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Burkina Faso

13 00 N, 2 00 W
Le Burkina Faso est un Etat de l'Afrique de l'Ouest, enclavĂ© entre le Mali, le Niger, le Benin, le Togo, le Ghana et la CĂ´te d'Ivoire. D'une superficie de 274 000 km², le Burkina  se prĂ©sente comme un plateau ondulĂ©, plus Ă©levĂ© au Sud qu'au Nord (point culminant, le Tena Kourou, 749 m). Le pays est parcouru par le cours supĂ©rieur de la Volta noire (ou Mouhoun), de la Volta rouge et de la Volta blanche. 

C'est une rĂ©publique parlementaire  divisĂ©e administrativement en 45 provinces.

Les provinces du Burkina Faso

Bale
Bam
Banwa
Bazega
Bougouriba
Boulgou
Boulkiemde
Comoe
Ganzourgou
Gnagna
Gourma
Houet
Ioba
Kadiogo
Kenedougou
Komondjari
Kompienga
Kossi
Koulpelogo Kouritenga Kourweogo
Leraba
Loroum
Mouhoun
Nahouri 
Namentenga
Nayala
Noumbiel
Oubritenga
Oudalan 
Passore
Poni
Sanguie 
Sanmatenga
Seno
Sissili
Soum
Sourou
Tapoa
Tuy
Yagha
Yatenga
Ziro
Zondoma
Zoundweogo

La capitale du Burkina Faso est Ouagadougou (environ 2,5 millions d'habitants), l'autre ville importante est est Bobo-Dioulasso (360 000 hab.). Les autres localités ont moins de 100 000 habitants. Population totale : environ 23 millions d'habitants (2025).
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Carte du Burkina Faso.
Carte du Burkina Faso. Source : The World Factbook.
(Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée).

Géographie physique

La géographie du Burkina Faso est caractérisée par la platitude et une transition climatique marquée du sud au nord.

Relief.
Le relief est majoritairement constitué de plaines et de plateaux peu élevés, formant une vaste pénétration du bouclier ouest-africain. Le Plateau Central, qui s'étend sur une grande partie du territoire, est une zone de plaines ondulées d'une altitude moyenne comprise entre 250 et 350 mètres. Quelques reliefs plus accentués se trouvent dans l'ouest et le sud-ouest, notamment la célèbre Falaise de Banfora, un escarpement de grès spectaculaire, et quelques massifs d'altitude modeste. Le point culminant du pays, le Ténakourou, atteint seulement 749 mètres dans l'ouest près de la frontière malienne. L'ensemble du territoire présente une pente générale douce, orientée vers le sud-ouest, favorisant l'écoulement des eaux vers les bassins des Volta.

Climat.
Le climat du Burkina Faso est de type tropical continental, caractérisé par l'alternance très marquée de deux saisons : une saison sèche longue et chaude, et une saison des pluies plus courte. La saison sèche, qui dure d'octobre-novembre à mai-juin, est dominée par l'influence de l'harmattan, un vent sec et poussiéreux soufflant du nord-est depuis le Sahara, apportant une grande aridité et des températures diurnes élevées, souvent supérieures à 35°C, avec des variations importantes entre le jour et la nuit. La saison des pluies, ou hivernage, s'étend généralement de juin à septembre ou octobre, sous l'influence de la mousson humide du sud-ouest. La répartition des précipitations est fortement inégale du nord au sud, passant d'environ 600 mm par an dans la zone sahélienne septentrionale à plus de 1000 mm dans la zone soudanienne méridionale. Cette variabilité pluviométrique interannuelle est également importante, rendant le pays particulièrement vulnérable à la sécheresse. Les températures restent élevées toute l'année, avec des pics souvent enregistrés en fin de saison sèche, avant l'arrivée des pluies.

