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Le
Bihar
est un État situé dans le nord-est de l'Inde ,
occupant une superficie d'environ 94 163 km². Il est bordé au nord par
le Népal, à l'ouest par l'Uttar
Pradesh, au sud par le Jharkhand et
Ă l'est par le Bengale-Occidental.
Sa géographie est dominée par la vaste plaine indo-gangétique, formée
par les dépôts alluviaux des rivières Gange, Gandak, Kosi,
Bagmati et Son. Le Gange traverse l'État d'ouest
en est.
Le nord du Bihar
est particulièrement sujet aux inondations annuelles dues à la montée
des rivières provenant de l'Himalaya népalais.
Ces inondations récurrentes rendent les sols fertiles mais également
instables pour l'habitat. La Kosi, surnommée « la rivière du chagrin
du Bihar », est connue pour ses changements brutaux de cours et ses inondations
catastrophiques. Le sud du Bihar est un peu plus élevé en altitude, composé
de terrains légèrement ondulés avec des collines isolées dans les régions
du sud-est, notamment autour de Gaya et Jamui.
Le climat
du Bihar est de type subtropical humide, caractérisé par trois saisons
principales : un été chaud et sec (mars à juin), une mousson
intense (juin à septembre) et un hiver frais (novembre à février). Les
températures peuvent varier de moins de 10 °C en hiver à plus de 40
°C en été. Les précipitations annuelles sont concentrées entre juin
et septembre, avec des zones recevant entre 1000 et 2000 mm de pluie par
an.
Les sols sont majoritairement
alluviaux, riches en nutriments, favorisant la culture du riz, du blé,
du maïs, de la canne à sucre et des légumineuses. En dehors des terres
cultivées, le Bihar possède quelques forêts
clairsemées, principalement dans les districts du sud, comme Rohtas et
Kaimur, qui font partie des Ghâts orientaux. Ces zones abritent une biodiversité
locale modeste, avec des espèces comme le léopard,
le cerf axis et diverses variétés d'oiseaux.
Le relief du Bihar
est donc largement plat, à l'exception de collines localisées comme celles
du Rajgir et du Rohtasgarh. Le réseau hydrographique dense favorise l'agriculture
mais pose aussi des défis majeurs liés à la gestion de l'eau et à la
prévention des désastres naturels.
Quelques-unes
des principales villes de l'Uttar Pradesh
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Patna,
la capitale du Bihar, est l'une des plus anciennes villes habitées en
continu dans le monde. Anciennement connue sous le nom de Pataliputra,
elle fut la capitale de plusieurs grands empires, dont les Maurya et les
Gupta. Située sur la rive sud du Gange, Patna est aujourd'hui un centre
administratif, éducatif et économique. Elle abrite des institutions comme
l'université de Patna, le musée de Patna et des lieux de pèlerinage
bouddhiste et sikh. Son développement urbain moderne inclut des zones
comme Kankarbagh et Bailey Road, mais elle reste marquée par des problèmes
de congestion, de pollution et d'assainissement.
• Gaya est
une autre ville majeure, surtout connue pour sa signification religieuse.
Située au sud du Bihar, Gaya est un centre de pèlerinage hindou, associé
au rituel du pind daan, mais elle est surtout célèbre à l'international
grâce Ă Bodh Gaya, situĂ© Ă une quinzaine de kilomètres. C'est lĂ
que Siddhartha Gautama atteignit l'éveil sous l'arbre de la Bodhi. Le
Mahabodhi Temple, site du patrimoine mondial de l'Unesco, attire des milliers
de pèlerins et touristes chaque année. En dehors de son importance religieuse,
Gaya est aussi un centre éducatif régional et un nœud ferroviaire.
• Muzaffarpur,
située dans le nord du Bihar, est le centre économique de la région
de Mithila. Elle est réputée pour sa production de litchis, dont l'arôme
distinctif est exporté à l'échelle nationale et internationale. Ville
à vocation commerciale, elle abrite également plusieurs établissements
universitaires, des industries agroalimentaires et des institutions de
recherche agricole. Toutefois, Muzaffarpur fait face à des défis sanitaires,
illustrés par les épidémies périodiques d'encéphalite qui ont frappé
les enfants dans les zones environnantes.
