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Cristal
(minéralogie). - Parmi les minéraux, les uns sont dits à structure régulière,
les autres à structure irrégulière : on donne aux premiers le nom de
variétés cristallisées et aux autres celui de variétés amorphes. Quel
est le caractère de la structure cristalline? Elle dépend essentiellement
d'une disposition régulière. Cette régularité est accusée par les
clivages que possèdent presque toujours les cristaux. On peut la concevoir
de la manière suivante : imaginons un réseau formé de parallélogrammes
tous égaux et au sommet de chacun d'eux une molécule : admettons, de
plus, que cette tranche se répète, qu'une seconde se superpose à la
première et ainsi de suite, nous aurons un assemblage régulier de molécules,
un corps à structure cristalline; quelle que soit la forme extérieure
de ce corps, ce sera toujours une variété cristallisée. Le plus souvent
à ce caractère intérieur et moléculaire s'en joint un autre, c'est
la régularité de la forme du corps. Quand un minéral réunit ces deux
conditions, il prend le nom de cristal. En brisant le corps, on détruira
le cristal, mais on ne détruira jamais le caractère essentiel d'une substance
cristallisée, la régularité de la structure intérieure.
L'étude des cristaux présente au point
de vue de la définition des espèces, un intérêt de premier ordre. Les
matières minérales, en effet, à l'état amorphe, ne sauraient être
caractérisées que par la composition chimique; elles n'ont pas, comme
les animaux ou les végétaux, une forme propre qui, à elle seule, permette
de les distinguer. C'est cette forme que leur donne la cristallisation,
et tin cristal d'alun est aussi reconnaissable à sa forme octaédrique
que le sont un animal ou un végétal quelconque. Il est vrai que, tandis
que la forme de l'animal est absolument invariable dans l'espèce, la même
substance minérale peut se présenter sous des formes cris. tapines fort
diverses; ainsi le diamant qu'on trouve quelquefois à l'état de cristal
octaédrique peut se présenter sous la forme du tétraèdre, d'un solide
compliqué à quarante-huit faces, etc. Mais les immortelles découvertes
d'Haüy permettent de voir le lien de famille qui liait ces diverses formes
propres à une espèce, et l'esprit petit toujours remonter à une forme
type qui est la définition précise et rigoureuse de la substance. On
conçoit donc combien il est important, quand on étudie un corps, de pouvoir
l'obtenir à l'état cristallisé; on peut employer à cet effet plusieurs
méthodes qui sont indiquées au mot cristallisation.
Les cristaux naturels ont rarement les
formes précises qu'on leur donne lorsqu'un les définit géométriquement,
et cette particularité n'étonnera pas, si l'on fait attention à la manière
dont les cristaux prennent naissance, croissent et se développent. Lorsqu'un
cristal prend naissance, ses dimensions sont très petites et ne s'accroissent
que. fort lentement; pendant tout ce temps, la masse dans laquelle ce corps
se développe peut rester parfaitement tranquille, et alors il sera géométriquement
régulier; mais on comprend que cette identité des circonstances extérieures
ne saurait se prolonger longtemps, et dés lors il en résulte des perturbations
dans la cristallisation, qui entraînent l'irrégularité du développement.
Plus le cristal sera volumineux, moins on aura de chance de l'avoir régulier;
car il lui aura fallu pins longtemps pour se produire, et les circonstances
extérieures auront eu plus d'influence sur sa formation. Lors donc qu'on
tiendra à la perfection des formes cristallines, c'est dans les cristaux
rudimentaires qu'il faudra la chercher; mais cette régularité n'est en
rien nécessaire, et le plus souvent on s'en inquiète fort peu. La cause
la plus ordinaire de l'irrégularité qu'on peut constater dans les cristaux
consiste dans l'éloignement différent des faces semblables da centre
de figure. On peut se représenter ce fait en supposant que, dans te solide
géométrique, une ou plusieurs faces se sont déplacées parallèlement
à elles-mêmes de manière à allonger le cristal dans un sens, à le
diminuer dans un autre et à lui retirer ainsi toute sa symétrie apparente;
mais il est une chose qui ne change pas dans cette déformation, c'est
la valeur des angles dièdres des faces entre elles; aussi la mesure de
ces sortes d'angles est-elle la seule détermination expérimentale que
comporte le problème et la seule qu'on exécute réellement; les instruments
qui sont employés à cet effet s'appellent goniomètres. Une autre cause
de déformation des cristaux qui se joint fort souvent à la précédente.
est l'absence d'une partie plus ou moins considérable du cristal. Quand
une matière cristallise sur la paroi d'un filon ou sur le flanc d'une
roche, la partie du cristal adhérente à la paroi est nécessairement
incomplète; il n'y aura dans ce cas qu'une moitié de cristal, l'autre
moitié faisant totalement défaut. Le quartz, le spath fluor sont les
cristaux sur lesquels on peut le plus facilement examiner ces irrégularités.