Hydrographie.
Le réseau hydrographique burkinabè s'inscrit majoritairement dans le bassin de la Volta, dont les trois principaux affluents - la Volta Noire (Mouhoun), la Volta Blanche (Nakambé) et la Volta Rouge (Nazinon) - prennent leur source sur le territoire et convergent vers le Ghana. Le nord-est du pays est drainé par des affluents du fleuve Niger, tandis que le sud-ouest contribue au bassin de la Comoé. Ces cours d'eau sont pour la plupart temporaires et connaissent d'importantes variations de débit au cours de l'année, beaucoup se transformant en simples chapelets de mares ou s'asséchant complètement durant la saison sèche. Cette saisonnalité rend la gestion de l'eau cruciale, et le pays compte de nombreux réservoirs artificiels (barrages) construits pour l'irrigation, l'approvisionnement en eau potable et l'élevage. Il existe très peu de lacs naturels permanents de grande taille.

Géologie.
Les sols du Burkina Faso sont divers mais souvent fragiles. On trouve principalement des sols ferrugineux tropicaux (latéritiques) formés par l'altération des roches mères sous climat chaud avec alternance de saisons sèches et humides. Ces sols sont généralement peu fertiles et sensibles à l'érosion, en particulier dans les zones dégradées. Des sols sableux dominent dans le nord, tandis que des sols plus argileux et limoneux se rencontrent dans les plaines d'inondation et certaines régions du sud. La dégradation des sols est un problème majeur, exacerbé par l'agriculture intensive, le surpâturage et la déforestation.

Le sous-sol est constitué de roches anciennes du Précambrien, partie du craton ouest-africain, qui affleurent ou sont recouvertes de formations superficielles. Ces formations géologiques sont le siège de ressources minérales, notamment l'or.

Biogéohraphie

En conséquence de du gradient climatique qu'on y observe, le territoire burkinabè peut être grossièrement divisé en plusieurs zones biogéographiques distinctes, bien qu'elles représentent un continuum. La zone sahélienne couvre l'extrême nord. Elle se caractérise par une végétation clairsemée, dominée par des graminées annuelles courtes adaptées à l'aridité, des arbustes épineux et des arbres épars, principalement des espèces d'Acacia (Acacia tortilis, Acacia senegal), des balanites (Balanites aegyptiaca) et des Combretaceae. Les paysages y sont plus ouverts, avec des sols souvent sableux et peu fertiles, et les points d'eau permanents sont rares en dehors de quelques mares et oueds qui ne coulent qu'en saison des pluies. Cette zone est particulièrement vulnérable à la désertification.

Au sud de la zone sahélienne s'étend la vaste zone soudanienne, qui couvre la majeure partie du centre et du sud du pays. Cette zone est plus humide et présente une savane arborée plus dense et plus diversifiée. La zone soudanienne se subdivise elle-même en une zone soudano-sahélienne de transition (centre-nord), une zone soudanienne typique (centre) et une zone soudano-guinéenne de transition (sud et sud-ouest). Dans la savane soudanienne, la couverture herbeuse est plus haute et plus continue. Elle est dominée par des graminées pérennes comme Andropogon gayanus. La strate arborée devient plus présente, avec des espèces emblématiques jouant un rôle socio-économique important comme le karité (Vitellaria paradoxa), le néré (Parkia biglobosa), le baobab (Adansonia digitata), et diverses espèces de Terminalia, Anogeissus et Piliostigma. Plus on descend vers le sud, plus les arbres deviennent grands et la densité s'accroît, les feux de brousse annuels influençant fortement la structure de cette végétation en savane.

Un élément déterminant du paysage biogéographique, qui traverse ces grandes zones, est la présence des systèmes fluviaux de la Volta (Volta Noire ou Mouhoun, Volta Blanche ou Nakambé, Volta Rouge ou Koulpélogo) et des affluents du Niger et de la Komoé. Le long de ces cours d'eau et autour des plans d'eau permanents (mares, barrages), des galeries forestières se développent. Ces écosystèmes 'ripariens offrent un contraste marqué avec la savane environnante, grâce à une humidité édaphique plus élevée. Elles abritent une flore plus dense et plus diversifiée, incluant des espèces qui ne pourraient pas survivre dans la savane sèche, comme le Khaya senegalensis (acajou du Sénégal) et diverses espèces de Ficus. Ces galeries forestières constituent des habitats essentiels et des corridors biologiques vitaux pour de nombreuses espèces animales.

