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Histoire de l'art > La peinture
L'histoire de la peinture
La peinture française
Aperçu
Le Moyen √āge
La Renaissance
Le XVIIe siècle Le XVIIIe siècle
Le XIXe siècle : Néo-classicisme, Romantisme, Paysage, Réalisme, Impressionnisme
Le Moyen √Ęge.
En France, les monuments du la peinture pendant le Moyen √Ęge sont assez rares, bien que cet art ait √©t√© de tout temps cultiv√©. Sans parler ici de la peinture sur verre, de la peinture sur √©mail et des miniatures des manuscrits, il est certain que la plupart des √©glises furent de bonne heure orn√©es de fresques ou de peintures en d√©trempe. Le roi Childebert, dit-on, fit couvrir de peintures les murs de l'√©glise de Saint-Germain des Pr√©s; les Capitulaires de Charlemagne recommandent les travaux de ce genre, et Ermold le Noir nous a conserv√© le d√©tail des peintures qui furent faites de son temps dans l'√©glise d'Ingelheim : chose singuli√®re, ces peintures ont √©t√© presque toutes reproduites en mosa√Įque sur les parois de la cath√©drale de Montr√©al en Sicile. On n'a pu retrouver quelques-uns des monuments primitifs de la peinture fran√ßaise qu'en les d√©barrassant des couches de pl√Ętre, de mortier ou de badigeon dont on les avait recouverts √† une √©poque post√©rieure. 

Les plus anciennes fresques paraissent √™tre celles des √©glises de Saint-Honorat √† Arles et Saint-Jean √† Poitiers, et celles de Saint-Savin, ex√©cut√©es de 1050 √† 1150; mais les plus belles ornent l'abside de Saint-Saturnin √† Toulouse. On peut encore citer comme tr√®s curieuses les fresques qui d√©corent le dortoir de l'abbaye de Saint Martin-des-Vignes √† Soissons, la salle capitulaire des Templiers √† la citadelle de Metz, l'√©glise haute de la Sainte-Chapelle √† Paris, la crypte de la cath√©drale de Limoges, la pr√©fecture d'Angers (ancienne abbaye de Saint-Aubin ), le r√©fectoire de l'abbaye de Charlieu dans le Forez, le porche de Notre-Dame-des-Doms √† Avignon, la nef de la chapelle de Selles-Saint-Denis (Loir-et-Cher), le choeur de l'√©glise du Mont-St-Michel, les cath√©drales de Coutances, du Mans, de Clermont-Ferrand, etc. Quelques ch√Ęteaux ont aussi conserv√© la trace de leur ancienne d√©coration. 

Jusqu'au XIIIe si√®cle les moines seuls cultiv√®rent la peinture; mais on voit par le Livre des m√©tiers d'√Čtienne Boileau qu'au temps de Louis IX il existait √† Paris une corporation de peintres. Les artistes du Moyen √Ęge ne se born√®rent pas √† la peinture monumentale; ils peignirent sur bois et autres mati√®res, et leur talent s'exer√ßa sur les diptyques, les autels, les meubles, les √©cus des chevaliers, les selles de cheval, etc., qu'ils couvraient de figures, de feuillages, d'ornements de toute sorte. On a m√™me conserv√© un portrait du roi Jean le Bon, qu'on rapporte √† l'ann√©e 1350, et qui est attribu√© √† Giottino. Charles V cr√©a, sous le nom d'Acad√©mie de Saint-Luc, la premi√®re Acad√©mie de peinture qui ait exist√© en France; elle fut r√©organis√©e en 1391.

