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Les
glandes
parathyroïdes sont de petites formations
endocrines, généralement au nombre de quatre, intimement liées Ã
la face postérieure de la thyroïde. Leur couleur
brun-jaunâtre à brun-rougeâtre les distingue du tissu thyroïdien plus
sombre. Chaque glande mesure environ 3 à 8 millimètres
de long, 2 à 4 millimètres de large et 1 à 2 millimètres d'épaisseur,
pour un poids total de l'ensemble n'excédant pas 120 à 150 milligrammes
chez l'adulte. Il existe une variabilité anatomique fréquente : leur
nombre peut s'étendre de deux à huit et leur situation est parfois ectopique,
les localisant dans le médiastin supérieur, au sein même du parenchyme
thyroïdien, ou le long de la gaine carotidienne. L'irrigation sanguine
provient essentiellement des artères thyroïdiennes inférieures, parfois
des artères thyroïdiennes supérieures, ce qui
garantit un apport privilégié même en cas de ligature chirurgicale.
Le drainage veineux rejoint les plexus veineux thyroïdiens et le réseau
lymphatique est partagé avec la thyroïde et le thymus.
Sur le plan histologique,
le parenchyme parathyroïdien est organisé en cordons ou en amas compacts
de cellules épithéliales, séparés par un
stroma conjonctif riche en capillaires fenêtrés et en adipocytes dont
la proportion augmente avec l'âge. On distingue deux types cellulaires
principaux. Les cellules principales, de loin les plus nombreuses, sont
des éléments polyédriques au cytoplasme faiblement éosinophile ou clair,
contenant des grains de sécrétion de parathormone. Ce sont elles qui
synthétisent et libèrent l'hormone parathyroïdienne de manière constitutive
et régulée. Les cellules oxyphiles, plus grandes, à cytoplasme fortement
acidophile et granuleux, apparaissent au moment de la puberté et leur
rôle fonctionnel reste encore mal compris, même si l'on pense qu'elles
pourraient représenter une forme de réserve ou de transition des cellules
principales, capable dans certaines circonstances pathologiques de sécréter
à leur tour de la parathormone. Des cellules adipeuses et quelques cellules
claires dispersées complètent le tableau.
L'unique produit
hormonal des parathyroïdes est la parathormone, un polypeptide de 84 acides
aminés synthétisé sous la forme d'un précurseur, la pré-pro-PTH, rapidement
clivé en pro-PTH puis en hormone mature dans les granules sécrétoires.
Sa demi-vie plasmatique est brève, de l'ordre de deux à cinq minutes,
et son catabolisme s'effectue principalement dans le foie et le rein, générant
des fragments aminoterminaux biologiquement actifs et des fragments carboxyterminaux
inactifs utilisés en clinique pour le dosage. La sécrétion est finement
contrôlée par la concentration extracellulaire de calcium ionisé, détectée
par un récepteur membranaire couplé aux protéines G, le calcium-sensing
receptor. Une diminution même minime du calcium ionisé stimule instantanément
l'exocytose des granules de PTH, tandis qu'une élévation l'inhibe. Le
magnésium module également cette sécrétion : une hypomagnésémie sévère
la freine, alors qu'une hypermagnésémie modérée l'atténue.
L'action de la parathormone
s'exerce sur trois cibles principales – l'os, le rein et l'intestin –
afin d'élever la calcémie et, simultanément, d'abaisser la phosphatémie.
Au niveau du tissu osseux, la PTH se fixe sur les récepteurs PTH1R des
ostéoblastes et des cellules bordantes, ce qui stimule indirectement l'activité
des ostéoclastes via le système RANK/RANKL, entraînant une résorption
de la matrice minéralisée et la libération de calcium et de phosphate
dans la circulation. Une exposition chronique excessive conduit à une
perte osseuse corticale, tandis qu'une stimulation intermittente peut avoir
un effet anabolique sur l'os trabéculaire. Au niveau rénal, l'hormone
augmente la réabsorption tubulaire distale de calcium tout en inhibant
la réabsorption proximale de phosphate, provoquant une phosphaturie et
une baisse de la phosphatémie. Elle active également la 1-alpha-hydroxylase
rénale, enzyme clé qui transforme le 25-hydroxycholécalciférol en calcitriol,
la forme active de la vitamine D. Par cette conversion, elle accroît indirectement
l'absorption intestinale du calcium et du phosphate, potentialisant ainsi
son effet hypercalcémiant. La PTH stimule aussi, à un moindre degré,
la réabsorption intestinale directe du calcium. Ces mécanismes concertés
maintiennent l'homéostasie phosphocalcique dans des limites extrêmement
étroites.