La faune du Burkina Faso reflète Ă©galement cette zonation et l'importance des points d'eau et des zones protĂ©gĂ©es. Historiquement très riche, elle a Ă©tĂ© fortement influencĂ©e par la pression humaine (chasse, agriculture). Les zones sahĂ©liennes abritaient une faune adaptĂ©e Ă  la sĂ©cheresse (gazelles, autruches), mais beaucoup d'espèces y sont devenues rares. 

La zone soudanienne, et particulièrement les grands complexes d'aires protĂ©gĂ©es du sud et du sud-est, comme le complexe W-Arly-Pendjari (partagĂ© avec le Niger et le BĂ©nin) ou le Parc National des Deux BalĂ©s, sont les principaux refuges pour la grande faune. On y trouve des populations d'Ă©lĂ©phants d'Afrique (Loxodonta africana), de lions (Panthera leo), de lĂ©opards (Panthera pardus), de buffles (Syncerus caffer), de diverses espèces d'antilopes (cob de Buffon, hippotrague, bubale major, ourĂ©bi, sylvicapre), de phacochères (Phacochoerus africanus), de primates (babouins, singes rouges et verts).  Les cours d'eau et mares abritent des crocodiles du Nil (Crocodylus niloticus), parfois vĂ©nĂ©rĂ©s localement, et des hippopotames (Hippopotamus amphibius). 

Les crocodiles sacrés du Burkina Faso constituent une tradition culturelle particulièrement ancrée dans certains villages comme Bazoulé, non loin de Ouagadougou, et Sabou, sur l'axe routier menant à Bobo-Dioulasso. Ces animaux, principalement des crocodiles du Nil, sont vénérés par les populations locales qui les considèrent non pas comme de simples animaux sauvages, mais comme les gardiens du village, des symboles de protection, de fertilité, de pluie ou encore des liens avec les ancêtres. Loin d'être chassés, ils cohabitent pacifiquement avec les habitants, une relation basée sur un respect profond issu de croyances anciennes. Cette relation très spéciale permet aux visiteurs et aux villageois d'approcher ces crocodiles, de les nourrir (ordinairement avec l'aide d'un guide local) et, dans certains cas, de les toucher, un comportement inhabituel et rendu possible grâce à la confiance établie au fil du temps. Ces sites sont devenus des attractions touristiques importantes, qui offrent un aperçu rare de la manière dont les traditions peuvent façonner une coexistence entre les humains et des animaux potentiellement dangereux.
L'avifaune est exceptionnellement riche et variée, avec plus de 500 espèces recensées. Ils s'agit à la fois de résidents et de migrateurs qui utilisant les zones humides, les savanes et les milieux forestiers des galeries. Reptiles et amphibiens sont également bien représentés, adaptés aux différents niveaux d'humidité.

Les processus écologiques naturels comme les feux de brousse et les variations saisonnières extrêmes influencent la dynamique des écosystèmes. Cependant, l'impact le plus significatif sur la biogéographie actuelle est l'activité humaine : l'expansion de l'agriculture (notamment du coton), l'élevage extensif conduisant au surpâturage, la surexploitation des ressources ligneuses pour le bois de chauffage et le charbon de bois, et la croissance démographique. Ces pressions ont conduit à la déforestation, à la dégradation des sols, à la fragmentation des habitats et au déclin de nombreuses populations animales.

Géographie humaine

Avec une population estimée à environ 23 millions d'habitants, le Burkina Faso est un pays relativement peu densément peuplé en moyenne, bien que la répartition soit inégale, avec une concentration plus forte dans le Plateau central et autour des deux principales agglomérations. La population est exceptionnellement jeune, avec une large majorité ayant moins de 25 ans, reflétant un taux de natalité élevé et une croissance démographique rapide, qui exerce une pression considérable sur les ressources naturelles et les infrastructures sociales.

