 |
Une
hyperbole
est une courbe plane appartenant à la famille des coniques,
c'est-à-dire des courbes obtenues par l'intersection
d'un cône circulaire droit et d'un plan.
Plus précisément, si l'on considère un cône
double illimité et qu'un plan le coupe en traversant les deux nappes,
l'intersection obtenue est une hyperbole; c'est le cas lorsque le plan
est plus incliné que les génératrices du cône, ou encore lorsqu'il
est parallèle à l'axe du cône. Elle peut aussi être définie comme
l'ensemble des points M du plan tels que la valeur absolue de la différence
des distances à deux points fixes F1 et F2,
appelés foyers, soit constante : |MF1−MF2|
= 2a, avec 0<a<c, où 2c = F1F2.
Cette définition métrique explique pourquoi une hyperbole possède deux
branches séparées, chacune correspondant à l'un des signes de la différence.
L'hyperbole
a été étudiée par les mathématiciens grecs, notamment Ménéchme et
Apollonius de Perge, qui a donné son nom à la courbe. Le mot hyperbole
signifie excès ou dépassement, par opposition à ellipse qui signifie
manque et à parabole qui signifie comparaison. L'hyperbole joue un rôle
important dans de nombreux domaines. En astronomie et en mécanique céleste,
les trajectoires non liées d'un corps soumis à une force gravitationnelle,
comme certaines comètes ou certains astéroïdes, sont des hyperboles.
En navigation, les systèmes de positionnement par différences de temps
d'arrivée, comme le LORAN, utilisent des hyperboles : l'ensemble des points
pour lesquels la différence de distance à deux stations est constante
forme une hyperbole. En optique, les miroirs hyperboliques sont employés
dans les télescopes de type Cassegrain. En relativité restreinte, les
hyperboles apparaissent naturellement dans les diagrammes de Minkowski,
où elles représentent des événements séparés par un intervalle d'espace-temps
constant. On les retrouve aussi dans l'architecture, notamment dans la
forme des tours de refroidissement, et dans de nombreux problèmes d'analyse,
de géométrie analytique et de physique où interviennent des équations
du second degré à discriminant positif.
Dans un repère orthonormé
dont l'origine est le centre de l'hyperbole et dont l'axe des abscisses
porte l'axe transverse, l'équation réduite s'écrit x²/a²−y²/b²
= 1, où a>0 et b>0. Les sommets sont alors les points (±a, 0)(, les foyers
sont (±c, 0), et l'on a la relation fondamentale c² = a² + b². Le segment
de longueur 2a qui joit les deux sommets est l'axe transverse, tandis que
le segment de longueur 2b, perpendiculaire au précédent et passant par
le centre, est l'axe conjugué.
Si l'axe transverse
est vertical, l'équation devient y²/a² − x²/b² = 1, avec les foyers
sur l'axe des ordonnées. Plus généralement, une hyperbole dont le centre
est (h, k) et dont l'axe transverse est horizontal a pour équation (x−h)²/a²
− (y−k)²/b²=1. Toute conique peut être représentée par une équation
quadratique générale Ax²+Bxy+Cy²+Dx+Ey+F=0; elle est une hyperbole
lorsque le discriminant B²−4AC est strictement positif, ce qui correspond
à deux branches et à l'existence d'asymptotes réelles.
Les asymptotes de
l'hyperbole x²/a²−y²/b²=1 sont les droites y=±(b/a)x. Elles passent
par le centre et encadrent les branches, qui s'en rapprochent indéfiniment
sans jamais les atteindre. L'hyperbole conjuguée, définie par x²/a²−y²/b²=−1,
possède les mêmes asymptotes mais ses branches sont orientées perpendiculairement.
Lorsque a=b, l'hyperbole est dite équilatère ou rectangulaire : ses asymptotes
sont perpendiculaires, son équation devient x²−y²=a², et son excentricité
vaut √2. Après une rotation de 45°, une hyperbole rectangulaire
peut aussi s'écrire xy = k, forme particulièrement simple et souvent
utilisée en analyse.
L'excentricité e
d'une hyperbole est définie par e=c/a. Comme c>a on a toujours e>1.
Cette grandeur mesure l'ouverture de la courbe : plus e est grand, plus
les branches sont écartées et plus l'hyperbole est "ouverte". À chaque
foyer est associée une directrice. Pour l'hyperbole x²/a²−y²/b²=1,
les directrices ont pour équations x=±a/e. La définition focale-directrice
s'énonce alors ainsi : un point M appartient à l'hyperbole si et seulement
si le rapport de sa distance à un foyer à sa distance à la directrice
correspondante est égal à e. La longueur du côté droit, c'est-à-dire
de la corde focale perpendiculaire à l'axe transverse, vaut 2b²/a Le
demi-côté droit p=b²/a intervient dans l'équation polaire r=p/(1+ecosθ)
lorsqu'un foyer est pris comme pôle, équation qui décrit une branche
ou les deux branches selon la convention de signe adoptée pour r.
Une hyperbole peut
être paramétrée de plusieurs façons. Pour la branche droite de x²/a²−y²/b²
= 1, on peut poser x=acosht et y=bsinht, avec t  ,
car cosh²t−sinh²t=1. La branche gauche s'obtient avec x=−acosht
et y=bsinht. On peut aussi utiliser x=asect, y=btant avec les
intervalles appropriés pour éviter les valeurs où le cosinus s'annule.
La tangente à l'hyperbole au point (x1, y1)
a pour équation xx1/a²−yy1/b²=1.
Une droite d'équation y=mx+q est tangente à l'hyperbole x²/a²−y²/b²=1
si et seulement si q² =a²m²−b², ce qui impose |m| ≥ ab : les
pentes des tangentes sont donc extérieures à celles des asymptotes. L'hyperbole
possède également une propriété de réflexion remarquable : la tangente
en un point M est bissectrice de l'angle formé par les droites joignant
M aux deux foyers. Autrement dit, un rayon issu d'un foyer et rencontrant
la branche se réfléchit en semblant provenir de l'autre foyer, propriété
utilisée dans certains dispositifs optiques. |
|