On conna√ģt tr√®s peu de peintres ant√©rieurs aux XIVe si√®cle. A ce si√®cle appartiennent : Girard d'Orl√©ans, qui travailla pour Charles V, et qui, longtemps avant Van Eyck, avait ex√©cut√© des peintures √† l'huile et verniss√©es au ch√Ęteau du Val de Rueil; Jean Coste, employ√© √† la d√©coration du m√™me ch√Ęteau; Jean de Saint-Romain, imagier de Charles V, auteur de nombreux cartons pour vitraux; Colart de Laon, Guillaume Loyseau et Perreniet, qui orn√®rent de peintures murales la chapelle des C√©lestins √† Paris. Fran√ßois d'Orl√©ans, qui fit des fresques √† l'h√ītel Saint-Pol; Jean de Blois, qui travailla √† l'H√ītel de Ville; J. Biterne, Jean de Saint-Cloy, Peyrin de Dijon, La Fontaine, Copin dit Grand-Dent, dont le talent fut utilis√© par les princes d'Orl√©ans; Jacquemin Gringonneur, qui peignit des cartes √† jouer pour l'usage de Charles VI

Pendant Ie XVe si√®cle, on remarque : Nicolas Pion, qui fit pour l'abbaye de Saint-Germain-des-Pr√©s un tableau que l'on conserve √† Saint-Denis; Jean Foucquet, peintre et miniaturiste c√©l√®bre; Guillaume Josse et Philippe de Fonci√®res, qui travaill√®rent aux peintures du Louvre sous Charles VII; le roi Ren√© d'Anjou, qui peignit des miniatures, des vitraux, des fresques et des tableaux, et dont on conserve un tableau √† l'h√īpital de Villeneuve-lez-Avignon et un triptyque √† Aix-en-Provence. Dans cette derni√®re ville (l'√©glise de la Madeleine), on peut voir √©galement le Triptyque de l'Annonciation, attribu√© √† Barth√©lemy Eyck, peintre anversois qui a surtout travaill√© en France, et qui est par ailleurs l'auteur pr√©sum√© de l'illustration du Livre du Coeur d'Amour √©pris (vers 1440?).
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Miniature illustrant le Livre du Coeur d'Amour épris,
attribuée à Barthelémy Eyck (milieu du XVe siècle).

La Renaissance.
Au commencement du XVIe si√®cle, lors de la Renaissance des arts, la peinture sur verre et la miniature jetaient un vif √©clat, mais la peinture monumentale et la peinture de tableaux ne prenaient aucun essor, et, si l'on excepte Jean Perr√©al, dit Jean de Paris, qui fit √† la suite de Louis XII la campagne de 1509 pour en retracer les √©v√©nements avec le pinceau, on ne peut mentionner que des portraitistes, Gu√©ty, Corneille de Lyon, Foulon, et surtout Janet  (Clouet), dont le mus√©e du Louvre conserve quelques portraits, et Dumonstier, auteur de pastels conserv√©s en grand nombre √† la biblioth√®que Sainte-Genevi√®ve.

L'Italie, qui comptait alors de grands peintres, donna fort √† propos une vigoureuse impulsion √† l'√©cole fran√ßaise. L√©onard de Vinci et Andr√© del Sarto furent appel√©s √† la cour de Fran√ßois Ier : malheureusement, l'un mourut peu de temps apr√®s son arriv√©e, l'autre ne se fixa pas en France, et ce furent des artistes moins complets qui servirent de mod√®les √† aux peintres fran√ßais. En 1532, ma√ģtre Roux (le Rosso) vint de Florence s'√©tablir, avec une colonie d'Italiens (Lucca Penni, Domenico del Barbieri, Bartolommeo Miniati, Lorenzo Naldini, Antonio Mimi, Francesca da Pellegrino, J.-B. della Pella, etc.), au ch√Ęteau de Fontainebleau, dont il d√©cora plusieurs parties : il avait une imagination hardie et bizarre, un talent vigoureux et tourment√©, un de ces artistes qui exercent un attrait singulier par l'√©nergie m√™me de leurs outrances. Le Primatice, qui lui succ√©da en 1541, et dont le principal auxiliaire fut Niccolo dell' Abbate, avait une grande ordonnance, une imagination po√©tique, un faire √©l√©gant, mais aussi beaucoup de mani√®re. 