Habitat et démographie.
L'habitat et les modes de vie sont principalement ruraux, avec une majorité de Burkinabè vivant dans des villages. Cependant, le pays connaît une urbanisation rapide, alimentée par l'exode rural, notamment vers les deux principales villes : Ouagadougou, la capitale, centre politique, administratif et économique, et Bobo-Dioulasso, la deuxième ville, pôle économique et culturel important dans l'ouest. Cette urbanisation s'accompagne de défis considérables en matière d'accès aux services de base (eau potable, assainissement, électricité), de logement et d'emploi.

La population du Burkina Faso est actuellement profondément marquée par une crise sécuritaire majeure, particulièrement dans le nord, l'est et le Sahel, due à la propagation de groupes extrémistes violents. Cette situation a entraîné un déplacement interne massif de populations, avec plusieurs millions de personnes contraintes de fuir leurs foyers, abandonnant leurs terres et leurs moyens de subsistance. Cette crise a un impact dévastateur sur les structures sociales, l'accès à l'éducation et à la santé, l'agriculture et l'économie locale, transformant radicalement la distribution de la population et les dynamiques sociales dans de vastes régions du pays. La gestion de cette crise humanitaire et sécuritaire représente un défi majeur pour l'avenir du Burkina Faso et de sa population.

Les principales villes du Burkina Faso
• Ouagadougou est la capitale et la plus grande ville du Burkina Faso. Centre administratif, culturel et économique du pays, elle abrite les principales institutions nationales, des universités, ainsi que de nombreux marchés et centres artisanaux. La ville est aussi connue pour le Fespaco, un festival majeur du cinéma africain.

• Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays, se distingue par son dynamisme Ă©conomique et culturel. Elle possède une riche tradition musicale et artisanale, ainsi qu'une architecture aux  influences soudano-sahĂ©liennes. C'est Ă©galement un centre industriel et commercial important.

• Koudougou, située à l'ouest de Ouagadougou, est une ville universitaire et un centre de commerce régional. Elle joue un rôle essentiel dans le développement du Centre-Ouest, notamment dans les secteurs de l'agriculture et de la transformation artisanale.

• Ouahigouya, dans le nord du pays, est un pôle administratif et commercial majeur pour la région du Nord. Proche de la frontière avec le Mali, elle est aussi un point stratégique pour les échanges transfrontaliers et le développement local.

• Fada N'Gourma, située à l'est, est une ville clé pour la région de l'Est. Elle est un centre de transit pour les échanges avec le Niger et le Bénin, et joue un rôle important dans l'agriculture et l'élevage de la région.

• Dori, capitale de la région du Sahel, est un centre administratif et pastoral. Elle est connue pour son marché aux animaux et sa population fortement ancrée dans les traditions nomades, notamment chez les Peuls.

• Banfora, dans l'extrême sud-ouest, est une ville touristique proche des cascades de Karfiguéla et des pics de Sindou. Elle est également un centre agricole réputé, notamment pour la culture de la canne à sucre et la production de fruits tropicaux.

Diversité des populations.
Sur le plan ethnique, le Burkina Faso est une mosaïque. Le groupe majoritaire est celui des Mossi, historiquement concentrés dans le centre du pays, mais de nombreux autres groupes coexistent, dont les Peuls (ou Fulani), les Gourmantché, les Bobo, les Sénoufo, les Lobi, les Gurunsi, les Dagari, et bien d'autres. Cette diversité se traduit par la multiplicité des langues parlées. Le français est la langue officielle et celle de l'administration, tandis que plusieurs langues nationales, comme le Mooré (la langue des Mossi), le Dioula (une langue véhiculaire du commerce) ou le Fulfulde (la langue des Peuls), jouent un rôle important dans la communication quotidienne et l'identité culturelle. La coexistence de ces groupes et de leurs langues façonne le paysage social et politique du pays.

Les Mossi.
Les Mossi sont le groupe le plus important en termes de population, représentant environ 50% de la population totale du pays. Ils vivent principalement dans le centre et le nord-est du pays. Les Mossi sont connus pour leur agriculture intensive et pour avoir développé un système politique centralisé sous le royaume de Ouagadougou. Leur langue, le mooré, est l'une des langues officielles du pays, aux côtés du français.

