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Ghana
Republic of Ghana

8 00 N, 2 00 W
Le Ghana est un Etat de l'Afrique de l'Ouest, riverain de l'Atlantique (golfe de Guinée) et frontalier, à l'Ouest, avec la Côte d'Ivoire, au Nord avec le Burkina Faso, à l'Est avec le Togo. C'est une république, d'environ 33 millions d'habitants (2025), et dont la superficie est de 238.533 km². Capitale : Accra (1,97 million d'habitants); autres villes importantes : Kumassi (1,5 million d'habitants), Tamale (360 000 hab.), Takoradi (233 000), Achiaman (203 000).

D'un point de vue administratif, le Ghana se divise en 10 régions : Ashanti, Brong-Ahafo, Central, Eastern, Greater Accra, Northern, Upper East, Upper West, Volta et Western.
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Carte du Ghana.
Carte du Ghana. 
Source : The World Factbook.

Géographie physique

La cĂ´te.
La cĂ´te (anc. cĂ´te de l'Or) se dirige de l'Ouest-Sud-Ouest Ă  l'Est-Nord-Est. Le cap des Trois-Pointes s'avance en massif pĂ©ninsulaire et se termine par des falaises coupĂ©es Ă  pic; plusieurs promontoires, qui se rattachent au cap des Trois-Pointes, s'Ă©lèvent Ă  100 m d'altitude, et une hauteur, situĂ©e Ă  une vingtaine de km du littoral, atteint 600 m. Entre le cap des Trois-Pointes et le cap Saint-Paul, la cĂ´te offre des rochers en saillie, nus et revĂŞtus de broussailles; Ă  cĂ´tĂ©, des rĂ©cifs Ă©mergent de l'OcĂ©an. A l'Ouest et Ă  l'Est, pour peu qu'on dĂ©passe le cap des Trois-Pointes et sans mĂŞme avoir besoin de dĂ©passer le cap Saint-Paul, on retrouve les plages sablonneuses et bordĂ©es de lagunes: Ă  l'Ouest la lagune d'Assinie, Ă  l'Est, celle de Quetta. 

Le relief.
Les collines qui dominent la côte au Nord sont généralement isolées : tel est le massif d'Adjamanti au Nord-Ouest d'Accra, mais au Nord de cette ville, une montagne en dôme, le Dampa est le premier sommet d'une chaîne, celle des monts Akouapem, qui se dirige vers le Nord-Est et va rejoindre, au delà du fleuve Volta, les hauteurs du Togo et du Benin; à l'Ouest de la Volta, les monts Okouahou se rattachent aux monts Akouapem : les monts Okouahou forment un plateau haut de 660 m, qui descend en pente douce vers le Nord, en brusques gradins vers le Sud. Plus à l'Ouest, le plateau des Achanti est bordé au Sud de sommets peu élevés, qui atteignent 500 m; les plus connus sont les monts d'Adansi, couverts d'épaisses forêts. Du côté du Nord, ces plateaux herbeux se prolongent dans la région où la fantaisie des géographes plaçait autrefois les chimériques montagnes de Kong.

Les cours d'eau.
Des fleuves nombreux descendent de ces chaĂ®nes de montagnes. Les trois principaux sont, en allant de l'Ouest Ă  l'Est l'Ancobra, le Prah et la Volta. L'Ancobra a reçu ce nom des Portugais Ă  cause de son cours sinueux, dont les mĂ©andres ressemblent aux ondulations d'un serpent (Cobra, serpent); elle vient du pays des Achanti et parcourt 250 km au travers des rĂ©gions aurifères pour se dĂ©verser dans la baie d'Axim, Ă  l'Ouest du cap des Trois-Pointes. Le Prah ou " le Fleuve" par excellence, est plus long que la rivière Ancobra; il vient, comme elle, du pays des Achanti, près de la capitale duquel naĂ®t un de ses sous-affluents, le Dah. Du Prah Ă  la Volta, les cours d'eau qui se jettent dans la mer sont peu considĂ©rables, car ils naissent dans les ramifications des monts Akouapem, voisins de la cĂ´te. 

La Volta au contraire est un grand fleuve, dont la longueur dĂ©passe 1200 km. II se dĂ©verse dans la mer par un delta considĂ©rable qui communique avec la lagune de Keta. On peut, pendant la moitiĂ© de l'annĂ©e, le remonter, avec un bateau tirant près de 2 m, jusqu'Ă  100 km de l'embouchure. Un peu plus haut, Ă  100 km de la mer, la Volta, large dans son bassin infĂ©rieur de plusieurs milliers de mètres, se rĂ©trĂ©cit et n'a plus que 25 m de rive Ă  rive. Plus haut encore, la Volta se prĂ©sente comme la rĂ©union des cours de la Volta Noire, qui vient de l'Ouest et qui pendant une partie de son trajet sert de frontière avec la CĂ´te d'Ivoire et le Burkina Faso, et de la Volta Blanche, qui file vers le nord pour prendre  sa source au Burkina Faso.

