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Une
parabole
est une courbe
plane appartenant à la famille des coniques,
c'est-à-dire des courbes obtenues par l'intersection d'un cône circulaire
droit et d'un plan.
Plus précisément, si l'on considère un cône double illimité et qu'un
plan le coupe en étant parallèle à une et une seule génératrice du
cône, l'intersection obtenue est une parabole; c'est le cas limite entre
l'ellipse et l'hyperbole.
Elle peut aussi être définie comme l'ensemble des points
M du plan équidistants d'un point fixe F, appelé foyer, et d'une droite
fixe D, appelée directrice, ne passant pas par F. Cette définition métrique,
dite foyer-directrice, s'écrit MF=d(M,D), où d(M,D) désigne la distance
du point M à la droite D. La parabole est donc le lieu géométrique des
points dont la distance au foyer égale la distance à la directrice.
La
parabole a été étudiée par les mathématiciens grecs, notamment
Ménéchme et Apollonius de Perge, qui a donné son nom à la courbe. Archimède
a déterminé l'aire du segment parabolique, c'est-à-dire la région comprise
entre une corde et l'arc de parabole, et a montré qu'elle vaut les quatre
tiers de l'aire du triangle inscrit ayant même base et même hauteur.
Cette quadrature de la parabole est l'un des premiers exemples de calcul
d'aire par une méthode d'exhaustion, préfigurant le calcul intégral.
Galilée a découvert que la trajectoire d'un projectile lancé dans le
vide, soumis uniquement à la gravité, est une parabole, ce qui a donné
à cette courbe une importance capitale en physique. Newton a ensuite montré
que les trajectoires paraboliques correspondent à des orbites de vitesse
d'échappement dans un champ gravitationnel, cas limite entre les orbites
elliptiques liées et les orbites hyperboliques non liées.
La parabole joue
un rôle important dans de nombreux domaines. En balistique, la trajectoire
d'un projectile idéal, sans résistance de l'air, est une parabole dont
l'équation
dépend de la vitesse initiale et de l'angle de tir. En optique et en télécommunications,
les miroirs et antennes paraboliques exploitent la propriété de focalisation
des rayons parallèles à l'axe vers le foyer, ce qui permet de capter
ou d'émettre des ondes avec une grande directivité. En architecture et
en génie civil, les arcs paraboliques et les câbles suspendus sous leur
propre poids prennent des formes voisines de la parabole, ce qui répartit
les efforts de manière optimale. En mathématiques, la parabole est un
objet d'étude central en géométrie analytique, en analyse, où elle
apparaît comme graphe de fonctions quadratiques y = ax2+bx+c,
et en algèbre, où ses intersections avec des droites conduisent à des
équations du second degré. On la retrouve également dans les études
de mouvement uniformément accéléré, dans les problèmes d'optimisation,
dans les courbes de Bézier utilisées
en infographie, et dans de nombreuses applications physiques et techniques
où interviennent des phénomènes de réflexion, de focalisation ou de
trajectoire sous l'effet d'une force constante.
Dans un repère orthonormé
bien choisi, l'équation réduite de la parabole prend une forme simple.
Si l'on place le sommet à l'origine O, l'axe de symétrie le long de l'axe
des abscisses et le foyer au point F(p/2, 0), alors la directrice a pour
équation x = −p/2, et la parabole a pour équation y2
=
2px, où p>0 est appelé paramètre. Le sommet est le point (0,0), situé
à mi-chemin entre le foyer et la directrice. Si l'axe de symétrie est
vertical et le foyer en (0, p/2), l'équation devient x2
= 2py. Plus généralement, une parabole dont le sommet est (h, k) et dont
l'axe est horizontal a pour équation (y−k)2
= 2p(x−h), et si l'axe est vertical, (x−h)2
= 2p(y−k). Le signe de p indique la direction d'ouverture : p>0 ouvre
vers la droite ou le haut, p<0 vers la gauche ou le bas. Toute conique
peut être représentée par une équation quadratique générale Ax2+Bxy+Cy2+Dx+Ey+F=0;
elle est une parabole lorsque le discriminant B2−4ACest
nul, ce qui correspond à une courbe non dégénérée à une seule branche
infinie.
L'excentricité e
d'une parabole est égale à 1. Cette valeur la distingue de l'ellipse,
pour laquelle 0<e<1, et de l'hyperbole, pour laquelle e>1. La définition
focale-directrice s'énonce alors ainsi : un point M appartient à la parabole
si et seulement si le rapport de sa distance au foyer à sa distance à
la directrice est égal à e=1. La corde focale perpendiculaire à l'axe
de symétrie, appelée côté droit (latus rectum), a pour longueur
2p; son demi-côté droit vaut donc p, ce qui coïncide avec le paramètre
de l'équation réduite. En coordonnées
polaires, si l'on prend le foyer comme pôle et l'axe de symétrie comme
axe polaire, l'équation d'une parabole s'écrit r =p/(1+cosθ) ou
r=p/(1−cosθ) selon l'orientation, forme qui découle directement
de la définition foyer-directrice.
Une parabole peut
être paramétrée de plusieurs façons. Pour la parabole y2=2px,
on peut poser x=t2/2p et y=t, avec t  ,
ce qui décrit toute la courbe. On peut aussi utiliser une paramétrisation
trigonométrique ou hyperbolique selon les besoins. La tangente à la parabole
y2=2px au point (x1,
y1) a pour équation yy1=p(x+x1).
Une droite d'équation y=mx+q est tangente à cette parabole si et seulement
si q=p/2m, ce qui suppose m≠0 : toute droite non parallèle à l'axe
et non verticale peut être tangente pour une certaine ordonnée à l'origine.
La parabole possède une propriété de réflexion remarquable : la tangente
en un point M fait des angles égaux avec la droite MF et avec la parallèle
à l'axe de symétrie passant par M. Autrement dit, un rayon parallèle
à l'axe qui rencontre la parabole se réfléchit en passant par le foyer,
et réciproquement, un rayon issu du foyer se réfléchit parallèlement
à l'axe. Cette propriété est fondamentale dans la conception des antennes
paraboliques, des télescopes, des projecteurs et des phares automobiles. |
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