Les Lobi.
Les Lobi, quant à eux, vivent principalement dans le sud-ouest du Burkina Faso. Ils sont réputés pour leurs sculptures en bois, notamment les masques rituels utilisés lors des cérémonies funéraires et des rites de passage. Les Lobi pratiquent également une agriculture de subsistance, basée sur la culture du maïs, du sorgho et du millet.

Les Gourmantché.
Dans l'est du pays, les Gourmantché (ou Gurma) constituent un groupe ethnique majeur, historiquement organisé autour d'un royaume dont le siège est à Fada N'Gourma. Ils sont principalement agriculteurs et leur langue est le Gulmancema.

Les Sénoufo.
Les Sénoufo occupent le sud-ouest, à la frontière avec la Côte d'Ivoire et le Mali. Ce sont des agriculteurs reconnus, organisés en sociétés basées sur les classes d'âge et des sociétés secrètes importantes comme le Poro, qui structure l'éducation traditionnelle et la vie sociale. Ils parlent des langues sénoufo.

Les Bobo-Dyula.
Les Bobo-Dyula (Bobo-Dioula) sont présents dans le nord-ouest du Burkina Faso. Ils sont souvent considérés comme des marchands itinérants, car ils se spécialisent dans le commerce de sel, d'or et d'autres produits. Leur langue, le dyula, est parlée dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.

Les Bwa.
Plus au nord-ouest, on trouve les Bwa (ou Bwaba), qui partagent certaines affinités culturelles et artistiques avec les Bobo, notamment en matière de masques. Ils parlent des langues appartenant principalement au groupe Mandé.

Les Samo.
Les Samo habitent principalement dans le centre-ouest du Burkina Faso. Ils sont réputés pour leur architecture, notamment les maisons en terre séchée qui caractérisent leurs villages. Les Samo pratiquent également une agriculture de subsistance, basée sur la culture du maïs, du sorgho et du millet.

Les Fulani.
Les Fulani, également appelés Peuls, sont présents dans tout le Burkina Faso, mais surtout dans les régions arides du nord. Ils sont des pasteurs nomades et leur mode de vie est centré autour de l'élevage des moutons et des chameaux. Leur langue, le fulfulde, est parlée dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.

Les Gurunsi.
Les Gurunsi (Gourounsi), quant à eux, habitent principalement dans le nord-est du Burkina Faso. Ils sont réputés pour leurs fortifications en terre séchée, qui protègent leurs villages contre les attaques ennemies. Les Gurunsi pratiquent également une agriculture de subsistance, basée sur la culture du maïs, du sorgho et du millet.

Les autres groupes.
les Marka, les Nankana, les Dagara (Dagari), les Bissa, les Lankoumagnaw, les Nuni, les Yalunka, les Jula, les MandĂ©.Chacun de ces groupes a sa propre culture, langue, coutumes et traditions, enrichissant ainsi la diversitĂ© culturelle du pays. 

Culture.
La culture du Burkina Faso est une culture de partage, de respect, de dignité (comme le suggère le nom du pays, Terre des Hommes Intègres), constamment enrichie par les échanges interculturels internes et externes, et portée par une population fière de son identité plurielle et de sa capacité à créer et à innover. Au coeur de cette culture se trouve une structure sociale forte, ordinairement basée sur la famille élargie et le respect des aînés. Les liens communautaires sont essentiels, et la solidarité joue un rôle primordial dans la vie quotidienne. L'hospitalité est une valeur cardinale, et les salutations, souvent longues et détaillées, sont un rituel important qui marque le respect et la considération mutuelle. Les chefferies traditionnelles conservent une influence significative, et coexistent avec les structures administratives modernes. Elle jouent un rôle dans la résolution des conflits et la préservation des coutumes.

