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Il n'y a sans doute
pas d'intérieur et d'extérieur du Soleil comme
il existe l'intérieur et l'extérieur d'un carton à chaussures, par exemple.
Mais il existe une région de transition, au-dessus de la zone convective
de l'enveloppe solaire de laquelle du rayonnement peut s'échapper vers
l'espace environnant, et même vers le reste de l'univers. C'est dans cette
région, appelée la photosphère, que l'on peut faire commencer l'atmosphère
du Soleil. Une atmosphère, complexe, dans laquelle on reconnaît plusieurs
autres couches, lorsqu'on s'élève en altitude : la chromosphère, d'abord,
puis la couronne.
Cette dernière, très diluée dans l'espace interplanétaire, se prolongeant
d'ailleurs fort loin (au-delà des principales planètes)
sous la forme de vent solaire, dans un
volume appelé l'héliosphère.
Chaque couche de l'atmosphère solaire
possède non seulement des caractéristiques globales (gradients de température
et de pression, notamment) qui lui lui sont propres,
mais aussi des structures observables localement, telles que des taches,
des protubérances, etc. Certaines de ces
structures sont aussi clairement attachées à une couche donnée, tels
les granules de la photosphère et les supergranules de la chromosphère,
et elles représentent des éléments stables (ou plutôt stationnaires),
caractéristiques de ce que les astronomes appellent le Soleil calme.
Mais d'autres structures, dont l'importance
est variable au fil du temps, sont caractéristiques des moments de crise
du Soleil, autrement dit du Soleil actif.
Et s'il est commode de mentionner encore chacune de ces structures en les
rattachant à la couche de l'atmosphère solaire dans laquelle elle prend
son plein développement (les taches dans la photosphère, les protubérances
dans la couronne, etc.), il convient de noter que l'activité solaire est
un tout, et que tous les éléments qui l'expriment sont reliés les aux
autres dans le temps et dans l'espace. |
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Mise
en ordre |
La
photosphère
La photosphère est la région du Soleil
que l'on peut observer dans des conditions ordinaires. Elle émet le flot
de rayonnement visible qui nous parvient. De ce point de vue, il est possible
d'y voir en quelque sorte la surface de notre étoile.
Mais cette notion reste peu satisfaisante dans le cas d'un objet constitué
de plasma et partiellement transparent. La photosphère
apparaît davantage comme une région de transition entre des régions
plus profondes que l'opacité de la matière
solaire (variable selon la longueur d'onde considérée)
empêche d'observer directement, et des régions plus élevées et plus
diluées, dont le rayonnement qui nous en parvient se trouve comme noyé
par celui de la photosphère. Les astronomes définissent donc plutôt
la photosphère comme la basse atmosphère du Soleil. Elle correspond Ã
une couche d'environ 500 km d'épaisseur, et dont la température moyenne
est de 5785 K.
L'assombrissement
des bords du disque - Les photographies du Soleil le montrent parfaitement
: le bord du disque solaire est moins brillant que ses régions centrales.
Cela tient aux trajets plus ou moins longs des rayons lumineux selon leur
incidence. Au centre du disque, nous observons la totalité de la lumière
émise, depuis la partie inférieure de la photosphère; à la périphérie,
seuls nous parviennent les rayons émis des parties les plus hautes de
la photosphère. Ce fait permet de comprendre qu'il existe une diminution
de la température de la photosphère avec l'altitude. A son sommet, elle
n'est plus que de 4300 K.
Taches, facules et
granules...
Outre l'assombrissement du bord du disque,
la photosphère présente diverses irrégularité de brillance. On y décèle
çà et là des zones plus claires, appelées des facules, ou plus sombres,
les taches solaires, et qui sont des signes épisodiques de ce qu'il est
convenu d'appeler l'activité du Soleil. Observée avec un oculaire puissant
et par un temps calme, ou encore sur les images à très haute résolution,
le disque solaire montre également qu'il est recouvert d'une multitude
de petites granulations, ayant des formes très différentes, mais le plus
généralement ovales. Ce sont les granules, disséminés sur une espèce
de réseau ou de filet plus sombre.