Le climat.
Le climat du Ghana ressemble à celui des régions situées plus à l'Ouest. Sur la côte deux saisons pluvieuses se succèdent : la saison des grandes pluies, qui commence en mars, est annoncée par de violentes tempêtes et, parfois, accompagnée par des raz de marée; les pluies les plus violentes tombent en mai et au commencement de juin. De juillet à octobre, les pluies sont plus rares, la température descend à 25°C, les vents soufflent du Sud-Ouest, l'horizon terrestre ou marin se cache sous un voile de brume. En octobre et jusqu'au commencement de décembre, c'est la petite saison des pluies, marquée par de forts grains du Nord-Ouest; les nuits sont alors très humides, la brise de terre est dominante; c'est l'époque des fièvres. A partir de décembre, la température s'élève; en janvier, l'harmattan souffle du Nord-Est, apportant avec lui la sécheresse; en février et en mars, la chaleur atteint 32°C à l'ombre; l'humidité des nuits cesse absolument, la végétation se dessèche; les brises du large deviennent régulières. Avec le mois de mars, enfin, se termine cette période de sécheresse.

Biogéographie du Ghana

Le gradient climatique est le principal moteur de la répartition des grands biomes végétaux au Ghana. On distingue principalement quatre grandes zones, souvent décrites le long d'un axe sud-nord :
• La Zone côtière. - Le long de l'Atlantique, on trouve une mosaïque d'habitats incluant des plages, des dunes, des lagunes et des estuaires. Les mangroves (genre Rhizophora, Avicennia, Laguncularia) sont présentes dans les zones saumâtres autour des lagunes comme celles de Keta, Songor, ou Aby (partagées avec la Côte d'Ivoire). La végétation côtière plus sèche est dominée par des herbes, des buissons et des palmiers. Les zones proches des villes côtières sont souvent fortement modifiées par l'activité humaine.

• La Zone de forêt dense humide. - Principalement située dans le sud-ouest du pays, là où les précipitations sont les plus abondantes, cette zone abritait historiquement une vaste forêt tropicale sempervirente et semi-décidue. La structure de la forêt est complexe avec une canopée dense, plusieurs strates d'arbres, un sous-bois riche et de nombreuses lianes et épiphytes. Les espèces d'arbres emblématiques comprennent l'Odum (Milicia excelsa), les mahoganys (Khaya spp., Entandrophragma spp.), le Wawa (Triplochiton scleroxylon), le Niangon (Heritiera utilis). Cette zone est le coeur de la biodiversité ghanéenne. Elle abrite une riche faune de primates (colobes, cercopithèques), d'antilopes forestières (céphalophes), de pangolins, de petits carnivores, une avifaune remarquable (calaos, touracos) et une grande diversité d'invertébrés. Cependant, la forêt dense a subi une fragmentation et une déforestation massives dues à l'exploitation forestière, l'agriculture (cacao, cultures vivrières) et l'expansion urbaine. Des fragments importants subsistent dans des réserves forestières et parcs nationaux comme le parc national de Kakum.

• La Zone de savane dégradée. - Située au nord et à l'est de la zone de forêt dense, là où les précipitations commencent à diminuer, cette zone est une transition entre la forêt et la savane plus ouverte. Elle résulte souvent de la dégradation de la forêt par les feux de brousse récurrents et l'agriculture extensive. L'aspect est celui d'une mosaïque de patches de forêt résiduelle (souvent dans les vallées ou sur les pentes), de zones herbeuses denses et d'arbres clairsemés résistants au feu. La composition floristique est un mélange d'espèces forestières résiduelles et d'espèces de savane pionnières. La faune est un mélange d'espèces des deux milieux, mais souvent moins abondante et diversifiée que dans la forêt intacte ou la savane typique.

• La Zone de savane guinéenne. - Couvrant la majeure partie du nord du Ghana, cette zone est caractérisée par de hautes herbes (qui peuvent atteindre plusieurs mètres) et des arbres plus ou moins clairsemés et résistants à la sécheresse et au feu. Les espèces d'arbres typiques sont le Karité (Vitellaria paradoxa), le Néré (Parkia biglobosa), diverses espèces d'Acacia, le Baobab (Adansonia digitata) dans les zones les plus sèches, et des espèces de Combretum et Terminalia. La faune est adaptée aux habitats ouverts et à la saisonnalité marquée. On y trouve des antilopes de savane (cob de Buffon, bubale major, céphalophe de Grimm), des buffles de savane, des hyènes, des léopards (rares), une grande diversité d'oiseaux terrestres et aquatiques (dans les zones humides) et des reptiles. Le parc national de Mole est un exemple majeur de cet écosystème et abrite notamment des éléphants de savane.

