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Les
systèmes
météorologiques sont de grandes entités cohérentes dans l'atmosphère
terrestre qui déterminent les conditions climatiques locales et régionales
sur une période donnée. Ils se forment en raison des variations de température,
d'humidité et de pression atmosphérique causées par le réchauffement
inégal de la surface de la Terre par le Soleil,
et sont caractérisées par des champs de vent, de pression et de température
spécifiques, et dont la dynamique est intrinsèquement liée à leur dimension
spatiale et à leur durée de vie. L'observation et la prévision
du déplacement et de l'évolution de tous ces systèmes constituent l'essence
de la science météorologique.
L'échelle planétaire
est dominée par la circulation
générale, un vaste système de cellules
convectives généré par le gradient thermique équateur-pôles et
modulé par la rotation terrestre via la force
de Coriolis. Près de l'équateur, l'air chaud et humide s'élève
dans la zone de convergence intertropicale, une ceinture discontinue de
convection profonde, de nuages et de précipitations intenses qui ceinture
le globe et dont les oscillations saisonnières dictent les régimes de
mousson. Cet air divergent en altitude migre vers les pĂ´les et redescend
vers 30 degrés de latitude, créant les crêtes subtropicales, des zones
semi-permanentes de haute pression marquées par la subsidence, des ciels
clairs et la formation des grands déserts terrestres. En surface, l'air
reflue vers l'équateur, dévié en alizés dans
l'hémisphère nord-est et sud-est, tandis que vers les pôles, les vents
d'ouest dominent les latitudes moyennes.
Cette structuration
génère de grandes étendues d'atmosphère (des masses d'air) aux caractéristiques
uniformes en termes de température et d'humidité. Lorsque des masses
d'air aux propriétés différentes se rencontrent, elles ne se mélangent
pas facilement et créent des zones de transition appelées fronts. Un
front chaud se produit lorsqu'une masse d'air chaud s'élève lentement
au-dessus d'une masse d'air froid, apportant généralement des nuages
étendus et des précipitations légères mais prolongées. À l'inverse,
un front froid pousse l'air chaud vers le haut de manière brutale, ce
qui provoque des orages, des averses violentes et une baisse rapide de
la température. Aux hautes latitudes, l'air froid et dense des calottes
polaires génère des hautes pressions thermiques et les vents
d'est polaires, alors qu'entre l'air polaire froid et l'air subtropical
plus doux, un contraste thermique intense matérialise le front polaire,
un chapelet de conflits de masses d'air.
C'est à l'échelle
synoptique, s'étendant typiquement sur plusieurs centaines à quelques
milliers de kilomètres pour une durée de vie de quelques jours à une
semaine, que se structurent les dépressions et les anticyclones qui rythment
le temps sensible des latitudes tempérées. Ces systèmes sont profondément
liés aux courants-jets, typiquement quatre
tubes (deux dans chaque hémisphère) de vents extrêmement rapides ondulant
entre la troposphère et la stratosphère.
• Les
dépressions. - Dans les creux de ces ondes planétaires, l'air converge
et s'élève. En montant, l'air se refroidit et l'humidité qu'il contient
se condense, formant des nuages et entraînant des conditions météorologiques
instables, venteuses et pluvieuses. L'air convergeant vers le centre de
la dépression est dévié par la force de Coriolis (due à la rotation
de la Terre), créant une rotation caractéristique qui s'effectue dans
le sens inverse des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Nord et
dans le sens horaire dans l'hémisphère Sud. La dépression des latitudes
moyennes est par essence une perturbation du front polaire, se développant
sous la forme d'une onde frontale. Une langue d'air chaud s'insinue vers
le pôle (front chaud) tandis que l'air froid plonge vers l'équateur en
aval (front froid), ce dernier, plus dense et rapide, rattrapant le premier
pour former un secteur chaud. Le système s'approfondit en puisant son
Ă©nergie dans le contraste thermique et le cisaillement du vent, jusqu'Ă
l'occlusion où le secteur chaud est soulevé du sol.
• Les anticyclones.
