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Corporéité
(du latin scolastique
Corporeitas, de corpus = corps). -
a) Etat d'être corporel.
b) Les Scolastiques
donnaient le nom de corporéité à la forme substantielle, par laquelle
un corps est constitué corps. Les uns, les Thomistes, soutenaient que
la corporéité n'est pas réellement distincte du principe vital des êtres
vivants, de sorte que ceux-ci doivent à leur principe vital et
d'être corps et d'être vivants. Conséquemment, à la mort d'un vivant,
la fonction de corporéité, que remplissait l'âme, principe vital, est
exercée par une autre forme qui a été nommée
forme cadavérique (forma cadaverica). D'autres Scolastiques ont
admis au contraire la pluralité des formes substantielles : la corporéité
et le principe vital étaient donc selon eux réellement distincts.
c) Dans une perspective
contemporaine, on désigne sous le nom de corporéité l'nsemble des caractéristiques
physiques et sensorielles qui définissent l'existence
en tant qu'entité corporelle.
Ce terme est utilisé
pour décrire l'expérience subjective de l'incarnation, la conscience
et la présence du corps, ainsi que les interactions et la relation entre
le corps et l'esprit. Cela peut impliquer la sensation
et la perception consciente du corps,
le sentiment de présence corporelle, les sensations tactiles, proprioceptives
et kinesthésiques, la douleur, le plaisir, le confort, l'inconfort. La
corporéité joue dès lors un rôle fondamental dans la cognition.
La manière dont nous percevons, pensons, et traitons l'information est
influencée par notre expérience corporelle, nos schémas moteurs et notre
interaction sensorielle avec le monde. La corporéité est également liée
à la conscience de soi, à la perception de notre propre existence en
tant qu'entité corporelle distincte. Elle contribue à notre identité
et à notre compréhension de nous-mêmes, tout en étant elle-même définie
en partie à partir des facteurs extérieurs (normes sociales et culturelles,
attitudes, croyances et représentations collectives concernant le corps). |
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