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Bertrand Russell

Bertrand Russell est un philosophe, logicien, math√©maticien et √©crivain britannique n√© le 18 mai 1872  √† Trellech (Pays de Galles), et mort le 2 f√©vrier 1970, √† l'√Ęge de 97 ans, √† Penrhyndeudraeth (Pays de Galles).  Il est consid√©r√© comme l'un des fondateurs de la philosophie analytique moderne. Ses travaux sur la logique et la philosophie des math√©matiques, en particulier avec Whitehead ont eu une influence durable. Il a aussi √©t√© un adversaire d√©termin√© des guerres mondiales, du nucl√©aire et de la guerre du Vietnam. Son activisme a souvent conduit √† des conflits avec les autorit√©s. En plus de ses travaux philosophiques, Russell a √©crit sur une grande vari√©t√© de sujets, de l'√©ducation √† la religion, en passant par la politique. 
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Bertrand Russell.
Bertrand Russell (1872-1970).
Image générée par une IA (Open Dall-e).

Bertrand Arthur William Russell na√ģt dans une famille aristocratique influente. Son p√®re, John Russell, vicomte Amberley, √©tait un radical lib√©ral, et sa m√®re, Katharine Louisa, √©tait une militante pour le contr√īle des naissances. Russell a perdu ses parents √† un jeune √Ęge et a √©t√© √©lev√© par ses grands-parents paternels, Lord et Lady John Russell, dans leur maison familiale √† Pembroke Lodge, Richmond Park. Russell s'est mari√© avec Alys Pearsall Smith en 1894, mais le mariage s'est progressivement d√©t√©rior√©.

Russell a √©tudi√© les math√©matiques au Trinity College de Cambridge, o√Ļ il est devenu membre en 1895. √Ä Cambridge, il a √©t√© influenc√© par le logicien et philosophe Alfred North Whitehead, ainsi que par les id√©es de G.E. Moore et des math√©maticiens contemporains. Il a rapidement lui aussi commenc√© √† se faire un nom dans le domaine de la philosophie des math√©matiques. En collaboration avec Alfred North Whitehead, il a travaill√© sur les Principia Mathematica, une tentative monumentale de d√©river toutes les √©nonc√©s math√©matiques de principes logiques de base (Logicisme). Le premier volume de ce travail a √©t√© publi√© en 1910, bien que la majeure partie de l'oeuvre ait √©t√© achev√©e avant 1905.

Dès cette époque, il a commencé à développer des vues pacifistes et socialistes, devenant un critique ouvert de la politique britannique. Il a également commencé à s'intéresser à des questions sociales et politiques plus larges, notamment le suffrage des femmes et les droits civiques. Pendant la Première Guerre mondiale, Russell a été un fervent pacifiste, ce qui l'a conduit à des conflits avec les autorités britanniques. En 1916, il a été démis de son poste de professeur au Trinity College en raison de ses opinions. En 1918, il a été emprisonné pendant six mois pour ses activités anti-guerre.

Apr√®s la guerre, Russell a continu√© √† √©crire et √† enseigner. Il publie Introduction to Mathematical Philosophy en 1919, o√Ļ il explique les concepts math√©matiques √† un public non sp√©cialis√©. En 1921, il fait para√ģtre The Analysis of Mind, o√Ļ il √©tudie les relations entre la psychologie et la philosophie. La m√™me ann√©e, il divorce d'Alys Pearsall Smith et se marie avec Dora Black,  une √©crivaine et √©ducatrice. Ensemble, ils auront deux enfants, John et Katharine. Ils fondent aussi ensemble la Beacon Hill School, une √©cole exp√©rimentale progressiste.

Russell publie en 1927 Why I Am Not a Christian (Pourquoi je ne suis pas chr√©tien), un essai influent dans lequel il critique la religion et d√©fend une vision la√Įque et humaniste. En 1929, il divorce de Dora Black et √©pouse Patricia Spence, avec qui il a un fils, Conrad. Pendant cette p√©riode, Russell continue de publier des oeuvres philosophiques importantes.

En 1940, Russell obtient un poste de professeur √† la City College of New York, mais il est rapidement d√©mis de ses fonctions en raison de ses opinions en mati√®re de morale et de religion. Il revient Angleterre en 1944, o√Ļ il devient Fellow au Trinity College de Cambridge. En 1948, il participe √† une s√©rie de d√©bats publics avec le pr√™tre catholique Frederick Copleston, discutant des preuves pr√©tendues de l'existence de Dieu.

Russell reçoit le Prix Nobel de littérature en 1950 en reconnaissance de ses nombreux écrits, en particulier pour ses ouvrages en défense de la liberté de pensée. En 1952, il divorce de Patricia Spence et épouse Edith Finch. Durant cette décennie, Russell devient un ardent défenseur du désarmement nucléaire et critique de la guerre froide. Il est emprisonné pendant une semaine, en 1961, pour sa participation à une manifestation contre l'armement nucléaire. Il fonde également le Comité des 100, une organisation de désobéissance civile anti-nucléaire.

En 1963, il participe activement au mouvement pour les droits civiques et à la campagne contre la guerre du Vietnam . Il cré trois ans plus tard le Tribunal Russell pour juger les crimes de guerre américains au Vietnam.

