujourd'hui sécularisée, prit de siècle en siècle. Une entrée gothique, façonnée au XVe siècle dans un goût élégant, conduit à une sorte d'avant-cloître byzantin du XIe siècle, d'où, l'on passe sous un grand portique roman, qui date peut-être de la fondation. 

On pénètre ensuite dans trois églises juxtaposées : celle du Nord est consacrée à Saint Rupert; celle du Sud, reconstruite de 1642 à 1731, porte le nom de Saint Emmeran, dont elle contient le tombeau; celle du milieu, accompagnée de bas côtés, offre les formes byzantines, défigurées par des constructions et des ornements du XVIIIe siècle, et, à l'une de ses extrémités, on voit, au-dessus d'une crypte, un vaste choeur provenant d'une basilique primitive. 

Les anciens bâtiments de l'abbaye sont, depuis 1809, le palais des princes de Tour-et-Taxis, qui ont fait bâtir, au milieu des cloîtres, une chapelle gothique, avec caveau sépulcral pour les membres de leur famille.

Les autres monuments.
Citons : l'église des Dominicains (1274), de style gothique; l'hôtel de ville où siégea la diète de l'Empire de 1645 à 1806, plusieurs beaux palais ou hôtels, etc. Ratisbonne possède aussi  un vieux pont de pierre sur le Danube, long de 342 m, large de 7 m, construit par le duc Henri de Bavière de 1135 à 1146. L'aspect de la ville est également archaïque : rues étroites et irrégulières la plus fameuse est celle des Ambassadeurs, avec ses maisons encore ornées des armes des pays des députés à la diète qui y résidaient. Surplombant le Danube, à  Donaustauf, à 8 km en aval de la ville, est le Walhalla érigé par ordre de Louis ler de Bavière.
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Histoire.
Ratisbonne conserve le nom de la ville celtique Radasbona, dont les Romains firent leur place frontière de Regina, en face de l'embouchure du Reganus (Regen). Marc-Aurèle y eut son quartier général lors de la guerre contre les Marcomans. Ce fut aussi un grand entrepôt du commerce avec les Germains. Successivement on y cantonna les 1re, 3e et 4e légions italiques et un détachement de cavalerie.

Elle devint ensuite la capitale de la Bavière, résidence des ducs, puis des Carolingiens qui leur succédèrent avec le titre royal (826), et enfin des nouveaux ducs de Bavière. A partir de 806, la ville est administrée par un fonctionnaire spécial, le burgrave. Il sut maintenir son autorité vis-à-vis de celle de l'évêque. Les bourgeois se firent octroyer des libertés en 1207, et en 1245 obtinrent de Frédéric II le rang de ville libre impériale. Ils avaient pris parti pour lui contre l'évêque dévoué au pape. En 1205, le duc de Bavière avait acquis le burgraviat que ses descendants conservèrent jusqu'en 1492. 

L'époque de la grande prospérité de Ratisbonne fut les XIVe et XVe siècles : elle fut alors le grand marché du commerce entre l'Allemagne et l'Europe méridionale. La population était évaluée à 80.000 habitants. Le déclin de ce commerce et les guerres du XVIIe siècle éprouvèrent durement la ville. Elle fut le théâtre d'événements importants. En 1541, un colloque entre protestants et catholiques aboutit à l'Intérim. L'année suivante, Ratisbonne embrassa le Réforme

En 1630, la diète de Ratisbonne, assemblée du Collège des électeurs, obtint de l'empereur le renvoi de Wallenstein. En 1632, Horn, général suédois, ne put prendre la ville, mais Bernard de Saxe-Weimar fut plus heureux l'année suivante; toutefois, en 1034, les Impériaux la reprirent. En 1663, on fixa définitivement à Ratisbonne le siège de la diète du Saint-Empire. La trêve de Ratisbonne (d'une durée de vingt ans), conclue le 15 août 1684, reconnut à Louis XIV les « réunions » effectuées par lui au détriment de l'Empire, de l'Espagne et de la Hollande

En 1703, l'électeur de Bavière s'empara de la ville, que la bataille d'Hochstaedt lui enleva. En 1806, Ratisbonne, réduite à 20.000 habitants, fut médiatisée au profit de l'archichancelier Dalberg; en 1810, on l'annexa à la Bavière. L'année précédente, elle avait été le théâtre de violents combats, prise par les Autrichiens le 19 avril, reprise par les Français le 23. 

L'ancien évêché de Ratisbonne, fondé en 739 et séparé seulement par Wolfgang (772-994) de l'abbaye de Saint-Emmeran, s'étendait de Fichtelgebirge à l'lsar et de l'Atmuhl au Boehmerwald. Il était suffragant de Salzbourg. Les domaines épiscopaux furent sécularisés en 1803 et formèrent avec la ville une principauté de 1542 km²  et 108.000 habitans attribuée à Dalberg. Ce prince-évéque se vit transférer le 2 juillet 1805 la dignité archiépiscopale ôtée à Mayence, mais en 1810, on donna sa principauté à la Bavière en l'indemnisant sur le Rhin. L'archevêché de Ratisbonne redevint en 1822 simple évêché suffragant de Munich. (A.-M. B.).

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Dictionnaire Villes et monuments
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