• Les
taches solaires sont des régions sombres qui apparaissent à la surface
du Soleil, parfois assez grandes pour être visibles à l'œil nu (avec
un filtre adapté, jamais directement). Elles paraissent foncées simplement
parce qu'elles sont plus froides que le plasma environnant : environ 3500
à 4500 °C contre 5500 °C pour le reste de la photosphère. Cette baisse
de température vient d'une concentration intense de champ magnétique,
des milliers de fois plus fort que le champ terrestre, qui inhibe localement
la convection : le plasma chaud venant des profondeurs a plus de mal Ã
remonter, donc la zone se refroidit relativement. Une tache typique présente
deux parties : une zone centrale très sombre, l'ombre (umbra), et une
zone périphérique moins sombre, la pénombre (penumbra), où le champ
magnétique est plus incliné. Les taches apparaissent souvent par paires
ou en groupes de polarité magnétique opposée, car elles marquent les
points où des tubes de flux magnétique émergent puis replongent sous
la surface. Leur nombre suit le cycle solaire d'environ 11 ans : on en
compte très peu au minimum solaire, et des dizaines voire centaines au
maximum. Elles peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois et sont
couramment associées à une activité magnétique violente comme les éruptions
solaires et les éjections de masse coronale.
•
Les facules sont, à l'inverse des taches, des régions plus brillantes
que leur environnement. Le terme vient du latin facula, "petite torche".
Elles aussi résultent de concentrations de champ magnétique, mais beaucoup
plus faibles et plus dispersées que celles des taches : de petits faisceaux
de lignes de champ qui créent localement des parois plus chaudes et plus
transparentes, laissant échapper davantage de lumière depuis des couches
plus profondes et plus chaudes. Elles sont généralement difficiles Ã
distinguer au centre du disque solaire, car leur contraste y est faible,
mais deviennent nettement visibles près du limbe (le bord apparent du
Soleil), où l'angle de visée traverse les parois chaudes de manière
plus favorable, un effet appelé assombrissement centre-bord. Les facules
accompagnent très souvent les taches solaires, apparaissant autour d'elles
avant leur formation et persistant parfois après leur disparition. Elles
jouent un rôle notable dans les variations de la luminosité totale du
Soleil au cours du cycle solaire : contrairement à ce qu'on pourrait croire,
le Soleil est légèrement plus lumineux au maximum solaire, car l'effet
brillant des facules dépasse l'effet sombre des taches.
La
granulation de la photosphère.
(Crédit:
G.
Scharmer (ISP,
RSAS)
et al., Lockheed-Martin Solar & Astrophysics
Lab.).
• Les granules,
autrefois appelés grains de riz, sont des structures de bien plus
petite taille, environ 100 à 2000 kilomètres de diamètre, qui recouvrent
uniformément toute la surface visible du Soleil et donnent à la photosphère
son aspect granuleux caractéristique, semblable à une peau d'orange ou
à de l'eau bouillonnante. Chaque granule est la signature visuelle d'une
cellule de convection : le centre brillant correspond à du plasma chaud
qui remonte depuis l'intérieur du Soleil, tandis que les bords plus sombres
correspondent au plasma refroidi qui redescend après avoir cédé sa chaleur.
Ce mouvement constant fait que les granules apparaissent et disparaissent
sans cesse, avec une durée de vie très courte, de l'ordre de 8 à 20
minutes seulement, contrairement aux taches qui peuvent durer des semaines.
