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Fabricius

Fabricius, C. Fabricius Luscinus. - Général romain, célèbre par sa pauvreté et son désintéressement. Consul l'an 282 av. J.-C., il vainquit les Samnites, les
Brutiens et les Lucaniens et refusa les dons des Samnites auxquels il avait fait accorder la paix. Deux ans après, ayant été député vers Pyrrhus pour traiter de l'échange des prisonniers, il refusa également les présents du roi. Pyrrhus, charmé de ses vertus, lui confia les prisonniers pour les emmener à Rome, à la condition de les lui renvoyer si le sénat refusait de payer leur rançon : la sénat n'ayant pas admis les demandes de Pyrrhus, Fabricius les lui renvoya tous fidèlement. L'an 278 av.J.-C., il fut de nouveau nommé consul et envoyé encore une fois contre Pyrrhus. Le médecin de ce prince lui ayant offert de l'empoisonner, il en instruisit le roi, qui, frappé de sa générosité, délivra tous les prisonniers sans rançon, et bientôt évacua l'Italie. Fabricius fut nommé censeur en 275. Il mourut si pauvre que l'Etat fut obligé de faire les frais de ses funérailles et de doter sa fille. Plutarque a écrit sa Vie.
Fabricius (Théodore), un des premiers partisans de la Réforme, né en 1501 à Anholt-sur-l'Yssel (comté de Zutphen), mort en 1559. avait été disciple de Luther et de Mélanchthon. Chassé de Cologne pour ses opinions., il devint en 1544 premier pasteur de l'église réformée de Saint-Nicolas à Zerbst. Il se fit une grande réputation pour ses connaissances en hébreu. On lui doit les ouvrages suivants : Institutiones grammaticae in linguam sanctam, Cologne, 1528; Articuli pro evangelica doctrina; Tabulae de nominibus et verbis Hebraeorum, Bâle, 1545, etc.
Fabricius (Georg Goldschmied, surnommé), humaniste né à Chemnitz le 23 avril 1516, mort à Meissen le 17 juillet 1571. Il étudia à Chemnitz, Annaberg et Leipzig, professa à Chemnitz et Freiberg, voyagea en Italie (1539-44), à Strasbourg, devint recteur de l'école de Meissen, fut nommé poète-lauréat et anobli à la diète de Spire. Il dut sa réputation à ses poésies latines : Itinerum liber unus (Bâle, 1560); Roma (Bâle, 1551 et 1560); Antiquitatum libri II (Bâle, 1549 et 1560); Poematum sacrorum libri XXV (Bâle, 1567), etc.

Il a publié de nombreux ouvrages scolaires, de bonnes éditions d'Horace (Bâle, 1555, 2 vol.), de Virgile (Bâle, 1561). Comme historiographe de la maison de Saxe, il rédigea : Rerum Germaniae et Saxoniae memorabilium volumina II (Leipzig, 1609, publié par son fils Jakob); Originum Saxonicarum libri VIII (Iéna, 1598, complété sous le titre : Saxonica illustrata, 1607). Baumgarten-Crusius a publié sa correspondance (Epistolae ad Meurerum et alios Aequales; Leipzig, 1845).

