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00 N, 2 00 W
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Le Burkina Faso
est un Etat de l'Afrique
de l'Ouest, enclavé entre le Mali, le Niger,
le Benin, le Togo, le Ghana
et la CĂ´te d'Ivoire .
D'une
superficie de 274 000 km², le Burkina se présente comme un plateau
ondulé, plus élevé au Sud qu'au Nord (point culminant, le Tena Kourou,
749 m). Le pays est parcouru par le cours supérieur de la Volta noire
(ou Mouhoun), de la Volta rouge et de la Volta blanche.
C'est une république parlementaire
divisée administrativement en 45 provinces.
Les provinces
du Burkina Faso
Bale
Bam
Banwa
Bazega
Bougouriba
Boulgou
Boulkiemde
Comoe
Ganzourgou
Gnagna
Gourma
Houet
Ioba
Kadiogo
Kenedougou |
Komondjari
Kompienga
Kossi
Koulpelogo
Kouritenga Kourweogo
Leraba
Loroum
Mouhoun
Nahouri
Namentenga
Nayala
Noumbiel
Oubritenga
Oudalan |
Passore
Poni
Sanguie
Sanmatenga
Seno
Sissili
Soum
Sourou
Tapoa
Tuy
Yagha
Yatenga
Ziro
Zondoma
Zoundweogo |
La capitale du Burkina Faso est Ouagadougou
(environ 2,5 millions d'habitants), l'autre ville importante est est Bobo-Dioulasso
(360 000 hab.). Les autres localités ont moins de 100 000 habitants. Population
totale : environ 23 millions d'habitants (2025).
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Carte
du Burkina Faso. Source : The World Factbook.
(Cliquer
sur l'image pour afficher une carte plus détaillée).
Géographie physique
La géographie du Burkina
Faso est caractérisée par la platitude et une transition climatique marquée
du sud au nord.
Relief.
Le relief est majoritairement
constitué de plaines et de plateaux peu élevés, formant une vaste pénétration
du bouclier ouest-africain. Le Plateau Central,
qui s'étend sur une grande partie du territoire, est une zone de plaines
ondulées d'une altitude moyenne comprise entre 250 et 350 mètres. Quelques
reliefs plus accentués se trouvent dans l'ouest et le sud-ouest, notamment
la célèbre Falaise de Banfora, un escarpement de grès spectaculaire,
et quelques massifs d'altitude modeste. Le point culminant du pays, le
Ténakourou, atteint seulement 749 mètres dans l'ouest près de la frontière
malienne. L'ensemble du territoire présente une pente générale douce,
orientée vers le sud-ouest, favorisant l'écoulement des eaux vers les
bassins des Volta.
Climat.
Le climat
du Burkina Faso est de type tropical continental, caractérisé par l'alternance
très marquée de deux saisons : une saison sèche longue et chaude, et
une saison des pluies plus courte. La saison sèche, qui dure d'octobre-novembre
à mai-juin, est dominée par l'influence de l'harmattan, un vent sec et
poussiéreux soufflant du nord-est depuis le Sahara,
apportant une grande aridité et des températures diurnes élevées, souvent
supérieures à 35°C, avec des variations importantes entre le jour et
la nuit. La saison des pluies, ou hivernage, s'étend généralement de
juin Ă septembre ou octobre, sous l'influence de la mousson humide du
sud-ouest. La répartition des précipitations est fortement inégale du
nord au sud, passant d'environ 600 mm par an dans la zone sahélienne septentrionale
à plus de 1000 mm dans la zone soudanienne méridionale. Cette variabilité
pluviométrique interannuelle est également importante, rendant le pays
particulièrement vulnérable à la sécheresse. Les températures restent
élevées toute l'année, avec des pics souvent enregistrés en fin de
saison sèche, avant l'arrivée des pluies.
Hydrographie.