Outre ces grandes zones, le réseau hydrographique du Ghana, centré sur le système de la Volta, joue un rôle biogéographique important. Les rivières et le lac Volta abritent une riche ichtyofaune, des crocodiles, et sont importants pour de nombreux oiseaux aquatiques et migrateurs. Les zones humides associées (marécages, plaines inondables) constituent des habitats spécifiques.

Parcs nationaux et réserves naturelles.
La biodiversitĂ© du Ghana est considĂ©rable, bien qu'elle soit sous forte pression humaine. Les menaces principales incluent la dĂ©forestation pour l'agriculture et l'exploitation forestière, les feux de brousse (particulièrement destructeurs dans les zones de savane et de savane dĂ©gradĂ©e), le braconnage et la chasse non rĂ©glementĂ©e, l'exploitation minière artisanale et industrielle (qui cause une dĂ©gradation et une pollution importantes des sols et de l'eau), ainsi que les impacts du changement climatique. Le Ghana a mis en place un rĂ©seau de parcs nationaux, de rĂ©serves forestières et de sanctuaires pour tenter de protĂ©ger ses Ă©cosystèmes. Ces aires protĂ©gĂ©es jouent un rĂ´le crucial dans la conservation de la faune et de la flore du pays, offrant refuge Ă  de nombreuses espèces, dont certaines sont endĂ©miques ou menacĂ©es, tout en dĂ©veloppant un tourisme Ă©cologique essentiel pour les communautĂ©s locales. Mais l'efficacitĂ© de ces mesures est souvent limitĂ©e par les pressions socio-Ă©conomiques. 

Le Parc national de Kakum.
Parmi les sites les plus emblématiques se trouve le Parc national de Kakum, situé dans la région Centrale. Bien que relativement petit par sa superficie (environ 350 km²), il est célèbre pour sa forêt tropicale humide et, surtout, pour sa passerelle suspendue (Canopy walkway) qui permet aux visiteurs de découvrir la canopée à plus de 40 mètres de hauteur. Kakum est un excellent exemple de forêt de l'Afrique de l'Ouest et abrite une riche avifaune, de nombreux primates (comme les singes mona et diverses espèces de colobes), ainsi que des céphalophes et d'autres petits mammifères forestiers.

Le Parc national de Mole.
Le Parc national de Mole, le plus grand du Ghana avec environ 4840 km², se trouve dans la région du Nord. Il est caractérisé par une savane arborée et des prairies traversées par la rivière Mole. C'est la destination principale pour observer de grands mammifères. Le parc est particulièrement réputé pour ses populations d'éléphants, ordinairement visibles près des points d'eau, mais aussi pour une grande variété d'antilopes (cobs, bubales, waterbucks), de phacochères, de babouins et de singes patas. Des prédateurs comme les hyènes et les léopards sont également présents, bien que plus difficiles à observer. Des safaris à pied et en jeep sont proposés.

La Zone de conservation d'Ankasa.
Dans le sud-ouest, la Zone de conservation d'Ankasa, qui englobe le Parc national d'Ankasa et le Parc national de Nini Suhien (formant une zone contiguë d'environ 500 km²), représente l'une des forêts tropicales humides sempervirentes les plus humides et les plus intactes du Ghana. Cette région est un point chaud de biodiversité, et abrite une diversité exceptionnelle de plantes (certaines rares ou endémiques), d'oiseaux et de mammifères forestiers, y compris des éléphants de forêt, des chimpanzés, et plusieurs espèces de céphalophes rares. Son accès peut être plus aventureux en raison de la densité de la végétation et des conditions météorologiques.

Le Parc national de Bia.
Plus à l'ouest encore, dans la région Ouest Nord, se trouve le Parc national de Bia. Désigné également comme Réserve de Biosphère par l'Unesco, il couvre environ 563 km² de forêt sempervirente dense. Bia est important pour sa population de chimpanzés, ses éléphants de forêt et d'autres primates. Il abrite également le célèbre Arbre Bia Tano, l'un des plus grands arbres du Ghana.

Le Parc national de Digya.
Le Parc National de Digya est situé sur les rives occidentales du Lac Volta, s'étendant sur environ 1280 km². Son paysage est un mélange de savane et de forêt le long du lac. Le parc offre un habitat pour une grande variété de faune, notamment des antilopes, des singes, et potentiellement des lamantins dans le lac. Moins développé pour le tourisme que Mole ou Kakum, il peut offrir une expérience plus individuelle.