Les plus vastes peintures monumentales ex√©cut√©es pendant ce r√®gne des Italiens dans l'art fran√ßais sont celles de la cath√©drale d'Albi; on a retrouv√© quelques noms d'artistes employ√©s √† ce travail, Ambroise Laurens de Mod√®ne, Violanus Julio, Antoine de Lodi, etc. Parmi les peintres fran√ßais qui subirent l'influence italienne, ou mentionne Simon de Paris, Claude de Troyes, Germain Musnier, Claude Baldouin, Roux de Roux, Charles de Varye, Louis Dubreuil, Eustache Dubois, Charles et Thomas Dorigny, Cormoy, Michel Rochet, Roger de Rogery, Fran√ßois Quesnel, Jacob Bunel, etc. La peinture n'eut alors d'autre source d'inspiration que la mythologie pa√Įenne. Un seul artiste conserva toute son ind√©pendance et toute son originalit√©; ce furent les deux Jean Cousin, qui  n'eurent cependant pas assez de force pour en entra√ģner l'√©cole fran√ßaise √† sa suite, et dont les chefs-d'oeuvre sont un Jugement dernier (au mus√©e du Louvre) et une Descente de Croix (au mus√©e de Mayence).

C'est encore l'art italien qu'on reconna√ģt dans les peintres les plus c√©l√®bres du r√®gne de Henri IV, Ambroise Dubois, Toussaint Dubreuil et Fr√©minet. Sous la direction de ce dernier, travaill√®rent √† la d√©coration des palais royaux Claude et Abraham Hall√©, Pasquier, Guillaume Durn√©e, Louis Testelin, Hardouin, Honnet, Jean de Brie, Francisque et Bouvier. Cependant l'√©poque approchait o√Ļ l'art fran√ßais allait reprendre la libert√© de ses allures.

Le XVIIe siècle.
Pendant la minorit√© de Louis XIII, Marie de M√©dicis, voulant d√©corer la grande galerie du palais du Luxembourg, demanda des dessins √† un artiste picard, Quentin Varin; les esquisses furent pr√©sent√©es et admises, mais l'auteur crut √™tre compromis lors de la disgr√Ęce du mar√©chal d'Ancre, et disparut : ce fut le Flamand Rubens qui peignit la galerie, et ses tableaux sont aujourd'hui au mus√©e du Louvre. Un autre Flamand, Porbus, vint, √† la m√™me √©poque, s'√©tablir √† Paris. Une √©cole v√©ritablement fran√ßaise fut inaugur√©e vers 1630, par Simon Vouet, qui s'√©tait form√© d'apr√®s le Guide et Paul V√©ron√®se. Puis vinrent Philippe de Champagne, dont on admire surtout les portraits et les tableaux religieux; Nicolas Poussin, que la France veut opposer aux plus grands peintres de l'Italie; Claude Gel√©e (le Lorrain), paysagiste sans rival; Eustache Lesueur, auteur d'une suite de tableaux sur la vie de Saint Bruno; enfin, √† un degr√© inf√©rieur, Blanchard, Stella, Dufresnoy, S√©bastien Bourdon, et Jacques Courtois (le Bourguignon), peintre de batailles.
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Lesueur : les Muses.
Les Muses (Clio, Euterpe, Thalia), par Eustache Lesueur (1640).

Le r√®gne de Louis XIV a √©t√© aussi illustr√© par d√©minents artistes, imitateurs et √©l√®ves de l'Italie, et dont le talent demanda principalement ses inspirations √† l'all√©gorie et √† la mythologie antique : Lebrun, directeur de tous les grands travaux de peinture qui se rent alors au ch√Ęteau de Versailles, o√Ļ il a repr√©sent√© l'histoire de Louis XIV et les Batailles d'Alexandre; Mignard, √† qui l'on doit la coupole du Val-de-Gr√Ęce; No√ęl Coypel, auteur de grands travaux aux Tuileries; Ch. de La Fosse, qui peignit la coupole des Invalides et la salle du Tr√īne √† Versailles; Bon Boullongne, dont on a des peinture aux Invalides; Lode Boullongne, qui travailla aussi aux Invalides et √† Versailles; Lemoine, qui a d√©cor√© le salon d'Hercule √† Versailles; Jouvenet, auteur de peintures aux Invalides et √† Versailles, et de tableaux de chevalet; Martin des Batailles, qui peignit l'histoire militaire du grand Cond√©, et Van der Meulen, celle de Louis XIV; Colombel, Michel Corneille, Antoine Dieu, Houasse, Valentin, Monnoyer, Parrocel, Lahire, Restout, etc. Dans cette √©cole, on pousse le sentiment de la grandeur parfois jusqu'√† l'exc√®s; la majest√© et la noblesse d√©g√©n√®rent trop souvent en pompe th√©√Ętrale, et l'art sacrifie trop √† l'apparat, √† l'effet. Sous ce prince furent fond√©es l'Acad√©mie de peinture et de sculpture en 1648, et l'Acad√©mie de France √† Rome en 1666. La premi√®re Exposition au Louvre eut lieu en 1699.