Fabricius  (David), astronome né à Ésens en 1564, mort à Osteel (Frise orientale) le 7 mai 1617. Il apprit les mathématiques auprès de Lampadius, pasteur protestant à Brunswick. II fut lui-même nommé pasteur en 1584 à Resterhave, d'où, en 1603, il passa à Osteel. II se confectionna lui-même des instruments astronomiques et consacra ses loisirs à l'étude du ciel, autant pour faire des prédictions astrologiques que pour l'amour des connaissances. Ses observations ne se retrouvent que dans la correspondance assez active qu'il entretint avec Kepler, car il n'a publié que des Prognostica pour les années 1615 à 1618, en dehors d'une Chronique (1609) de son pays. Ses relations avec Tycho-Brahé paraissent douteuses. Il s'occupa aussi de topographie et fit la première carte de la Frise orientale (Histoire de la géodésie). Ses découvertes les plus importantes sont celles de la variation de l'étoile Mira Ceti, qu'il fit le 3 août 1596, et surtout celle des taches du Soleil et de la rotation de cet astre, publiée par son fils, Johann (ci-dessous). Il fut tué par un paysan de sa paroisse, qu'il avait désigné en chaire comme ayant volé une de ses oies. (T.).
Fabricius (Johann), fils du précédent, né à Osteel le 8 janvier 1587. Il paraît avoir été médecin et avoir séjourné quelque temps en Hollande, d'où il aurait rapporté à son père l'une des premières lunettes astronomiques. On a sous son nom un ouvrage célèbre : De Maculis in sole observatis et apparente earum cum sole conversione narratio, cui adjecta est de modo eductionis specierum visibilium dubitatio, imprimé à Wittenberg en 1611 (préface du 13 juin) avant la publication (1613) des lettres de Galilée à Marc Velser. Galilée date sa découverte des taches de novembre 1610; la priorité paraît donc acquise aux Néerlandais. Jean Fabricius dit, dans sa préface avoir observé chez son père et en communauté avec lui. II ne semble pas s'être autrement occupé d'astronomie et on ignore l'époque de sa mort. (T.).
Fabricius (Johann Albert), célèbre bibliographe, né à Leipzig en 1668, mort en 1736. Il étudia, principalement à Leipzig, la philologie, la théologie et la médecine, vint à Hambourg chez le pasteur Mayer (1693). En 1699, il fut nommé professeur de morale et d'éloquence à Hambourg, pour remplacer Placcius, et en 1708, recteur de l'école Saint-Jean. Il a laissé plus de cent ouvrages dont les principaux sont : Bibliotheca Graeca (Hambourg, 17051728, 14 vol. in-4; on consulte d'ordinaire la 4e édit. par Harless, 1790-1809, 12 vol.); Bibliotheca Latina (Hambourg, 1697, puis 1721-22, 3 vol. in-8; nouvelle éditition par Ernesti, Leipzig, 1773-74). 

Ces deux Bibliothèques ont pour objet d'indiquer tous les ouvrages, même les moins importants, qui restent de l'Antiquité. Pour les Grecs, le Moyen âge y est compris. Elles donnent sur les auteurs, les éditions, les traductions et les divers travaux auxquels ces livres ont donné lieu, tous les renseignements que Fabricius a pu rassembler. Elles contiennent, en outre, des appendices considérables, tels que la bibliographie des conciles, tant généraux que particuliers, et celle de l'histoire générale de l'Église.

La Bibliothèque latine est complétée par la Bibliotheca latina mediae et infimae aetatis (Hambourg, 1734-1736, 5 vol. in-8; sixième volume dû en majeure partie à Schoetgen, 1746). Cet ouvrage a été revu et augmenté par Mansi (Padoue, 1754, 6 part. in-4; Florence, 1858, 3 vol. in-8). C'est un dictionnaire biographique et bibliographique des auteurs qui ont écrit en latin au Moyen âge et même au commencement du XVIe siècle. Bibliotheca ecclesiastica (Hambourg, 1718, in-fol.), comprenant tous les auteurs qui, depuis saint Jérôme jusqu'au XIIe siècle, ont composé des ouvrages spéciaux sur la littérature chrétienne. Codex Apocryphus Novi Testamenti (Hambourg, 1703 et 1719, 2 vol. in-8; augmenté d'un troisième volume en 1743). Codex Apocryphus Veteris Testamenti (Hambourg, 1713 et 1722-1723; augmenté d'un deuxième volume en 1741. 

Dans ces deux dernières collections, Fabricius, non seulement a recueilli avec un grand soin tous les documents qu'il a pu trouver de la littérature pseudépigraphique de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament, mais il y a joint des renseignements fort utiles. Salutaris lux Evangelii toti orbi exoriens (Hambourg, 1731, in-4), histoire de la propagation du christianisme jusqu'au XVIIIe siècle, donnant la liste la plus complète qui eût été dressée jusqu'alors de tous les évêchés ayant existé et existant encore : plus de quatre mille. Bibliotheca antiquaria (Hambourg, 1743, in-4; 13e édit. par Schaffhausen, Hambourg, 1760), indication de tous les ouvrages relatifs à l'archéologie dans son ensemble et dans ses détails, notamment à l'archéologie des Hébreux, des Grecs, des Romains et de l'Église chrétienne. 

