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Le
mot théodicée (Theos = Dieu; dikè = justice)
semble avoir été introduit dans la langue philosophique par Leibniz
qui en a fait le titre d'un de ses plus célèbres ouvrages : Essais
de théodicée
(1710) , concernant la bonté de Dieu ,
la liberté de l'humain et l'origine du mal. Les
contemporains de Leibniz ne semblent pas avoir bien compris tout d'abord
le sens de ce mot. Ainsi le P. Des Bosses, traduisant en latin le titre
de cet ouvrage, rend Théodicée par le masculin
Theodicoeus
et il mande à Leibniz que le P. Tournemine « a lu avec beaucoup de
plaisir son Théodicée ». Leibniz dans une lettre datée de Hanovre,
le 6 janvier 1712, relève cette erreur :
« L'auteur
d'une revue française en Hollande, Bernard, a compris Essais de théodicée
comme si je voulais dire Tentamina Theodicaei ou si je me désignais
moi-même par le nom de Theodicoeus; mais mon intention a été d'appeler
théodicée la doctrine elle-même ou le sujet du traité, de sorte que
la théodicée est la doctrine du droit et de la justice de Dieu, itae
ut est Theodicoea sit doctrina de jure et justitia Dei. »
Il semble donc que dans
la pensée de Leibniz, la théodicée soit une partie, une section de la
théologie, celle où se traite plus particulièrement le problème
de l'existence du mal. Le mot servirait ainsi exprimer la justification
de la bonté de Dieu, contre laquelle on objecte l'existence du mal. b)
le mot théodicée a été employé par l'école éclectique,
surtout depuis Victor Cousin, dans un sens beaucoup
plus général pour désigner la partie de la philosophie qui traite de
Dieu. Cet emploi est défectueux, puisque le terme, signifiant simplement
la justification de Dieu, n'est pas adéquat à son objet. Il faudrait
dire Théologie naturelle ou rationnelle. |
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