• Bhagalpur,
surnommée la "ville de la soie", est située sur la rive sud du Gange
et constitue un centre historique pour la sériciculture. Elle est célèbre
pour ses saris en soie tussar, tissés à la main, qui trouvent preneurs
sur les marchés nationaux et internationaux. Bhagalpur est également
un centre éducatif, abritant la Tilka Manjhi Bhagalpur University. La
ville possède une longue histoire remontant à l'époque des Gupta, mais
elle souffre d'un développement urbain lent et de défis liés aux infrastructures.
• Darbhanga,
située dans la région de Mithila, est un important centre culturel et
intellectuel. Elle fut jadis le siège de la dynastie des rois Maithil
et conserve encore les vestiges du Raj Darbhanga, notamment le palais et
des temples ancestraux. Darbhanga |
est
connue pour sa tradition musicale, sa contribution à la littérature maithili,
ainsi que pour des institutions comme la Darbhanga Medical College et la
Lalit Narayan Mithila University. Elle bénéficie d'une position stratégique
sur le corridor routier et ferroviaire entre le nord-est de l'Inde et le
reste du pays.
• Purnia,
située dans le nord-est du Bihar, est un centre émergent sur les plans
commercial et agricole. Sa proximité avec le Bengale-Occidental et le
Népal lui confère une importance stratégique. Elle est connue pour la
culture du maïs, du riz et du blé. Bien que Purnia ait longtemps été
considérée comme périphérique, elle connaît actuellement un développement
grâce à l'investissement dans les infrastructures routières et énergétiques,
ainsi que dans l'enseignement supérieur.
• Chapra
(ou Chhapra), située à l'ouest de Patna, au confluent des rivières Gange
et Ghaghara, est une ville Ă l'histoire politique forte. Elle est le lieu
de naissance de Jayaprakash Narayan et Ram Manohar Lohia, deux figures
majeures du mouvement socialiste indien. Ville administrative et commerciale,
Chapra reste encore en développement, malgré sa position géographique
avantageuse. Le projet du pont Digha-Sonepur a facilité sa connexion avec
Patna.
• Hajipur,
juste au nord de Patna, séparée par le Gange, est le siège du district
de Vaishali. Elle est connue pour ses bananes, sa position ferroviaire
importante, et son statut croissant en tant que ville satellite de la capitale.
Le pont Mahatma Gandhi, l'un des plus longs d'Inde, relie Hajipur Ă Patna
et a grandement facilité l'intégration économique entre les deux villes.
Elle abrite également des installations de production agroalimentaire
et des institutions de formation.
• Begusarai,
centre industriel en plein développement, est parfois surnommée le "Sheffield
du Bihar" en raison de sa concentration d'activités industrielles, notamment
dans les secteurs du pétrole (grâce à la raffinerie de Barauni), de
l'engrais et du transport. Ville en mutation, elle attire également des
institutions éducatives et des investissements dans le secteur de la logistique.
Elle a une importance géopolitique marquée dans la politique électorale
du Bihar.
• Ara, dans
le district de Bhojpur, est connue pour son passé révolutionnaire lors
de la révolte de 1857. Elle fut le théâtre d'une résistance dirigée
par Veer Kunwar Singh, dont la mémoire est encore célébrée. Ara est
une ville administrative, agricole et éducative, bénéficiant d'un bon
réseau ferroviaire. Elle fait face à une urbanisation rapide, avec des
besoins en infrastructures croissants, mais conserve une forte identité
culturelle et historique.. |
Histoire du Bihar.
Le Bihar fut le
coeur de puissantes civilisations et de mouvements religieux majeurs qui
ont façonné l'histoire du sous-continent. Dans les Védas ,
le territoire du Bihar était intégré au royaume de Videha, avec sa capitale
Mithila. Cette région fut connue pour ses intellectuels et sages, comme
le roi Janaka et Yajnavalkya.