Le réseau hydrographique
burkinabè s'inscrit majoritairement dans le bassin de la Volta, dont les
trois principaux affluents - la Volta Noire (Mouhoun), la Volta Blanche
(Nakambé) et la Volta Rouge (Nazinon) - prennent leur source sur le territoire
et convergent vers le Ghana. Le nord-est du pays
est drainé par des affluents du fleuve Niger,
tandis que le sud-ouest contribue au bassin de la Comoé. Ces cours
d'eau sont pour la plupart temporaires et connaissent d'importantes
variations de débit au cours de l'année, beaucoup se transformant en
simples chapelets de mares ou s'asséchant complètement durant la saison
sèche. Cette saisonnalité rend la gestion de l'eau cruciale, et le pays
compte de nombreux réservoirs artificiels (barrages) construits pour l'irrigation,
l'approvisionnement en eau potable et l'élevage. Il existe très peu de
lacs naturels permanents de grande taille.
Géologie.
Les sols du Burkina
Faso sont divers mais souvent fragiles. On trouve principalement des sols
ferrugineux tropicaux (latéritiques) formés par l'altération des roches
mères sous climat chaud avec alternance de saisons sèches et humides.
Ces sols sont généralement peu fertiles et sensibles à l'érosion, en
particulier dans les zones dégradées. Des sols sableux dominent dans
le nord, tandis que des sols plus argileux et limoneux se rencontrent dans
les plaines d'inondation et certaines régions du sud. La dégradation
des sols est un problème majeur, exacerbé par l'agriculture intensive,
le surpâturage et la déforestation.
Le sous-sol est constitué
de roches anciennes du Précambrien, partie du craton ouest-africain, qui
affleurent ou sont recouvertes de formations superficielles. Ces formations
géologiques sont le siège de ressources minérales, notamment l'or.
Biogéohraphie
En conséquence de du
gradient climatique qu'on y observe, le territoire burkinabè peut être
grossièrement divisé en plusieurs zones biogéographiques distinctes,
bien qu'elles représentent un continuum. La zone sahélienne
couvre l'extrême nord. Elle se caractérise par une végétation clairsemée,
dominée par des graminées annuelles courtes adaptées à l'aridité,
des arbustes épineux et des arbres épars, principalement des espèces
d'Acacia (Acacia tortilis, Acacia senegal), des balanites (Balanites aegyptiaca)
et des Combretaceae. Les paysages y sont plus ouverts, avec des sols souvent
sableux et peu fertiles, et les points d'eau permanents sont rares en dehors
de quelques mares et oueds qui ne coulent qu'en saison des pluies. Cette
zone est particulièrement vulnérable à la désertification.
Au sud de la zone
sahélienne s'étend la vaste zone soudanienne, qui couvre la majeure partie
du centre et du sud du pays. Cette zone est plus humide et présente une
savane
arborée plus dense et plus diversifiée. La zone
soudanienne se subdivise elle-même en une zone soudano-sahélienne
de transition (centre-nord), une zone soudanienne typique (centre) et une
zone soudano-guinéenne de transition (sud et sud-ouest). Dans la savane
soudanienne, la couverture herbeuse est plus haute et plus continue. Elle
est dominée par des graminées pérennes
comme Andropogon gayanus. La strate arborée devient plus présente, avec
des espèces emblématiques jouant un rôle socio-économique important
comme le karité (Vitellaria paradoxa), le néré (Parkia biglobosa), le
baobab
(Adansonia digitata), et diverses espèces de Terminalia, Anogeissus et
Piliostigma. Plus on descend vers le sud, plus les arbres deviennent grands
et la densité s'accroît, les feux de brousse annuels influençant fortement
la structure de cette végétation en savane.
