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Le
rut est l'ensemble des phénomènes que présentent les animaux
des deux sexes au moment oĂą le besoin de l'acte de la reproduction
se fait sentir chez eux. L'appareil génital
tout entier éprouve une turgescence plus ou moins violente, toutes les
glandes
et muqueuses qui y sont annexées
fournissent une
sécrétion exagérée. En
même temps, cette excitation réagit sur tout le métabolisme. Les caractères
de l'animal changent, le mâle recherche la femelle, et celle-ci, qui d'ordinaire
fuit les approches du premier, les recherche au contraire.
Chez les espèces
monogames,
cette période revêt un caractère plutôt doux et tranquille. Telles
les amours des pigeons et de quelques autres oiseaux.
Mais chez les polygames, la période du
rut est surtout marquée par des combats sanglants entre les mâles. Les
luttes pour conquérir les femelles sont souvent meurtrières, et dans
certaines
espèces vivant en troupeaux, tels les
bisons,
les rennes, etc., la lutte persiste jusqu'au moment
où un seul mâle reste vainqueur.
La force brutale
n'entre pas seule en jeu. La période du rut coïncide avec une décoration
nouvelle, principalement du mâle. On voit l'oiseau mâle revêtir ce que
l'on a appelé poétiquement sa robe de noce : plumage
éclatant, appareils érecteurs développés, etc. Chez la femelle, c'est
surtout l'écoulement
vulvaire qui est le phénomène
le plus saillant; son odeur caractéristique attire et excite les mâles.
La quantité varie d'une espèce à l'autre. Le rut est périodique, mais
le nombre des périodes varie avec les espèces.
Chez les animaux
sauvages, elles sont généralement assez éloignées. Parmi les rongeurs,
le lièvre est en rut au mois de février,
l'écureuil au printemps; ceux qui ont plusieurs portées par an, comme
les rats et les souris, ont nécessairement plusieurs périodes de rut.
Les ruminants reproduisent principalement en
hiver.
Chez les animaux
domestiques, ces périodes paraissent plus fréquentes, et même, pour
beaucoup d'espèces, telles que les vaches, les juments, les femelles reviennent
en chaleur tous les mois, et les mâles se montrent toujours prĂŞts Ă
l'acte reproducteur. La femelle pleine, et pendant toute la période de
la grossesse, refuse l'approche du mâle, sauf cependant la jument et les
truies. Même avec l'âge, la crise périodique ne disparaît pas, et Aristote
avait dĂ©jĂ signalĂ© la persistance du dĂ©sir chez les animaux jusqu'Ă
la vieillesse, il parle d'un étalon de quarante ans. (J.-P.
Langlois). |
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