Le Parc national de Kyabobo.
Dans la région Oti, à la frontière avec le Togo, le Parc national de Kyabobo couvre environ 360 km². Il se caractérise par un paysage accidenté comprenant des montagnes (dont le Mont Kyabobo, le deuxième plus haut sommet du Ghana), de la savane et des forêts galeries le long des cours d'eau. C'est une zone de transition écologique qui abrite des buffles, des éléphants, divers primates et une avifaune riche.

La Réserve de sessources de Shai Hills.
Proche de la capitale Accra, la Réserve de ressources de Shai Hills offre un accès facile à une zone protégée. Sur environ 50 km², elle combine savane, collines rocheuses et petites parcelles forestières. Elle est connue pour ses populations de babouins, de singes mona, ainsi que pour des antilopes comme le bushbuck et divers céphalophes. Les collines calcaires abritent également des grottes qui revêtent une importance culturelle pour le peuple Shai. C'est une excellente destination pour l'observation d'oiseaux et la randonnée.

Autres réserves.
Parmi les autres réserves importantes pour la conservation de la savane, on notera la Réserve de ressources de Gbele dans la région du Nord-Ouest et la Réserve naturelle stricte de Kogyae dans la région d'Ashanti. Bien que moins axées sur le tourisme grand public, elles jouent un rôle essentiel dans la protection des écosystèmes de savane et de la faune qui y réside.

Géographie humaine du Ghana

Population.
Le Ghana compte une population d'environ 33 à 34 millions d'habitants, avec une croissance relativement soutenue, bien que les taux de fécondité affichent une tendance à la baisse au cours des dernières décennies, particulièrement en milieu urbain. La structure par âge est typique des pays en développement : une part importante de la population a moins de 25 ans, ce qui représente à la fois un potentiel démographique considérable et un défi en termes d'éducation, d'emploi et de services sociaux. L'espérance de vie a progressé, mais reste confrontée aux défis sanitaires persistants. La distribution de la population est inégale, avec une concentration croissante dans les zones urbaines, notamment autour des grandes métropoles comme Accra et Kumasi. Cette urbanisation rapide transforme les modes de vie, les structures familiales et les besoins en infrastructures et services. Les densités de population varient considérablement entre les régions côtières et le Sud (économiquement plus dynamiques) et les régions du Nord.

La structure sociale est un mélange de hiérarchies traditionnelles et de facteurs modernes. Le système de chefferie, intégré dans le cadre constitutionnel moderne avec un rôle consultatif et foncier, conserve une influence sociale et culturelle importante au niveau local. Les liens de parenté, en particulier la famille étendue, restent fondamentaux, fournissant un réseau de soutien social, économique et émotionnel, et jouant un rôle crucial dans les décisions familiales et communautaires. L'urbanisation et les changements économiques ont cependant entraîné une certaine transition vers des structures familiales plus nucléaires, notamment dans les villes, mais les obligations et les solidarités familiales au sens large perdurent. La société ghanéenne est également stratifiée par des facteurs socio-économiques : l'accès à l'éducation, l'emploi, la richesse et la position professionnelle créent des clivages sociaux, avec des inégalités notables entre les milieux urbains et ruraux, entre les différentes régions du pays, et entre les genres.

L'éducation est perçue comme un moteur essentiel de mobilité sociale. Le Ghana a fait des efforts considérables pour améliorer l'accès à l'éducation de base gratuite et obligatoire, ce qui a eu un impact significatif sur les taux d'alphabétisation. Cependant, des défis persistent en termes de qualité de l'enseignement, d'infrastructures, de formation des enseignants et d'équité (accès pour les filles dans certaines régions, transition vers l'enseignement secondaire et supérieur). Les défis sociaux majeurs comprennent la pauvreté, particulièrement en milieu rural et dans certaines régions du Nord, le chômage des jeunes, les inégalités d'accès aux services de santé et d'éducation, et les questions de genre, bien que des progrès soient réalisés en matière de droits des femmes et de participation politique.

La migration, tant interne (rural-urbain) qu'externe (vers d'autres pays africains, l'Europe et l'AmĂ©rique du Nord), est Ă©galement un phĂ©nomène social important qui influence la dĂ©mographie rĂ©gionale, les structures familiales (en raison des sĂ©parations et des envois de fonds) et le dĂ©veloppement Ă©conomique. 

Malgré le grand nombre de langues et d'ethnies, le Ghana maintient un niveau élevé d'harmonie sociale. Les mariages interethniques sont courants, et dans les centres urbains, l'anglais, le pidgin ghanéen (un créole basé sur l'anglais) et les langues des grands groupes comme le twi servent ordinairement de lingua franca et permettent aux gens de différentes origines de communiquer. Le gouvernement ghanéen a également promu l'unité nationale en reconnaissant plusieurs langues indigènes pour l'éducation et les médias, ce qui contribue à leur préservation et à leur valorisation.