L'intégration de
ces boucles régulatrices fait intervenir le calcitriol, qui exerce un
rétrocontrôle négatif direct sur la transcription du gène de la PTH
et sur la prolifération des cellules parathyroïdiennes, de même que
le FGF23 sécrété par les ostéocytes en réponse à une charge phosphate
élevée, qui freine la production de PTH et de calcitriol. Le rôle de
la calcitonine thyroïdienne chez l'être humain adulte est modeste en
physiologie courante mais peut devenir significatif dans certaines situations
pathologiques. L'équilibre final dépend donc d'un dialogue permanent
entre la calciémie, la phosphatémie, la PTH, la vitamine D et le FGF23.
Les dérèglements
de cette homéostasie expliquent les principales affections parathyroïdiennes.
L'hyperparathyroïdie primaire, souvent liée à un adénome unique, une
hyperplasie diffuse ou plus rarement un carcinome, entraîne une hypercalcémie
par sécrétion autonome de PTH. Elle se traduit classiquement par une
atteinte osseuse (ostéite fibrokystique), des lithiases rénales, des
troubles digestifs, neuropsychiques et cardiovasculaires, bien que les
formes frustes découvertes fortuitement dominent aujourd'hui. L'hyperparathyroïdie
secondaire se développe de façon réactionnelle lors d'une hypocalcémie
ou d'un déficit en vitamine D prolongés, comme dans l'insuffisance rénale
chronique où la rétention de phosphate, le défaut de calcitriol et l'hypocalcémie
stimulent chroniquement les glandes, aboutissant à une hyperplasie polyclonale
puis nodulaire autonome dans les formes tertiaires. À l'inverse, l'hypoparathyroïdie,
le plus souvent post-chirurgicale après thyroïdectomie, mais aussi d'origine
auto-immune, génétique (syndrome de DiGeorge), ou liée à une hypomagnésémie,
conduit à une hypocalcémie profonde et une hyperphosphatémie. Les manifestations
cliniques sont dominées par l'hyperexcitabilité neuromusculaire, allant
des paresthésies et des crampes aux spasmes carpopédaux, au laryngospasme
et aux crises convulsives. Un tableau particulier est la pseudo-hypoparathyroïdie,
due à une résistance périphérique à la PTH et caractérisée par une
hypocalcémie contrastant avec des taux élevés de PTH circulante.
L'exploration des
parathyroïdes repose sur le dosage de la PTH intacte couplé à la calcémie,
la phosphatémie, la magnésémie, la calcitonine, la 25-OH-vitamine D
et la calciurie des 24 heures. L'imagerie cervicale, échographique en
première intention, permet de localiser un adénome, complétée par la
scintigraphie au sestamibi marqué au technétium 99m ou par un scanner
cervico-médiastinal en cas de persistance d'une hyperparathyroïdie. La
prise en charge thérapeutique des adénomes repose sur l'exérèse chirurgicale
mini-invasive, guidée par un repérage peropératoire du taux de PTH.
Les hyperplasies secondaires bénéficient d'une régulation médicamenteuse
associant chélateurs du phosphate, dérivés actifs de la vitamine D et
calcimimétiques comme le cinacalcet, qui sensibilisent le récepteur du
calcium à la calcémie. L'hypoparathyroïdie impose une supplémentation
en calcium et en vitamine D active, ainsi qu'une surveillance étroite,
le risque d'hypercalciurie et de néphrocalcinose étant constant. Ces
éléments font des glandes parathyroïdes un acteur incontournable du
métabolisme minéral osseux, alliant une remarquable capacité d'adaptation
rapide à une pathologie riche et souvent insidieuse. |
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