Un élément déterminant
du paysage biogéographique, qui traverse ces grandes zones, est la présence
des systèmes fluviaux de la Volta (Volta Noire ou Mouhoun, Volta Blanche
ou Nakambé, Volta Rouge ou Koulpélogo) et des affluents du Niger et de
la Komoé. Le long de ces cours d'eau et autour des plans d'eau permanents
(mares, barrages), des galeries forestières se développent. Ces écosystèmes
'ripariens
offrent un contraste marqué avec la savane environnante, grâce à une
humidité édaphique plus élevée. Elles abritent une flore plus dense
et plus diversifiée, incluant des espèces qui ne pourraient pas survivre
dans la savane sèche, comme le Khaya senegalensis (acajou du Sénégal)
et diverses espèces de Ficus. Ces galeries forestières constituent des
habitats essentiels et des corridors biologiques vitaux pour de nombreuses
espèces animales.
La faune du Burkina
Faso reflète également cette zonation et l'importance des points d'eau
et des zones protégées. Historiquement très riche, elle a été fortement
influencée par la pression humaine (chasse, agriculture). Les zones sahéliennes
abritaient une faune adaptée à la sécheresse (gazelles, autruches),
mais beaucoup d'espèces y sont devenues rares.
La zone soudanienne,
et particulièrement les grands complexes d'aires protégées du sud et
du sud-est, comme le complexe W-Arly-Pendjari (partagé avec le Niger et
le Bénin) ou le Parc National des Deux Balés, sont les principaux refuges
pour la grande faune. On y trouve des populations d'éléphants
d'Afrique (Loxodonta africana), de lions (Panthera
leo), de léopards (Panthera pardus), de buffles
(Syncerus caffer), de diverses espèces d'antilopes
(cob de Buffon, hippotrague, bubale major, ourébi, sylvicapre), de phacochères
(Phacochoerus africanus), de primates (babouins,
singes rouges et verts). Les cours d'eau et mares abritent des crocodiles
du Nil (Crocodylus niloticus), parfois vénérés localement, et des hippopotames
(Hippopotamus amphibius).
Les
crocodiles sacrés du Burkina Faso constituent une tradition culturelle
particulièrement ancrée dans certains villages comme Bazoulé, non loin
de Ouagadougou, et Sabou, sur l'axe routier menant Ă Bobo-Dioulasso. Ces
animaux, principalement des crocodiles du Nil, sont vénérés par les
populations locales qui les considèrent non pas comme de simples animaux
sauvages, mais comme les gardiens du village, des symboles de protection,
de fertilité, de pluie ou encore des liens avec les ancêtres. Loin d'être
chassés, ils cohabitent pacifiquement avec les habitants, une relation
basée sur un respect profond issu de croyances anciennes. Cette relation
très spéciale permet aux visiteurs et aux villageois d'approcher ces
crocodiles, de les nourrir (ordinairement avec l'aide d'un guide local)
et, dans certains cas, de les toucher, un comportement inhabituel et rendu
possible grâce à la confiance établie au fil du temps. Ces sites sont
devenus des attractions touristiques importantes, qui offrent un aperçu
rare de la manière dont les traditions peuvent façonner une coexistence
entre les humains et des animaux potentiellement dangereux.
L'avifaune est exceptionnellement
riche et variée, avec plus de 500 espèces recensées. Ils s'agit à la
fois de résidents et de migrateurs qui utilisant les zones
humides, les savanes et les milieux forestiers des galeries. Reptiles
et amphibiens sont également bien représentés,
adaptés aux différents niveaux d'humidité.
Les processus écologiques
naturels comme les feux de brousse et les variations saisonnières extrêmes
influencent la dynamique des écosystèmes.
Cependant, l'impact le plus significatif sur la biogéographie actuelle
est l'activité humaine : l'expansion de l'agriculture (notamment du coton),
l'élevage extensif conduisant au surpâturage, la surexploitation des
ressources ligneuses pour le bois de chauffage et le charbon de bois, et
la croissance démographique. Ces pressions ont conduit à la déforestation,
à la dégradation des sols, à la fragmentation des habitats et au déclin
de nombreuses populations animales.
Géographie humaine
Avec une population
estimée à environ 23 millions d'habitants, le Burkina Faso est un pays
relativement peu densément peuplé en moyenne, bien que la répartition
soit inégale, avec une concentration plus forte dans le Plateau central
et autour des deux principales agglomérations. La population est exceptionnellement
jeune, avec une large majorité ayant moins de 25 ans, reflétant un taux
de natalité élevé et une croissance démographique rapide, qui exerce
une pression considérable sur les ressources naturelles et les infrastructures
sociales.