Il
y a encore seulement un siècle, les astronomes croyaient que les granules
étaient des (grosses) gouttes de métaux fondus en suspension dans une
atmosphère incandescente : d'où le nom de nuage photosphérique que l'on
donnait aussi à la photosphère et l'explication que l'on se faisait de
son grand éclat. Le motif de cette méprise venait en partie de la spectroscopie
qui avait révélé que la plupart des métaux communs existant sur la
Terre, notamment le sodium, le bismuth, le magnésium, le chrome, le nickel,
le fer, se rencontrent dans ces grains. Thollon y avait aussi signalé
du platine. Les autres métaux précieux : l'or, l'argent, le mercure,
y font défaut, ainsi que l'étain, le plomb et l'arsenic.
L'étude des mouvements
de matière impliqués par les granules a permis de découvrir dès les
années 1960 que la photosphère est affectée d'une oscillation permanente
d'une période de l'ordre de cinq minutes. Une découverte signant l'acte
de naissance de l'héliosismologie. On sait depuis que d'autres étoiles
sont affectées par un phénomène comparable.
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La
chromosphère
La chromosphère
est la région de l'atmosphère solaire située immédiatement au-dessus
de la photosphère. A la différence de la photosphère, des taches et
des facules, la chromosphère n'est normalement visible, à la simple lunette,
que pendant les éclipses totales, l'éclat du Soleil empêchant, en tout
autre temps, de les discerner. La couche à laquelle correspond cette région
a une épaisseur relativement faible (environ 2000 km). Elle est nettement
moins brillante que la photosphère; elle présente également une évolution
verticale inverse de sa température : avec l'altitude, celle-ci croît
entre 4300 K à sa base et 50 000 K environ à son sommet.
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Les raies
chromosphériques
Examinée au spectroscope,
la lumière du disque solaire offre un spectre
continu; sillonné, des raies sombres découvertes par Joseph von Fraunhofer
au début du XIXe siècle. La composante
continue dont l'origine est l'émission d'un gaz
relativement comprimé, provient des tréfonds de la photosphère. En revanche,
la composante discrète du spectre est trouve son origine dans un milieu
plus dilué, celui des hautes couches de la photosphère, et plus spécialement
de la chromosphère, dans laquelle s'observent aussi des raies
brillantes. Ainsi, la couleur rouge vif de la chromosphère est-elle imputable
aux atomes d'hydrogène soumis à la transition
qui correspond à la raie Halpha (656,3 nm) de Balmer.
Les diverses raies
du spectre solaire, qui coïncident exactement, comme, du reste, dans le
spectre des autres étoiles, avec les raies brillantes reproduites en laboratoire
à partir de nombreux éléments chimiques,
démontrent l'existence, à la surface du Soleil, d'une foule de substances
terrestres (ou pour être plus exact, elles démontrent l'existence sur
Terre de nombreuses substances dont l'origine est stellaire...) : au premier
rang figure le fer, dont le spectre forme en quelque sorte la charpente
du spectre à raies du Soleil; puis viennent l'hydrogène (raies C, F,
G', h), le sodium, (D), le calcium (H, K), le magnésium (b), le nickel,
le titane, etc. Le renversement qu'on observe dans l'intensité de ces
raies s'explique par la température relativement basse de la couche de
gaz exerçant une absorption élective sur les radiations de la photosphère.
L'expérience directe permet, en effet, de reproduire artificiellement
cette inversion et prouve qu'une épaisseur extrêmement mince suffit pour
l'obtenir. Les premiers astronomes à avoir étudié le spectre solaire
en ont ainsi été conduits à assimiler :
"la surface
solaire à un bain fluide incandescent, émettant une lumière à spectre
continu, à la surface duquel viendraient émerger des matières susceptibles
de se volatiliser et de former une couche gazeuse se refroidissant vers
l'extérieur."
"La couche gazeuse
absorbante, ajoutaient-ils, est invisible à cause de sa minceur; mais
la vapeur des éléments plus volatils (hydrogène, sodium, calcium, magnésium,
etc.), doit gagner la partie supérieure et produire la chromosphère."