Au VIe
siècle av. JC, le Bihar devient un centre politique et religieux majeur
pour le Bouddhisme et le JaĂŻnisme. La ville
de Vaishali, dans le nord du Bihar, fut la capitale de la confédération
des Licchavis, considérée comme l'une des premières républiques au
monde. C'est aussi Ă Rajgir et Nalanda que Bouddha
enseigna, et que de nombreuses écoles philosophiques virent le jour.
L'apogée historique
du Bihar survient avec la dynastie Maurya au IIIe
siècle av. JC sous le règne d'Ashoka le Grand,
dont la capitale était Pataliputra (l'actuelle Patna). Ashoka étendit
l'empire sur une grande partie de l'Asie du Sud et favorisa la diffusion
du bouddhisme jusqu'en Asie centrale et orientale.
Après la chute des Maurya, les Gupta établirent
un autre âge d'or à partir du IVe siècle
ap. JC. Centré autour du Bihar et du Bengale,
leur empire excella dans les sciences, l'astronomie,
la littérature sanscrite et les mathématiques
avec des figures comme Aryabhata.
Du VIIe
au XIIe siècle, la renommée de l'université
de Nalanda, puis de Vikramashila, attira des érudits de toute l'Asie.
Ces centres bouddhistes furent cependant détruits à l'arrivée des invasions
musulmanes, notamment par Bakhtiyar Khilji vers 1193. Ce déclin culturel
fut suivi d'une période de domination successive par les sultanats de
Delhi,
puis l'Empire moghol. Malgré l'intégration dans
les structures musulmanes, Patna resta un centre commercial important,
notamment pour le commerce du salpĂŞtre.
À l'époque coloniale
britannique, le Bihar fut d'abord intégré à la présidence du Bengale.
En 1912, il devient une province séparée. Le rôle du Bihar dans la lutte
pour l'indépendance fut notable, avec des figures emblématiques comme
Rajendra Prasad, premier président de l'Inde indépendante, et Jayaprakash
Narayan, acteur clé de la lutte contre l'urgence imposée par Indira Gandhi
dans les années 1970. C'est également à Champaran que Mahatma Gandhi
mena son premier mouvement de désobéissance civile en Inde en 1917, en
soutien aux fermiers opprimés.
Après l'indépendance,
le Bihar est resté un État marqué par de profonds contrastes entre son
passé glorieux et ses défis socio-économiques contemporains. En 2000,
la partie sud de l'État fut détachée pour former le Jharkhand, riche
en ressources minières. Depuis, le Bihar tente de se redresser à travers
des politiques de développement, de réforme éducative et de modernisation
des infrastructures, tout en restant confrontĂ© Ă des dĂ©fis liĂ©s Ă
la pauvreté, à la migration et à la gouvernance.
Principaux sites
archéologiques et historiques du Bihar
| •
Bodh
Gaya, où Siddhartha Gautama atteignit selon la légende l'illumination
sous l'arbre de la Bodhi. Le temple de la Mahabodhi, classé au patrimoine
mondial de l'Unesco, est un chef-d'œuvre de l'architecture bouddhiste,
reconstruit au VIIe siècle sur des fondations encore plus anciennes. Ce
lieu attire chaque année des pèlerins et érudits du monde entier.
• Nalanda,
Ă environ 95 km de Patna, est l'un des sites universitaires les plus anciens
au monde. Fondée au Ve siècle, l'université
de Nalanda fut un centre d'études bouddhistes d'envergure internationale,
accueillant jusqu'à 10 000 étudiants et 2 000 enseignants venus d'Asie
centrale, de Chine, du Tibet ou de Corée. Détruit au XIIe
siècle par l'invasion de Bakhtiyar Khilji, le site conserve encore les
ruines de monastères, temples, stupas, et une bibliothèque légendaire
aujourd'hui disparue. Des fouilles en ont révélé une planification urbaine
avancée et des structures en briques caractéristiques de la période
Gupta.