Habitat et démographie.
L'habitat et les
modes de vie sont principalement ruraux, avec une majorité de Burkinabè
vivant dans des villages. Cependant, le pays connaît une urbanisation
rapide, alimentée par l'exode rural, notamment vers les deux principales
villes : Ouagadougou, la capitale, centre politique, administratif et économique,
et Bobo-Dioulasso, la deuxième ville, pôle économique et culturel important
dans l'ouest. Cette urbanisation s'accompagne de défis considérables
en matière d'accès aux services de base (eau potable, assainissement,
électricité), de logement et d'emploi.
La population du
Burkina Faso est actuellement profondément marquée par une crise sécuritaire
majeure, particulièrement dans le nord, l'est et le Sahel, due à la propagation
de groupes extrémistes violents. Cette situation a entraîné un déplacement
interne massif de populations, avec plusieurs millions de personnes contraintes
de fuir leurs foyers, abandonnant leurs terres et leurs moyens de subsistance.
Cette crise a un impact dévastateur sur les structures sociales, l'accès
à l'éducation et à la santé, l'agriculture et l'économie locale, transformant
radicalement la distribution de la population et les dynamiques sociales
dans de vastes régions du pays. La gestion de cette crise humanitaire
et sécuritaire représente un défi majeur pour l'avenir du Burkina Faso
et de sa population.
Les principales
villes du Burkina Faso
| •
Ouagadougou
est la capitale et la plus grande ville du Burkina Faso. Centre administratif,
culturel et économique du pays, elle abrite les principales institutions
nationales, des universités, ainsi que de nombreux marchés et centres
artisanaux. La ville est aussi connue pour le Fespaco, un festival majeur
du cinéma africain.
• Bobo-Dioulasso,
la deuxième ville du pays, se distingue par son dynamisme économique
et culturel. Elle possède une riche tradition musicale et artisanale,
ainsi qu'une architecture aux influences soudano-sahéliennes. C'est
également un centre industriel et commercial important.
• Koudougou,
située à l'ouest de Ouagadougou, est une ville universitaire et un centre
de commerce régional. Elle joue un rôle essentiel dans le développement
du Centre-Ouest, notamment dans les secteurs de l'agriculture et de la
transformation artisanale. |
•
Ouahigouya,
dans le nord du pays, est un pĂ´le administratif et commercial majeur pour
la région du Nord. Proche de la frontière avec le Mali, elle est aussi
un point stratégique pour les échanges transfrontaliers et le développement
local.
• Fada N'Gourma,
située à l'est, est une ville clé pour la région de l'Est. Elle est
un centre de transit pour les échanges avec le Niger et le Bénin, et
joue un rôle important dans l'agriculture et l'élevage de la région.
• Dori,
capitale de la région du Sahel, est un centre administratif et pastoral.
Elle est connue pour son marché aux animaux et sa population fortement
ancrée dans les traditions nomades, notamment chez les Peuls.
• Banfora,
dans l'extrĂŞme sud-ouest, est une ville touristique proche des cascades
de Karfiguéla et des pics de Sindou. Elle est également un centre agricole
réputé, notamment pour la culture de la canne à sucre et la production
de fruits tropicaux. |
Diversité des
populations.
Sur le plan ethnique,
le Burkina Faso est une mosaĂŻque. Le groupe majoritaire est celui des
Mossi,
historiquement concentrés dans le centre du pays, mais de nombreux autres
groupes coexistent, dont les Peuls (ou Fulani),
les Gourmantché, les Bobo, les Sénoufo, les Lobi, les Gurunsi, les Dagari,
et bien d'autres. Cette diversité se traduit par la multiplicité des
langues parlées. Le français est la langue officielle et celle de l'administration,
tandis que plusieurs langues nationales, comme le Mooré (la langue des
Mossi), le Dioula (une langue véhiculaire du commerce) ou le Fulfulde
(la langue des Peuls), jouent un rĂ´le important dans la communication
quotidienne et l'identité culturelle. La coexistence de ces groupes et
de leurs langues façonne le paysage social et politique du pays.
