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Palma de Mallorca

Palma de Mallorca est une ville d'Espagne, sur la côte Sud-Ouest de l'île de Majorque (Baléares). Population : environ 400 000 habitants. La ville est bâtie au fond de la vaste Baie de Palma (Badia de Palma), une étendue d'eau en forme de croissant ouverte sur le sud de la mer Méditerranée. Cette baie offre un abri naturel et a historiquement constitué un facteur déterminant pour le développement portuaire de la ville. 

Le relief immédiat de Palma est relativement plat le long du littoral, et s'élève doucement à mesure que l'on s'éloigne de la côte vers le nord et l'intérieur des terres. Bien que la ville elle-même ne se trouve pas directement dans les montagnes, elle est bordée au nord-ouest par les contreforts et les plaines qui précèdent la chaîne montagneuse de la Serra de Tramuntana, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, qui s'étend le long de la côte nord-ouest de l'île.

Le littoral de Palma est varié. Il comprend des zones de plages sableuses, notamment vers l'est (comme Can Pere Antoni ou le quartier de Portixol), des sections rocheuses ou aménagées avec des promenades maritimes, ainsi qu'une infrastructure portuaire majeure. Le Port de Palma est l'un des plus importants de la Méditerranée, et accueille un trafic significatif de ferries reliant l'île à la péninsule Ibérique et aux autres îles Baléares, ainsi qu'un grand nombre de bateaux de croisière et de plaisance. La géographie de la baie a facilité cette fonction portuaire essentielle.

Il n'y a pas de grands fleuves traversant Palma. Plusieurs torrents (cours d'eau temporaires ou saisonniers, appelés rieras en catalan) descendent des terres plus élevées vers la baie, mais beaucoup ont été canalisés, urbanisés (comme le lit de l'ancienne Riera qui est aujourd'hui le Parc de la Riera), ou sont secs pendant une grande partie de l'année. L'eau douce est historiquement fournie par des sources et des aquifères souterrains, ainsi que par des réserves construites dans l'arrière-pays.

Le climat de Palma est de type méditerranéen (classification de Köppen Csa), caractérisé par des étés chauds et secs et des hivers doux et humides. La situation côtière et la présence de la baie modèrent les températures, réduisant les extrêmes. La Serra de Tramuntana au nord-ouest offre une certaine protection contre les vents froids venant du nord.

L'expansion urbaine de Palma s'est largement faite le long du littoral, s'étendant vers l'est et l'ouest autour de la baie, ainsi que vers l'intérieur des terres sur le terrain légèrement ondulé. Le centre historique de la ville est concentré près du port ancien et de la cathédrale, sur un terrain légèrement surélevé dominant la baie. La topographie générale a peu limité l'étalement urbain, à l'exception de la transition vers les reliefs plus marqués au nord-ouest de l'agglomération.

Histoire de Palma de Mallorca.
Les origines de Palma de Mallorca remontent à la Préhistoire, comme en témoignent les nombreux sites talayotiques dispersés sur l'île de Majorque, bien que la fondation de la ville elle-même soit plus précisément datée de l'époque romaine. C'est en 123 av. JC que le consul romain Quintus Caecilius Metellus Balearicus conquiert les îles Baléares, mettant fin à l'indépendance des insulaires et à leur rôle de mercenaires dans les conflits méditerranéens. Il fonde deux villes principales sur Majorque : Palma, sur la côte sud, et Pollentia, sur la côte nord-est. Palma est établie en raison de son excellent port naturel, qui est destiné à devenir un centre de commerce et un avant-poste stratégique. Sous la domination romaine, la ville prospère en tant que port important de la province d'Hispania Citerior, puis de Tarraconensis. Des infrastructures sont construites, et l'agriculture se développe dans les environs. Les habitants adoptent la culture romaine et le latin.

Après la chute de l'Empire Romain d'Occident au Ve siècle, les Baléares sont envahies par les Vandales en 427 ap. JC, qui établissent leur royaume en Afrique du Nord. La période vandale est relativement brève et turbulente. Ils sont à leur tour vaincus par l'Empire Byzantin au VIe siècle (vers 534), sous le règne de l'empereur Justinien Ier. Les îles deviennent une partie de la province byzantine de Sardaigne. La domination byzantine voit un certain déclin, bien que le christianisme s'y maintienne. L'influence byzantine est moins visible que les occupations précédentes ou suivantes.