Quelques-unes des principales villes du Ghana

• Accra est la capitale du Ghana et sa plus grande ville. Située sur la côte du golfe de Guinée, elle est le centre politique, économique et culturel du pays. Ville cosmopolite, Accra abrite des institutions gouvernementales, des ambassades, des universités de renom comme l'Université du Ghana à Legon, ainsi que des marchés emblématiques comme Makola Market. On y trouve également le quartier d'Osu, populaire pour ses restaurants, hôtels et lieux de vie nocturne, ainsi que des symboles historiques tels que le Kwame Nkrumah Memorial Park.

• Kumasi, surnommée « la capitale des Ashantis », est la deuxième ville la plus peuplée du Ghana. Située dans la région d'Ashanti, elle est le centre culturel du peuple Akan. La ville est réputée pour son riche héritage royal, illustré par le palais Manhyia, résidence du roi asantehene. Kumasi est aussi connue pour son marché central, Kejetia, l'un des plus grands marchés ouverts d'Afrique de l'Ouest. L'artisanat, notamment les tissus kente, la sculpture sur bois et la fabrication de bijoux en or, y occupe une place essentielle.

• Tamale est la principale ville du nord du Ghana et le chef-lieu de la région du Nord. C'est une ville en expansion rapide, avec une population majoritairement musulmane. Tamale est caractérisée par une architecture influencée par la culture islamique, avec de nombreuses mosquées et des bâtiments en terre battue. La ville joue un rôle croissant dans l'agriculture et le commerce interrégional, et elle est également un point de départ vers les parcs nationaux du nord, comme Mole National Park.

• Sekondi-Takoradi, souvent appelée la « Twin City », est une agglomération portuaire située dans la région de l'Ouest. Sekondi est l'ancienne ville coloniale, tandis que Takoradi s'est développée comme un centre industriel et commercial. La découverte de pétrole offshore dans cette région a renforcé son importance stratégique. Le port de Takoradi, le premier port industriel du pays, joue un rôle vital dans les exportations, notamment de cacao, de bauxite et de bois.

• Cape Coast, sur la côte centrale, est une ville historique marquée par l'esclavage transatlantique. Elle est célèbre pour le château de Cape Coast, site du patrimoine mondial de l'Unesco, qui servait de point de départ pour les esclaves déportés vers les Amériques. La ville est aussi un centre

éducatif, abritant le prestigieux lycée Wesley Girls et l'Université de Cape Coast. Elle attire des touristes et chercheurs venus explorer son histoire et sa culture.

• Tema est une ville industrielle située à l'est d'Accra. Elle a été planifiée et construite dans les années 1960 comme un centre industriel moderne. Le port de Tema est le plus grand du Ghana et un hub majeur pour les importations et exportations. La ville est dotée de nombreuses usines et infrastructures logistiques, ce qui en fait un pilier du développement économique du pays. Son urbanisme géométrique et ses zones industrielles en font une ville fonctionnelle mais moins touristique.

• Ho, capitale de la région de la Volta, est une ville paisible au pied des montagnes Akwapim-Togo. Elle se distingue par son climat agréable et son environnement verdoyant. C'est un centre administratif, commercial et éducatif pour les peuples Ewe. Elle accueille l'Université de la Santé et des Sciences alliées, ainsi que divers festivals traditionnels qui reflètent la richesse culturelle de la région. Ho est aussi un point de passage pour les voyageurs vers les cascades de Wli et les montagnes d'Afadjato.

• Sunyani, dans la région de Bono, est reconnue pour sa propreté et son atmosphère tranquille. Ancien centre colonial, elle s'est développée comme un pôle administratif et agricole. Elle abrite l'Université de la Ville de Sunyani et un aéroport régional. La ville sert de base pour le commerce de produits agricoles comme le cacao, la noix de cola et le maïs. Sa croissance stable attire de plus en plus d'investissements locaux.

• Bolgatanga, souvent appelée Bolga, est la ville principale de la région du Haut Ghana oriental. Elle est un centre artisanal réputé, notamment pour la fabrication de paniers tissés à la main, de chapeaux et d'objets en cuir. Située dans une région semi-aride, elle joue un rôle important dans le commerce transfrontalier avec le Burkina Faso. Malgré des ressources naturelles limitées, Bolgatanga se distingue par son dynamisme culturel et économique.

• Koforidua, capitale de la région de l'Est, est une ville résidentielle calme, connue pour sa proximité avec les montagnes Akwapim et ses paysages pittoresques. Elle est aussi célèbre pour son marché de perles traditionnelles et son artisanat. Koforidua a connu une croissance modérée grâce à son rôle de centre administratif et commercial. Elle est également le siège de nombreuses écoles techniques et professionnelles qui alimentent l'économie locale en main-d'oeuvre qualifiée.