Le XVIIIe siècle.
Au XVIIIe si√®cle, les traditions mythologiques de l'√©cole de Louis XIV se perp√©tuent chez N.-N. Coypel, Ch.-A. Coypel, Fr. de Troy, Subleyras, J.-B. Vanloo et C. Vanloo. Mais un genre nouveau, la peinture de genre, gracieuse et facile, est mis √† la mode par Watteau, Boucher, Lancret, Loutherbourg, Natoire, etc. Rigaud, Largilli√®re, La Tour, Vivien, se placent au premier rang parmi les peintres de portraits; les pastels de La Tour surtout sont de vrais chefs-d'oeuvre. Oudry et Desportes excellent √† repr√©senter les chasses, les fleurs, les fruits et les animaux. Les marines de Joseph Vernet sont rest√©es populaires. Patel et Lantara se distinguent dans le paysage, Duguernier et Dumont dans la miniature. On voit au ch√Ęteau de Saint-Cloud et au Louvre d'admirables gouaches par le chevalier de Barde. Vers la fin du r√®gne de Louis XV, Lagren√©e, Greuze, Pierre, Suv√©e, repr√©sentaient avec le plus d'√©clat la peinture d'histoire, lorsqu'une r√©action commen√ßa contre l'√©cole italienne ou acad√©mique, dans le but de ramener la peinture √† une plus grande s√©v√©rit√© et au culte exclusif de l'antique : Doyen, Peyron, Regnault et Vien furent les coryph√©es de cette √©cole nouvelle, dont David, √©l√®ve de Vien, ne tarda pas √† √™tre le chef. Apr√®s avoir expos√© en 1784 son Serment des Horaces, qui fit une tr√®s vive impression, David ouvrit une √©cole en 1787. Ses principes, qui se ram√®nent √† la reproduction pure des formes du bas-relief antique, furent g√©n√©ralement adopt√©s, et, parmi ses plus brillants √©l√®ves, on distingua Gu√©rin, Drouais, G√©rard, Gros, Girodet, Valenciennes, Granet, Schnetz , repr√©sentants de l'√©cole fran√ßaise pendant la R√©publique et le Premier Empire.

Le XIXe siècle.
Sous la Restauration, Bertin, élève de Valenciennes, commença une école dite du paysage historique, illustrée après lui par Michallon, Rémond, Cogniet. Prud'hon, Carle Vernet, et Léopold Robert, en s'écartant des principes de David, firent de belles peintures. Géricault se sépara plus encore de l'école classique, dont les adversaires trouvèrent des chefs dans Delaroche, Horace Vernet, Delacroix, Decamps, Scheffer, et formèrent l'école dite romantique. A cette école essentiellement coloriste Ingres, élève de David, a opposé une école plus sévère, qui recherchait avant tout la pureté du dessin

L'unit√© manque √† partir de cette √©poque dans la peinture fran√ßaise. S'il existe une coh√©rence entre les diff√©rents mouvements qui animent le si√®cle, c'est peut-√™tre autour de l'int√©r√™t retrouv√© pour le paysage qu'il faut la chercher : les Orientalistes font le lien avec les Romantiques; avec l'Ecole de Barbizon, qui appara√ģt vers 1830, c'est vers le courant r√©aliste et naturaliste que l'on se dirige, courant qui d√©bouche sur l'Impressionnisme, sans qu'il n'y ait jamais eu de rupture v√©ritable. Avec l'Impressionnisme, suivi de la r√©volution op√©r√©e par C√©zanne, Vincent Van Gogh et Gauguin, la France deviendra le laboratoire de la peinture qui √©merge au XXe si√®cle
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Bastien-Lepage : Jeanne d'Arc.
Jeanne d'Arc, par Jules Bastien-Lepage (1879).