Le spectre des protubérances
chromosphériques fournit, en effet, les raies brillantes de ces éléments.
On les constate aussi sur le disque lui-même lorsqu'on projette sur la
fente du spectroscope l'image d'une tache ou d'une facule. Dans le premier
cas, tantôt les raies sombres s'assombrissent encore davantage, comme
si le pouvoir absorbant de la couche solaire augmentait, tantôt au contraire
certaines raies s'effacent et se renversent : c'est au centre des raies
sombres qu'apparaissent alors les raies brillantes de l'hydrogène ou des
métaux. Quant aux autres métalloïdes, à l'oxygène notamment, ils sont
plus difficiles à mettre en évidence, et ont longtemps parus absents
de l'atmosphère solaire. |
Supergranules et
spicules.
Comme la photosphère,
la chromosphère possède deux sortes de structures. Les unes, comme ces
plages claires que l'on observe aux abords des taches solaires et qui sont
des prolongements des facules photosphériques, doivent ici encore être
mises en relation avec l'activité solaire. Mais on trouve également au
niveau de la chromosphère des structures caractéristiques du Soleil calme,
les supergranules et les spicules, qui forment le réseau chromosphérique
:
• Les
supergranules
- Ces structures semblent analogues au premier abord aux granules photosphériques.
Cependant, leurs dimensions sont beaucoup plus importantes (plusieurs dizaines
de milliers de kilomètre de diamètre) et leur durée d'existence est
de plusieurs heures. On les désigne ainsi sous le nom de supergranules.
Les supergranules chromosphériques sont en réalité très différents
des granules photosphériques. Contrairement à eux, il se révèlent en
effet très intimement liés aux champs magnétiques du Soleil et leurs
variations.
Supergranules
et spicules chromosphériques.
(Source
: National Solar Observatory).
• Les
spicules - Dans les régions qui séparent les supergranules, on observe
également des haies de jets de matière (relativement froide) qui s'extraient
verticalement sur des distances qui peuvent atteindre les 10 000 km. On
les désigne sous le nom de spicules. La forme prise par les spicules révèle
elle aussi le rôle des phénomènes magnétiques.
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La
couronne solaire
La couronne
est partie externe de l'atmosphère solaire. Sa
température peut atteindre les 2 millions de degrés. Elle est principalement
visible lors des éclipses, à l'occasion
desquelles elle apparaît comme une grande auréole de lumière laiteuse
autour du disque solaire.
Diverses
méthodes ont été mises au point pour observer le couronne en dehors
des éclipses. Deslandres
a ainsi pu, lors de l'éclipse du 16 avril 1893, superposer les spectres
de deux régions équatoriales et montrer ainsi, par le déplacement relatif
des raies, qu'elle tourne à peu près avec la même vitesse que le Soleil
lui-même. Plus tard, la coronographe, inventé par Bernard Lyot
en 1930, a permis l'observation de la couronne en créant des sortes d'éclipses
artificielles du Soleil (lunette équipée d'un masque de même diamètre
apparent que le disque solaire). la couronne est aujourd'hui observée
couramment dans le domaine X depuis des observatoires situés dans l'espace.
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Le chauffage
de la couronne solaire
Il y a une soixantaine
d'années que les astronomes se demandent comment il se fait que la couronne
du Soleil, est plus chaude (1 Ã 2 millions de
K) que sa surface (~5800 K). Le simple rayonnement
électromagnétique est incapable d'opérer pareil prodige sans violer
les lois
les plus élémentaires de la physique .
Il convient donc
d'invoquer un autre processus que le chauffage par rayonnement. Beaucoup
d'hypothèses
ont ainsi été faites au cours des décennies. Les observations conduites
ces dernières années, et plus particulièrement l'immense base d'informations
rassemblées à partir des données recueillies par les instruments la
sonde Soho, ont permis de constituer des modèles numériques ( H.