Les
Mossi.
Les Mossi sont le
groupe le plus important en termes de population, représentant environ
50% de la population totale du pays. Ils vivent principalement dans le
centre et le nord-est du pays. Les Mossi sont connus pour leur agriculture
intensive et pour avoir développé un système politique centralisé sous
le royaume de Ouagadougou. Leur langue, le mooré, est l'une des langues
officielles du pays, aux côtés du français.
Les
Lobi.
Les Lobi, quant
Ă eux, vivent principalement dans le sud-ouest du Burkina Faso. Ils sont
réputés pour leurs sculptures en bois, notamment les masques rituels
utilisés lors des cérémonies funéraires et des rites de passage. Les
Lobi pratiquent également une agriculture de subsistance, basée sur la
culture du maĂŻs, du sorgho et du millet.
Les
Gourmantché.
Dans l'est du pays,
les Gourmantché (ou Gurma) constituent un groupe ethnique majeur, historiquement
organisé autour d'un royaume dont le siège est à Fada N'Gourma. Ils
sont principalement agriculteurs et leur langue est le Gulmancema.
Les
Sénoufo.
Les Sénoufo occupent
le sud-ouest, à la frontière avec la Côte d'Ivoire
et le Mali. Ce sont des agriculteurs reconnus, organisés
en sociétés basées sur les classes d'âge et des sociétés secrètes
importantes comme le Poro, qui structure l'éducation traditionnelle et
la vie sociale. Ils parlent des langues sénoufo.
Les
Bobo-Dyula.
Les Bobo-Dyula (Bobo-Dioula)
sont présents dans le nord-ouest du Burkina Faso. Ils sont souvent considérés
comme des marchands itinérants, car ils se spécialisent dans le commerce
de sel, d'or et d'autres produits. Leur langue, le dyula, est parlée dans
plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.
Les
Bwa.
Plus au nord-ouest,
on trouve les Bwa (ou Bwaba), qui partagent certaines affinités culturelles
et artistiques avec les Bobo, notamment en matière de masques. Ils parlent
des langues appartenant principalement au groupe Mandé.
Les
Samo.
Les Samo habitent
principalement dans le centre-ouest du Burkina Faso. Ils sont réputés
pour leur architecture, notamment les maisons en terre séchée qui caractérisent
leurs villages. Les Samo pratiquent également une agriculture de subsistance,
basée sur la culture du maïs, du sorgho et du millet.
Les
Fulani.
Les Fulani, également
appelés Peuls, sont présents dans tout le Burkina Faso, mais surtout
dans les régions arides du nord. Ils sont des pasteurs nomades et leur
mode de vie est centré autour de l'élevage des moutons et des chameaux.
Leur langue, le fulfulde, est parlée dans plusieurs pays d'Afrique de
l'Ouest.
Les
Gurunsi.
Les Gurunsi (Gourounsi),
quant Ă eux, habitent principalement dans le nord-est du Burkina Faso.
Ils sont réputés pour leurs fortifications en terre séchée, qui protègent
leurs villages contre les attaques ennemies. Les Gurunsi pratiquent également
une agriculture de subsistance, basée sur la culture du maïs, du sorgho
et du millet.
Les
autres groupes.
les Marka, les Nankana,
les Dagara (Dagari), les Bissa, les Lankoumagnaw, les Nuni, les Yalunka,
les Jula, les Mandé.Chacun de ces groupes a sa propre culture, langue,
coutumes et traditions, enrichissant ainsi la diversité culturelle du
pays.
Culture.
La culture du Burkina
Faso est une culture de partage, de respect, de dignité (comme le suggère
le nom du pays, Terre des Hommes Intègres), constamment enrichie par les
échanges interculturels internes et externes, et portée par une population
fière de son identité plurielle et de sa capacité à créer et à innover.
