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Le
système
de coordonnées galactiques prend comme référence centrale la structure
même de notre galaxie, la Voie lactée. Son principe
est de projeter sur la sphère céleste le plan géométrique qui traverse
le disque galactique, et de définir des coordonnées par rapport à ce
plan et au centre de la Galaxie. Ce système est
l'outil indispensable pour étudier la répartition à grande échelle
des étoiles, des amas, des nébuleuses et du gaz dans notre île stellaire,
car il permet de s'affranchir de notre position excentrée et de cartographier
l'univers proche dans un repère qui lui est physiquement cohérent.
Le plan fondamental
de ce système est le plan galactique, que l'on définit comme le plan
passant par le Soleil et parallèle à la ligne
médiane de la lueur laiteuse qui barre notre ciel. Le grand cercle correspondant
sur la sphère céleste est l'équateur galactique, qui représente la
trace de ce plan galactique sur le ciel. Il est incliné d'environ 63 degrés
par rapport à l'équateur céleste, une valeur qui illustre à quel point
le plan de notre Système solaire n'est
pas aligné avec le plan de la Galaxie. L'axe perpendiculaire à ce plan
définit les pôles galactiques. Le pôle nord galactique est situé dans
la constellation de la Chevelure de Bérénice, une
région très pauvre en étoiles brillantes car, en regardant dans cette
direction, notre regard quitte le disque et plonge vers l'espace intergalactique.
À l'inverse, le pôle sud galactique se trouve dans la constellation du
Sculpteur.
Pour positionner
un objet dans ce système, on utilise, comme toujours, deux coordonnées
angulaires, nommées latitude galactique et longitude galactique, symbolisées
respectivement par les lettres b et l minuscules.
• La
latitude galactique (b) mesure l'éloignement angulaire d'un astre
par rapport au plan de la Voie lactée. Elle s'exprime en degrés et s'étend
de 0° pour un objet situé exactement dans le plan galactique, jusqu'Ã
+90° pour un objet situé très exactement en direction du pôle nord
galactique, et -90° pour la direction du pôle sud galactique. Sa fonction
est immédiatement physique : elle nous renseigne sur la hauteur d'un objet
au-dessus ou en dessous du disque de la Galaxie. Les étoiles jeunes, les
nuages de gaz et les régions de formation stellaire, qui sont confinés
dans le disque mince de la Galaxie, se concentrent presque exclusivement
à de très faibles latitudes galactiques, proches de zéro.
• La longitude
galactique (l) est la coordonnée mesurée le long de l'équateur galactique.
Contrairement aux systèmes précédents dont les origines étaient liées
à des points d'intersection ou à des cycles terrestres, son origine est
choisie pour pointer vers le centre même de la Galaxie, le centre dynamique
autour duquel le Soleil et toutes les autres étoiles orbitent. Ce point
zéro se situe dans la constellation du Sagittaire,
précisément là où la traînée lumineuse de la Voie lactée est la
plus large et la plus dense. Historiquement, un accord international a
fixé précisément ce zéro de longitude galactique sur les coordonnées
équatoriales de l'époque B1950.0. La longitude galactique se mesure ensuite
vers l'est, le long du plan de la Galaxie, de 0° à 360°. Ainsi, en regardant
vers le centre galactique, la longitude vaut 0° et la latitude 0°. En
regardant à l'opposé, vers la constellation du Cocher où se trouve l'anticentre
galactique, la longitude est de 180°. La direction du mouvement orbital
du Soleil autour de la Galaxie, un point clé de l'astronomie galactique,
se trouve à une longitude d'environ 90 degrés, dans la constellation
du Cygne.
L'utilisation des coordonnées
galactiques permet de décrire de manière extrêmement élégante et parlante
la géométrie de notre environnement stellaire. Par exemple, le fameux
plan de symétrie de la distribution des amas globulaires, que l'astronome
Harlow
Shapley utilisa pour déterminer la distance et la direction du centre
galactique, se confond avec le plan galactique. De même, l'étude de la
structure spirale de la Voie lactée par la cartographie de l'hydrogène
neutre (HI) n'aurait aucun sens dans un autre système. Les astronomes
tracent la vitesse radiale des nuages de gaz en fonction de leur longitude
galactique, et la courbe sinusoïdale résultante révèle la rotation
différentielle de la Galaxie.
Un point de détail,
mais crucial pour la rigueur, est la distinction entre l'ancien système
galactique et le système galactique moderne, dit "révisé". Le système
original, défini au début du XXe siècle,
plaçait le centre galactique à une longitude 0° mais avec une inclinaison
de pôle légèrement différente. Les observations de radioastronomie,
en particulier de la source Sagittarius A* au centre exact de notre galaxie,
ont permis d'affiner la détermination du plan et du centre. En 1958, l'Union
Astronomique Internationale adopta le système galactique II, qui est le
standard actuel et celui que l'on décrit ici. Il est basé sur une origine
au centre galactique dont les coordonnées équatoriales sont, pour l'époque
B1950.0, une ascension droite de 17h 42,4m et une déclinaison de -28°
55', et un pôle nord galactique situé à 12h 49m et +27,4°. Ces définitions
précises permettent une conversion mathématique sans ambiguïté entre
les systèmes équatorial et galactique, une opération routinière dans
les logiciels d'astronomie.
Ainsi, les coordonnées
galactiques offrent une carte de notre propre galaxie qui révèle l'organisation
sous-jacente à ce qui semble n'être qu'une traînée diffuse dans le
ciel. Elles transforment la perspective égocentrée en une vision galactocentrique
partielle. Alors que les systèmes équatorial et écliptique nous disent
où se trouve un objet dans notre ciel, le système galactique nous dit
où il se situe dans la grande structure spirale à laquelle nous appartenons,
faisant de lui le système de coordonnées de prédilection pour tout astronome
s'intéressant à la Galaxie, de sa dynamique à sa paléontologie stellaire. |
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