Peter, B. Gudiksen, A. Nordlund, Coronal heating through braiding of
magnetic field lines, astro-ph/04095004, 21 septembre 2004) en mesure
de synthétiser par ordinateur le spectre en
émission
de la couronne solaire, et partant de tester enfin les différentes théories
en présence.
Dans les seuls modèles
réussissent à passer l'épreuve, l'énergie du chauffage provient d'un
transfert de l'énergie cinétique de la matière à la surface du Soleil.
Les mouvements de la surface tressent et entortillent les lignes de champ
magnétique, créant des courants porteurs d'une énergie qui sera finalement
dissipée sous forme de chaleur.
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Dans le domaine visible,
le rayonnement de la couronne provient de la diffusion par les électrons
et les poussières qu'elle contient de la lumière en provenance des couches
plus profondes de l'atmosphère solaire. L'intensité de cette lumière,
qui va en diminuant à mesure que l'on s'éloigne du centre du Soleil,
est à peu près égale à celle de la pleine Lune
( Phases).
On y distingue, d'abord, en contact avec le Soleil, un anneau très brillant,
de 15 à 20° de largeur, puis, autour; une seconde région, encore assez
vive, enfin, au-dessus dé cette région, l'auréole proprement dite, qui
se prolonge à des distances considérables, souvent à plus d'un million
et demi de kilomètres. Il s'agit d'une structure de forme irrégulière
et variable dans le temps, comme ont pu le constater depuis longtemps les
astronomes grâce aux éclipses, qui ont tôt fait de lier ces changements
à la période des taches solaires. Très irrégulière et accompagnée
de longs rayons, de banderoles, d'aigrettes, aux époques des minima de
taches, elle est à peu près régulière au moment des maxima.
Régions
internes de la couronne vues en X par le satellite Yohkoh.
La
région sombre en haut est un trou coronal.
(Source
: Yohkoh Homepage).
Les structures
coronales.
Plusieurs structures peuvent être identifiées
dans la couronne. On citera les panaches qui s'extraient des régions polaires
du Soleil et qui sont en relation avec les lignes ouvertes du champ magnétique
dipolaire du Soleil. Également en relation avec ces lignes ouvertes du
champ magnétique, on remarque aussi de vastes cavités, appelées trous
coronaux. Elles représentent des portes ouvertes pour la composante rapide
du vent solaire, ce flot de particules diverses
(électrons,
protons) soufflé
par le Soleil dans l'espace interplanétaire. Mais
les structures les plus spectaculaires de la couronne sont certainement
les protubérances, qui s'élancent loin dans l'espace.
Une
protubérance vue de l'espace (Skylab, 1973).
(Source
: Caltech).
Les
protubérances ou filaments.
Les protubérances
correspondent à de gigantesques projections de matière, nées dans la
chromosphère et qui se développent dans la couronne sous l'effet de champs
magnétiques puissants. La latitude moyenne des protubérances suit une
marche analogue à celle des taches, tout en se tenant toujours plus voisine
des pôles, sans néanmoins dépasser la latitude
de 50 ou de 55° N. et S. Elles sont soumises, comme elles aussi, à des
minima et à des maxima d'intensité.
Lors des éclipses
totales, elles se présentent comme de grands panaches rougeâtres en formes
d'arcs ou de boucles, s'étendant dans l'espace sur plusieurs dizaines,
voire centaines, de milliers de kilomètres, à partir du disque solaire.
Si
l'on s'en tient à leur seule morphologie,
on est tenté de les ranger en deux groupes. Les unes sont adhérentes
à la surface du Soleil et offrent l'image de fusées, d'arbres, de rochers.
Les autres en semblent détachées et présentent des apparences nuageuses.
Tantôt c'est une masse houleuse qui se soulève en flammes et langues
aiguës, droites on ondulées, convergentes ou divergentes; tantôt ce
sont des gerbes, des feux d'artifice, ou encore des panaches ou des tourbillons
de fumée.