- En périphérie de ces basses pressions, des anticyclones (systèmes
de haute pression) mobiles s'intercalent, sièges de subsidence, de divergence
au sol et de temps calme, pouvant s'installer en situation de blocage oméga,
une configuration où un anticyclone tenace est encadré par deux dépressions,
figeant le défilé des perturbations pendant des semaines. Les anticyclones
se caractérisent par de l'air qui descend vers la surface. Ce mouvement
descendant, appelé subsidence, réchauffe l'air et empêche la formation
de nuages. Les anticyclones sont donc généralement associés à un temps
calme, sec et ensoleillé. Bien qu'ils apportent souvent du beau temps,
ils peuvent parfois causer des épisodes de pollution atmosphérique en
hiver ou des canicules prolongées en été en bloquant la circulation
des autres systèmes météorologiques plus actifs.
En descendant à l'échelle
méso, intermédiaire entre la grande échelle et les phénomènes locaux,
on rencontre des structures dont les dimensions vont de quelques dizaines
à plusieurs centaines de kilomètres, pour des durées de vie allant de
quelques heures à une journée.
• La
convection organisée, notamment la ligne de grains, un alignement
orageux quasi linéaire pouvant s'étirer sur des centaines de kilomètres,
se forme souvent en avant d'un front froid, lorsque la plongée d'air sec
en altitude crée une instabilité conditionnelle extrême, libérant l'énergie
potentielle convective disponible. Le courant de densité généré par
l'Ă©vaporation des prĂ©cipitations soulève brutalement l'air ambiant Ă
l'avant, régénérant continuellement de nouvelles cellules orageuses.
• Le complexe
convectif de méso-échelle est un système plus circulaire, qui se
distingue par une vaste zone de précipitations stratiformes couronnée
par des sommets de nuages très froids vus par satellite, persistant souvent
la nuit, alimenté par un jet de basses couches apportant chaleur et humidité.
• Les ondes
orographiques se déploient dans un registre lié au relief sous le
vent des montagnes lorsque l'écoulement stable est perturbé verticalement.
Elles se matérialisent par des nuages lenticulaires stationnaires en forme
de lentilles et peuvent être associées à des turbulences extrêmement
dangereuses ainsi qu'à des vents catabatiques dévalant les pentes, comme
le föhn, un vent sec et chaud après avoir libéré son humidité au vent
du massif.
L'échelle la plus fine
est celle des phénomènes microphysiques et des tourbillons d'une dimension
inférieure à une dizaine de kilomètres, dont la brièveté n'ôte rien
Ă la violence potentielle.
• La
tornade est un entonnoir rotatif d'une extrême intensité, connectant
la base d'un orage supercellulaire au sol. La supercellule qui l'engendre
est elle-même un système orageux méso-cyclonique de longue durée caractérisé
par un courant rotatif ascendant, le mésocyclone, dont la formation résulte
du basculement de la vorticité environnementale par un fort cisaillement
vertical du vent. Au sein de cette vaste rotation, la concentration et
l'étirement de la vorticité à très petite échelle donnent naissance
à la tornade, un vortex dont les vents peuvent excéder les 300 kilomètres
par heure, couplé à une chute de pression dévastatrice en son coeur.
• La trombe
marine, sur les océans tropicaux, bien que généralement moins puissante,
suit un principe de convergence tourbillonnaire sous un nuage convectif.
• La turbulence
pure, de manière plus diffuse, se manifeste à l'échelle subméso
par des phénomènes comme les fronts de rafales, des limites de courant
froid s'évasant au sol à l'avant d'un orage, formant un arcus nuageux
et provoquant des sautes de vent soudaines et des poussières.
Enfin, à l'échelle
de la couche limite atmosphérique, l'interaction entre le sol réchauffé
et l'air instable génère des thermiques, des ascendances pures sans rotation,
matérialisées par des cumulus de beau temps dont l'évolution peut, si
les conditions sont réunies, amorcer l'embryon d'un phénomène d'échelle
bien supérieure, illustrant le continuum d'interactions et de transferts
d'énergie entre toutes les échelles des systèmes météorologiques. |
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