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L'acétabulum
(du latin acetum = vinaigre, et culum = petite coupe, évoquant
la forme d'une coupelle à vinaigre) est une structure anatomique capitale
de l'os coxal. Il s'agit d'une cavité
hémisphérique profonde, orientée latéralement, inférieurement et antérieurement,
qui constitue la surface articulaire majeure de la hanche.
Sa fonction primordiale est de recevoir la tête fémorale pour former
l'articulation coxofémorale, une énarthrose (articulation
sphéroïde) alliant une grande stabilité, nécessaire à la station debout
et à la locomotion, à une large amplitude de mouvement.
D'un point de vue
morphologique, l'acétabulum résulte de la fusion des trois os
primitifs du bassin : l'ilium, qui forme environ les deux cinquièmes supérieurs
de la cavité, l'ischion,
qui contribue aux deux cinquièmes postéro-inférieurs, et le pubis,
qui constitue le cinquième antéro-inférieur. La synostose de ces trois
composants se fait au niveau de la zone acétabulaire, leurs lignes de
jonction formant une structure radiologique caractéristique en "Y" ou
en "trident" chez l'enfant, le cartilage triradié,
qui persiste jusqu'à la fin de la croissance pour disparaître à l'âge
adulte. Cette fusion assure une répartition optimale des contraintes mécaniques
provenant du membre inférieur vers le squelette
axial.
La surface articulaire
de l'acétabulum ne recouvre pas la totalité de la cavité. Elle se présente
sous la forme d'une structure semi-lunaire, le lunatum, qui est une surface
en forme de croissant de lune, recouverte de cartilage hyalin, large et
solide dans sa portion supérieure (la zone de charge principale), et s'amincissant
progressivement vers ses extrémités antérieure et postérieure. Cette
surface semi-lunaire est interrompue en bas et en avant par une dépression
non articulaire, l'échancrure acétabulaire (ou fosse acétabulaire).
Cette fosse, dépourvue de cartilage, est remplie par le coussinet adipeux
de Hartmann (un tissu adipeux aréolaire) et donne
attache au ligament de la tête fémorale (ligament
rond), qui chemine de la fosse vers la fovéa de la tête fémorale. Le
pourtour de l'acétabulum est renforcé par un fibrocartilage, le labrum
acétabulaire, qui s'insère sur le bord de la cavité et sur le ligament
transverse de l'acétabulum, lequel transforme l'échancrure en un foramen.
Ce labrum joue un rôle essentiel dans la stabilité articulaire : il augmente
la profondeur de la cavité de près de 30 %, crée un effet de succion
(ventouse) qui maintient la tête fémorale en place, et assure une meilleure
distribution des liquides synoviaux.
La vascularisation
de l'acétabulum est complexe et cruciale pour la survie de la hanche,
notamment lors des interventions chirurgicales. Elle provient principalement
des branches de l'artère obturatrice, des artères circonflexes fémorales
médiale et latérale, ainsi que des artères glutéales supérieure et
inférieure. Ces vaisseaux pénètrent dans l'os par les insertions ligamentaires
et la capsule articulaire. Sur le plan fonctionnel biomécanique, l'acétabulum
est le siège de contraintes extrêmes. Lors de la phase d'appui unipodal
de la marche, la force de réaction au sol combinée à la tension des
muscles abducteurs génère une résultante
de compression qui s'exerce principalement sur le toit du lunatum. Cette
zone doit donc présenter une solidité et une orientation précises. Un
défaut de couverture de la tête fémorale par l'acétabulum, que ce soit
dans le plan frontal (dysplasie de hanche) ou sagittal (rétroversion ou
antéversion excessive), est un facteur majeur de conflit mécanique, de
labropathie et d'arthrose précoce.
En pathologie, l'acétabulum
est au centre de nombreuses affections. La fracture de l'acétabulum, souvent
consécutive à un traumatisme à haute énergie chez l'adulte jeune ou
à une chute chez le sujet âgé ostéoporotique, engage le pronostic fonctionnel
de la hanche et requiert souvent une ostéosynthèse chirurgicale pour
restaurer la congruence articulaire. L'arthrose coxofémorale se manifeste
par une pince acétabulaire (protrusion de la tête dans le cotyle) ou
par une usure du cartilage du lunatum, notamment dans sa zone de charge
supérieure. Enfin, les conflits fémoro-acétabulaires (CFA), qu'ils soient
de type "pince" (cam) lié à un excès de couverture acétabulaire ou
à un labrum hypertrophique, ou de type "marteau" (pincer) lié à un défaut
de dégressivité de la jonction tête-col du fémur, sont aujourd'hui
reconnus comme des causes majeures de douleur chez l'adulte jeune sportif
et de facteurs prédisposants à l'arthrose précoce. |
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