L'autre peinture.
Le Néo-classicisme, le Romantisme, l'Ecole de Barbizon, le Réalisme et l'Impressionnisme ont été les grands jalons de la peinture en France au XIXe siècle, et on trouvera dans ce site, pour chacun de ces courants, une page détaillée. Mais la peinture de ce siècle a aussi suivi aussi d'autres voies, souvent bien différentes, et sur lesquelles il convient de dire maintenant quelques mots.

La peinture d√©corative a eu pour principaux repr√©sentants certains √©l√®ves d'Ingres, (Amaury Duval, Hippolyte Flandrin, Paul Delaroche), mais surtout Puvis de Chavannes, suivi par Cabanel, Bonnat, Jean-Paul Laurens, Albert Besnard, Henri Martin ou Maurice Denis. Maurice Denis, qui avec Puvis de Chavanne, en rupture avec la tendance des peintres r√©alistes, revendiquent un retour au r√™ve, et inaugurent un mouvement symboliste. Celui-ci poss√®de un pendant en litt√©rature, et aura bient√īt pour principal d√©fenseur, en peinture, Odilon Redon.

La peinture d'histoire, √† c√īt√© de Jean-Paul Laurens, son principal repr√©sentant, fut pratiqu√©e par Rochegrosse (n√© en 1859), Luc-Olivier Merson (1846-1920), Cormon (1845-1924). Roll (1837-1919) s'est fait l'annaliste des √©v√©nements contemporains, avec une force assez souvent brutale. Citons encore le noms de Steuben, Zi√©gler, Hersent, Dr√∂lling, Alaux, Picot, Couder, Court, Monvoisin, Champmartin, Abel de Pujol, Heim, Flandrin, Lehman, Bouchot, L. Boulanger, Alfred et Tony Johannot, Papety, Couture, G√©r√īme, Yvon, Pils.

La peinture militaire est dominée par le nom d'Alphonse de Neuville (1836-1885), qui a compris et rendu la grandeur triste de la guerre; Detaille (1848-1912) et d'autres ont suivi l'exemple déplorable de Meissonier : ils se sont perdus dans le fignolage et dans un souci puéril du détail.
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La Société des aquarellistes français

On est g√©n√©ralement port√© √† croire que l'exemple des peintres britanniques cr√©ant en 1804 la Society of painters in water colours, ou bien celui des aquarellistes belges associ√©s √† partir de 1866 durent amener quelques artistes parisiens √† s'entendre pour fonder, en 1879, la Soci√©t√© d'aquarellistes fran√ßais. Il n'en est rien cependant. Cette soci√©t√© a une autre origine. Fortuny fit un voyage en France vers 1867; il apportait d'Italie et d'Espagne un grand nombre d'aquarelles; famili√®rement, il les montra √† un cercle de confr√®res r√©unis √† la campagne, √† Montmorency, et Vibert, Detaille, Worms, Lambert, Louis et Maurice Leloir admir√®rent tout d'une voix, l'esprit, l'√©clat, qui distinguent le talent du peintre espagnol. En m√™me temps ils comprirent les ressources d'un art charmant mais d√©laiss√© parmi nous, auquel eux-m√™mes n'avaient pas song√© s√©rieusement encore. Le go√Ľt de la peinture √† l'eau leur vint alors; et comme ils √©taient gens fort habiles, en peu de temps, sans beaucoup d'efforts pr√©paratoires, sans beaucoup d'√©tudes sp√©ciales, ils avaient p√©n√©tr√© les derniers secrets techniques du genre. Ils envoy√®rent de leurs aquarelles au Salon.