• Rajgir,
ancienne capitale du royaume de Magadha, est un autre site d'importance
historique. Nichée dans une vallée entourée de collines, elle fut le
lieu de nombreuses retraites spirituelles du Bouddha et de la tenue du
premier concile bouddhiste après sa mort. On y trouve le Vulture's Peak
(Griddhakuta), le stupa japonais Shanti, les ruines du monastère de Jivaka,
et les vestiges du fort cyclopéen construit sans mortier. C'est aussi
un lieu important pour le jaïnisme, avec plusieurs collines sacrées reliées
Ă Mahavira.
• Vaishali,
située au nord de Patna, est reconnue comme l'un des premiers exemples
de république démocratique au monde, dominée par la confédération
des Licchavis. Ce fut également un lieu important pour le jaïnisme —
Mahavira y serait né — ainsi que pour le bouddhisme. Le Bouddha y donna
ses derniers enseignements. On peut y voir le pilier d'Ashoka encore debout,
une relique du IIe siècle av. JC, ainsi
que les ruines de stupas et d'un monastère.
• Pataliputra,
l'actuelle Patna, était la capitale des empires Maurya et Gupta. Bien
que largement urbanisée aujourd'hui, des fouilles ont mis au jour des
vestiges significatifs, notamment Ă Kumrahar, oĂą des piliers et structures
en bois du palais d'Ashoka |
ont
été découverts. La salle des piliers à 80 colonnes constitue une avancée
architecturale remarquable, témoignage du génie administratif et artistique
de l'époque.
• Lauriya Nandangarh,
dans le district de West Champaran, est célèbre pour ses stupas et les
piliers d'Ashoka, notamment un monolithe en grès poli portant des inscriptions
édictées par l'empereur pour propager le dhamma (loi morale bouddhiste).
Ces édits sont parmi les premières preuves écrites du pouvoir étatique
dans l'Inde ancienne. Le site offre également des vestiges funéraires
qui seraient associés aux reliques du Bouddha.
• Kesariya,
également situé dans le district de Champaran, abrite le plus grand stupa
bouddhique de l'Inde, mesurant environ 104 pieds de haut. Ce stupa, construit
en briques, daterait de la période entre les VIIe et XIIe
siècles. Sa structure est élaborée, avec de nombreuses niches contenant
des statues de Bouddha dans diverses postures. Le site évoque la richesse
de l'architecture bouddhique de la période tardive et son influence sur
l'Asie du Sud-Est.
• Les grottes
de Barabar, situées près de Jehanabad, sont les plus anciennes grottes
rupestres taillées dans la roche en Inde, datant du IIIe siècle av. JC,
à l'époque d'Ashoka. Elles furent offertes à la secte ascétique des
Ajivika. Les grottes sont renommées pour leur polissage intérieur parfait,
qui donne un effet acoustique particulier. Parmi les plus célèbres, on
compte la grotte de Lomas Rishi, avec une façade sculptée représentant
une entrée chaitya.
• Le fort de
Rohtasgarh, situé dans les collines du district de Rohtas, est une
forteresse construite au XVe siècle par
Sher Shah Suri. Perchée à plus de 1 500 pieds d'altitude, elle servait
de bastion stratégique pour contrôler les mouvements entre le nord et
le centre de l'Inde. Le fort, bien que en ruines, conserve des bastions,
palais, mosquées et des greniers massifs qui témoignent de sa splendeur
passée.
• Vikramshila,
autre ancienne université bouddhiste fondée par Dharmapala au VIIIe
siècle, rivalisait avec Nalanda en prestige. Le site, situé à Bhagalpur,
révèle les ruines d'un monastère central entouré de stupas mineurs,
de sanctuaires, et d'une riche décoration en terre cuite. Il fut détruit
lors des invasions musulmanes et resta enseveli pendant des siècles avant
d'être redécouvert. |
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