La forme du quartz est celle d'un prisme hexagonal surmonté d'une pyramide
à six faces : trois de ces dernières prennent quelquefois un développement
si considérable qu'on est tenté de les confondre avec les faces du prisme.
Quelquefois les faces des cristaux, au
lieu d'être planes, sont creuses et offrent l'aspect de pyramides rentrantes
analogues aux trémies du sel marin. L'oxydule de mercure,
qui cristallise en octaèdres, présente ce phénomène à un haut degré
: les cristaux se réduisent presque aux arêtes. Dans d'autres circonstances,
les angles dièdres sont arrondis, de manière que la forme générale
du cristal est un sphéroïde; les cristaux qui présentent un grand nombre
d'arêtes et que l'on trouve dans des sables roulés présentent fréquemment
cette déformation : le diamant en offre un exemple.
L'irrégularité du développement dans
les cristaux prismatiques leur donne souvent des apparences qui les font
désigner par des épithètes qui rappellent les objets usuels auxquels
ils ressemblent alors. Si le prisme est très aplati, le cristal se réduit
à sa base, on l'appelle tabulaire; on lui donne au contraire le nom de
bacillaire, cylindroïde, aciculaire quand la hauteur est très grande
relativement aux dimensions de la base Ces aiguilles cristallines semblent
quelquefois diverger d'on centre de manière à former un sphéroïde radié
: la variété de pyrite de fer appelée pierre de tonnerre présente cette
dernière particularité.
La structure cristalline est le caractère
essentiel d'un cristal; la régularité des formes extérieures ne, vient
qu'en seconde ligne. Cette dernière peut quelquefois se rencontrer sans
que la première condition soit remplie, et il en résulte alors des masses
qui ont l'apparence des cristaux; on leur donne le nom de pseudo-cristaux.
Pour citer un exemple de leur formation, quand aine masse du lave se refroidit,
il se manifeste souvent, par andin. des contractions inégales qu'éprouvent
en se refroidissant les éléments hétérogènes de cette masse, des fendillements
qui la sillonnent dans toute son étendue. Ces fissures sont ordinairement
planes et perpendiculaires à la surface da refroidissement; elles se produisent
fréquemment dans trois directions constantes à peu près également inclinées
entre elles. II en résulte de grands blocs affectant la forme de prismes
hexagonaux; telles sont, par exemple, les masses basaltiques de l'Auvergne
on celles du la grotte
de Fingal, dans l'île de Staffa. Vues de loin, ces colonnes basaltiques
paraissent parfaitement régulières; mais cette régularité n'est qu'apparente.
La constance des angles, ce caractère essentiel de la cristallisation,
n'existe plus ici.
Les propriétés
optiques des cristaux englobent la biréfringence,
la dispersion chromatique, l'absorption sélective, la dichroïsme, la
rotation optique et parfois des effets non linéaires. Certains cristaux
présentent une activité optique naturelle, ce qui signifie qu'ils peuvent
faire tourner le plan de polarisation d'une
onde
lumineuse sans champ magnétique externe. D'autres, soumis à un champ
électrique ou magnétique, modifient leur biréfringence (effets électro-optiques
et magnéto-optiques), ouvrant la voie à des applications dans les modulateurs,
les isolateurs et les filtres. Les propriétés optiques dépendent étroitement
de la symétrie cristalline, de la pureté du matériau et de la longueur
d'onde considérée, ce qui nécessite souvent une caractérisation précise
avant intégration dans un dispositif optique. Dans un cristal anisotrope,
il existe deux directions privilégiées appelées axes optiques, le long
desquelles la lumière se propage sans double réfraction. ces axes sont
perpendiculaires aux directions de propagation des rayons ordinaire et
extraordinaire (L. / Dict. gén. Sc.). |
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