M√©contents de l'installation d√©fectueuse des salles r√©serv√©es aux dessins, ils prirent le parti de se concerter, et les bases de la Soci√©t√© des aquarellistes fran√ßais ne tard√®rent pas √† √™tre pos√©es, examin√©es, arr√™t√©es. La soci√©t√© fut cr√©√©e au capital de 40 000 francs, pouvant √™tre augment√©, divis√© en vingt actions, et le nombre des soci√©taires fix√© √† vingt, chacun devant poss√©der une action. L'exposition publique des aquarelles des soci√©taires √©tant le but principal de la soci√©t√©, un article des statuts interdisait aux soci√©taires d'exposer de leurs aquarelles ailleurs qu'au si√®ge de la soci√©t√© sous aucun pr√©texte, dans aucune circonstance. En 1884 s'organisa pour la derni√®re fois l'exposition des aquarellistes fran√ßais dans le local de la rue Laffitte, n¬į 46, trop √©troit pour permettre le d√©veloppement de la soci√©t√©; mais aussit√īt la galerie Petit, rue de S√®ze, construite et agenc√©e, la soci√©t√© se h√Ęta d'en assurer la jouissance √† ses expositions; et, en m√™me temps, porta √† 80 000 F son capital et le nombre des membres titulaires √† quarante. Sup√©rieurement am√©nag√©es, toujours int√©ressantes par le choix des ouvrages qu'elles rassemblaient, riches en pi√®ces hors de pair, les expositions de la soci√©t√© √©taient tr√®s recherch√©es du public. On a vu cependant la soci√©t√© d√©vier de son but, et modifier son caract√®re sp√©cial en admettant, √† partir de l'exposition de 1884, d'autres ouvrages que des aquarelles. (Olivier Merson).

La peinture de moeurs, le tableau anecdotique avaient conserv√© la faveur du public. Ce genre, que l'on classait comme inf√©rieur, √©tait pratiqu√© par des artistes instruits d'apr√®s les petits ma√ģtres hollandais et d'apr√®s les traditions du XVIIIe si√®cle. Le f√©cond Boilly (1761-1845) pratiqua une mani√®re l√©ch√©e et soign√©e. A c√īt√© de lui, on trouve des artistes int√©ressants, comme Dr√∂lling (1752-1817), son contemporain : Granet (1775-1849) et Cochereau (1793-1817). Leur tradition s'est continu√©e, en un certain sens, par Eug√®ne Lami (1800-1890), charmant anecdotier, puis par Meissonier (1815-1891), qui rench√©rit sur le soin m√©ticuleux de Boilly.
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Meissonier : La Campagne de France.
La Campagne de France de 1814, par Ernest Meissonier (1864).

C'est la gravure qui vulgarisa les sc√®nes humoristiques de Carle Vernet; mais surtout la lithographie, proc√©d√© d√©couvert au d√©but du XIXe si√®cle, permit √† des artistes comme Biard (1798-1882), Achille Dev√©ria (1800-1857), Monnier (1805-1877), Gavarni (1804-1866) de faire conna√ģtre leurs sc√®nes de la vie parisienne; √† Raffet (1804-1860) et √† Charlet (1792-1845), leurs √©pisodes des guerres napol√©oniennes ou de la vie militaire. Chez Monnier, chez Gavarni, une part de satire se m√™lait √† l'observation r√©aliste, mais une satire souriante. Daumier (1808-1879), √Ęme romantique et g√©n√©reuse, ne se contente pas de souligner les travers de ses contemporains; il attaque, avec une violence √Ępre, le r√©gime qui tol√®re les Robert Macaire et autres exploiteurs. Il est impitoyable pour le bon public, leur sotte victime, et son oeuvre fourmille de visages ahuris. Daumier n'est pas seulement un caricaturiste, mais un dessinateur et un peintre remarquable par la d√©cision, la force et l'abr√©viation synth√©tique de son trait.