La religion occupe une place centrale dans la vie des Burkinabè. L'islam est la religion majoritaire, pratiquĂ©e par une grande partie de la population, principalement dans le nord, l'est et l'ouest. Le christianisme, principalement le catholicisme et diverses dĂ©nominations protestantes, est Ă©galement bien implantĂ©, en particulier dans le centre et le sud. Une part significative de la population continue de pratiquer ou d'intĂ©grer des croyances et cultes traditionnels africains, souvent de manière syncrĂ©tique avec l'islam ou le christianisme. Les cĂ©rĂ©monies liĂ©es aux rites de passage, aux cultes des ancĂŞtres ou aux divinitĂ©s de la terre sont toujours vivaces dans de nombreuses rĂ©gions.  La tolĂ©rance religieuse a longtemps Ă©tĂ© une caractĂ©ristique notable du pays, bien que les tensions liĂ©es aux crises sĂ©curitaires rĂ©centes aient pu affecter cette coexistence pacifique dans certaines zones. 

L'expression artistique est omniprésente et d'une vitalité remarquable. La musique et la danse sont indissociables de la vie burkinabè. Elles accompagnent les fêtes, les cérémonies, les travaux champêtres et les moments de convivialité. Les instruments traditionnels comme le djembé, le balafon (xylophone traditionnel), le n'goni ou la kora résonnent dans tout le pays. Le rôle des griots, ces dépositaires de l'histoire, de la généalogie et des traditions orales, est important pour la transmission culturelle. L'artisanat est également très développé et internationalement reconnu, avec des spécialités variées selon les régions : les masques rituels (notamment chez les Bobo, Bwa, Lobi), les sculptures sur bois ou en bronze, la poterie, le tissage du Faso Dan Fani (étoffe traditionnelle en coton), la maroquinerie ou encore la bijouterie. Le Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (Siao) est d'ailleurs un événement majeur qui met en valeur ce savoir-faire.

Le Burkina Faso jouit d'une réputation particulière dans le domaine du cinéma, étant le pays hôte du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de ouagadougou (Fespaco), le plus grand festival de cinéma du continent africain. Cette histoire avec le cinéma a fait du pays un foyer important de création et de production cinématographique, abordant souvent des thèmes sociaux et politiques. Le théâtre est également très vivant, volontiers engagé et ancré dans les réalités locales. La littérature, bien que plus jeune, connaît un essor, avec des auteurs qui abordent l'histoire, les mutations sociales et les questions d'identité.