La période la plus transformative après la Rome antique est sans doute la conquête musulmane. Après des raids sporadiques au cours des siècles précédents, les Maures, venant d'Al-Andalus (l'Espagne musulmane), conquièrent définitivement Majorque en 902 ap. JC. Les Baléares sont intégrées au Califat de Cordoue. Palma est refondée sous le nom de Madina Mayurqa. La ville connaît alors un essor spectaculaire. Madina Mayurqa devient un centre commercial majeur, reliant l'Afrique du Nord, Al-Andalus, la Sicile et l'Italie. La ville est agrandie, fortifiée, et une nouvelle structure urbaine typique des villes musulmanes est mise en place, avec une médina centrale abritant la grande mosquée (située à l'emplacement actuel de la cathédrale), un souk animé, des bains publics et des quartiers résidentiels labyrinthiques. L'agriculture est améliorée grâce à de nouveaux systèmes d'irrigation. La culture, la science et l'art s'épanouissent. La période musulmane dure plus de trois siècles et laisse une empreinte durable sur l'île et sa capitale.

En 1229, un tournant majeur se produit avec la conquête de Majorque par le roi Jaume Ier d'Aragon, surnommé "le Conquérant". À la tête d'une flotte et d'une armée composées principalement de Catalans, d'Aragonais et d'autres chrétiens, il débarque sur l'île et, après une bataille acharnée et un siège violent, prend Madina Mayurqa le 31 décembre 1229. La ville est largement détruite et sa population musulmane massacrée ou exilée. Sur les ruines de la grande mosquée, la construction de la cathédrale gothique de La Seu est initiée. Elle symbolise la nouvelle ère chrétienne. La ville est renommée Palma de Mallorca. Jaume Ier divise les terres (le Repartiment) entre ses nobles et ses soldats. L'île devient le Royaume de Majorque, d'abord indépendant sous le fils de Jaume Ier, Jaume II, puis vassal de la Couronne d'Aragon, et finalement réintégré de force à la Couronne d'Aragon en 1349 par Pierre IV d'Aragon.

La période qui suit la Reconquista et l'établissement du Royaume de Majorque (XIIIe-XIVe siècles) est souvent considérée comme l'âge d'or de Palma. La ville, capitale du royaume, prospère grâce à son commerce maritime. Les marchands de Palma établissent des liens avec toute la Méditerranée et au-delà. Des monuments emblématiques sont construits, comme le Palais de l'Almudaina (sur les fondations de l'alcazar musulman), la Llotja (la bourse du commerce), et l'expansion de la cathédrale se poursuit. La ville compte alors une population significative de marchands, d'artisans, mais aussi des communautés juives et génoises actives.

À partir du XVe siècle, Palma et Majorque connaissent un certain déclin. Les crises économiques, les épidémies de peste (notamment en 1529), les révoltes sociales (comme la révolte des Germanies au début du XVIe siècle) et, surtout, les incessantes attaques des pirates barbaresques en provenance d'Afrique du Nord fragilisent l'île. Palma renforce ses fortifications, construisant les puissants remparts qui entourent encore en partie la vieille ville. L'activité commerciale ralentit et une économie plus rurale prédomine. L'île et sa capitale sont pleinement intégrées au Royaume d'Espagne après l'union des couronnes de Castille et d'Aragon.

Les siècles suivants voient Palma maintenir son statut de capitale de l'île, mais elle reste relativement isolée et moins influente sur la scène méditerranéenne. Les réformes des Bourbons au XVIIIe siècle centralisent l'administration et ouvrent le port de Palma au commerce avec l'Amérique en 1778, ce qui apporte un certain renouveau économique. Au XIXe siècle, Palma commence à se moderniser lentement. Les remparts médiévaux sont en partie démolis pour permettre l'expansion de la ville au-delà de ses murs, ce qui crée de nouveaux quartiers (l'Ensanche). Des infrastructures modernes sont construites, comme le chemin de fer.

Le XXe siècle apporte des bouleversements majeurs. Pendant la Guerre civile espagnole (1936-1939), Majorque tombe rapidement sous le contrôle des nationalistes de Franco après un bref et infructueux débarquement républicain. Palma devient une base militaire importante. L'après-guerre est marqué par la répression. Cependant, le vrai moteur de transformation de Palma à partir des années 1950 est l'avènement du tourisme de masse. L'île de Majorque devient une destination majeure, et Palma, avec son aéroport et ses infrastructures portuaires, est la porte d'entrée et le centre nerveux de cette industrie en plein essor. La ville s'étend rapidement, de nouveaux hôtels, appartements et infrastructures touristiques voient le jour, souvent au détriment de l'environnement et du patrimoine. L'économie de l'île passe d'une base agricole à une dépendance quasi totale du tourisme.

À la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, Palma continue de se développer en tant que capitale de la Communauté Autonome des ÃŽles Baléares (établie en 1983). Des efforts sont faits pour revitaliser le centre historique, améliorer les infrastructures publiques et gérer les défis posés par le tourisme de masse, tels que la préservation de l'identité locale, la pression immobilière et l'impact environnemental. 

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Dictionnaire Villes et monuments
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