Dans la peinture de genre, il faut encore citer Biard, Diaz, Roqueplan, Meissonier, Duval-Lecamus, Destouches, Mme Haudebourg; dans le portrait, Mme de Mirbel, Court, Dubuffe, Winterhalter; parmi les peintres de marines, Isabey, Gudin, Garneray, Morel-Fatio. (B. / HGP).

La peinture française au XXe siècle.
Le fauvisme (1905-1910).
Le fauvisme se caractérise par une etilisation audacieuse et non naturaliste de la couleur, et une simplification des formes. Henri Matisse est considéré comme le chef de file du mouvement, célèbre pour ses toiles aux couleurs vives. André Derain : est le co-fondateur du fauvisme avec Matisse. Maurice de Vlaminck se signale par ses paysages expressifs et colorés.

Le cubisme (1907-1914).
Le cubisme se reconna√ģt √† la d√©construction des objets en formes g√©om√©triques et au recours √† des perspectives multiples. Pablo Picasso est l'un des cr√©ateurs du cubisme et, certainement, le peintre le plus connu du XXe si√®cle. Georges Braque a accompagn√© √©troitement Picasso dans le d√©veloppement du cubisme. Juan Gris est, pour sa part, un des principaux repr√©sentants du cubisme synth√©tique.

Le surréalisme (1920-1940).
Le surr√©alisme se veut une exploration de l'inconscient. Il juxtapose images inattendues, r√™ves et fantastique. Salvador Dal√≠ peint des images oniriques et des paysages d√©form√©s. Ren√© Magritte est c√©l√®bre pour ses tableaux pleins de myst√®re et de paradoxes. 

L'√Čcole de Paris (1900-1950).
On range dans L'√Čcole de Paris un groupe diversifi√© d'artistes √©trangers et fran√ßais travaillant √† Paris, souvent influenc√©s par l'impressionnisme, le cubisme, et d'autres avant-gardes. Amedeo Modigliani est connu pour ses portraits et nus √©lanc√©s aux visages stylis√©s. Chaim Soutine peint des portraits expressifs et des paysages tourment√©s. Marc Chagall est connu pour des oeuvres souvent marqu√©es par des √©l√©ments de la culture juive et des imageries fantastiques.

Abstraction et abstraction lyrique (1945-1960).
L'abstraction et l'abstraction lyrique sont des courants qui se caract√©risent par leur refus de la repr√©sentation figurative, et leur mise en avant de la couleur, de la forme et de la composition. Jean Dubuffet est l'nventeur de l'art brut : ses oeuvres valorisent la spontan√©it√© et l'√©nergie brute. Pierre Soulages se fait conna√ģtre par ses peintures principalement noires, jouant avec la lumi√®re et la texture. Nicolas de Sta√ęl peint des toiles qui allient abstraction et figuration, avec une utilisation audacieuse de la couleur et de la mati√®re.

La nouvelle figuration et la figuration narrative (1960-1970).
La nouvelle figuration est un retour à la figure humaine. La figuration narrative y ajoute une narration explicite ou une critique sociale. Bernard Buffet peint des toiles sombres et des personnages stylisés. Gérard Fromanger utilise des images photographiques et des couleurs vives pour commenter la société contemporaine. Erró crée des oeuvres satiriques et volontiers politiques, mêlant les styles et les références culturelles.

Le courant des supports/surfaces (1966-1972).
Ce courant est celui d'une expérimentation avec les matériaux et les supports de la peinture, et d'une mise en question de la notion traditionnelle de l'oeuvre d'art. Daniel Buren se signale par ses bandes verticales alternées, jouant sur l'espace et le contexte d'exposition. Claude Viallat utilise des formes répétitives et des matériaux variés pour sonder les propriétés physiques de la peinture. Louis Cane s'intéresse à la matérialité et au processus de la peinture.