Groupes ethnolinguistiques.
Le Ghana abrite une mosaïque de groupes ethnolinguistiques qui contribuent à son tissu culturel. On estime qu'environ 80 langues sont parlées dans le pays, bien que certaines soient plus largement diffusées et associées à des groupes ethniques majeurs. Cette diversité, loin d'être une source majeure de conflit, est généralement perçue comme une force et une richesse, avec un fort sentiment d'identité nationale qui transcende les appartenances locales. L'anglais est la langue officielle et est utilisé dans l'administration, l'éducation et les affaires, mais les langues indigènes jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne, la culture et la communication à travers le pays. La grande majorité des langues parlées au Ghana appartiennent à la vaste famille des langues Niger-Congo.

Akan.
Le groupe ethnolinguistique le plus important et le plus dominant au Ghana est constitué par les Akan, représentant environ 47% de la population. L'akan n'est pas une langue unique mais plutôt un continuum de dialectes ou de langues mutuellement intelligibles. Les principaux dialectes ou branches de l'akan comprennent le twi (qui couvre des variantes comme l'asante twi, l'akuapem twi et l'akyem twi), le fante, le bono, le kwahu, l'akuapem, l'akyem, l'ahanta, le aassa, et d'autres. Les groupes ethniques associés à le complexe linguistqiue sont les Ashantis, les Fantes, les Bono, les Akyems, les Kwahus, les Akuapems, les Wassa, etc. Ils sont principalement concentrés dans les régions centrales et méridionales du Ghana, notamment la Région Ashanti, la Région Centrale, la Région de l'Est et certaines parties de la Région de l'Ouest. L'histoire de l'Empire Ashanti et sa structure politique complexe ont eu une influence considérable sur l'histoire et la culture du Ghana. Le twi et le fante sont largement utilisés dans les médias et l'éducation.

Mole-Dagbani.
Le deuxième grand groupe ethnolinguistique est constitué par les groupes de langues mole-dagbani, qui représentent environ 16% de la population. Ces populations vivent principalement dans le nord du Ghana. Les langues principales de ce groupe comprennent le dagbani (parlé par les Dagombas), le mampruli (parlé par les Mamprusi), le gonja (parlé par les Gonjas), le wala (parlé par les Walas), le frafra (dont le gurenne), le kusasi, le builsa, et d'autres. Chaque groupe a ses propres structures sociales et chefferies traditionnelles.

Ewe.
Le troisième groupe important est celui des Ewe, constituant environ 13% de la population. Les Ewe résident principalement dans la Région de la Volta, dans le sud-est du Ghana, et s'étendent dans le Togo voisin. Leur langue, l'ewe, est une langue tonale faisant partie de la branche gbe de la famille Niger-Congo.

Ga-Dangme.
Dans la Région du Grand Accra, on trouve les groupes Ga-Dangme, qui représentent environ 3.5% de la population. Ce groupe comprend les Ga et les Dangme (ou Adangme). Les Ga vivent principalement dans la capitale, Accra, et ses environs immédiats, et parlent le ga. Les Dangme, qui comprennent des sous-groupes comme les Krobo, les Ada, les Shai, les Ningo, les Prampram et les Kpone, vivent à l'est d'Accra et parlent le dangme, une langue distincte mais étroitement liée au ga. Ces groupes ont une histoire et des traditions culturelles riches liées à leur position côtière.

Autres groupes.
D'autres groupes ethnolinguistiques notables, bien que moins nombreux, incluent divers peuples parlant des langues Gurma, Grusi, Guan, Kulango, Anyi, Sefwi, etc., dispersés dans différentes régions du pays, en particulier dans le nord et les régions de la ceinture de la Volta. Les Gurma vivent principalement dans le nord-est (Région de l'Est Supérieure et Région du Nord), avec des langues comme le gurma, le konkomba, le bimoaba. Les langues grusi se trouvent dans le nord, et incluent le kasem, le sisaala, le tampulma. Les langues guan sont présentes dans plusieurs régions éparses, souvent considérées comme des populations autochtones de certaines zones avant l'arrivée des Akans ou d'autres groupes; elles comprennent des langues comme le larteh, le cherepon, le gua, l'awutu, le gonja (qui est classé comme guan ou comme mole-dagbani selon les sources).