Au coeur de cette culture se trouve une structure sociale forte, ordinairement
basée sur la famille élargie et le respect des aînés. Les liens communautaires
sont essentiels, et la solidarité joue un rôle primordial dans la vie
quotidienne. L'hospitalité est une valeur cardinale, et les salutations,
souvent longues et détaillées, sont un rituel important qui marque le
respect et la considération mutuelle. Les chefferies traditionnelles conservent
une influence significative, et coexistent avec les structures administratives
modernes. Elle jouent un rôle dans la résolution des conflits et la préservation
des coutumes.
La religion occupe
une place centrale dans la vie des Burkinabè. L'islam est la religion
majoritaire, pratiquée par une grande partie de la population, principalement
dans le nord, l'est et l'ouest. Le christianisme, principalement le catholicisme
et diverses dénominations protestantes, est également bien implanté,
en particulier dans le centre et le sud. Une part significative de la population
continue de pratiquer ou d'intégrer des croyances et cultes traditionnels
africains, souvent de manière syncrétique avec l'islam ou le christianisme.
Les cérémonies liées aux rites de passage, aux cultes des ancêtres
ou aux divinités de la terre sont toujours vivaces dans de nombreuses
régions. La tolérance religieuse a longtemps été une caractéristique
notable du pays, bien que les tensions liées aux crises sécuritaires
récentes aient pu affecter cette coexistence pacifique dans certaines
zones.
L'expression artistique
est omniprésente et d'une vitalité remarquable. La musique et la danse
sont indissociables de la vie burkinabè. Elles accompagnent les fêtes,
les cérémonies, les travaux champêtres et les moments de convivialité.
Les instruments traditionnels comme le djembé, le balafon
(xylophone traditionnel), le n'goni ou la kora résonnent
dans tout le pays. Le rôle des griots, ces dépositaires
de l'histoire, de la généalogie et des traditions orales, est important
pour la transmission culturelle. L'artisanat est également très développé
et internationalement reconnu, avec des spécialités variées selon les
régions : les masques rituels (notamment chez les Bobo, Bwa, Lobi), les
sculptures sur bois ou en bronze, la poterie, le tissage du Faso Dan Fani
(étoffe traditionnelle en coton), la maroquinerie ou encore la bijouterie.
Le Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (Siao) est d'ailleurs
un événement majeur qui met en valeur ce savoir-faire.
Le Burkina Faso jouit
d'une réputation particulière dans le domaine du cinéma, étant le pays
hôte du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de ouagadougou
(Fespaco), le plus grand festival de cinéma du continent africain. Cette
histoire avec le cinéma a fait du pays un foyer important de création
et de production cinématographique, abordant souvent des thèmes sociaux
et politiques. Le théâtre est également très vivant, volontiers engagé
et ancré dans les réalités locales. La littérature, bien que plus jeune,
connaît un essor, avec des auteurs qui abordent l'histoire, les mutations
sociales et les questions d'identité.