La plupart des protubérances
projettent, lors d'éruptions, d'immenses quantités de matière (éjections
coronales) dans l'espace interplanétaire. Plus froides que les régions
au-dessus desquelles elles s'élancent, elles apparaissent plus sombres,
et se détachent sur le disque en prenant la forme de lignes allongées,
larges de quelques milliers de kilomètres, appelées des filaments. Protubérances
et filaments sont donc la même chose.
Les
protubérances quiescentes. - Les protubérances sont généralement
associées à des régions actives. Elles semblent trouver leur racine
sur les mêmes lieux que les plages chromosphériques, elles-mêmes associées
aux taches photosphériques. Elles sont connues sous le nom de filaments
de plage. Mais il existe également des protubérances et qui peuvent persister
durablement (plusieurs mois) au-dessus de régions calmes. On les désigne
sous le nom de protubérances quiescentes. Apparemment indépendantes de
l'activité solaire, les protubérances quiescentes conservent un lien
avec cette activité, comme le montre leur propension à apparaître en
grand nombre à l'approche du maximum du cycle des taches, le long de ceintures
situées à des latitudes moyennes.
Les protubérances se
prolongent par d'autres structures plus fines très chaudes, appelées
des jets coronaux, donnant l'occasion, comme le montre l'image ci-dessous
le spectacle d'une fontaine de feu.
-
Arches
coronales au-dessus d'une région active.
(Source
: Trace Project, NASA).
Comme
les taches, du reste, les protubérances avaient été remarquées, Ã
l'oeil nu, depuis longtemps, mais sans qu'on y attachât une bien grande
importance. Ce fut à la suite de l'éclipse de 1842 qu'elles retinrent
pour la première fois l'attention des astronomes. Les progrès de la photographie
et de la spectroscopie permirent bientôt de les soumettre à une étude
sérieuse. Les astronomes ont ainsi pris conscience de leur gigantisme.
Lockyer
et Respighi
en ont ainsi observé qui s'étendaient jusqu'à 300 000 km de la surface
du Soleil, soit la moitié de son rayon. On a perçu la complexité des
phénomènes dans lesquels elles s'inscrivent. Et l'on pourrait faire remonter
à une observation publiée en 1883 par Young ,
qui a vu un fragment se détacher et s'élever dans l'espace pendant douze
minutes avec, une vitesse d'environ 200 km par seconde, la première éjection
coronale répertoriée. Par la suite, Deslandres ,
Hale
et Janssen
en ont obtenu des épreuves, excellentes à tous points de vue, en même
temps qu'on notait dans leur spectre environ trois cents raies. Comme les
différentes structures situées au-dessus de la photosphère, les protubérances
ne sont ordinairement observables que lors des éclipses totale. Diverses
techniques ont cependant été mises au point pour pallier cet inconvénient,
et l'on ne citera ici que la belle découverte de Janssen et Lockyer, en
1868, qui a permis de les observer en tout temps, grâce au spectroscope
: en dirigeant la fente de cet instrument tangentiellement au contour du
disque solaire, on voit, chaque fois qu'elle rencontre une protubérance,
varier la longueur de la raie brillante de l'hydrogène, qui caractérise
ces flammes, et on arrive, en suivant ces variations, Ã dessiner le contour
du soleil tel qu'on le voit les jours d'éclipse totale.
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Le
vent solaire et l'héliosphère
La couronne solaire, dont la limite est
incertaine, se prolonge à haute altitude par un flux permanent de particules
ionisées qui inonde le milieu interplanétaire, le vent solaire. Le domaine
du vent solaire, le volume dans lequel il souffle, est appelé l'héliosphère.
C'est la région de l'espace dans laquelle est immergé l'essentiel du
Système
solaire et qui se termine par l'héliopause, une zone d'extension et
de forme variable, elle aussi selon l'activité solaire, mais aussi selon
les caractéristique du milieu interstellaire environnant.
