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| Izmir (anc.
Smyrne).
- Grande ville maritime de 2.700.000
habitants (2008), située dans la région occidentale de la Turquie Dans son cadre de montagnes nues, mais à nobles contours - Mimas, Sipyle, Tmolus des Anciens -, Izmir se divise en plusieurs quartiers : le quartier turc, en amphithéâtre, est un labyrinthe de ruelles tortueuses, avec minarets élancés, coupoles de mosquées, et, tout au, haut les cyprès du cimetière musulman; le quartier franc, longeant la rive du golfe, a pris un aspect moderne, avec immeubles, hôtels, cafés et foule cosmopolite. Aucun de ces quartiers ne montre de vrais, de beaux monuments, et aucune des 20 mosquées n'est bien curieuse; mais le bazar vaut une visite : « il est d'une animation, d'un mouvement extraordinaire, écrivait un voyageur du XIXe siècle, en son dédale de rues, de ruelles, de carrefours qui forme une ville dans la ville avec une population grouillante aux costumes pittoresques ».Au sommet du Pagus, débris de l'Acropole, dont les soubassements sont grecs Smyrne ne fut pas d'abord à Smyrne même,
mais au Sud-Ouest de Bournaba, lieu de plaisance et de villégiature le
plus aimé des Smyrniotes; des ruines nombreuses, dites Palaea Smyrna ou
Vieille Smyrne, s'y montrent encore, elles longent une baie qu'empâtèrent
depuis les alluvions du Mélès; on suppose qu'elle fut fondée vers 1430
avant notre ère, « à l'époque des premières migrations ioniennes ».
Détruite par les Lydiens au VIIe
siècle av. J.-C.; reconstruite sur l'ordre d'Alexandre;
ensuite ville romaine La reconquête ottomane s'inscrit dans la politique de restauration de l'autorité centrale menée par Mehmed Ier puis par Murad II. En 1426, la prise définitive de la forteresse portuaire met fin à la présence latine organisée et intègre pleinement la cité au système administratif ottoman. Dès lors, Smyrne devient un centre urbain stable de l'Anatolie occidentale, rattaché à l'eyalet d'Aydın. Aux XVe et XVIe siècles, la ville reste de taille moyenne mais bénéficie progressivement de sa position stratégique sur les routes maritimes entre l'Anatolie, la Méditerranée et l'Europe. Les Ottomans favorisent le commerce par une politique de tolérance relative envers les communautés non musulmanes et par l'octroi de capitulations aux puissances européennes. Smyrne accueille ainsi des communautés grecques orthodoxes anciennes, une population juive renforcée par l'arrivée de Séfarades après les expulsions d'Espagne et du Portugal à la fin du XVe siècle, ainsi que des Arméniens et, à partir du XVIe siècle, des marchands européens (Français, Anglais, Hollandais, Vénitiens). La ville acquiert progressivement un caractère cosmopolite qui deviendra l'une de ses marques distinctives. Au XVIIe siècle, Smyrne connaît une expansion économique notable. Le port devient l'un des principaux débouchés de l'Empire ottoman pour les produits agricoles d'Anatolie occidentale (coton, raisins secs, figues, soie, céréales) et pour certaines matières premières destinées aux marchés européens. Les consuls des puissances occidentales s'y installent durablement, et une bourgeoisie marchande levantine se développe, souvent polyglotte et culturellement hybride. Cette prospérité est toutefois ponctuée de crises : épidémies, incendies et surtout le violent tremblement de terre de 1688, qui détruit une grande partie de la ville et provoque des pertes humaines considérables. Malgré cela, Smyrne se relève et conserve son rôle économique. Le XVIIIe siècle est caractérisé par la poursuite du dynamisme commercial, mais aussi par les tensions géopolitiques croissantes en mer Égée. En 1770, durant la guerre russo-turque, la flotte ottomane est détruite par les Russes dans la baie voisine de Çeşme, ce qui affecte l'activité maritime régionale et révèle la vulnérabilité de l'Empire. Smyrne reste néanmoins un pôle d'échanges majeur et une ville culturellement très diversifiée, où coexistent mosquées, églises orthodoxes, synagogues et églises catholiques. Au XIXe siècle, les réformes du Tanzimat transforment profondément la ville. Les autorités ottomanes modernisent l'administration, développent les infrastructures et favorisent l'intégration de l'économie locale aux circuits du capitalisme mondial. La construction de la ligne de chemin de fer Izmir-Aydın à partir de 1856, l'une des premières de l'Empire, renforce encore le rôle du port comme interface entre l'arrière-pays anatolien et l'Europe. La population augmente rapidement et atteint plusieurs centaines de milliers d'habitants à la fin du siècle. Smyrne devient l'une des villes les plus européennes de l'Empire ottoman, avec des écoles étrangères, des journaux multilingues, des théâtres et une vie intellectuelle intense. Cette prospérité s'accompagne toutefois de tensions sociales et nationales croissantes, dans un contexte de montée des nationalismes grec, arménien et turc. Le début du XXe siècle est une période de bouleversements. La révolution des Jeunes-Turcs en 1908 est accueillie avec espoir par certaines élites urbaines, mais les guerres balkaniques, puis la Première Guerre mondiale fragilisent l'Empire. Après la défaite ottomane, Smyrne est occupée par les troupes grecques en mai 1919, avec l'appui des puissances alliées, dans le cadre du projet de Grande Grèce. Cette occupation s'accompagne de violences intercommunautaires et de profondes fractures. La reconquête de la ville par les forces nationalistes turques dirigées par Mustafa Kemal en septembre 1922 marque un tournant décisif. Peu après, un gigantesque incendie ravage les quartiers grecs et arméniens, détruisant une grande partie de la ville et provoquant l'exode de dizaines de milliers d'habitants. Cet événement, connu sous le nom de Grand incendie de Smyrne, met brutalement fin au caractère pluriconfessionnel et cosmopolite hérité de l'époque ottomane. Avec la proclamation de la République de Turquie en 1923 et l'échange de populations entre la Grèce et la Turquie, la composition démographique d'Izmir est profondément transformée. La ville est progressivement repeuplée par des musulmans venus d'Anatolie et par des réfugiés turcs des Balkans. Les autorités républicaines engagent une politique de reconstruction et de modernisation urbaine. Izmir devient un symbole de la Turquie laïque et tournée vers l'Occident, souvent décrite comme l'une des villes les plus libérales du pays. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, Izmir connaît une croissance rapide liée à l'industrialisation, à l'exode rural et à l'urbanisation. De nouveaux quartiers périphériques apparaissent, parfois de manière informelle, tandis que le port reste un élément central de l'économie régionale. La ville développe également des universités, des institutions culturelles et une vie politique dynamique. Elle est touchée, comme le reste du pays, par les instabilités politiques des années 1970, puis par les transformations économiques libérales à partir des années 1980. Depuis la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle, Izmir s'affirme comme une grande métropole turque, à la fois industrielle, commerciale et culturelle. Elle investit dans les infrastructures, les transports urbains et la valorisation de son littoral. Des événements récents, comme les tremblements de terre affectant la région égéenne, ont rappelé sa vulnérabilité géologique, mais ont aussi suscité des efforts de modernisation des normes de construction. |
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