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On désigne en
botanique
sous le nom d'encens (du latin
incensum = chose brûlée)
plusieurs substances de nature résineuse ou gommo-résineuse, qui ont
pour caractère commun de répandre une odeur agréable quand on les brûle.
La plus intéressante est l'encens indien, appelé aussi
encens
mâle ou oliban, qui provient d'un arbrisseau
de la famille des burséracées, dont le nom scientifique est Boswellia
carteri. Cette espèce est originaire d'Ethiopie ,
mais elle ne parvenait jadis qu'indirectement en Europe ,
après ĂŞtre passĂ©e par l'Inde, ce qui l'a fait rapporter par erreur Ă
une espèce de cette région, boswellia serrata. Cette gomme-résine
se présente généralement sous forme de petites boules sèches, blanches
en dedans, jaunâtres et poudreuses à l'extérieur; leur saveur est légèrement
âcre, amère et aromatique. L'odeur balsamique que répand cette
substance quand on la brûle l'a fait employer depuis longtemps dans les
cérémonies
religieuses, et elle est devenue l'emblème
de l'hommage rendu à la divinité.
L'encens entre dans la composition du baume
du Commandeur, de la thériaque, des
pilules de cynoglosse et de l'emplâtre de Vigo. L'encens est souvent falsifié
avec de la sandaraque, du mastic, de la résine de pin ou d'autres substances
analogues; il donne alors une fumée d'une odeur moins agréable. L'encens
femelle ou en sorte, appelé aussi encens d'Arabie, est
produit surtout par une espèce de genévrier (Juniperus lycia);
il est moins estimé que l'encens indien. On appelle écorce d'encens,
écorce des Juifs, narcaphte, etc., la seconde écorce des Juniperus
lycia et thurifera; cette écorce â une odeur agréable; les juifs
s'en sont souvent servis dans les cérémonies religieuses. On appelle
manne
d'encens les parcelles qui résultent du frottement des morceaux, et
suie d'encens un résidu de la combustion de cette substance, assez analogue
au noir de fumée.
On a désigné sous le nom de gros encens
ou
encens commun le suc résineux qui découle de la tige de diverses
espèces de pins. L'encens était brûlé par la plupart des peuples orientaux
en l'honneur de leurs divinités; les Hébreux
eux-mĂŞmes l'offrirent Ă Yahveh
sur l'autel
des Parfums. Tertullien
rapporte, dans son Apologétique, que l'encens était employé par
les chrétiens
des premiers temps comme un moyen de purifier l'air des lieux souterrains
où ils célébraient leurs cérémonies religieuses. |
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