Culture.
Au coeur de la culture ghanéenne se trouve le concept de communauté et la forte importance accordée à la famille élargie. Les liens familiaux vont bien au-delà du noyau parental et englobent tantes, oncles, cousins et grands-parents, jouant tous un rôle essentiel dans le soutien mutuel, l'éducation des enfants et le maintien de l'ordre social. Le respect envers les anciens est une valeur fondamentale. Ces derniers sont considérés comme les dépositaires de la sagesse et de l'histoire du groupe. L'institution de la chefferie traditionnelle, bien que coexistante avec un gouvernement démocratique moderne, reste une structure sociale et religieuse puissante. Les chefs sont les gardiens de la terre ancestrale et des traditions.

Sur le plan religieux, le Ghana est un exemple de coexistence pacifique. La majoritĂ© de la population pratique le christianisme sous diverses formes (protestantisme, catholicisme, pentecĂ´tisme), suivi par l'islam, principalement dans le nord du pays. Cependant, les religions traditionnelles africaines restent très influentes et sont gĂ©nĂ©ralement  intĂ©grĂ©es aux pratiques chrĂ©tiennes ou musulmanes. Le culte des ancĂŞtres, la croyance en des esprits et des divinitĂ©s locales, ainsi que le rĂ´le des prĂŞtres et prĂŞtresses traditionnels dans la guĂ©rison et la divination, font partie intĂ©grante du paysage religieux de nombreux GhanĂ©ens, quelle que soit leur affiliation religieuse principale.

La musique et la danse sont omniprésentes. Elles accompagnent les célébrations, les rituels et la vie quotidienne. Le highlife, genre musical né au Ghana au début du XXe siècle, mélange des mélodies africaines traditionnelles avec des rythmes occidentaux et reste populaire. La musique gospel a également une large audience. Le tambour est central dans la musique ghanéenne, avec des tambours parlants utilisés pour communiquer sur de longues distances ou lors de cérémonies. L'art visuel est mondialement reconnu, notamment pour le tissu kente, originaire des royaumes Ashanti et Ewe. Chaque motif et couleur du kente a une signification symbolique profonde et le tissu est porté lors d'occasions spéciales. Les symboles adinkra, imprimés sur des tissus ou utilisés dans l'art, représentent des aphorismes, des concepts ou des idées, et servent de langage visuel de la sagesse. La sculpture sur bois, la poterie et la fabrication de perles sont également des formes d'art importantes.

La gastronomie ghanĂ©enne reflète la richesse agricole du pays. Les plats de base varient selon les rĂ©gions mais incluent souvent le fufu (une pâte de manioc et de plantain pilĂ©s), le kenkey (pâte de maĂŻs fermentĂ©e enveloppĂ©e dans des feuilles), le banku (similaire au kenkey), le riz (souvent cuit Ă  la manière du jollof ou servi avec des ragoĂ»ts), et les ignames. Ces plats sont gĂ©nĂ©ralement accompagnĂ©s de sauces ou de soupes riches et Ă©picĂ©es, faites Ă  base d'arachides, de palmier, de tomates ou de feuilles de kontomire (taro), souvent avec du poisson, de la viande ou des lĂ©gumes. Les piments sont très utilisĂ©s pour relever le goĂ»t. 

Les coutumes et l'étiquette jouent également un rôle important. La main droite est généralement utilisée pour manger (en particulier les plats à base de pâte qui se mangent sans ustensiles), donner ou recevoir des objets, car la main gauche est ordinairement considérée comme impure. Les salutations sont importantes, et il est poli de demander des nouvelles de la famille et du bien-être de la personne. Dans certaines situations, un léger signe de tête ou une courbette peut être approprié en signe de respect. L'habillement est significatif; lors des occasions formelles ou traditionnelles, les Ghanéens portent souvent des tenues élaborées faites de kente ou d'autres tissus imprimés aux motifs colorés.

Les fêtes traditionnelles ponctuent l'année et sont des moments de rassemblement, de célébration de l'histoire et des récoltes, et de purification religieuse. Des exemples célèbres sont le Homowo du peuple Ga (pour commémorer la victoire sur la famine), l'Akwasidae des Ashanti (qui se tient tous les 42 jours pour honorer le Trône d'Or et les ancêtres) et le Hogbetsotso du peuple Ewe (qui célèbre leur migration historique).

Economie.
Le Ghana dispose d'une Ă©conomie parmi les plus dynamiques d'Afrique de l'Ouest, bien qu'elle ait rĂ©cemment traversĂ© des pĂ©riodes de turbulences significatives. 

Traditionnellement axĂ©e sur l'agriculture, notamment la production de cacao dont le pays est un exportateur majeur, l'Ă©conomie s'est progressivement diversifiĂ©e. L'agriculture continue de jouer un rĂ´le vital, et emploie une part importante de la population active, en particulier dans les zones rurales. Elle  contribue ainsi de manière significative aux exportations et au PIB, mĂŞme si sa part relative tend Ă  diminuer au profit d'autres secteurs. Outre le cacao, d'autres cultures importantes comprennent le maĂŻs, le manioc, les ignames, les plantains et divers fruits et lĂ©gumes.