L'expressionnisme abstrait et la post-abstraction (1950-2000).
La libert√© d'expression est au coeur de l'expressionnisme abstrait et de la post-abstraction. Ces courants donnent de l'importance du geste et de la texture et font uneutilisation expressive de la couleur. Hans Hartung utilise des techniques gestuelles et des outils vari√©s pour cr√©er des compositions dynamiques. Jean-Paul Riopelle produit des toiles en "mosa√Įque", compos√©es de touches √©paisses et color√©es. Simon Hanta√Į d√©veloppe la technique du pliage et du d√©pliage de la toile pour cr√©er des compositions abstraites.

La peinture française au début du XXIe siècle.
Depuis les ann√©es 2000, la peinture fran√ßaise a continu√© de se renouveler et de parcourir de nouvelles avenues, int√©grant des influences globales et diverses pratiques artistiques contemporaines. 

Néo-figuration et post-figuration.
La néo-figuration représente un retour à la figure humaine, souvent avec une approche contemporaine et narrative. Philippe Cognée peint des paysages urbains et industriels, utilisant la technique de la cire chaude pour un effet flou distinctif. Claire Tabouret aborde les thèmes de l'enfance, de l'identité et de la mémoire, souvent avec une palette sombre et des compositions captivantes. Farah Atassi mélange la figuration et labstraction géométrique, peignant les espaces intérieurs et les motifs répétitifs.

Art conceptuel et processuel.
L'art conceptuel et processuel met l'emphase sur le processus créatif et les concepts sous-jacents à l'oeuvre, souvent avec une approche minimaliste. Bernard Frize s'intéresse aux processus et aux règles de la création. Il recourt à de motifs répétitifs et des couleurs vibrantes. Xavier Veilhan est connu pour ses installations et sculptures, il intègre parfois la peinture dans ses ouvres pour aborder les notions de perception et d'espace. Tatiana Trouvé combine dessin, sculpture et installation; elle crée des oeuvres qui interrogent la mémoire et le passage du temps.

Peinture abstraite contemporaine.
La peinture abstraite contemporaine est engagée dans une exploration de la couleur, de la forme et de la matière, souvent avec une approche expérimentale. Jean-Michel Othoniel produit des sculptures en verre, mais il est également également l'auteur d'oeuvres picturales qui sondent la transparence et la lumière. Vincent Bioulès, associé au mouvement Supports/Surfaces dans les années 1970, continue son exploration de l'abstraction avec une nouvelle liberté. Pierre Soulages, mort en 2022, a continué de produire des oeuvres marquantes avec ses Outrenoirs, qui sont une quête de la lumière à travers le noir.

Art urbain et street art.
L'art urbain est une expression de la culture urbaine et des graffitis, g√©n√©ralement porteuse d'une critique sociale ou politique. JR est connu pour ses photographies grand format coll√©es dans des espaces publics. Il m√©lange art et activisme pour attirer l'attention sur des questions sociales. Invader utilise des mosa√Įques inspir√©es des jeux vid√©o pour cr√©er des interventions urbaines ludiques. Miss.Tic,a rtiste de pochoirs, aproduit des oevres souvent accompagn√©es de textes po√©tiques et provocateurs, abordant des th√®mes de f√©minisme et de soci√©t√©.

Fusion des médiums et multidisciplinarité.
La combinaison de la peinture avec d'autres médiums comme la vidéo, la sculpture et l'installation est un courant représenté notamment par : Ange Leccia, qui mélange peinture et vidéo pour créer des installations immersives; Camille Henrot dont les oeuvres combinent dessin, sculpture, vidéo et installation pour parcourir des thèmes culturels et anthropologiques; Kader Attia, qui utilise la peinture, la sculpture et l'installation pour aborder des questions de colonialisme, de mémoire et de réparation.

Peinture engagée et politique.
De nombreuses oeuvres abordent aujourd'hui des sujets sociaux, politiques et environnementaux. Zineb Sedira s'intéresse aux thèmes de l'identité, de la diaspora et des migrations, souvent à travers la peinture et la vidéo. Ernest Pignon-Ernest, piionnier de l'art urbain, aborde des thèmes sociaux et politiques. Adel Abdessemed utilise des matériaux divers pour créer des oeuvres qui interrogent la violence, la religion et la politique.

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