Le
Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou,
(Fespaco), trouve ses origines en 1969 dans la capitale burkinabè. À
l'époque, il s'agissait des Journées cinématographiques de Ouagadougou,
une initiative née de la volonté de quelques cinéastes et passionnés
de culture africaine de créer un espace de diffusion et de promotion pour
les films réalisés par des Africains. L'idée était de pallier le manque
de visibilité et de circuits de distribution pour les productions du continent,
majoritairement dominées par le cinéma occidental. Dès ses débuts,
l'événement rencontre un vif succès et démontre la richesse et la diversité
du cinéma africain. Cette popularité rapide conduit à une institutionnalisation
de l'événement. En 1972, il se dote d'un règlement et d'une structure
plus formelle. C'est également à partir de cette année que le festival
devient biennal, se tenant tous les deux ans en février-mars. Le choix
de Ouagadougou comme ville hôte permanente renforce son identité panafricaine
et sa position unique sur le continent. Au fil des éditions, le Fespaco
s'étoffe et élargit son champ d'action. En 1983, la télévision est
intégrée au festival, qui prend alors son nom actuel. Cette addition
reconnaît l'importance croissante des productions télévisuelles dans
le paysage audiovisuel africain. Le festival se structure autour de plusieurs
axes : une compétition officielle récompensant les meilleures œuvres
(longs et courts métrages, documentaires, séries, etc.) avec le prestigieux
Étalon d'or de Yennenga comme prix suprême, des projections hors compétition,
des colloques et des ateliers thématiques, ainsi qu'un marché du film
et de la télévision africains (MICA) qui permet aux professionnels du
secteur d'échanger, de vendre et d'acheter des droits. Le Fespaco a joué
et continue de jouer un rôle déterminant dans le développement du cinéma
africain. Il est devenu le plus grand rendez-vous du cinéma et de la télévision
sur le continent, un lieu de rencontre incontournable pour les cinéastes,
producteurs, distributeurs, critiques et cinéphiles venus d'Afrique et
de la diaspora noire, mais aussi du monde entier intéressés par les productions
africaines. Il offre une vitrine essentielle aux films africains qui peinent
souvent à trouver leur public ou à être diffusés à l'échelle internationale.
Au-delà de la simple projection, le festival est un espace de réflexion
sur les enjeux du cinéma africain, un lieu de formation et un catalyseur
pour la création de liens professionnels et de co-productions.
Outre le Fespaco et
le Siao, d'autres événements rythment la vie culturelle, comme la Semaine
Nationale de la Culture (SNC), qui se tient à Bobo-Dioulasso et présente
une vitrine des arts, de la musique, de la danse, du théâtre et de la
cuisine de toutes les régions du pays. De nombreux festivals locaux célèbrent
également des traditions spécifiques, des récoltes ou des événements
historiques.
La cuisine burkinabè,
bien que basée sur des produits simples comme le mil, le sorgho, le maïs,
le riz, les arachides et les légumes comme le gombo, offre des plats savoureux.
Le tô (pâte de mil ou de sorgho) servi avec diverses sauces (gombo,
arachide, feuille de patate douce) est un plat national. Les brochettes
de viande grillée et le poulet-bicyclette (poulet fermier grillé)
sont également très appréciés. Les boissons locales comprennent le
dolo
(bière de mil) et le bissap (jus de fleur d'hibiscus).
Économie.
Le Burkina Faso
reste l'un des pays les moins développés du monde. L'économie est très
largement dominée par l'agriculture, qui emploie la majorité de la population
active, principalement dans l'agriculture de subsistance (mil, sorgho,
maĂŻs) et la culture de rente, notamment le coton, qui fut longtemps le
principal produit d'exportation. L'élevage, en particulier celui des bovins,
est également important pour les moyens de subsistance de nombreuses communautés,
notamment les Peuls.
Ces dernières années,
le secteur minier, en particulier l'extraction d'or, a connu un essor considérable
et est devenu la première source de revenus d'exportation, mais ses bénéfices
sont inégalement répartis et ne génèrent pas suffisamment d'emplois
formels pour absorber la jeunesse. Le secteur informel est vaste et dynamique,
constituant une source de revenus essentielle pour une grande partie de
la population urbaine et rurale.
Depuis 1998, le Burkina
Faso s'est engagé dans une privatisation progressive des entreprises publiques
et, en 2004, le pays a révisé son code d'investissement pour attirer
les investisseurs étrangers. Cela ajouté à d'autres lois favorisant
le secteur minier, a permi un essor dans l'exploration et de la production
aurifère.La production minière d'or a doublé entre 2009 et 2010, faisant
de l'or la principale source de recettes d'exportation. Deux nouveaux projets
miniers ont été lancés au troisième trimestre de 2011.
Cartes du Burkina
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Aboubacar
Barry, Alliances peules en pays Samo (Burkina Faso), L'Harmattan,
2004. |
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