L'exploitation minière constitue un autre pilier historique de l'économie ghanéenne. L'or est la ressource minière la plus importante. Elle fait du Ghana l'un des principaux producteurs africains. D'autres minerais tels que la bauxite, le manganèse et les diamants sont également extraits. Le secteur minier attire d'importants investissements étrangers et est un contributeur majeur aux recettes d'exportation et fiscales, bien qu'il pose aussi des défis en termes d'impact environnemental et social, notamment l'exploitation artisanale illégale (galamsey).

Un tournant économique majeur est survenu avec la découverte et l'exploitation commerciale de gisements de pétrole et de gaz offshore, qui a débuté en 2010. Le secteur pétrolier a rapidement accru sa contribution au PIB et aux exportations. Cependant, cette dépendance accrue aux matières premières rend l'économie vulnérable aux fluctuations des prix sur les marchés mondiaux, en introduisant une volatilité qui peut affecter la planification budgétaire et la stabilité macroéconomique.

Le secteur industriel ghanéen est moins développé que les secteurs primaire et tertiaire, mais il comprend des activités telles que la transformation agroalimentaire (notamment du cacao), la production de ciment, de textiles, et l'assemblage de véhicules. Le gouvernement a affiché sa volonté de promouvoir l'industrialisation afin de diversifier l'économie, réduire la dépendance aux importations et créer des emplois, notamment à travers des initiatives comme le programme One district, One factory. Lle pays disposant de sources hydroélectriques et thermiques, avec un potentiel croissant dans les énergies renouvelables, la production d'énergie est également importante pour soutenir le développement industriel.

Le secteur des services est aujourd'hui le moteur principal de l'Ă©conomie ghanĂ©enne en termes de contribution au PIB. Il englobe une vaste gamme d'activitĂ©s, qui englobe le commerce (grossiste et dĂ©taillant), les tĂ©lĂ©communications (le Ghana a un taux de pĂ©nĂ©tration mobile Ă©levĂ©), les services financiers (le secteur bancaire est relativement bien Ă©tabli), les transports, le tourisme, l'Ă©ducation et l'administration publique. La capitale, Accra, est un centre Ă©conomique dynamique et une plaque tournante rĂ©gionale  en dĂ©veloppement, en abritant notamment le secrĂ©tariat de la Zone de libre-Ă©change continentale africaine (ZLECAf), ce qui positionne le Ghana comme un acteur potentiel majeur du commerce intra-africain.

Le Ghana a connu des périodes de forte croissance par le passé, mais a aussi été confronté à des défis persistants. L'inflation a souvent été élevée et volatile. Le déficit budgétaire et surtout la dette publique ont représenté une préoccupation majeure, le ratio de la dette par rapport au PIB a atteint des niveaux jugés insoutenables, ce qui a conduit le pays à demander de l'aide au Fonds Monétaire International (FMI) et à entreprendre une restructuration de sa dette. Le cedi ghanéen, la monnaie nationale, a également subi des pressions importantes et une dépréciation face aux devises étrangères, compliquant la gestion des importations et de la dette extérieure.

Les défis économiques majeurs du Ghana concerent donc la gestion de la dette, la stabilisation macroéconomique, la diversification au-delà des matières premières, l'amélioration des infrastructures (transport, énergie, eau), la réduction du chômage, en particulier chez les jeunes, la lutte contre la corruption, l'amélioration de l'environnement des affaires pour attirer et retenir les investissements, et la réduction des inégalités de revenus et régionales.

Cependant, le Ghana possède Ă©galement des atouts significatifs. Sa richesse en ressources naturelles est indĂ©niable. Le pays bĂ©nĂ©ficie d'une stabilitĂ© politique relative et d'institutions dĂ©mocratiques plus solides que beaucoup de ses voisins, ce qui est un facteur d'attraction pour les investisseurs. Sa position gĂ©ographique est stratĂ©gique en Afrique de l'Ouest. Sa population est jeune et croissante, offrant un potentiel de main-d'oeuvre et un marchĂ© intĂ©rieur. 

Le gouvernement a exprimé des ambitions pour une économie "au-delà de l'aide", qui vise une plus grande autosuffisance par le biais de la mobilisation des ressources internes et du développement du secteur productif. Les programmes avec le FMI ont pour but de rétablir la stabilité macroéconomique et à mettre en oeuvre des réformes structurelles pour soutenir une croissance durable et inclusive. L'avenir de l'économie ghanéenne dépendra largement de la capacité du gouvernement à mettre en oeuvre ces réformes, à gérer efficacement ses ressources et sa dette, et à créer un environnement propice à l'investissement et à la création d'emplois de qualité.

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