Fabricius a, en outre, donné des éditions qui sont encore très recherchées paraît-il par les collectionneurs : S. Hippolyti opera (Hambourg, 1716-1718, 3 vol. in-fol.); S. Philastri opera de haeresibus (Hambourg, 1724, in-8); Sexti Empirici opera (grec et latin, Leipzig, 1718, in-fol.); et préparé une édition de Dion Cassius, publiée par H.-S. Reimarus (Hambourg, 1750-1752, 2 vol. in-fol.). L'érudition quasi universelle de Fabricius et le soin avec lequel sont exécutés ses travaux, en font l'auteur le plus utile à consulter pour l'histoire littéraire et philologique à laquelle ses oeuvres servent encore de base. (E.-H Vollet).

Fabricius (Otto), zoologue et linguiste  né à Rudkjoebing (Danemark) le 6 mars 1744, mort à Christianshavn le 20 mai 1822. Sorti du séminaire groenlandais de Copenhague fondé par P. Egede, il fut cinq ans missionnaire à Frederikshaab (1768-1773) et se familiarisa avec la langue et les moeurs des Inuit. A son retour, il fut successivement pasteur à Drangedal en Norvège (1774), à Hobro (1779), à Rise dans l'île d'Aeroe (1781), aumônier de l'orphelinat de Copenhague (1783) et maître au séminaire groenlandais, enfin pasteur à Christianshavn (1789) et directeur de la Société danoise d'histoire naturelle, et reçut les titres de professeur (1803), de docteur en théologie et d'évêque (1818).

Sa Fauna Groenlandica (Copenhague, 1780) est restée classique jusqu'aux explorations de la fin du XIXe siècle, de même que ses éditions révisées de la Grammaire groenlandaise (1791; 2e édit., 1801) et du Dictionnaire groenlandais (1801). Il publia aussi dans la même langue : Psautier (1788; 2e édit., 1801); Catéchisme (1790); traduction du Nouveau Testament (1794; 2e édit., 1799) et de la Genèse (1822); Récits bibliques (1820; 2e édit., 1849). On lui doit aussi des écrits de théologie et de nombreux mémoires dans des recueils scientifiques.

Son fils Frederik  Fabricius (1789-1873), attaché à la grande bibliothèque royale de Copenhague (1823), composa et traduisit des pièces de théâtre et publia des biographies et quelques catalogues, notamment : Almindeligt dansk-norsk Forlagskatalog (1814-1840, avec quatre continuations jusqu'en 1849) et Dansk Bogfortegnelse (1841-1858). (B.-s).

Fabricius (Johan Christian), éminent naturaliste et économiste né à Toender (Danemark) le 7 janvier 1745, mort à Kiel le 3 mars 1808. Après s'être formé par des voyages et avoir suivi les cours de Linné (1762-64), qui l'appréciait beaucoup et dont il fut le disciple le plus distingué, il obtint (1768) à l'institut de Charlottenborg (Berlin) une chaire qui fut transférée à l'université de Copenhague (1770), puis devint (1775) professeur d'histoire naturelle, d'économie et de caméralistique à Kiel, où il n'y avait pas de collections ni de jardin botanique; aussi fut-il forcé, pour achever ses travaux scientifiques, de s'absenter fréquemment et de faire de longs séjours dans diverses capitales, surtout à Copenhague et à Paris. En dépit de difficultés de toute sorte, financières et autres, il publia un grand nombre d'ouvrages en latin et en allemand. On retiendra seulement ici que ce sont surtout ses écrits entomologiques qui ont une importance capitale, à cause de sa nouvelle classification fondée sur la structure de la bouche des insectes. (B-s.).
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