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Rodez

Rodez, Rhodez, Segodunum ou Civitas Rutenorum est une commune de France,  chef-lieu du département de l'Aveyron, à 607 kilomètres au Sud de Paris, au bord d'un plateau de 633 m d'altitude, dominant de 120 m la rive droite de l'Aveyron, qui l'entoure de trois côtés; 23.800 habitants.  La Ville occupe une situation très agréable, au milieu de charmantes prairies, qu'elle domine. Ses maisons sont généralement anciennes et ses rues tortueuses; pourtant elle a été fort embellie depuis le milieu deu XIXe siècle. La place de la Cité est le point culminant. De là partent plusieurs artères, entre autres la rue de l'Embergue, célèbre par l'assassinat de Fualdès. Le Monastère, faubourg industriel relié à la ville par un pont du XVe siècle, forme une commune distincte.

La Cathédrale Notre-Dame de Rodez.
Le principal monument est la cathédrale Notre-Dame (XIIIe et XIVe siècles), l'un des édifices gothiques les plus remarquables du midi et du centre de la France. Cette église cathédrale, élevée sur l'emplacement d'un autre édifice qui s'écroula en 1275, est fait en une sorte de grès rougeâtre. Elle fut construite avec beaucoup de lenteur : les chapelles absidales et les premières travées du choeur appartiennent au XIVe siècle.

Pendant le XVe, le choeur fut terminé et orné de stalles, entre 1478 et 1488, qui sont l'oeuvre d'André Sulpice. Le "Tour de France de menuisier" de ce "faiseur de stalles", qui avait grandi à Bourges, l'avait conduit à Marvejols, à Mende, à Villefranche-de-Rouergue, et enfin à cette cathédrale, où son oeuvre a atteint son apogée (Josiane et Alain Deschamps, André Sulpice, menuisier du XVe siècle, faiseur de stalles en Berry, en Gévaudan et en Rouergue, Société des Amis de Villefranche et du Bas-Rouergue, 2009).

On éleva le transept, la nef et la tour; enfin, au XVIe, un secrétaire du cardinal d'Armagnac, Philandrier, qui avait étudié l'architecture dans Vitruve et visité les oeuvres de la Renaissance en Italie, exécuta le portail à fronton, et Bachelier éleva, dans le même style déplacé, la lourde tribune qui occupe le fond de la nef et se prolonge en partie sur les bas côtés. L'extérieur de la cathédrale de Rodez n'offre pas ces sculptures qu'on trouve dans les monuments gothiques de la même époque; tout y est nu et sévère. 

Son clocher, en revanche, est une merveille d'architecture et, il est célèbre dans tout le pays au Sud de la Loire. Bâti de 1510 à 1526, sur les plans de l'architecte Salvanh (ou Salvaing) et par les soins du bienheureux François d'Estaing, il s'élève sur le flanc gauche de l'édifice, à l'angle formé par le transept, et mesure, avec la statue de la vierge qui le couronne, 77 m de hauteur. Ce clocher est carré jusqu'au milieu de sa hauteur, puis formé d'un corps octogonal, que flanquent quatre tourelles posées sur les angles de sa base, et portant chacune la statue d'un Évangéliste. Il se termine par une plateforme, au milieu de laquelle est une coupole qui contient le timbre de l'horloge et qui porte une statue colossale de la Vierge. La hauteur de ce clocher est de 80 mètres.  La décoration en est très riche. Deux autres tours dressées vers le milieu du XVIe siècle par le cardinal Georges d'Armagnac et demeurées découronnées encadrent le mur pignon, achevé par le même prélat dans le style de la Renaissance.
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Cathédrale de Rodez.
La Cathédrale de Rodez.

L'église n'a que des entrées latérales, et, à l'endroit où se trouve d'ordinaire la principale entrée, en face du choeur, on voit un grand autel appuyé contre la muraille.  La disposition intérieure de l'édifice présente la forme d'une croix latine, avec collatéraux et chapelles accessoires : la longueur est de 97,45 m; la plus grande largeur, prise dans la croisée, de 36 m; la hauteur sous voûte, de 33. Les chapelles, au nombre de 27, n'ont pas toutes le même plan : celles qui accompagnent la nef, et les deux premières au delà du transept, sont élevées sur un plan carré, tandis que celles qui rayonnent autour du sanctuaire sont hexagonales. La chapelle du Saint-Sépulcre est remarquable par la voûte plate qui lui sert de plafond. 