Le Tribunal Russell √©tait une initiative intellectuelle et politique mise en place par Bertrand Russell et Jean-Paul Sartre en 1966. Son but principal √©tait de condamner les actions militaires des √Čtats-Unis et de leurs alli√©s au Vietnam pendant la guerre du Vietnam, et plus g√©n√©ralement de d√©noncer les violations des droits humains commises pendant le conflit.
Cette instance a √©t√© fond√©e en r√©ponse √† l'intensification de l'engagement militaire am√©ricain au Vietnam dans les ann√©es 1960. Russell et d'autres intellectuels de renomm√©e mondiale ont estim√© que les actions militaires men√©es par les √Čtats-Unis et leurs alli√©s (comme le bombardement massif du Nord-Vietnam) √©taient injustifiables et constituaient des crimes de guerre. Le Tribunal avait pour objectif d'examiner et de documenter les violations du droit international et des droits humains perp√©tr√©es pendant la guerre du Vietnam. Il a cherch√© √† recueillir des preuves, √† entendre des t√©moignages de victimes et de t√©moins, et √† rendre un jugement moral sur la conduite des parties impliqu√©es dans le conflit. Il √©tait compos√© de personnalit√©s √©minentes, notamment des intellectuels, des √©crivains, des philosophes et des juristes de divers pays. Le Tribunal Russell a organis√© plusieurs sessions o√Ļ des t√©moignages ont √©t√© pr√©sent√©s et des discussions ont eu lieu sur les cons√©quences humanitaires et l√©gales du conflit. Les conclusions du Tribunal ont d√©nonc√© les actions militaires comme des crimes de guerre et ont appel√© √† la cessation imm√©diate des hostilit√©s et au retrait des forces √©trang√®res du Vietnam. Bien que le Tribunal Russelle n'ait pas eu de pouvoir judiciaire formel, ni de reconnaissance officielle par les gouvernements internationaux  il a eu un impact significatif sur l'opinion publique mondiale et a contribu√© √† galvaniser l'opposition internationale √† la guerre du Vietnam. Il a √©galement inspir√© d'autres initiatives similaires dans d'autres contextes de conflit √† travers le monde. Il est aujourd'hui consid√©r√© comme un exemple de l'utilisation par les intellectuels de leur prestige et de leur autorit√© morale pour d√©noncer les abus de pouvoir et les violations des droits humains √† l'√©chelle mondiale. Il a contribu√© √† fa√ßonner les normes contemporaines en mati√®re de responsabilit√© internationale et de justice humanitaire.
Entre 1967 et 1969, para√ģt son autobiographie en trois volumes, o√Ļ il revient sur sa vie et ses travaux.

Philosophie des sciences et épistémologie de Bertrand Russell.
Philosophie des Sciences.
Les Principia Mathematica, ouvrage co-√©crit avec Alfred North Whitehead, visent √† montrer que les math√©matiques peuvent √™tre r√©duites √† la logique. En utilisant une notation symbolique rigoureuse, Russell et Whitehead cherchent √† prouver que toutes les v√©rit√©s math√©matiques peuvent √™tre d√©riv√©es de quelques axiomes logiques de base. Cette Ňďuvre a profond√©ment influenc√© la logique formelle et la philosophie des math√©matiques.

Pour r√©soudre le paradoxe de Russell, une contradiction qu'il a d√©couverte dans les th√©ories na√Įves des ensembles, Russell propose la th√©orie des types. Cette th√©orie hi√©rarchise les ensembles et les propositions pour √©viter les contradictions auto-r√©f√©rentielles.

Bien que Russell n'ait pas été un membre du Cercle de Vienne, ses idées ont fortement influencé le mouvement de l'empirisme logique. Les empiristes logiques cherchaient à appliquer les méthodes logiques rigoureuses des mathématiques et des sciences naturelles à la philosophie. Russell partageait leur méfiance envers la métaphysique traditionnelle et leur accent sur la vérifiabilité empirique.

Russell a travaillé sur l'analyse des concepts scientifiques, cherchant à clarifier et à définir les notions fondamentales utilisées en science. Par exemple, il a examiné les notions de causalité, de matière et de perception. Il défendait une forme de réalisme scientifique, soutenant que les théories scientifiques, bien qu'elles soient souvent provisoires et révisables, tentent de décrire des aspects réels et objectifs du monde.

√Čpist√©mologie.
Russell distingue deux types de connaissance : la connaissance directe (qu'il appelle la "connaissance par acquaintance") et la connaissance indirecte (par description). La connaissance directe se réfère à l'expérience immédiate, comme la perception sensorielle, tandis que la connaissance par description se réfère à des objets ou des faits que nous connaissons indirectement à travers des descriptions.

Russell a examin√© le probl√®me de l'induction, la question de savoir comment nous pouvons justifier les inf√©rences inductives √† partir de donn√©es empiriques particuli√®res. Il reconna√ģt la difficult√© de justifier l'induction sur des bases purement logiques, mais il soutient qu'elle est n√©anmoins une m√©thode essentielle pour acqu√©rir des connaissances scientifiques.

Il a insist√© sur l'importance de la clart√© et de la rigueur dans l'analyse philosophique. Russell  croyait que de nombreux probl√®mes philosophiques proviennent de confusions conceptuelles qui peuvent √™tre r√©solues par une analyse logique. Cela a conduit Russell √† d√©velopper une forme d'atomisme logique, selon laquelle le monde se compose de faits atomiques simples, et les propositions complexes peuvent √™tre d√©compos√©es en propositions plus simples qui se rapportent directement √† ces faits.

Bien que le philosophe soit souvent sceptique quant à la possibilité d'une certitude absolue, il soutient qu'il est possible d'atteindre un degré raisonnable de certitude dans la connaissance empirique et scientifique. À certains moments de sa carrière, Russell s'est rapproché du phénoménalisme, la doctrine selon laquelle les objets physiques ne sont que des constructions logiques à partir de données sensorielles.

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Dictionnaire biographique
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