Le Festival panafricain du cinĂ©ma et de la tĂ©lĂ©vision de Ouagadougou, (Fespaco), trouve ses origines en 1969 dans la capitale burkinabè. Ă€ l'Ă©poque, il s'agissait des JournĂ©es cinĂ©matographiques de Ouagadougou, une initiative nĂ©e de la volontĂ© de quelques cinĂ©astes et passionnĂ©s de culture africaine de crĂ©er un espace de diffusion et de promotion pour les films rĂ©alisĂ©s par des Africains. L'idĂ©e Ă©tait de pallier le manque de visibilitĂ© et de circuits de distribution pour les productions du continent, majoritairement dominĂ©es par le cinĂ©ma occidental. Dès ses dĂ©buts, l'Ă©vĂ©nement rencontre un vif succès et dĂ©montre la richesse et la diversitĂ© du cinĂ©ma africain. Cette popularitĂ© rapide conduit Ă  une institutionnalisation de l'Ă©vĂ©nement. En 1972, il se dote d'un règlement et d'une structure plus formelle. C'est Ă©galement Ă  partir de cette annĂ©e que le festival devient biennal, se tenant tous les deux ans en fĂ©vrier-mars. Le choix de Ouagadougou comme ville hĂ´te permanente renforce son identitĂ© panafricaine et sa position unique sur le continent. Au fil des Ă©ditions, le Fespaco s'Ă©toffe et Ă©largit son champ d'action. En 1983, la tĂ©lĂ©vision est intĂ©grĂ©e au festival, qui prend alors son nom actuel. Cette addition reconnaĂ®t l'importance croissante des productions tĂ©lĂ©visuelles dans le paysage audiovisuel africain. Le festival se structure autour de plusieurs axes : une compĂ©tition officielle rĂ©compensant les meilleures Ĺ“uvres (longs et courts mĂ©trages, documentaires, sĂ©ries, etc.) avec le prestigieux Étalon d'or de Yennenga comme prix suprĂŞme, des projections hors compĂ©tition, des colloques et des ateliers thĂ©matiques, ainsi qu'un marchĂ© du film et de la tĂ©lĂ©vision africains (MICA) qui permet aux professionnels du secteur d'Ă©changer, de vendre et d'acheter des droits. Le Fespaco a jouĂ© et continue de jouer un rĂ´le dĂ©terminant dans le dĂ©veloppement du cinĂ©ma africain. Il est devenu le plus grand rendez-vous du cinĂ©ma et de la tĂ©lĂ©vision sur le continent, un lieu de rencontre incontournable pour les cinĂ©astes, producteurs, distributeurs, critiques et cinĂ©philes venus d'Afrique et de la diaspora noire, mais aussi du monde entier intĂ©ressĂ©s par les productions africaines. Il offre une vitrine essentielle aux films africains qui peinent souvent Ă  trouver leur public ou Ă  ĂŞtre diffusĂ©s Ă  l'Ă©chelle internationale. Au-delĂ  de la simple projection, le festival est un espace de rĂ©flexion sur les enjeux du cinĂ©ma africain, un lieu de formation et un catalyseur pour la crĂ©ation de liens professionnels et de co-productions. 
Outre le Fespaco et le Siao, d'autres événements rythment la vie culturelle, comme la Semaine Nationale de la Culture (SNC), qui se tient à Bobo-Dioulasso et présente une vitrine des arts, de la musique, de la danse, du théâtre et de la cuisine de toutes les régions du pays. De nombreux festivals locaux célèbrent également des traditions spécifiques, des récoltes ou des événements historiques.

La cuisine burkinabè, bien que basée sur des produits simples comme le mil, le sorgho, le maïs, le riz, les arachides et les légumes comme le gombo, offre des plats savoureux. Le tô (pâte de mil ou de sorgho) servi avec diverses sauces (gombo, arachide, feuille de patate douce) est un plat national. Les brochettes de viande grillée et le poulet-bicyclette (poulet fermier grillé) sont également très appréciés. Les boissons locales comprennent le dolo (bière de mil) et le bissap (jus de fleur d'hibiscus).

Économie.
Le Burkina Faso reste l'un des pays les moins dĂ©veloppĂ©s du monde. L'Ă©conomie est très largement dominĂ©e par l'agriculture, qui emploie la majoritĂ© de la population active, principalement dans l'agriculture de subsistance (mil, sorgho, maĂŻs) et la culture de rente, notamment le coton, qui fut longtemps le principal produit d'exportation. L'Ă©levage, en particulier celui des bovins, est Ă©galement important pour les moyens de subsistance de nombreuses communautĂ©s, notamment les Peuls. 

Ces dernières années, le secteur minier, en particulier l'extraction d'or, a connu un essor considérable et est devenu la première source de revenus d'exportation, mais ses bénéfices sont inégalement répartis et ne génèrent pas suffisamment d'emplois formels pour absorber la jeunesse. Le secteur informel est vaste et dynamique, constituant une source de revenus essentielle pour une grande partie de la population urbaine et rurale.

Depuis 1998, le Burkina Faso s'est engagĂ© dans une privatisation progressive des entreprises publiques et, en 2004, le pays a rĂ©visĂ© son code d'investissement pour attirer les investisseurs Ă©trangers. Cela ajoutĂ© Ă  d'autres lois favorisant le secteur minier, a permi un essor dans l'exploration et de la production aurifère.La production minière d'or a doublĂ© entre 2009 et 2010, faisant de l'or la principale source de recettes d'exportation. Deux nouveaux projets miniers ont Ă©tĂ© lancĂ©s au troisième trimestre de 2011. 

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Aboubacar Barry, Alliances peules en pays Samo (Burkina Faso), L'Harmattan, 2004.
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