La construction manque généralement d'élégance et de grâce : les piliers ne sont ornés que de simples nervures prismatiques; les galeries sont lourdes et obscures; de grêles colonnettes, contournées à leur partie supérieure en coeurs, en flammes ou en figures fantastiques, partagent les fenêtres en plusieurs compartiments. Le choeur seul est bâti dans des proportions harmonieuses. Le jubé gothique, quoique mutilé, est une oeuvre splendide; il date de la fin du XVe siècle et a été relégué en 1874 dans le croisillon Sud. Les boiseries du choeur, finement travaillées, sont un des plus curieux monuments de la sculpture à la fin du XVe siècle : c'est un ensemble de dais très riches, reliés aux stalles par un panneau rempli d'arcades simulées, d'ogives, d'arcs trilobés et de quatre-feuilles; de chaque côté des stalles s'élèvent des colonnettes qui, partant d'une base commune, vont se réunir au dais supérieur. Le trône épiscopal est plus beau encore : la stalle est formée de trois panneaux, dont les deux latéraux sont découpés à jour; le recouvrement supérieur projette un magnifique pendentif, et est surmonté d'une sorte de pyramide flanquée de clochetons à ses angles.On trouve aussi dans l'église unsarcophage gallo-romain, autel chrétien du VIe siècle. 
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Le palais épiscopal de Rodez.
Evêché de Rodez.

Les autres monuments.
Palais épiscopal des XVIIe et XIXe siècles (ci-dessus). Cet édifice mêle à des restes médiévaux intéressants - telle la belle tour des Corbières (XIVe ou XVe siècle) -, des constructions du XVIIe et XIXe siècles. A l'intérieur, on voit une grande et belle salle de la fin du XVIIe siècle, avec un plafond à caissons relevé d'agréables peintures.

Saint-Amans, église des XIe et XIIe siècles, est demeurée à l'intérieur à peu près dans son premier état, mais a été rhabillée extérieurement, en 1751, dans le style moderne.

Maison forte, dite des Anglais (mon. hist.), du XIVe siècle. 

Hôtel d'Armagnac (mon. hist.), de la Renaissance, avec jolis médaillons et grand bas-relief de l'Annonciation.
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L'Hôtel d'Armagnac de Rodez.
L'Hôtel d'Armagnac, à Rodez.

Sur les places publiques, statues de l'archevêque Affre, d'Alexis Monteil (érigée en 1890), de Samson (le vainqueur des Philistins). 

Restes d'un amphithéâtre antique et d'un aqueduc gallo-romain. A proximité de Rodez : château d'Onet.

Histoire.
On ignore la date de la fondation de Rodez. Elle a été, sous son nom gaulois de Segodonurn, la capitale des Rutheni, et son nom actuel lui vient d'eux : Rotena, Rodena, Rodens. Elle pouvait compter alors, si on en juge par les dimensions de son amphithéâtre, une douzaine de mille d'habitants. A la fin du IVe, siècle ou au commencement du Ve, un évêché y fut établi par saint Amans. 

Durant tout le Moyen âge, ses titulaires, joignirent à l'autorité spirituelle le pouvoir temporel. Ce dernier se trouva toutefois réduit, dès le IXe siècle, à la partie de la ville appelée la Cité, tandis que le Bourg, d'abord incorporé au Rouergue, devenait, au XIe siècle, avec quelques localités voisines, le comté de Rodez. En 1096, il fut vendu aux comtes de Carlat, qui, en 1302, le transmettaient, par héritage, aux comtes d'Armagnac. En 1475, il fut confisqué par Louis XI et, de la famille d'Alençon à laquelle il le donna, passa, par mariage à la famille d'AIbret, et d'elle à la maison de Bourbon. Henri IV le rattacha définitivement à la couronne. 

La ville, qui ne formait plus, depuis le XIIIe siècle, en vertu d'une charte à elle octroyée, d'un commun accord, par l'évêque et le comte, qu'une seule municipalité, redevint alors la capitale effective du Rouergue. Elle le demeura jusqu'à la Révolution. Elle n'a jamais été le théâtre d'aucun événement historique important. Seule, une cause célèbre, l'assassinat de Fualdès, en 1817, a quelque temps attiré sur elle l'attention. Au XVIIe siècle, Jean de Tuilier y fonda une seconde académie des jeux Floraux.

Les armes de Rodez sont : De gueules à trois besants d'or.

Rodez est le lieu de naissance du poète Delrieu, de l'historien Monteil, etc. Raynal et l'abbé Frayssirous naquirent dans les environs. (B.).

Rodez.
Rodez, sur une ancienne photographie.
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Dictionnaire Villes et monuments
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