Le vent solaire.
Le vent solaire, mis
en évidence par l'étude, dans les années 1940, des queues ioniques des
comètes par Cuno Hoffmeister puis Ludwig Biermann, est composé essentiellement
de protons et d'électrons (auxquels s'ajoutent très minoritairement
quelques noyaux d'éléments légers comme l'hélium). Il souffle ordinairement
à des vitesses de l'ordre de 300 km par seconde. Prenant son origine dans
les régions de la couronne traversées par des lignes de champ magnétique
ouvertes (trous coronaux), il est donc très sensible à l'activité magnétique
de l'étoile et peut, lors des périodes de crise, souffler en rafales
et atteindre des vitesses dépassant les 1000 km par seconde. Émis en
période de calme, le vent solaire atteint notre planète en quatre ou
cinq jours. Il lui suffit de quelques heures en période de crise. Son
interaction avec la magnétosphère
de la Terre peut alors être responsable de divers
phénomènes plus ou moins appréciés, qui vont des aurores
polaires (aussi observées sur d'autres planètes)
aux pannes générales des réseaux électriques ou de certains satellites.
Un domaine qui est celui d'une discipline émergente : la météorologie
spatiale.
Régions
externes de l'héliosphère et trajectoires des sondes Pioneer et Voyager.
(Source
: Nasa
/ Pioneer 10-11).
L'héliosphère
(ou cavité solaire).
On peut définir l'héliosphère comme
la région autour du Soleil dans laquelle souffle le vent de particules
qu'il émet, et qui s'étend bien au-delà de l'orbite
des planètes géantes du Système
solaire.
• La
"jupe de ballerine" - L'héliosphère est structurée par les caractéristiques
du vent solaire. Celui-ci s'extrait radialement du Soleil. Mais comme il
est constitué de particules électriquement chargées, il s'oriente selon
des directions que lui impriment le champ magnétique de notre étoile.
La rotation du soleil infléchit ainsi les trajectoires
des particules, et font que le vent solaire s'enroulent en spirale dans
un plan proche de l'écliptique. Par ailleurs,
comme le vent vient dans une large mesure des "trous" qui percent la couronne,
il va également être modulé dans une direction à peu près perpendiculaire
au plan de l'écliptique. La variation des dimensions et de la position
des trous coronaux impriment une composante supplémentaire à la vitesse
du vent solaire, "plissant" d'une certaine manière la spirale précédemment
définie, et lui donnant l'aspect d'une "jupe de ballerine".
L'héliopause.
Très loin au-delà de la région des
planètes géantes, à la hauteur de la ceinture de Edgeworth-Kuiper ( La
Périphérie du Système solaire), le vent solaire faiblit. Il se heurte
aux particules du milieu interstellaire qui en bloquent la progression.
Il existe alors une limite au-delà de laquelle, la densité de particules
en provenance du soleil est inférieure à celle des particules du milieu
interstellaire. C'est cette limite qui correspond stricto sensu
à l'héliopause. Mais on peut aussi étendre cette définition, et considérer
l'héliopause plutôt comme une zone de transition entre le milieu interplanétaire
et le reste de l'univers. Il est intéressant, dans cette perpective de
noter le rôle que peuvent jouer certaines discontinuités brutales dans
le flux de vent solaire, et qui sont appelées des ondes de choc.
• Ondes
de choc - La théorie de l'héliosphère permet d'envisager un certain
nombre d'ondes de choc, toutes situées au-delà de l'orbite terrestre.
On en mentionnera deux : le choc terminal, en premier lieu, dans lequel
on peut voir la limite interne de l'héliopause (lato sensu), et
qui correspond à la région où le vent solaire cesse d'être animé de
vitesses supersoniques; une seconde onde de choc, analogue à une vague
d'étrave à l'avant d'un navire, peut également exister dans la direction
du déplacement du Système solaire dans la Galaxie.
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